France 2 / Tropiques criminels : Interview croisée avec Sonia Rolland et Béatrice de la Boulaye !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Sonia, bonjour Béatrice,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous deux !

On se retrouve au Festival 2022 de la Fiction TV de La Rochelle où vous présentez la nouvelle saison de « Tropiques criminels », prochainement diffusée sur France 2. On imagine sans doute le plaisir et la joie que cela doit être pour vous d’être présentes ici pour partager ce chouette programme ?

Sonia : Ah ben oui, évidemment ! De toute façon, dès que l’on peut aller à la rencontre du public, nous sommes très heureuses. On travaille quand même quatre mois dans une espèce de bulle parfaite mais très loin de notre public et donc on a besoin aussi d’avoir le retour, savoir comment ils réceptionnent notre travail.

Béatrice : Oui, c’est super agréable !

Sonia : Et puis, La Rochelle, c’est un peu chez elle donc…

Béatrice : Oui, c’est chez moi J…West Cost represent J

Sonia : Voilà, c’est ça…. J

On l’a encore vu cet après-midi lors du photocall, vous avez été très sollicitées, cela doit faire chaud au cœur…

Béatrice : Ben oui ! Je pense que l’on a des personnages qui sont proches du public aussi. Ce sont des femmes qui ont des boulots, des vies privées, des vies très chargées. Je pense qu’elles ont beau vivre à l’autre bout de la planète, finalement il y a beaucoup de gens qui se reconnaissent dans ces deux personnages. Du coup, c’est vachement sympa, effectivement, de voir la popularité des personnages qui, du coup, se retrouve sur nous au moment des photocalls, c’est super.

Sonia : Oui, on adore ! En fait, c’est drôle, c’est un public qui voyage aussi avec les séries, ce sont des passionnés des séries et des téléfilms donc on en voit aujourd’hui qu’on avait vus à Cannes Séries, à Luchon, ….Ils nous suivent mais ils suivent aussi d’autres comédiens j’imagine. Mais c’est chouette, on se rend compte qu’il y a des fans de « Tropiques criminels ».

Béatrice : Oui, exactement ! Comme le disait Sonia, on est loin, c’est toujours surprenant de voir que, pendant que l’on travaille, la série évolue dans le foyer des gens, elle grandit, elle acquiert un public de plus en plus grand et puis il y a des habitudes qui se créent entre ce public et cette série. Tout cela se passe presque sans nous. Donc, quand on reconnecte avec le public, ça s’agrandit, ça s’est enrichi, c’est encore plus chaleureux, encore plus grand,….

Sonia : Et ça nous nourrit aussi. On repart reboostées, chargées à bloc.

Béatrice : Oui, c’est magique !

 

 

D’ailleurs, quels principaux retours peuvent vous faire les gens sur ce programme ?

Sonia : Je pense qu’ils se reconnaissent, comme disait Béa, dans les personnages. En fait, Béa beaucoup plus parce que c’est un personnage qui permet finalement de dire tout haut ce que tout le monde rêve de dire.

Béatrice : Je pense que c’est le duo… de voir deux femmes qui se chamaillent au début et qui, finalement, se soutiennent pas mal…le duo fonctionne bien, c’est agréable une équipe solidaire. Au-delà du duo, c’est carrément toute l’équipe, toute la brigade, c’est une vraie petite famille, je pense que ça se ressent dans le public aussi. Nous, dans la fabrication du programme en tout cas, il y a un tuc très troupe, très tribal. Je pense que le public s’y retrouve, on agrandit la famille.

Sonia : C’est très honnête comme série mais on surprend toujours, les sujets surprennent, les péripéties des deux personnages surprennent aussi le public…

Béatrice : Oui, il y a des sujets de société aussi…

Sonia : Et on y va vraiment ! C’était aussi notre volonté. On a quand même cette chance que les auteurs nous sollicitent pour avoir des idées, pour savoir sur quel terrain on peut aller, est-ce que l’on peut pousser un peu le bouchon…ben oui, oui, on y va. D’ailleurs, nous, on leur demande toujours d’aller un peu plus loin parce que l’on assume cela, on assume cette audace qu’impose finalement le service public et ça, c’est hyper jouissif pour nous les comédiennes de se dire que sur le service public, on parle de la vraie vie et avec un ton complètement décomplexé.

 

 

Béatrice : Oui et il y a aussi le côté évidemment Martinique qui, je pense, fait rêver. Ca fait voyager. Qu’elle soit diffusée en hiver, en été, au printemps, la série fait rêver parce que ce sont des paysages hallucinants, on a énormément de chance de travailler là-bas.

Sonia : C’est le soleil qui s’invite dans les foyers !

Béatrice : Exactement et je pense que ça aussi fait partie des choses qui plaisent. Et puis aussi des visages différents de d’habitude, il y a beaucoup de diversité dans notre série.

Sonia : Elle dit tout le temps que c’est elle la minorité visible, c’est elle le quotaJ.

Béatrice : C’est génial, c’est top, ça plait aussi aux gens de voir un peu quelque chose de différent à ce niveau-là également. C’est bien que le service public propose des choses différentes.

Sonia : En tout cas, c’était la promesse du service public et je trouve qu’ils la tiennent très bien. D’ailleurs, on voit, de programmes en programmes, que cette promesse est vraiment tenue.

Béatrice : En vraie, la série, c’est du polar, de l’amour, de l’humour, du glamour, du divertissement, de l’aventure…Il y a tout, le tout au soleil…évidemment, c’est le cocktail parfait et on adore la faire, tant que les gens sont contents de la voir.

Sonia : Oui et on se donne vachement aussiJ.

Béatrice : Plus ils la voient, plus on y retourne, c’est très bien.

Au-delà de la beauté des images, pour vous, comme cadre de tournage, comme bureau, ce doit être plutôt chouette…

Sonia : Oui, on est vraiment très chanceuses. Se lever tous les matins, avec le soleil, la chaleur…on se lève tôt. J’ai fait des séries où on se levait à cinq heures du matin et où on ne voyait pas le soleil avant une certaine heure. Là, à cinq heures du matin, on voit le soleil…

 

 

Quel regard portez-vous, chacune, sur votre personnage et sur son évolution, épisode après épisode ?

Sonia : Surtout de saison en saison, on se rend compte que nos personnages évoluent, empruntent l’une à l’autre des choses, oui, elles se complètent…

Béatrice : Et elles commencent à déteindre l’une sur l’autre aussi donc c’est un peu marrant. La convenance de Crivelli commence à déteindre sur Sainte-Rose qui commence à se permettre des trucs qui la surprennent elle-même. Et puis Crivelli se retrouve à, effectivement, parfois être celle qui rappelle un peu à l’ordre…

Sonia : Alors que ce n’était pas du tout son rôle à la base.

Béatrice : Donc c’est drôle. Elles se nourrissent, elles se chamaillent, elles se complètent. En tout cas, à titre personnel, individuellement chacune sur nos personnages, ce qui est génial, c’est d’avoir autant de temps pour les travailler, pour les enrichir, pour les épaissir. De saison en saison, elles ont de plus en plus de vrai, de réalité donc c’est génial. D’approfondir un personnage à ce point, c’est top.

Sonia : Comme on est proches des auteurs, je pense qu’ils nous observent aussi beaucoup, elles se rapprochent de plus en plus de nous et nous aussi, finalement, d’elles.

Béatrice : Moi, je ne sors plus sans mon arme par exemple dans la vraie vie… J

Sonia : Tu parles, ton arme, c’est ton sourire, BéaJ.

Béatrice : Ceci dit, quand tu voies passer des voitures de flics, tu ne te dis pas « c’est la maison » ?

Sonia : Je dis toujours que ce sont des collèguesJ. D’ailleurs, les collègues viennent nous voir. J’étais à Angoulême l’autre fois, tu as plein de policiers qui sont venus me voir et me dire « oué, c’est la collègue ». Voilà, on est de la maisonJ. Oui, c’est drôle…

 

 

Vous parliez de l’évolution de vos personnages et, du coup, vous évoluez aussi avec elles…

Sonia : De toute façon, c’est simple. La première saison, Mélissa Sainte-Rose débarque sur l’ile, elle ne connait rien de ses origines, elle va faire face au côté un peu déjanté de cette capitaine qu’il va falloir qu’elle canalise du mieux qu’elle peut. Ce qui est génial, c’est que ça s’impose à la première saison où, nous-mêmes, en tant que comédiennes, on explore nos personnages, on commence à comprendre comment elles fonctionnent. La deuxième saison, on voit l’évolution. La troisième, ça commence à se lâcher. La quatrième, alors, on n’en parle même plus. Non, mais c’est intéressant comme nos personnages évoluent aussi avec nous en tant que comédiennes. Parce que c’est vrai qu’on ne savait pas non plus comment on fonctionnait l’une et l’autre en tant qu’actrice, il fallait que l’on trouve notre musique à toutes les deux, que l’on campe nos univers mais pour mieux se retrouver. Finalement, là, maintenant, ça roule.

Béatrice : Ça roule, non mais c’est vrai, c’est trop génial, on arrive là-bas, on est à la maison, on a notre famille de tournage qui est en place.

Sonia : On revoit les mêmes visages.

Béatrice : On a une recette, c’est comme si on avait fabriqué un gâteau en première année et, année après année, on perfectionne la recette.

Sonia : Je ne sais pas si tous les duos fonctionnent comme cela mais, nous, on sent qu’il y a, à la fois chez l’une et l’autre, quelque chose qui a évolué, même dans l’amitié et nos personnages en bénéficient forcément. On se soutient beaucoup. Du coup, on doit faire attention aussi. Ce qui fait rire dans cette série, c’est l’opposition, ce sont les tensions et nous sommes tentées, parfois, de les rendre super copines alors que non, en faitJ. Heureusement, il y a la vigilance et de la production et des auteurs qui disent « vous n’êtes pas copines, à la base », à nous faire les chamailler. Cela nous fait rire. Les parties où on doit se chamailler, c’est tellement drôle…

Merci à toutes les deux pour vos réponses !

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Publié dans Télévision

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