Prime Video / Miskina, la pauvre : Shirine Boutella nous présente ce nouveau programme !
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Bonjour Shirine,
Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !
On se retrouve au Festival 2022 de la Fiction TV de La Rochelle, pour « Miskina, la pauvre », prochainement diffusé sur Prime Video. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela doit être pour vous d’être présente ici ?
Oui, carrément ! Surtout, c’est le premier rapport au public, c’est la première réaction du public que l’on entend et que l’on ne voit pas vraiment. On est très content, les gens ont ri, on a entendu quelques petites choses où les gens ont été émus. Après, pour cela, je n’avais vraiment aucun doute. Déjà, à la lecture, en tout cas nous quand on a reçu les scénarios, il y avait déjà une sincérité et une profondeur, c’était bien écrit, les dialogues étaient bien et les personnages tous très bien développés. Donc, déjà, on sait où on va. On a eu une équipe technique et un réalisateur… avec une Melha Bedia qui était un peu sur tous les fronts, qui est très très généreuse et vraiment fédératrice. C’est ce que les auteurs en disent aussi, il y a vraiment ce côté très famille, où tout le monde s’écoute, tout le monde partage et ça part d’anecdotes pour se transformer en quelque chose de beaucoup plus profond. Il y a beaucoup de métaphores qui racontent en fait le parcours de tous les personnages, qui sont uniques mais qui, en même temps, représentent tous et tout le monde. Donc, oui, c’était un bonheur à jouer, c’était un bonheur à vivre avec ces humains parce que l’on était quand même beaucoup. Très souvent, on était un gros groupe et on est vraiment devenus tous une famille. Ça marchait super bien, je pense que ça se voit. Le mot qui revient souvent, c’est sincérité. Les personnages sont sincères, leur interprétation, je pense, était sincère. Je parle pour moi mais on se l’est dit avec les autres, on a tous vraiment essayé d’être les plus sincères dans l’interprétation. Le réal, vraiment, était avec nous, il a été à l’écoute, il y avait beaucoup de partage, beaucoup d’échanges et on est très fiers. C’est pour cela que l’on a aucun doute que les gens vont capter, c’est très touchant, c’est très émouvant, c’est drôle, c’est, encore une fois, sincère, ça parle à tout le monde, c’est très universel aussi.
Aviez-vous déjà eu l’opportunité de découvrir le rendu final ?
Nous avions fait une projection équipe mais entre nous. Donc, à chaque fois que l’on regarde une scène, ce sont des souvenirs, des choses que l’on a vécues donc on rit plus. Même là, à la projo, j’anticipais les moments drôles, du coup je riais plus fort que le public parce que je suis trop contente, à chaque fois, de partager avec les gens. Oui, on l’avait déjà vu sur grand écran mais, là, c’est vraiment le public, de les entendre rire, de voir si les vannes passent. Parfois, ce sont un peu des « private jokes » mais, finalement, ça marche bien, les gens ont ri et, en sortant, ils avaient l’air content. Donc on a vraiment hâte que ça sorte et que la majorité puisse le voir.
Avec l’évolution de la consommation, des programmes tel le vôtre sortent maintenant directement sur des plateformes. Ce doit être d’autant plus plaisant de faire partie de cette aventure ?
Carrément ! Déjà, c’est plus de travail pour les comédiens. Ce qui est vachement bien, c’est qu’un mec comme Anthony Marciano fait du cinéma à la base, il y a cette sensibilité, cette esthétique, les images sont sublimissimes, on a eu un chef op qui a fait des lumières incroyables. En même temps, il s’est vachement amusé, Amazon lui a donné des moments de liberté et des moments oniriques, où on est dans l’esprit et les pensées du personnage de Farah. C’est de la folie ! Quand j’ai découvert la scène de la casse par exemple…je ne savais pas, quand on le lit, ce n’est pas pareil que quand on le voit, les effets sont fous et je crois que c’est l’une de mes scènes préférées parce qu’elle est très impressionnante. Je trouve aussi que, esthétiquement, la casse est sublime. Il y a vraiment quelque chose qui se joue, pour moi c’est un épisode qui est un peu plus lent que les autres. Au début, on est vraiment dans la comédie et c’est à partir du 3 où l’on commence à avoir cette profondeur, avec des sujets plus sérieux. Je trouve que cette casse, justement, casse tout cela, c’est là où on bascule, il y a quelque chose de très calme et de très doux, il y a un moment aussi de sincérité où Farah explique à Damien son rapport à son père, le food-truck et, là, on comprend qu’il y a des enjeux très profonds et très sérieux. J’aime beaucoup cette scène-là pour ça, on sent qu’il s’est amusé, on s’est tous éclatés et Anthony aussi.
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Il y a différents tons, différentes tonalités, qui parleront au plus grand nombre. Pour vous, en tant qu’actrice, cela permet aussi une palette de jeu très large ?
Carrément ! En, en même temps, moi qui ne viens pas du tout de la comédie, au début, je trouvais cela assez flippant parce que l’on se dit toujours que l’on doit être drôle nous aussi. Quand on a Melha Bedia en face, c’est très dur parce qu’elle est quand même particulièrement drôle ! Elle fait une punch line par phrase, c’est terrible. En fait, non, parce qu’ils font vraiment en sorte que chacun trouve sa place et on n’est pas tous obligés d’être drôles. D’ailleurs, même Melha, où on s’attend qu’elle soit drôle tout le temps, j’ai été agréablement surprise, non pas parce que je sais de quoi elle est capable mais, sur le plateau, elle est tellement tout le temps drôle qu’en fait, quand on la voit à l’écran, quand on voit cette sincérité, à quel point elle est touchante, à quel point son personnage est sérieux et torturé, se retrouvant à subir les conséquences de sa maladresse, au final ça marche extrêmement bien. C’est ça que j’ai adoré dans cette série, ça monte un peu crescendo, au début on a vraiment un rythme un peu comédie mais c’est ce que disait le réalisateur, il n’avait pas envie d’avoir juste des blagues, tout le monde a vraiment pris le temps, à la réalisation aussi. C’est ce que permet la série, de prendre le temps, de raconter quelque chose, de faire rire, de créer des situations drôles sans forcément avoir des personnages drôles. Par exemple, celui de Victor, qui est Maxime, Maxime est drôle malgré lui, il ne fait pas de blague mais, en fait, il est dans des situations et pareil, c’est sa naïveté qui le mène à cela, c’est aussi sa maladresse de vouloir bien faire mais parfois il se rate sans se rendre compte. C’est ce qui le rend très drôle mais hyper touchant et hyper attachant. Tous les personnages, avec leur personnalité et leur parcours, apportent quelque chose. C’est ça qui, pour moi, était un challenge, c’est que l’on est beaucoup au casting et je trouve que l’on est tous très présents. En même temps, c’est hyper complémentaire ce qui se raconte.
Justement, qu’est-ce qui vous a plu concernant votre personnage, notamment dès la lecture du scénario ?
Beaucoup beaucoup de choses m’ont plu. Dans le scénario en lui-même, ce sont les sujets abordés, cette légèreté que l’on donne à des sujets qui, en France, sont, mine de rien, délicats et, finalement, c’est vraiment la vraie vie. C’est moderne, c’est vrai, ce sont des histoires de famille, des histoires de femmes, des histoires de couples, des histoires de tout qui concernent tout le monde. Le côté spirituel est un détail vraiment ancré dans la vie de chacun. Mon personnage ? A la lecture, ce que j’ai beaucoup aimé, c’est son évolution, c’est ce qui m’a beaucoup marquée, c’était vraiment un personnage très dimensionnel, très complet parce que l’on a une réelle évolution à chaque personnage. Au début, c’est un peu une contre flic, c’est un peu une meuf qui essaie de tout contrôler dans sa vie, de cocher les cases mais, en fait, elle en oublie les émotions, elle en oublie de ressentir les choses. Et son rapport à tout cela…j’ai adoré son inconscient, elle fait semblant que tout va bien alors que, dans le fond, c’est n’importe quoi, sa tête c’est complètement n’importe quoi, elle a beaucoup de problèmes à régler avec elle-même, elle ne le sait pas donc elle fait semblant que tout va bien.
Il y a clairement le rapport à son père, elle rejette tout ce qui le concerne. En fait, au fur et à mesure, il y a des choses qui la rattrapent. Autant, ça parle de sa sœur qui est une miskina, qui ne fait que des bêtises tout le temps,… ce sera elle la première victime au mariage, en fait toute sa vie va être chamboulée par cela. En même temps, si c’est aussi gros et que ça part autant en cacahuètes, c’est qu’il y a quelque chose, de base, qui attend d’exploser. J’adore son évolution et, surtout, le rapport avec sa sœur. Au début, elle la rejette beaucoup alors que, à la longue, elle veut tout maitriser mais, toute seule, tu n’y arrives pas. Sa sœur est là, autant c’est elle qui a fait péter la bombe, autant c’est elle qui va recoller les morceaux et qui va lui permettre de l’emmener en Algérie, de se réconcilier avec ses origines et, au fur et à mesure, de faire un travail sur elle-même. J’ai beaucoup beaucoup aimé la transformation de Safia en Algérie, Anthony Marciano a été exceptionnel pour cela, c’est un super directeur d’acteurs, il est très sensible, très généreux, il est très patient et la bascule en Algérie est assez dingue. J’ai adoré incarner ce personnage-là et même le voir à l’écran, j’étais vraiment surprise de me dire « elle est complètement barjo ». Elle pète une durite totale et c’est très jouissif à voir et à jouer aussi parce qu’elle se lâche complètement. J’ai très hâte, s’il y a une suite en tout cas, de voir comment elle va s’en sortir cette petite Safia.
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Au moment de vous approprier ce personnage, avez-vous eu des sources plus personnelles d’inspiration ?
Pas vraiment, franchement je pense que, comme chaque acteur, on essaie de l’adapter à soi et de donner quelque chose de soi pour que l’interprétation soit la plus sincère possible. En même temps, on en parle, j’en ai beaucoup parlé avec Melha, avec Anthony, avec les auteurs pour leur demander comment ils voient Safia, pourquoi, comment, son rapport à mon mari, à sa sœur, à ses origines pour essayer de vraiment comprendre en profondeur. Même sur le plateau, je demandais parfois pourquoi elle réagissait comme cela, on m’expliquait. Je pense que c’est aussi le rôle d’un acteur d’être le plus spontané possible, d’être le plus proche possible de la réalité et de se laisser aller, de se laisser accompagner, de parler.
En tout cas, on vous imagine impatiente de découvrir les autres retours du public pour, pourquoi pas, une saison 2 ensuite ?
Oui ! De toute façon, quel que soit le projet, c’est, ensuite, pour le donner aux gens. Ensuite, il ne nous appartient plus, c’est de raconter une belle histoire, on veut que ça touche les gens, on veut qu’ils s’identifient à tout cela et que ça les fasse rire, que ça les fasse pleurer. C’est ça l’aventure donc on a hâte que les gens regardent.
En complément, quels sont vos autres projets du moment ?
J’ai toujours « Lupin » qui continue, que l’on continue de tourner, on est sur la saison 2, partie 3. Je suis assez superstitieuse pour ne pas en parler trop tôt mais, normalement, d’autres projets devraient arriver. J’espère que ça va se faire !
Merci, Shirine, pour toutes vos réponses !