Un Si Grand Soleil : Coline Ramos Pinto évoque Kira, son personnage dans la série à succès de France 2 !
Bonjour Coline,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous avez rejoint l’aventure « Un Si Grand Soleil » il y a déjà quelques mois maintenant. On imagine, à titre plus personnel, le plaisir et la joie que ce doit être de faire partie de cette belle famille artistique ?
C’est vrai que, au début, quand j’ai appris que j’étais prise, cela a été énormément de joie et je me souviendrai toujours de la directrice de casting, au téléphone, qui me dit « tu es sûre que tu es contente ? ». J’étais tellement choquée que je n’arrivais pas à exprimer à quel point j’étais contente. C’est ma première expérience, j’ai attendu de longues années. C’est un vrai vrai plaisir. Parfois, encore aujourd’hui, je ne me rends pas tout à fait compte de la chance, tout simplement. Il y a le avant où je me dis que ce qui va se passer est incroyable et le pendant où j’ai vraiment la tête dans le travail, et où je ne me rends pas du tout compte de ce que je suis en train de faire. Mais c’est formidable, j’adore.
Vous y interprétez le personnage de Kira. Avec vos propres mots, comment la décririez-vous ? Quelles sont ses principales caractéristiques ?
Kira, pour moi, est clairement un animal sauvage. C’est un chat des rues qui se ballade et qui, évidemment, est difficile à approcher. Quand on arrive à s’en approcher, c’est là qu’on découvre (derrière sa carapace) une adolescente plutôt tendre. Quand elle est attachée, elle ne fait pas semblant. Il faut quand même rester prudent et ne pas la brusquer sinon, elle prend la fuite. Après, voilà, c’est un personnage, au début, que je trouvais vraiment à l’opposé de moi-même, elle est brute de décoffrage, elle dit tout ce qu’elle pense, elle n’hésite pas à renvoyer les gens, alors que, moi, pas du tout. Au fil du temps, on se rapproche l’une de l’autre, on se ressemble de plus en plus, je dirais que c’est même peut-être plus facile à interpréter. Mais c’est vrai que, au début, c’était hyper intéressant de jouer quelqu’un qui ne vous ressemble pas du tout.
Justement, au moment de l’interpréter, avez-vous ou avez-vous eu des sources particulières d’inspiration ?
Au départ, non, pas du tout. C’est justement en commençant le tournage que je me suis aperçue que Kira ressemblait sur beaucoup de point à des personnages de film que j’adorais. Par exemple, « Divines » de Houda Benyamina, où l’actrice principale, Oulaya Amamra, qui joue le rôle de Donia, me fait penser un peu à Kira. Ça m’a fait dire que c’est dans cette direction-là que je devais aller. C’est une fille de la rue, agressive avec tout le monde, un animal sauvage.
En quelques semaines, elle a déjà vécu pas mal de choses. Quel regard portez-vous sur son vécu et son évolution ?
Je porte un regard positif et bienveillant sur elle. Au début, c’était difficile d’être en accord avec ce qu’elle disait mais, aujourd’hui, on la pardonne plus facilement, elle qui fait des erreurs comme tout le monde. En plus, se faire manipuler par quelqu’un est quelque chose qui peut arriver à tout le monde, moi-même je l’ai vécu dans la vie de tous les jours. Elle est quelqu’un comme tout le monde au final.
D’ailleurs, regardez-vous les diffusions pour voir le rendu final et ainsi vous en servir sur les tournages suivants ?
En effet, je regarde souvent les diffusions mais je me suis rendue compte que ça n’est pas pour les bonnes raisons. J’ai très souvent une critique négative envers moi-même, et ça ne me sert pas pour m’améliorer. Je pense que ça ne me sert pas plus que ça. Quand les cours de théâtre reprendront, ils m’aideront davantage.
Regarder, c’est bien au début, c’est la première fois que je me vois à l’écran, c’est hyper cool, ça fait bizarre mais, sur le plan du travail, ça ne m’aide pas tant, c’est plus autodestructeur qu’autre chose.
On le sait, le rythme sur une quotidienne est soutenu. A ce titre, avez-vous une méthodologie particulière de préparation en amont ?
Ma technique pour être efficace sur le plateau n’a rien à voir avec le texte, c’est vraiment me défaire du stress. C’est surtout l’hygiène de vie, je ne me couche jamais très tard, depuis que j’ai commencé USGS, c’est sûr que je fais beaucoup moins la fête. Je mange bien, je dors bien, moi qui ai besoin de beaucoup de sommeil et j’ai repris le sport. En ce qui concerne le texte, je le relis toujours trois jours avant pour être sûre de bien le savoir par cœur. Après, c’est vrai que je commence à prendre l’habitude de le remodeler comme je le veux, pour qu’il soit plus facile à dire. Mais, voilà, le gros du travail est plutôt l’hygiène de vie.
Vous qui vivez maintenant cette aventure pleinement de l’intérieur, et même si ce n’est sans doute pas simple à définir, quelles sont, selon vous, les principales raisons de la fidélité des téléspectateurs ?
Je pense que, même s’il y a énormément de personnages, on revoit toujours les mêmes. Et tout simplement, ça me parait logique, les gens s’attachent. C’est une quotidienne, c’est le quotidien, je pense que les gens s’attachent à des choses du quotidien et la série en fait justement partie.
D’ailleurs, quels principaux retours vous fait le public sur Kira ?
J’ai croisé quelques fois des gens dans la rue qui venaient m’adresser la parole et qui étaient surpris de me trouver plus douce que Kira. En fait, les gens ont une vision de Kira, même encore aujourd’hui alors que le personnage a beaucoup changé, de l’animal sauvage. Ça reste encore en tête. Sinon, j’ai eu des retours plutôt positifs. Ça fait plaisir. Après, il y a toujours les gens qui vous connaissent très bien et à qui ça fait bizarre de vous voir à l’écran jouer un personnage.
Sans dévoiler de grand secret, on imagine que, dans les semaines à venir, on continuera à suivre Kira dans ses aventures scolaires mais aussi chez Florent et Claire, aux côtés d’Enzo ?
Oui, oui, sa nouvelle vie commence. J’ai hâte de voir moi aussi ce qui va se passer par la suite. Je pense que c’est un personnage qui apporte quand même pas mal de rebondissements.
En parallèle, dans ce contexte peu évident du moment, quels sont vos autres projets artistiques ?
Le contexte fait que je ne peux pas continuer les cours de théâtre, ce que j’aimerais beaucoup car c’est une de mes passions. Je continue par contre les castings. La série me prend la moitié de mon temps, du coup quand j’ai un peu de temps sur Paris, j’en profite pour voir ma famille ou pour rester un peu tranquille à la maison.
Pour conclure, que peut-on vous souhaiter pour la suite de votre parcours ?
De continuer, même sur d’autres projets, à travailler avec des équipes aussi chaleureuses et bienveillantes que celles de « Un Si Grand Soleil ».
Merci, Coline, pour toutes vos réponses !