Demain Nous Appartient : Alexandre Brasseur et Mayel Elhajaoui évoquent le succès de la série quotidienne de TF1 !
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Bonjour Alexandre, bonjour Mayel,
Quelle joie d’effectuer cette interview croisée avec vous !
La série « Demain Nous Appartient » continue à connaitre, chaque soir, un franc succès sur TF1. Avant d’y revenir, on imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être de vous retrouver, tous ensemble, à Sète, sur le lieu de tournage ?
Mayel : Oui, oui, honnêtement, on le dit avec la conscience de la chance que l’on a, qui est importante, d’être des privilégiés, ce que l’on n’oublie pas. On est contents de se retrouver avec nos natures qui, parfois, peuvent être fatiguées, comme tout le monde. Mais on est très heureux de se retrouver, l’équipe technique, les réalisateurs, les comédiens, on a toujours du plaisir à se revoir parce que c’est devenu quelque chose de positif, de beau. Donc, oui, on est assez contents, conscients, on remercie encore tous les fans qui nous suivent, de nous accorder leur confiance et de nous soutenir.
Alexandre : C’est quelque chose d’ailleurs que l’on a vu, je trouve, de manière très tangible pas plus tard que ces derniers jours puisque nous avons fêté les 4 ans, la 1 000è et on a eu l’occasion de se réunir tous ensemble. On est 350 quand on arrive, on prend un peu de place J, tout le monde avait un peu peur de se retrouver tous ensemble après ces deux années compliquées. Beaucoup d’auteurs sont venus nous retrouver, là où chacun travaille dans sa tanière, en télétravail, là on a eu l’occasion de se retrouver de manière assez fédératrice, aussi bien avec des gens de l’ombre, des gens de la chaine, tout le monde s’est retrouvé et ça nous a fait un bien fou de se dire « en fait, on n’est pas tout seul, on est tous ensemble, on est nombreux, il y a des corps de métiers divers et variés ». C’est très stimulant, moi cette fête m’a fait beaucoup de bien. Je les remercie toutes et tous, j’ai trouvé cela très agréable de se retrouver, on a bien rebooté.
Plus globalement, le cadre de tournage, la ville de Sète aident aussi au plaisir…
Alexandre : Catastrophique J ! Il fait un temps pourri, franchement c’est la cata, Sète c’est vraiment pourave, je ne sais pas comment on va faire pour s’en sortirJ.
Mayel : Oui, c’est clair, franchement on souffreJ.
Alexandre : Tu mets 12 heures pour monter à Paris, y’a pas de train, t’as 3 changements, t’es à 3 heures et demi de la mer je crois, sans déconner ?
Mayel : Non, c’est un bonheur ! Mais c’est vrai qu’on le garde un peu pour nous, on est très vite débordés, c’est vrai que c’est une petite ville, on se sent un peu vite à la maison, Alex ne le dit pas mais il a ses petites habitudes, il a son petit primeur, non mais c’est vrai…son petit boucher, il adore, je le fais un peu moins car j’ai moins ce truc-là, cuisiner, il a ce petit côté de faire travailler les artisans du coin. On a une chance inouïe mais les gens qui ne connaissent pas Sète ou la manière dont on vit peut-être n’ont pas cette conscience de se dire que l’on s’est mis avec eux, pas au-dessus, au même niveau. On fait son petit sport, on croise les gens, Alex a son petit cabas, il fait ses petites courses…
Alexandre : Il n’y a pas que moi, Mayel. Ce qui fait la force aussi, je trouve, de cette série, c’est que l’on est tous très très implantés dans la ville. Tu vas te balader à Sète, évidemment pendant l’été tout le monde est un peu planqué derrière son masque et ses lunettes mais, pendant l’hiver, tout le monde se ballade, à 6 heures tout le monde est au monoprix, chez le boucher, au tabac ou pour boire un coup. Tout est fluide.
Mayel : C’est naturel, on vit, on est fondus dans la masse et on est contents. Il dit ça mais, en plus, en toute honnêteté, on fait un peu nos petits merdeux mais avec toute la bienveillance que ça a, c’est que la plage ou autre, on n’en profite pas tant que ça, on y va de temps en temps parce que ça nous ressource.
Alexandre : Enfin, moi, j’en profite quand même.
Mayel : J’ai croisé des fans qui pensent que l’on est tous les jours à la plage, tous les jours en train de bronzer. C’est-à-dire que, oui, on en profite un peu mais le juste milieu est là. On est là-bas, on sait que l’on travaille, on adore être là-bas, on adore être avec eux, on adore vivre comme les autres mais on n’est pas tous les jours sur un transat. La plage est là, elle est belle, elle est magnifique, la ville est magnifique, on en profite un max mais, franchement, on bosse, on essaie de rendre fier nos fans.
Alexandre : Il ne faut pas oublier que « Demain Nous Appartient », c’est à 8 à 12 heures de travail par jour, que, pour les acteurs, il y a beaucoup de textes à apprendre donc, le soir, ce n’est pas forcément les vacances.
Mayel : Oui, c’est ça. Mais on le fait avec plaisir, avec beaucoup d’amour, franchement.
Quels sont les principaux retours que vous font justement les fans du programme ?
Alexandre : Je pense que « Demain Nous Appartient » est un miroir déformant de la société française donc, forcément, tout le monde s’y retrouve. C’est aussi ce qui fait une des forces de ce feuilleton, si vous voulez. Je suis désolé, je fais plein de choses en même temps…
Mayel : Il est en train de refaire ses lacets…
Alexandre : Je suis en train de refaire mes lacets…voilà, je vous le dis, j’ai un toc. Je fais mes lacets car ce ne me plait pas, j’aime les lacets à l’ancienne et on veut me faire mes lacets à l’anglaise.
Mayel : Alexandre Brasseur répond à une interview en retirant ses chaussures, il est en chaussettes, il fait ses lacets…il répond de manière très sérieuse, vous avez vu qu’il n’est pas du tout déroutéJ. Comme il est bien élevé, c’est un garçon TRES bien élevé, il a la gentillesse de dire « pardon, excusez-moi, je fais quand même mes lacets » alors que, bon…. J
Alexandre : Ce que je veux dire par là quand même, c’est que, pour moi, la grande force de cette série, c’est que tout à chacun va pouvoir retrouver un ami, un proche, un lointain, un parent. Vous allez les voir, vous allez regarder la série et vous dire « ça, je connais cette histoire ». C’est un vrai miroir et, du coup, vous êtes impliqué dans l’histoire et vous avez l’impression de connaitre tout cela. Donc ça vous touche et, forcément, vous avez envie de regarder la suite. Je pense que, en ce sens-là, voilà une série qui pourrait devenir pop, au sens noble du terme. Je pense qu’elle peut faire partie de la pop-culture de demain. De la même manière que les frigidaires ou Coca-Cola. Voilà un programme qui devient populaire, au sens noble du terme. Je trouve que la culture populaire est aussi une forme de culture et qu’on ne peut pas systématiquement la mettre sur le côté.
Mayel : Oui, oui, c’est très important…
Parmi les évènements marquants récemment diffusés à l’image, on pense notamment à la prise d’otages au Spoon. Justement, Alexandre, comment avez-vous appréhendé ces nombreuses journées de tournage ?
Alexandre : Je vous rassure, ce n’est pas la mine… J. Maintenant, j’ai eu effectivement très mal à mon fessier parce que j’ai passé beaucoup de temps assis par terre sur une planche en bois… J J J…c’est une réalitéJ, il faut l’avouer. Mais, sinon, voilà, en fait, quand on joue la comédie, je pense qu’il faut aussi beaucoup s’appuyer sur le vecteur réalité. Et la réalité du moment, c’est j’ai mal aux fesses, c’est il fait très chaud, il y avait beaucoup de fumée car ils mettaient beaucoup de fumigènes, il faisait très noir donc on est mal, on n’est pas bien…ben, il faut en jouer, ce n’est pas compliqué, il faut en jouer parce que ça fait aussi partie de la situation si vous voulez…on est pris en otage, on est malmenés, on nous crie dessus, on nous fait une tête comme ça, on nous pointe avec une arme…Donc on en joue et, du coup, vous l’utilisez, vous vous appuyez dessus et vous travaillez à partir de cela. C’est votre terreau du moment, il faut savoir l’utiliser, tout simplement. Oui, ça n’a pas toujours été très simple, néanmoins c’est aussi très aidant.
Concernant cette fois-ci le personnage de Georges, il est à noter une belle évolution professionnelle, presque dans la suite logique de tout ce qu’il a pu connaitre jusqu’à présent. Il dirige maintenant la PTS…
Mayel : Oui, c’est encore une fois quelque chose que je trouve assez intéressant parce que ça reflète une réalité dans le quotidien. Un fonctionnaire de police qui est assez bon, après 3 ans et demi, 4 ans, de manière assez crédible, on peut lui proposer une évolution de carrière. Après 3 à 4 ans, que les résultats sont bons et que son travail est très bien fait, c’est naturel. Donc c’était aussi un côté un peu nouveau de dire que Georges, on le voit un peu sympa mais on peut aussi lui mettre des responsabilités, à avoir une équipe mais tout en restant au commissariat, avec son côté un peu particulier, que j’aime énormément d’ailleurs.
Alexandre : Mais c’est aussi ce qui fait la force de ce personnage, c’est pour cela que Georges nous touche, il est hyper brillant mais il n’en a pas l’air. Donc il va se retrouver patron de la PTS mais avec ses T-Shirts avec des hamburgers, on lui vend des glaces J…
Mayel : C’est ça, il a raison, ça nous ramène à quelque chose que, je trouve, la production et les auteurs ont fait de manière assez brillante, c’est ce côté « voilà, on ne se dit pas que ce n’est pas crédible ». Il y a ce côté que j’aime beaucoup où on se dit « oui, c’est crédible, oui c’est possible ». Alors, oui, parfois, on crée des choses, c’est ce qui fait la beauté de la fiction, on ramène des choses que l’on ne pourrait pas faire dans la réalité, sinon on ne ferait pas de cinéma ou de télé mais, globalement, sur cette quotidienne, il y a beaucoup de choses sur lesquelles on peut s’appuyer en se disant « c’est pas mal en fait ». Je trouve ça que cool que, après presque 4 ans que ce flic-là est présent, on lui propose une évolution de carrière, ce n’est pas au bout de 3 semaines donc je suis assez content.
On parlait des T-Shirts mais c’est vrai que, pour le coup, il y a cette évolution vestimentaire pour Georges…
Alexandre : Il s’est beaucoup battu pour les vestes mollesJ J J.
Mayel : Oui, c’est clair, c’est grâce à Alex. C’est une vraie anecdote, il me croise dans les couloirs avec une veste, bon…
Alexandre : …un peu structurée…
Mayel : un peu TRES structurée. Alex est un garçon évidemment très charmant, il a de très bons gouts, il me regarde, je vous jure que c’est vrai, il allait tourner, il me dit « faut que je te parle ! » donc, là, c’est sérieux, c’est Monsieur Brasseur qui me parle. Il me dit « tes vestes, il faut que tu aies… ». Il a été cherché sur son portable des infos de vestes qu’il m’a envoyées et m’a dit « c’est ça qu’il te faut ».
Alexandre : Des vestes molles J…
Mayel : Je les ai mises et tout le monde m’a dit que c’est stylé, que c’est super beau. Je leur ai répondu que c’est grâce à Alex. Les costumières m’ont dit « mais oui, c’est vrai, on n’y avait pas pensé ». J’avais des vestes un peu…
Alexandre : …trop structurées… J J J
Mayel : Du coup, ce que vous voyez en vestes, à la base ça part de Brasseur qui passe dans un couloir et qui me dit « tiens, regarde, j’ai vu ça pour toi », il avait 3 screenshots de vestes. C’est pour vous dire que l’on est vraiment entre potes où, lui, va avoir ses textes, va bosser et va s’arrêter pour me dire un truc qui n’a rien à voir avec son texte ou son jeu.
Alexandre : Et inversement.
Mayel : Voilà, du coup, c’est ça qui est joli et je pense qu’on peut se dire que c’est cool.
Alexandre : Il y a une belle forme d’humanité !
Merci, à tous les deux, pour votre disponibilité !