TF1 / "Le sentier des loups" et "Ici tout commence" : Benjamin Baroche évoque sa belle actualité télévisuelle !

Publié le par Julian STOCKY

© ITC / TF1

 

Bonjour Benjamin,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Nous pourrons vous retrouver en prime sur TF1, le 7 novembre prochain, dans la superproduction « Le saut du diable 2 – Le sentier des loups ». Avant de s’intéresser au programme en lui-même, on imagine déjà, à titre personnel, sans doute le plaisir et la joie que cela a été pour vous de participer à cette belle aventure ?

Oui, c’était un grand plaisir de fabriquer un personnage très différent d’Emmanuel Teyssier et, du coup, c’était, rien que pour cette raison, très excitant. Il y avait vraiment un gros challenge, pour moi, qui était d’aller vers quelqu’un de complètement différent et de pouvoir donc aller m’oxygéner dans un rôle qui n’avait rien à voir avec Teyssier.

On y retrouve Paul, le personnage joué par Philippe Bas, ex-militaire des forces spéciales et vous jouez un de ses anciens frères d’armes, Mathias Caron. Qu’est-ce qui avait plu et incité à rejoindre le projet ?

Déjà, ce qui m’a fait vraiment envie, c’est de retrouver Philippe, quelqu’un que j’aime bien et avec qui j’avais travaillé il y a quelques années sur TF1 dans une série d’action policière. C’était de reformer ce duo avec lui. Il m’avait déjà gentiment demandé si je voulais participer au casting pour le premier épisode il y a deux ans et je n’avais pas pu. Là, il est revenu à la charge avec une autre proposition, en me disant qu’il avait encore un beau personnage pour moi. J’étais très content qu’il pense à moi. Après, c’est surtout, comme je le disais, le genre de personnage que je n’avais jamais joué et le genre de fiction justement dans laquelle je n’avais jamais joué. C’est-à-dire que c’est un film un peu singulier, un film d’action comme on en faisait à l’ancienne, dans les années 80. Je trouve cela vraiment très entrainant et, du coup, ça donnait vraiment envie en fait. Je trouve que je n’ai encore jamais vu ce style, en unitaire, sur TF1 ni sur France 2.

 

© FRANCOIS LEFEBVRE / CPB FILMS / TF1

 

On le devine à l’image, vous avez sans doute beaucoup travaillé avec les maquilleurs pour représenter au mieux votre personnage ?

Absolument ! Vraiment, pour moi, le plus grand travail que j’ai pu faire était avec les maquilleurs et les coiffeurs. Pour vraiment fabriquer un personnage qui me raconte quelque chose à moi et, ensuite, avec lequel je puisse raconter des choses aux téléspectateurs. Donc je m’étais de suite documenté, qu’est-ce que c’est qu’un militaire, qu’est-ce que c’est qu’un mercenaire, qu’est-ce que c’est quelqu’un qui travaille pour le gouvernement et qui a une formation militaire extrêmement forte. Du coup, j’ai inventé un peu un personnage comme ça, avec les gens du maquillage. C’était formidable pour moi. Le grand challenge, c’était de le rendre crédible, qu’il puisse exister sans qu’on puisse demander « ah mais qui c’est ? Ah mais est-ce que ça marche ou pas ? Ah mais c’est Benjamin ». Non, c’est Mathias Caron, voilà ! Pour moi, c’est ça le plus grand challenge.

C’est un téléfilm très singulier et très esthétique, avec notamment une effroyable et sensationnelle course contre-la-montre au milieu d’une nature sauvage. En tout cas, on peut noter une réelle intensité dans les actions et les émotions qui, on l’espère, devrait sans doute plaire aux téléspectateurs…

Alors, vraiment, je l’espère car ça voudrait dire que l’on a bien travaillé. C’était vraiment un film pour prendre du plaisir, pour ne pas se prendre la tête, pour être vraiment dans une espèce d’adrénaline, comme je vous parlais des films des années 80, avec Stallone, avec « Schwarzee ». J’ai grandi avec ces héros-là, entre autres. Il y a un côté très western dans le film, je pense même à John Ford parce que j’ai la chance d’avoir grandi avec des films comme cela à la télévision quand j’étais petit. Ceux que j’appelle des films de mouvement… un western est un film de mouvement, il y a toujours un cheval qui avance, toujours quelqu’un qui est à la poursuite de l’autre. Là, à l’image du personnage de Paul Vilard, on est en train de courir du début à la fin. Du coup, j’espère que les téléspectateurs vous courir avec nous.

 

© FRANCOIS LEFEBVRE / CPB FILMS / TF1

 

Vous l’avez dit, vous y côtoyez à nouveau Philippe Bas, avec qui vous aviez travaillé sur « Profilage ». On imagine que les retrouvailles artistiques et professionnelles ont été plutôt chaleureuses entre vous, comme on peut le ressentir à l’image, dans le rendu final ?

Oui, tout à fait, disons que l’on a gagné du temps, Philippe est quelqu’un que je connais, je sais comment il travaille, il sait aussi comment je travaille donc, en fait, on a été vite sur certains aspects. J’ai totale confiance en lui. On avait de grosses cascades ensemble à faire, c’est du corps à corps, c’est comme une danse avec quelqu’un et ce quelqu’un-là, je m’entends bien avec lui, j’ai confiance en lui donc, professionnellement, ça matche bien. Et puis il y a une grande générosité chez Philippe, du coup je suis très sensible à cela, c’était donc, oui, très chouette, de rebosser avec lui.

Avez-vous déjà eu l’opportunité de découvrir le rendu final ? Ou allez-vous le voir le 7 novembre au soir ?

Alors, vous savez quoi, je n’ai pas encore vu le film parce que je me suis octroyé le droit de me réserver jusqu’au 7 novembre pour le voir, comme un téléspectateur qui va se mettre devant TF1 et découvrir le film. Alors, j’ai découvert quelques séquences que l’on a retravaillées en post-synchro, quand on en a refaites certaines au niveau du son. Donc j’ai vu quelques images, j’ai trouvé cela esthétiquement très beau. Je regarderai en tout cas le film avec grand intérêt le soir où il va passer, je serai un des téléspectateurs devant ma télé.

 

© FRANCOIS LEFEBVRE / CPB FILMS / TF1

 

En complément, vous interprétez depuis 2020 Emmanuel Teyssier, l’excellent mais tyrannique chef pâtissier puis patron de l’institut Auguste Armand, dans « Ici tout commence ». Depuis deux ans maintenant, la fidélité des téléspectateurs chaque soir ne se dément pas. Cela doit sans doute vous faire particulièrement chaud au cœur ?

Oui, absolument ! Je parlais de challenge tout à l’heure en ce qui concerne le téléfilm interprété par Philippe mais là, c’est pareil, il y a un gros challenge pour tenir ce personnage que j’interprète et ces téléspectateurs qui nous regardent tous les jours. C’est comme une espèce d’histoire d’amour, il ne faut pas se décevoir les uns les autres. Voilà, il y a de la fidélité, de l’honnêteté, il faut vraiment être exigeant et donner le meilleur. Surtout, ne jamais se reposer, ne jamais s’endormir, ne jamais s’assoupir dans ce personnage de Teyssier. Si jamais ça m’arrive, je m’en vais immédiatement. Du coup, voilà, on a beaucoup de chance, je réalise la chance que l’on a, c’est ce que j’essaie de dire à mes jeunes partenaires ici, de leur dire « voilà, il faut vraiment que l’on soit à la hauteur et que l’on soit très exigeants, que l’on donne le meilleur pour les gens qui nous regardent tous les jours ».  

Votre personnage a vécu, depuis le début du programme, énormément de choses, tant personnellement que professionnellement. Justement, quel regard portez-vous sur son parcours ?

Je trouve que c’est quelqu’un qui retombe constamment sur ses pattes et donc, ça, je trouve que c’est une grande qualité qu’il a. Quelqu’un qui a du courage…Je commence par les qualités, c’est plus facile, il y en a moins que les défautsJ. Une exigence, beaucoup de courage et, franchement, c’est quelqu’un qui ne se laisse pas décourager en fait, malgré tout ce qui peut lui arriver. On voit qu’il a une sclérose en plaque, des problèmes dans sa famille, un relationnel compliqué où on lui met des bâtons dans les roues…mais c’est quelqu’un qui garde le cap. Du coup, je trouve cela très inspirant. En tant que personne, je trouve que mon personnage m’inspire par rapport à cela. Je dirais vraiment pugnacité, ténacité et exigence,… ça, c’est vraiment Emmanuel Teyssier.

 

© ITC / TF1

 

Parfois tendre, notamment avec sa femme Constance ou sa fille Charlène, parfois plus intransigeant, avec son fils Théo ou encore avec les professeurs et élèves de l’institut, il vous permet une palette de jeu extrêmement large. Artistiquement parlant, interpréter un tel rôle doit être particulièrement plaisant ?

Vous avez entièrement raison, c’est une très belle remarque que vous faites parce que, effectivement, c’est un personnage aussi qui s’adapte à chaque protagoniste qu’il a en face de lui. Du coup, ce sont des tiroirs de jeu différents à chaque fois et des nuances. Cela me fait énormément progresser en tant qu’acteur, c’est vraiment un plaisir et beaucoup beaucoup de variétés de jeu. C’est vrai que je ne joue pas pareil quand je suis en face de Khaled qui joue mon fils, que de Sabine qui joue ma femme ou encore que du personnage d’Elsa, Clothilde Armand. Il y a un Teyssier différent à chaque fois, qui est le même Teyssier mais il y a des réactivités du personnage qui sont vraiment différentes. Du coup, c’est une grande richesse de jeu, c’est super de le souligner, je trouve que c’est vraiment une des grandes qualités de la quotidienne, c’est de ne jamais être en mode pilotage automatique, on est constamment secoués par les uns et par les autres, dans le bon sens.  

On le sait, le rythme de tournage d’une quotidienne est particulièrement intense. Comment l’avez-vous, en conséquence, appréhendé ?

C’est un petit peu la réponse que je vous donnais juste avant avec la réactivité vis-à-vis de tous les personnages avec lesquels Emmanuel peut intervenir. Cela m’a vachement changé la vie et beaucoup fait progresser d’avoir cette espèce de rythme que l’on a ici, on fait parfois sept à huit séquences par jour, ça peut arriver, c’est énorme. Cela veut dire que l’on est sur le plateau de huit heures du matin jusqu’à dix-neuf heures le soir, en ayant cinquante minutes pour manger le midi. En ayant enchainé une journée à jouer et à donner le meilleur, tout en étant dans l’urgence mais jamais dans la rapidité. Donc c’est vraiment vraiment vraiment très formateur pour un acteur, je le dis beaucoup aux jeunes qui viennent sur la série « vous ne serez pas les mêmes acteurs quand vous sortirez de la série que quand vous y êtes rentrés, que vous ayez de l’expérience ou pas ». J’en avais de l’expérience et, en fait, ça a complètement changé ma façon de jouer, d’envisager mon métier et de m’adapter. Voilà, je trouve que c’est très rigoureux, il faut être un peu comme un athlète de haut niveau, c’est sportif mais, en même temps, quand on arrive à acquérir cette espèce de discipline-là, on peut vraiment s’éclater.

 

© ITC / TF1

 

On l’a dit, Emmanuel sait très régulièrement se montrer tyrannique et intransigeant, glissant des punchlines dont lui seul ou presque a le secret. Dans le fond, ce caractère-là ne cache-t-il, quelque part, un profond amour pour sa famille, pour son corps professoral et ses élèves, voulant que l’institut garde l’image d’excellence qu’on lui connait et que ses enfants perpétuent la tradition du nom Teyssier dans le milieu ?

Oui, il y a un côté un peu tradi chez lui à travers le personnage que Francis Huster interprétait avec nous, Auguste Armand. Il y a un côté, chez Emmanuel, très attaché à cette tradition et, en même temps, je trouve qu’il y a quelque chose vraiment, chez lui, de profondément moderne, il sait s’adapter, on l’a vu à plein de moments. Il sait s’adapter, il sait se montrer compréhensif, on l’a vu pour tout ce qui est végétarisme, on l’a vu avec ce monde-là des jeunes gens aujourd’hui, ce n’est pas un vieux con, si vous me permettez l’expression. C’est un mec qui a compris comment fonctionnait le monde aujourd’hui. C’est pour cela qu’il est si réactif, c’est en cela que j’aime tant l’interpréter, il comprend, il s’adapte et, en même temps, il a compris que c’était mélangé entre une tradition et de la modernité. Du coup, avec cela, il a le combo gagnant pour, on va dire, diriger l’institut.

Pour ne rien gâcher au plaisir du jeu, vous tournez dans un cadre et surtout un décor extrêmement beaux, donnant des images, une lumière mais également un réalisme particulièrement marquants…

Alors, vous soulignez quelque chose qui, pour moi, est le plus important. Le rôle principal de la série, pour moi, est le château. Ce n’est pas Teyssier, ce n’est pas un autre personnage, c’est le décor, c’est le travail formidable qu’ont fait les chefs décorateurs, les fabricants des décors dans lesquels on est et surtout le décor naturel. Le château, la lumière, l’image, le grain sur les caméras, …je n’ai pas l’impression d’être dans une quotidienne, j’ai l’impression d’être dans une belle fiction, élégante et à ciel ouvert. J’aurais déjà arrêté si c’était en studio, voilà ! Je plains les acteurs qui passent des journées en studios, bravo à nos collègues sur DNA, sur « Un Si Grand Soleil ». Je ne sais pas comment ils font. C’est très important pour moi de pouvoir jouer dans des vrais décors, dans de la vraie pierre. Les cuisines que vous voyez sont de vraies cuisines, on peut faire une omelette, on peut faire cuire un steak, rien n’est fake. Du coup, c’est très important. On parlait de maquillage tout à l’heure pour le personnage de Mathias Caron, c’est un peu pareil pour ITC en fait, le parc, le château, les cuisines, l’amphithéâtre,…tout aide à interpréter, à être avec les téléspectateurs au cœur même de la série.  

Merci, Benjamin, pour toutes vos réponses !

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Publié dans Télévision

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