Demain Nous Appartient : Martin Mille évoque son personnage dans la série à succès de TF1 !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Martin,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

On peut vous retrouver depuis un an environ maintenant dans la série à succès de TF1 « Demain Nous Appartient ». A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être de faire partie de cette belle famille artistique ?

Oui, oui. Je vais en profiter pour vous raconter un peu mon parcours, pour vous dire à quel point ça a pu être une joie au moment où j’ai appris que ça allait arriver. Je viens d’un petit village de campagne, dans la Drôme, de 600 habitants environ. Mon papa est musicien donc j’ai toujours été, depuis petit, dans le milieu artistique. J’ai commencé, dans ce village, dans un petit club de théâtre, à l’âge de 8 ans. On faisait de petites scènes rigolotes et je suis vraiment tombé amoureux de cet art. Arrivé au collège, j’ai eu une petite période où j’ai arrêté le théâtre parce que j’avais peut être envie de m’affirmer, il y avait un peu ce truc de dire « je veux être un bonhomme, je ne veux pas faire le club de théâtre du mercredi après-midi, je préfère être avec mes potes et jouer au foot ». Ce qui m’allait très bien à cette époque.

En sortant du collège, je me suis dit que, comme je disais depuis tout petit que je voulais en faire mon métier, il faudrait que je commence à faire ce qu’il fallait pour. Je me rendu compte qu’il fallait que j’entreprenne les choses par moi-même, dès lors. Je fais alors les démarches pour rentrer dans un lycée à Grenoble, avec une spécialité théâtre. Là, je commence à travailler en parallèle de ma Fac, où je fais un an d’art du spectacle et du cinéma. Je restais un peu dans le même milieu et dans la même énergie, tout en travaillant à coté pour pouvoir ensuite monter à Paris faire une école. Je suis enfin monté à Paris après mon année de Fac où j’ai fait deux ans aux Enfants terribles. A la fin de la deuxième année, j’ai rejoint l’équipe de DNA.

Pendant ces deux années, j’ai soulé tous les agents à leur envoyer ma tête toutes les deux semaines. Je participais à tous les groupes de castings, ce qui m’a permis de me créer un réseau avec d’autres jeunes. J’ai fait des courts métrages étudiants, de la figuration mais je n’avais pas d’agent donc pas d’accès à tous les castings intéressants. J’envoyais, j’envoyais, j’envoyais…la veille du premier confinement, je devais avoir rendez-vous pour un casting qui avait répondu enfin oui et c’était pour « Ici tout commence ». Ce rendez-vous se loupe à cause du confinement, je retourne dans la Drôme, les mois passent, j’oublie un peu cela en pensant que c’est terminé. Ils me recontactent un mois avant la fin du confinement en me disant qu’ils allaient reprendre les productions. J’étais très content. J’ai essayé pas mal de rôles mais ça n’allait pas, jusqu’à ce qu’ils me demandant d’aller sur le tournage pour rencontrer le réalisateur. J’y vais, on refait encore un casting pour un nouveau personnage et, à ce moment-là, il me dit en sortant que, à priori ça le ferait mais sans rien me confirmer. Sauf que l’on est en juin, en sortie du premier confinement…Je suis un jeune qui essaie de faire cela mais il faut que je travaille à côté si je veux pouvoir rester à Paris. Je suis en train de voir pour faire ma saison en restauration une semaine après. Je monte dans le train pour Paris en ce sens, j’arrive, je pose mes affaires chez moi et, là, j’ai un appel de la directrice des castings pour me dire qu’ils m’aiment bien mais qu’ils ne savent pas où me placer sur ITC. Elle me propose alors de faire une dernière self tape mais pour le rôle de Gabriel sur DNA. Je la fais, on me rappelle pour me dire que l’aventure commence quelques jours après.

Donc c’était un peu une libération après toutes ces années où je n’avais pas les contacts. J’ai sauté dans ma chambre et ai appelé de suite mes parents. Je ne savais pas qui était Gabriel, je ne savais pas ce que ça allait être, je me suis dit que ça pourrait même n’être que pour trois jours de tournage. Mais j’étais comme un dingue d’avoir décroché mon premier contrat. Je me renseigne, je demande s’il faut quand même que je garde mon job d’été et, là, du coup, je comprends que c’est un personnage récurrent, que je suis partie pour une vraie aventure. Trop content, je préviens tout le monde ! Puis, je suis arrivé sur DNA….des personnes formidables, bienveillantes, intégration assez rapide, tout le monde y est allé de bon cœur, ça ne pouvait que fonctionner. Super content !

Au-delà de cette belle et grande famille artistique, c’est vrai que le cadre de tournage est quand même très chouette…

L’endroit est incroyable ! J’ai découvert Sète. C’est vrai que le premier jour où j’arrive, à la veille de me présenter à l’équipe, je viens en train, j’étais en première classe, je commence à voir la ville avec les canaux, j’ai une grande chambre d’hôtel…des choses que je ne connaissais pas vraiment. Au début, tu ne réalisas pas vraiment ce qui se passe mais c’est vraiment super. Ce que j’ai adoré, c’est d’avoir tourné en juin et en juillet…Quand tu ne tournes pas, tu as la plage à côté, c’est paradisiaque. Etant donné que je travaillais depuis très jeune chaque été pour avoir des sous pour l’année, je n’avais pas eu de vacances d’été depuis je ne sais pas combien de temps. Du coup, même si je travaillais, c’était presque des vacances pour moi, j’y allais avec la banane et le sourire. Tout ce que j’aime.

Après un an à l’image, avec vos propres mots, comment décririez-vous à présent votre personnage de Gabriel ?

Je remplaçais un comédien qui jouait déjà le personnage avant. Quand je suis arrivé, je n’ai pas vraiment regardé ce qui se faisait avant, je me suis dit que j’allais me faire des nœuds si je commençais à savoir à quoi je dois ressembler. Je me suis dit qu’il fallait que j’apporte ma touche personnelle en arrivant. Donc je suis arrivé sur un personnage qui a un passif assez compliqué, avec une maman transgenre. J’ai eu une facilité, quand je suis arrivé, ils venaient de finir l’intrigue des soucis entre Morgane et Gabriel, ils s’acceptaient, ils s’aimaient, tout allait bien entre eux. Du coup, dès mon arrivée, on a pu jouer des séquences avec ma mère où on s’entend bien et j’avoue que ça m’a aidé. Si j’étais arrivé directement dans les tensions familiales, ça aurait été peut-être plus compliqué à apprivoiser comme personnage. Je crois que, du coup, j’arrive avec un personnage qui est plutôt détente, assez rigolo, taquin, qui ne va pas hésiter à piquer. Qui pourrait un peu ressembler au personnage de Charlie dans ce sens-là, même si elle est un peu plus cruelle encore dans ses remarques.

On peut dire quand même que, en un an, j’en ai pris plein la tête parce que j’arrive avec un personnage plutôt sûr de lui, qui en quelques mois va se faire avoir sentimentalement par Charlie. C’est une histoire qui a duré, je crois, presque cinq mois à l’antenne. Ça a été super, je suis arrivé et j’ai eu directement beaucoup de jours de tournage avec Clémence Lassalas. On s’est super bien entendus en fait, c’est une actrice que je trouve super. Je crois qu’elle m’aime bien aussi, ça a plutôt bien matché. On n’avait pas trop à chercher pour essayer de créer quelque chose, c’était assez naturel. C’était vraiment un plaisir et je sens que j’ai pu évoluer aussi avec elle, qui est là depuis un petit moment. Son expérience m’a guidé.

J’ai eu aussi l’arche avec mon oncle qui décède et ma mère qui va en prison. Là, ça a été autre chose parce que l’on a dû aller chercher plus dans du profond, pour toucher les téléspectateurs. C’est là que l’on se rend compte que l’on commence à attaquer un exercice qui n’est pas facile. Surtout dans le format série. Moi qui ai fait beaucoup de théâtre avant, je travaillais six mois sur un texte avant de le présenter à mon prof, là j’arrive dans une démarche qui est complètement différente, où il faut être archi efficace si on veut être fier de soi. Du coup, c’est difficile, il faut être efficace, sinon on sait que l’on ne peut s’en prendre qu’à soi-même si on n’a pas été assez à fond sur le peu de temps accordé. Le personnage en a donc pris plein la tête, il a beaucoup pleuré, il a beaucoup été dans des peines de cœur ou des peines familiales sur les six derniers mois.

Ensuite, il y a quelque chose qui a été bien, c’est que j’ai aussi beaucoup tourné avec Théo Cosset et Dembo Camilo, qui sont, dans la série, mon demi-frère et mon frère de cœur. On était un trio qui s’amusait bien, qui rigolait bien, on se permettait aussi de souffler un petit peu entre les séquences qui étaient compliquées. Ensuite, j’ai eu une petite période de creux. J’ai eu un cas contact qui m’a fait louper quelques arches de comédie. Là, je suis content parce que je reviens avec un Gabriel un petit peu libéré de tous les poids qu’il a eus toute l’année, qui va arriver un petit peu avec le smile et un nouvel état d’esprit. Au bout d’un moment, je crois qu’il a réussi à faire son deuil de Charlie, je crois qu’il a réussi à vivre aussi avec l’absence de ses mères. Mais en espérant qu’elles reviennent bientôt. Je suis content, ça va être un peu moins lourd à porter comme personnage et peut-être que je vais pouvoir apporter un peu de sourire chez les téléspectateurs. Donc ça fait du bien.

On le sait, le rythme de tournage sur une quotidienne est intense. Comment avez-vous appréhendé cela ?

Je suis un mordu du travail et de préparation. C’est peut-être aussi l’école du théâtre qui refait surface. Lors de mes premiers jours, sur trois séquences d’une minute, je suis arrivé avec presque trop de travail. Ce qui fait que je me prenais un peu trop la tête, à répéter mes quatre répliques une centaine de fois pour être sûr. J’étais vraiment à fond. Avec le temps, tu te rends compte que, sur ce genre de format, il faut s’adapter et je pense que j’ai réussi. On ne peut pas passer toute la nuit sur un texte, il faut aborde le travail d’une autre manière, il faut être plus efficace dans la compréhension du texte et dans son apprentissage. C’est un exercice, sur le fil de l’année, tu apprends les séquences plus vite et certaines se répondent, ce qui facilite l’apprentissage. En les relisant tous les jours, on est sûr de les avoir au moment du tournage. J’ai même pris mes marques avec l’équipe du tournage. Des choses toutes bêtes comme le positionnement au début de l’action et à la fin de la séquence. J’essaie aussi de faciliter le travail des techniciens, qui ont un boulot immense dans l’ombre. Ce qui permet d’être plus en phase avec les équipes et d’être plus disponible.

Pour la suite de votre parcours, on imagine que vous aurez peut-être l’envie de remonter sur les planches ?

J’en ai déjà envie ! En ce moment, je suis beaucoup pris par DNA et le contexte actuel rend le théâtre peu accessible en ce moment. Ce qui me fait plus envie actuellement, c’est de reprendre des cours. Je voudrais bien préparer la classe libre, le conservatoire national d’art dramatique à Paris. Au-delà du fait que c’est l’une des plus grandes classes à intégrer pour apprendre le théâtre et en faire, je pense que c’est un défi à se lancer que de passer les auditions. Ces moments passés devant un jury qui fait peur est équivalent à un moment passé sur des planches face aux spectateurs. C’est un peu le même type d’exercice. Au final, au niveau du stress, de l’appréhension et de l’expérience, je pense que c’est assez similaire.

J’ai envie d’apprendre avec des profs qui peuvent me faire progresser. Je sens que, à vingt-deux ans, je n’ai pas tout appris et qu’il me reste plein de choses à apprendre. Même si, avec DNA, j’apprends beaucoup, le théâtre peut m’apprendre d’autres choses encore. Je pense aussi que j’ai ressenti des choses au théâtre que, pour l’instant, je n’ai pas réussi à ressentir avec des caméras. J’avais notamment eu la chance de partager un moment sur scène avec Jean-Louis Trintignant, à échanger des poèmes. Je crois que l’on avait réussi à faire quelque chose de joli sur ces trois à quatre jours ensemble.

Merci, Martin, pour toutes vos réponses !

Publicité

Publié dans Télévision

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article