Anne Charrier évoque son rôle de membre du jury au Festival de la Fiction Tv de La Rochelle !
/image%2F1552669%2F20211231%2Fob_9aed64_anne-charrier-peux-pas-travailler-sur.jpg)
Bonjour Anne,
Quel plaisir d’effectuer ce nouvel entretien avec vous !
On se retrouve au Festival 2021 de la fiction TV de La Rochelle, où vous êtes membre du jury. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être pour vous ?
Oui, oui, oui, c’est super ! Pour plein de raisons, déjà parce que j’ai un très bon souvenir de La Rochelle au travers des divers projets que j’y ai présentés. Et puis j’ai eu la chance de recevoir le prix d’interprétation en 2017 donc je vois aussi l’impact ainsi que le gros plus que ça a. Cet adoubement de nos pairs est quand même quelque chose d’important. Donc je prends cette responsabilité très à cœur, je suis très sérieuse sur la charge de travail.
Au-delà du rôle en lui-même, le fait de retrouver le public et la proximité des gens du métier doit faire chaud au cœur, dans le contexte actuel ?
Ah oui, oui, bien sûr, c’était essentiel de revenir à cela. Sachant qu’il y a quand même de grosses contraintes avec le public. On n’a pas les séances de dédicaces, qui s’organisaient d’habitude et qui font partie intégrante des festivals. Parce que c’est une rencontre particulière avec une partie du public. On les croise quand même dans la rue, on fait des photos mais c’est très heureux de pouvoir revenir dans ces lieux, de croiser et la profession et le public. Même entre nous, on se voyait très peu, sauf pour les projets concrets mais, en fait, on n’avait plus de réunion, on n’échangeait plus de vive voix autour des projets, sauf si on travaillait concrètement ensemble. C’est une des grandes joies de ce presque post Covid.
Guillaume de Tonquedec le disait, il vous connaissait car vous aviez récemment tournés ensemble mais il ne connaissait pas les 5 autres membres du jury. Est-ce pareil pour vous ? Est-ce aussi l’occasion de rencontrer d’autres corps de métiers ?
Oui, oui, absolument ! Je connaissais le travail de certains d’entre eux mais c’est vrai que l’on ne se connaissait pas personnellement et c’est très enrichissant. Parce que l’on vient d’univers différents, on a des carrières différentes, des expériences différentes et je trouve que ça valorise les échanges, que ça les renforce. On n’a pas le même regard, on n’a pas les mêmes réactions, on ne réagit pas aux même choses, on n’est pas impacté de la même façon, voilà c’est très heureux comme échanges. Les retours que l’on a de chaque projection sont très riches, je trouve.
A titre plus personnel, en amont d’une projection, vous renseignez-vous déjà sur le projet ? Ou, à l’inverse, avez-vous cherché à rester la plus neutre possible ?
Je regarde le casting et le thème mais c’est vrai que je ne fais pas un travail de fond comme celui que je ferais si j’étais amenée à travailler avec quelqu’un. Parce que, en fait, il faut avoir une zone de recul, d’autant plus que l’on juge aussi des travaux de gens que l’on connait, avec lesquels on a travaillé, avec lesquels on a échangé, dont on aime le travail ou avec lesquels on a un affectif. Il faut rester le plus neutre possible, c’est irréalisable d’être totalement impartial, il y a forcément une histoire, même si on ne souhaite pas la considérer mais on fait vraiment l’effort de rentrer dans chaque projet complètement en essayant de faire le vide.
Justement, quand vous rentrez dans le projet, est-ce votre œil de téléspectatrice ou celui de comédienne qui regarde la proposition ?
C’est intéressant parce que je me posais cette question-là. Je crois que, inévitablement, le fait de faire partie de ce métier nous gâche un peu le plaisir immédiat. Parce que, quand même, on a un regard pro sur certaines choses. Pour ma part, ce regard pro se réveille quand je ne suis pas emportée. C’est-à-dire que, à un moment donné, je me demande pourquoi on n’a pas fait ça comme ça. Si ces questions-là ne se posent pas, c’est que, en fait, je suis rentrée dans ma zone de spectatrice et que je suis portée par l’histoire et les acteurs. Donc j’essaie quand même de valoriser ce regard-là, c’est-à-dire celui où la raison se met de côté pour être le plus dans l’émotion. C’est un média qui est supposé révéler des émotions donc j’essaie de rentrer fraiche, la plus fraiche possible.
/image%2F1552669%2F20211231%2Fob_46439b_anne-charrier-lors-19eme-edition-festi.jpg)
Guillaume le disait récemment, à ce stade-là des projections, il a noté une très grande qualité dans les propositions. On peut imaginer que c’est un point de vue que vous partagez ?
Oui, oui, tout à fait ! On voit la télé évoluer, c’est-à-dire que, sur certains projets, on n’a plus ce clivage cinéma/télé qui est déjà obsolète depuis très longtemps. Mais on voit des projets que l’on pourrait avoir vus clairement au cinéma. On voit de la télé aussi bien de grand spectacle, que de la télé d’auteurs, que de la télé plus mainstream mais de grande qualité. C’est le point commun à tous ces projets. C’est ça que je trouve très heureux et très enrichissant. J’ai l’impression de voir évoluer la télé, entre le moment où j’ai commencé et maintenant. Je vois arriver de jeunes comédiens avec un talent fou et des metteurs en scène hyper inventifs. On sait que les moyens sont parfois limités économiquement, on voit alors une grande capacité d’innovation et d’audace, c’est très réjouissant.
On peut donc penser que les délibérations jusqu’au rendu final vont être intenses ?
Oui, je pense. Bien sûr, on échange entre nous et on a des impressions. Mais on essaie de ne pas influencer les autres sur des choses que l’on aurait vues et qu’ils n’auraient pas vues. Toutefois, il y a des lignes claires qui se dessinent quand même, bien sûr je ne dirais rien. Il y en a d’autres où on attend les retours de nos camarades pour étayer un peu des impressions, il y a des choses où je serais incapable aujourd’hui de donner un palmarès clair.
Pour terminer, en complément, quels sont vos autres projets du moment en cette période de rentrée ?
Ce sera le théâtre en ce qui me concerne, je vais commencer des répétitions pour une pièce qui va se jouer au mois de janvier, une pièce de Patrick Haudecoeur et Gérald Sibleyras, qui s’appelle « Berlin, Berlin », mise en scène par José Paul. Qui est une comédie extrêmement drôle, j’espère du moins qu’elle le sera, en tout cas elle l’est à l’écriture. Elle est un peu dans la veine de « To be or not to be », c’est très enlevé, avec des personnages très marqués, c’est très drôle. On commencera par Paris et il y aura forcément une tournée.
Merci, Anne, pour toutes vos réponses !