Plus Belle La Vie : Théo Bertrand se remémore l'évolution de Kévin, qu'il interprète depuis des années sur France 3 !
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Bonjour Théo,
Quelle joie de nous entretenir avec vous !
La série « Plus Belle La Vie » a récemment fêté sa 17è bougie d’anniversaire…
Oui, mais je ne compte même plus, vous savez. C’est comme les parents avec les années de mariage...Ça fait tellement longtemps, je suis content mais je ne compte plusJ.
Il y a toujours cette même fidélité et ce même amour du public, on imagine que ça doit vous faire particulièrement plaisir…
C’est assez étonnant ! Même moi, je me demande comment c’est encore possible qu’il y ait toujours des gens qui nous reconnaissent, qui nous suivent, pour qui c’est important. C’est cool, ça nous permet de nous dire « allez, vas-y, on continue ». On est encouragés dans ce que l’on fait, ça fait plaisir, il n’y a pas beaucoup de boulots où c’est comme ça. Il n’y a pas beaucoup de boulots où, en arrivant au bureau, on nous dit « eh, mais c’est génial ce que tu fais, mec, c’est vraiment bien, merci ». Du coup, c’est cool, on se dit « trop bien, feu ».
Quels principaux retours vous font les fidèles téléspectateurs du programme ?
« Vous faites partie de ma famille », « Merci », …C’est drôle, ils sont tellement contents de nous voir, très respectueux aussi. Je me rappelle d’une époque où il y avait peut-être un peu moins de gens qui respectaient cela. Le fait qu’il y ait plusieurs séries a permis à tout le monde de trouver son truc. Du coup, maintenant, il n’y a que les vrais vrais fans qui regardent « Plus Belle La Vie », ils sont encore très nombreux et sont très respectueux. C’est trop cool, je n’ai pas à me plaindre des retours, ils sont positifs. En plus, ils n’hésitent pas à nous dire « ça, je n’ai pas aimé ». Je suis assez d’accord avec eux, on échange. C’est leur série aussi, c’est ce qui est cool, c’est la série un peu à tout le monde, du coup on échange et c’est bien. Franchement, ce ne sont que des retours positifs et ça fait plaisir.
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Nombreux sont les comédiens à le dire, vous êtes une vraie famille artistique, tant les artistes que les personnes de l’ombre.
Oui, oui, oui, ils appellent cela une famille car ça fait longtemps que l’on travaille ensemble. Ça tourne mais pas énormément, ce sont toujours les mêmes personnes donc c’est cool. On peut appeler cela une famille. Après, je ne suis pas sûr que j’ai les mêmes activités avec les 200 personnes qui sont là par jour mais c’est vrai que j’ai des potes, je ne pourrais pas partir s’ils sont encore là. Je pense à Bryan Trésor, Pauline Bression, c’est vrai que c’est un plaisir. Dès fois, quand tu es fatigué, que tu en as un peu marre et que tu les voies, ça te booste, tu ne trouves pas d’autres collègues comme ça. C’est trop bien ! Même les techniciens…En plus, j’habite à Marseille donc je suis très proche des techniciens, qui sont là tout le temps. C’est pareil, ce sont mes potes et c’est bien de bosser avec ses potes. Oui, on peut dire que c’est une famille, ça fait des années que l’on se connait tous, que l’on traverse cela tous ensemble et c’est cool.
Votre personnage, Kevin Bélestat, a beaucoup grandi, a beaucoup muri, il se pose aussi professionnellement et personnellement. Quel regard, justement, portez-vous sur son évolution ?
Dès fois, je ne m’en rends pas bien compte parce qu’on le fait au quotidien mais c’est vrai qu’il a eu des changements incroyables, que l’on a voulu faire. Je trouve que les auteurs et tous les corps de métiers ont bien traité ce personnage. Il est parti de très très loin au niveau vestimentaire, au début ils m’ont enlaidi au plus haut…Déjà, quand j’ai passé le casting, c’était marqué « Kévin, ingrat et laid » et on m’a dit « c’est pour toi ce rôle ». Pas méchamment…et je leur ai demandé s’ils étaient sérieux. Du coup, j’y suis allé et c’est vrai qu’ils m’ont fait des coupes de chevaux…laisse tomber…je leur ai dit « mais moi, j’ai une vie après, j’ai quand même ça sur la tête ». On a fait évoluer le personnage, il y a dès fois où je me disais que j’avais envie qu’il change. On a bien traité le truc, au début j’étais l’ado un peu bêbête, qui fait des blagues et, après, on a essayé d’y aller étape par étape. J’ai eu ma phase avec Jenny où l’on faisait n’importe quoi puis j’ai eu ma phase un peu plus mature quand j’ai redoublé. J’ai aussi eu mon petit frère, j’ai eu la mort de mon père, ce sont des couches que l’on rajoute et, du coup, ça a donné ce personnage-là à la fin, sans faire vraiment exprès mais juste en suivant.
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J’ai pris aussi de mon expérience personnelle, j’ai fait pareil dans ma vie où je suis parti du lycée, où j’étais un sale gamin qui faisait n’importe quoi, qui faisait rire tout le monde et dont tout le monde disait qu’il est drôle mais qu’il ne fera pas grand-chose. Au final, j’ai évolué et, du coup, j’ai fait évoluer Kévin pareil. Maintenant, je pense qu’il est même plus sérieux que moi dans la vie. Je ne m’en étais pas rendu compte mais, la dernière fois, on m’a dit « mais tu sais, Kévin est devenu un personnage très sérieux » et c’est vrai, c’est un personnage très sérieux. En fait, ça s‘est fait au fil des intrigues et des façons de s’habiller. Bon, je garde toujours des petites mimiques de Kévin que j’ai créées, qui sont les miennes, qui viennent de mes défauts, j’avais ma braguette ouverte, j’ouvre toujours la bouche, je suis un peu à l’ouest et j’ai rajouté cela dans Kévin. C’est bien, ça montre que le personnage est devenu plus sérieux que moi, j’ai dit « oué, il m’a dépassé », c’est bien, je suis content. C’est vrai que, dès fois, dès que j’en ai l’occasion, j’essaie de rajouter un peu de folie à ce personnage. Mine de rien, tout le monde aime ce personnage parce qu’il est devenu bien sage, on me dit « avant, je ne vous aimais pas, maintenant je vous aime beaucoup » mais aussi « tu me fais toujours rire mais tu me faisais trop rire », du coup, dès que j’ai des séquences un peu drôles, j’essaie de rajouter un peu du Kévin d’avant, maladroit, qui dit une connerie. C’est vrai que des intrigues où Kévin fait le con, ça me manque un peu mais ça va revenir j’espère… si les auteurs me lisent…
On imagine que, après toutes ces années d’expérience, votre approche du jeu a évolué ?
Oui, oui. L’avantage de « Plus Belle La Vie », c’est que l’on tourne tout le temps, je fais dès fois des 120 jours par an, c’est énorme pour un comédien. A force de tout le temps faire cela, tu peux vite te reposer sur tes lauriers parce que c’est vrai que je sais que si je veux, je peux lire le texte et le faire direct. Mais bon, ça se voit un peu à l’écran donc je ne le fais pas. Mais c’est vrai que oui, mon personnage, je le connais presque par cœur. C’est assez drôle, il y a une époque où mon personnage, c’était moi, je me sentais exactement comme lui, du coup je savais exactement ce que j’aurais fait et comment j’aurais réagi. Maintenant à force d’avoir rajouté des couches, on a une vie un peu différente lui et moi, il est beaucoup plus sérieux, il a perdu son père, je dois un peu plus réfléchir et me dire « Kévin, il ne réfléchirait pas comme ça ». L’avantage de ce personnage est que, quand je lis un texte ou que l’on me demande de faire quelque chose, je peux répondre que je veux bien mais que mon personnage ne ferait pas ça. Je le sais, on peut le tourner autrement. Ou même quand je vois des phrases écrites, je dis « non, non, le personnage ne dirait pas cela ». Dans l’intrigue en cours, je dois manipuler quelqu’un, j’ai dit que je voulais bien la faire, il y avait des parties bien écrites mais, sur d’autres, j’ai dit qu’il ne pourrait pas faire cela, il est trop gentil. Ou alors, si, je peux faire cela mais il faut alors que je joue le fait qu’il s’en veut. Du coup, on a rajouté en conséquence.
En plus, tout le monde s’entend bien, les auteurs savent ce que je dis quand je parle, du coup, ils adaptent les lignes de mon personnage à ma façon de parler un peu particulière et c’est cool. C’est vrai que la méthodologie va vite mais il ne faut pas se reposer sur ses lauriers. Vu que ça devient un truc facile, on a tendance à se dire « c’est bon, je vais faire ça et ça » et, dès fois, ça peut être moins bien. Mais ça va, c’est vrai que c’est un réflexe. Sur d’autres rôles, je me concentre mais Kévin, je le connais par cœur. Du coup, il y a des pièges, dès fois on me dit « non, là ce n’est pas Kévin qui jouait, c’est Théo ». C’est vrai que ça se voit et je me dis « ah oué, j’ai pris un peu la confiance, ok, c’est vrai que Kévin ferait un peu plus cela »…C’est cool en tout cas !
Merci, Théo, pour toutes vos réponses !