Lisa Jeanpierre évoque sa carrière de sportive de haut niveau ainsi que son projet Intoku !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Lisa,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes internationale française de volley-ball et joueuse dans le club espagnol de La Laguna. Vous qui vous êtes récemment blessée à la cheville gauche, vous n’avez malheureusement pas pu participer au tournoi de qualification aller pour le championnat d’Europe. Comment vous portez-vous ? La guérison se passe-t-elle bien ?

Oui, tout se passe bien. Ca fait maintenant deux semaines que je suis une rééducation au centre sportif de Mulhouse, où, tous les jours, j’ai deux séances de kiné, matin et soir, avec accompagnement physique et je vais à la muscu. Il y a une semaine, j’ai recommencé à toucher le ballon et à faire donc un petit peu de volley.

Ce que j’ai eu, c’était une grosse entorse. Mais la rééducation se passe vraiment bien, on s’occupe vraiment bien de moi. Ça fait deux semaines et j’ai de nouveau des sensations au pied, je peux déjà faire des mouvements et trottiner.

Si tout se passe bien, quand pourrons-nous vous retrouver dans les salles ?

Au mieux, il me reste une semaine et demie, ce qui me permettrait de reprendre en stage avec l’équipe de France à Harnes. Au pire, allez, ce sera au maximum deux à trois semaines. Mais je ne pense sincèrement pas, je me sens vraiment bien, j’ai retrouvé mes sensations avec le pied, l’hématome est parti, tout a désenflé donc on va rester positif et on va imaginer dans la semaine et demie qui vient.

Quels sont vos prochains grands objectifs et principaux défis ?

Tout d’abord, dans moins de deux semaines, il y aurait, comme je le disais, un stage à Harnes avec l’équipe de France. Ce serait aussi, d’une part, d’être sélectionnée pour participer à la Golden League, une échéance européenne pour monter dans le ranking mondial avec les bleues. L’objectif est de revenir en forme pour être sélectionnée sur cette compétition et, par la suite du coup, s’il y a qualification de l’équipe de France pour participer au championnat d’Europe, ce serait d’y participer.

 

 

Si l’on revient à la genèse de votre parcours, comment vous est venue la passion de ce sport ?

Déjà, je n’étais pas dans une famille où il y avait du sport, je n’étais pas du tout dans le monde du volley. En fait, ce qui s’est passé, pour la petite histoire, c’est que j’ai reçu un petit papier dans ma boite aux lettres qui me proposait tous les sports que j’avais dans ma commune. Quand je l’ai lu, je me suis dit que je voulais faire du volley. Je suis donc allée en faire à Kingersheim, mon premier club, à côté de Mulhouse. En fait, j’ai commencé là-bas et je suis tombée amoureuse du volley. J’ai continué, je suis passée par toutes les structures, par tous les pôles, j’en ai fait une passion, je me sentais bien sur le terrain, je me sentais vibrer, je me sentais heureuse sur le terrain, du coup j’ai continué. C’est donc venu par hasard un peu, j’ai choisi de faire du volley mais j’ai été surprise que ça m’ait autant plu et que ç’ait pu devenir un métier aujourd’hui.

Selon vous, quelles sont les principales caractéristiques attendues à votre poste de réceptionneuse attaquante ?

La réceptionneuse-attaquante fait à peu près tout, elle sert, elle réceptionne, elle défend, elle attaque et elle bloque. Elle a un rôle quand même assez important dans l’équipe, c’est celle qui va stabiliser la réception mais qui va aussi mettre les points. En fait, elle est un peu importante sur tous les domaines donc je qualifierais mon poste en fait comme une joueuse omniprésente, multitâches. Après, ce qui est vraiment important en tant que réceptionneuse-attaquante, c’est justement la réception. D’où son nom. Ensuite, il faut mettre les points derrière. Le rôle est donc de stabiliser la réception puis de marquer les points. 

Vous allez avoir bientôt 22 ans mais votre parcours est déjà bien rempli. Quel regard portez-vous justement sur votre début de carrière ?

Je suis contente de mon parcours jusqu’à présent. J’ai eu de bons moments, des moments difficiles, je suis passée par plein plein d’expériences mais qui m’ont toujours beaucoup apporté. Cette année, je suis allée en Espagne et, sincèrement, je suis arrivée à un moment où j’ai envie de continuer à explorer encore plus de pays pour avoir plus d’expérience.

J’ai fait partie de l’équipe de France jeunes, du pôle espoirs puis du pôle France. Je suis passée par pas mal de structures qui m’ont appris beaucoup de choses, autant sur le plan personnel que sur celui du volley-ball. Je ne peux être que fière du parcours pour le moment.

 

 

Quels sont, jusqu’à présent, vos plus beaux souvenirs sportifs ?

J’en ai trois, je vais vous faire un top 3J. Déjà, ma participation avec l’équipe de France juniors aux championnats d’Europe. Ensuite, à Mulhouse, ma première entrée en Champions League contre l’équipe italienne de Busto. Et, bien évidemment, ma première sélection en équipe de France A, notamment le moment où j’ai chanté ma première marseillaise avec cette équipe.  

Sans dévoiler de grand secret, on imagine que la pratique de ce sport de haut niveau nécessite un rythme d’entrainement particulièrement intense et soutenu ?

Oui, c’est clair. Il n’y a pas un jour où l’on ne fait pas de volley. C’est, en plus, une combinaison entre le travail physique intensif et le travail plus technique du volley. En général, en semaine, j’ai une heure de muscu puis un entrainement le matin et un autre le soir, pour une durée de deux heures et demie à trois heures. C’est vrai que c’est un rythme assez difficile parce que, en plus, le week-end, on a les matchs. On a donc un seul jour de repos, le dimanche. Donc, oui, c’est intensif mais aussi, avec le temps, en faisant ça tous les jours, on prend le rythme, on s’adapte facilement. Le début de saison est toujours difficile mais, avec le temps, en fin de saison, on est au top et on se sent beaucoup plus fraiche et beaucoup plus adaptée en fait à l’intensité des entrainements. 

Dans les dernières minutes d’avant rencontre, juste avant de sortir du vestiaire, avez-vous un rituel particulier, sinon une méthodologue type de préparation ?

J’adore la méditation donc j’en fais une petite avant même de venir dans le vestiaire. J’aime bien écouter de la musique, j’aime bien me concentrer aussi. Mais, dans le vestiaire plus particulièrement, j’aime bien parler avec les filles, j’aime bien partager, en fait je ne suis pas forcément dans ma bulle, je regarde bien évidemment mon plan de jeu mais j’aime bien être avec mes copines. Vous savez, nous les filles, on se prépare, on s’attache les cheveux, on est un peu plus coquettes donc on a des moments, dans le vestiaire, plus intimes et j’aime bien partager, en musique, en rigolant. Pour enlever le stress, la pression et pour pouvoir arriver sur le terrain avec le sourire, afin de passer un bon moment parce que c’est ce qu’il y a de plus important finalement.

 

 

Comment qualifierez-vous la place du volley-ball dans notre pays, comparativement notamment à ce que vous pouvez connaitre en Espagne ?

Je pense que, médiatiquement, c’est pareil. Je vois juste certains différences sur le fait que, maintenant, les matchs en Espagne sont diffusés sur Youtube donc tout le monde peut les regarder. Alors que, en France, il faut s’abonner et donc payer. Il y a plus aussi, peut-être, de journalistes en Espagne, de pages facebook ou Instagram qui publient les résultats. On va dire que l’on peut plus nous voir sur les réseaux sociaux en Espagne. Après, je pense que la place du volley, en tant que sport, est plus importante en France. Je suis à Tenerife, ville où il y a beaucoup de beach-volley-ball. Là-bas, mon sport est donc super connu, les gens nous reconnaissent dans les rues de l’ile, on a une certaine notoriété mais, dans l’ensemble de l’Espagne, non, pas forcément.

Quelles seraient vos envies sportives sur le moyen et sur le long termes ?

Sincèrement, à long terme, j’aimerais pouvoir avoir plusieurs expériences dans plusieurs pays. Maintenant que j’ai quitté la France, je me suis rendue compte que, en Espagne, il y avait tout une autre culture, même en termes de personnes en général, pas forcément uniquement dans le volley. Il y a des choses à apprendre de toutes les cultures donc je trouverais sympa de pouvoir choisir des expériences dans d’autres pays pour voir comment ça marche avec le volley mais aussi comment sont les gens autour de nous, juste connaitre plus de cultures en fait.

A long terme, bien évidemment, il y a les JO. C’est un objectif qui est toujours là et qui arrive d’ailleurs très très vite. C’est le plus gros de mes objectifs. Jusqu’à là, j’aimerais y arriver en changeant justement de culture et en ayant différentes expériences dans différents pays. Parce que je pense que c’est comme ça que l’on construit aussi une joueuse.

 

 

Il y a quelques jours, on a pu vous retrouver derrière le micro pour commenter une rencontre. Comment s’est passée cette première expérience ?

J’ai adoré être commentatrice, j’ai vraiment passé un bon moment. En plus, j’étais avec Xavier Richefort qui commente tous nos matchs donc je l’ai entendu, je l’ai vu à la télé ou même quand j’étais sur le terrain pour jouer. Donc c’était vachement marrant en fait d’avoir cette expérience-là. Ça m’a permis aussi d’être près des filles, de pouvoir les voir, de discuter avec elles, je n’étais pas trop en dehors de la bulle de l’équipe de France. C’est quelque chose qui m’a plu, j’ai vu aussi les coulisses d’un match de volley-ball, les choses qu’une joueuse ne peut pas forcément voir. C’était super intéressant, c’était super bien, j’ai adoré.

Vous donne-t-elle peut-être l’envie de la renouveler ?

Oui, pourquoi pas. Après, je vais continuer ma petite carrière de volleyeuse. Peut-être une reconversion pour plus tard ? Mais si, maintenant, on me propose de commenter par exemple un match de l’équipe de France garçons ou autre et que je ne suis pas sur les terrains, bien sûr que j’accepterais car c’est quelque chose que j’ai apprécié faire.

En parallèle, vous avez développé un projet avec une amie, Blanca Izquierdo, autours du « Intoku ». Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

J’ai créé cela avec une amie que j’ai rencontrée à Tenerife. On est en train de commencer, c’est tout nouveau, on s’est mises sur les réseaux sociaux, on est en train de développer un site web, on est en train de créer également tous nos contenus. Notre projet est de créer une assistance envers les joueurs d’abord de volley puis les sportifs en général, pour les accompagner mentalement et psychologiquement, comme des coachs mentaux mais également des coachs spirituels.  On aimerait combiner ces deux choses parce que l’on pense que le mental est quelque chose que l’on peut contrôler mais que c’est aussi une façon de voir les choses. La spiritualité et la psychologie sont deux choses qui pourraient très bien marcher ensemble, c’est ce que l’on aimerait faire avec mon amie. Sachant que je fais des études en psychologie, qu’elle est journaliste et que, aussi, elle a un master dans un cursus psychologique et spirituel.

 

 

Donc c’est un projet qui va permettre de suivre et d’aider les joueurs, les sportifs avant de toucher à l’ensemble de la population, dans des cas de vie différents, pour des problèmes de cœur ou pour accompagner après la perte d’un être proche par exemple. On aimerait donc aider ces personnes mais à travers une association, où l’on va pouvoir partager des expériences de grands sportifs, des expériences de vie, où on va parler des fois de choses qui nous dépassent, des émotions.

On va essayer de véhiculer aussi la méditation dans le sport, en fait c’est un projet qui pourrait aider notamment les sportifs à performer, en étant accompagnés psychologiquement, mentalement, à travers différentes méthodes, que l’on n’utilise pas forcément aujourd’hui, qui sont aussi parfois tabous.

Où en êtes-vous du développement de ce projet ?

Vous pouvez déjà nous suivre sur les réseaux sociaux, sur Instagram, Facebook ou Twitter. C’est toujours le même nom, ça s’appelle « Intoku ». Pour le moment, on poste déjà des contenus qui peuvent aider les personnes, les intéresser. Sur du long terme, je pense que, dans les trois à quatre mois qui viennent, il y aura quelque chose de fixe, avec même des prises de rdv, si les personnes veulent parler avec nous, veulent avoir des consultations avec les sportifs. A date, on est déjà sur Youtube aussi, on partage tous nos contenus là-dessus, notamment les vidéos et interviews que l’on a ou que l’on va avoir de joueurs importants. Je sais que l’équipe de France garçons est présente là où je fais actuellement ma rééducation, donc je vais essayer de les interviewer.

Ce projet est sans doute très complémentaire de votre parcours de sportive de haut niveau ?

Oui, je dirais même que l’un pourrait permettre à l’autre de bien fonctionner. C’est-à-dire qu’une bonne préparation mentale, un psychisme sain permettent bien évidemment d’être performant. Le problème que l’on a beaucoup dans le sport est que l’on est assez contrôlés par notre ego, on passe par des moments compliqués pendant les matchs, on doute, on a des pertes de confiance. On peut dès fois passer par des structures compliquées, rencontrer des gens qui ne nous traitent pas forcément bien en tant que sportif. On peut aussi faire face à du sexisme. En fait, on peut avoir plusieurs problématiques en tant que sportif et ce sont des choses, en plus de la charge intense que l’on a physiquement, que l’on accumule, auxquelles on ne fait pas forcément attention et qui se ressentent en fait sur le terrain. C’est pour cela qu’il y a des blessures, c’est pour ça qu’il y a des burns out, ce sont des choses dont on ne parle pas forcément mais chaque grand sportif est passé par là.

Ce que l’on aimerait faire, c’est dire qu’il est possible d’être accompagné ou, même, qu’il est possible avec certaines pratiques de développement personnel, de s’améliorer là-dessus et d’éviter ces problèmes, ces blessures, ces petits moments compliqués qui se passent. Il est possible d’améliorer la performance, il est possible de s’adapter à toute situation, qu’elle soit bonne ou mauvaise.

 

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite de vos parcours ?

On peut me souhaiter que les choses aillent bien. Vous pouvez me souhaiter d’être heureuse dans le volley et de pouvoir aboutir mon projet. On verra avec le temps si ça se passera bien. On peut me souhaiter d’être bien, d’être toujours positive, de toujours entreprendre des choses.

Merci, Lisa, pour toutes vos réponses !

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Publié dans Télévision

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