Koh Lanta : Shanice évoque son aventure à l'autre bout du monde !
Bonjour Shanice,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vendredi dernier a été le théâtre de votre élimination de la saison de « Koh Lanta » actuellement en diffusion sur TF1. Comment avez-vous vécu la diffusion des images de votre départ ? A-t-elle ravivé en vous certains souvenirs et certaines émotions ?
En effet, voir les épisodes a forcément ravivé des émotions que j’ai vécues en Polynésie avec mes camarades. Mais c’est vrai que ça a été différent cette fois-là parce que je l’ai vécu en famille donc j’ai vécu cet épisode à travers leurs yeux et notamment leurs yeux plein de fierté. Donc j’ai extrêmement bien vécu cet épisode, même si c’était celui de ma sortie.
Au moment de rejoindre le conseil, dans quel état d’esprit étiez-vous ? Vous sentiez-vous réellement en danger suite au doute émis par Vincent quant à son vote ?
En fait, à ce moment-là, comme on le voit sur les images, c’est vrai qu’il y a des incompréhensions. On est à cinq minutes du conseil, c’est une grosse erreur de notre part, en tant qu’équipe jaune, de faire la stratégie à ce moment-là. Forcément, on est dans la précipitation, du coup on est stressés. J’ai toujours voulu protéger les jaunes, du coup j’ai toujours voulu protéger Vincent mais je ne lui ai pas fait comprendre de cette manière. Quand il me demande si ce sont des menaces et que je lui réponds oui, que c’est pour lui, en tout cas je ne lui fait pas comprendre que j’ai peur que, la semaine prochaine, le reste de l’équipe jaune lui en veuille. Du coup, comme on part au conseil directement après cette altercation, si je peux l’appeler comme cela, je ne sais pas s’il a compris, je ne sais pas s’il est remonté. Forcément, c’est la première fois que je me sens réellement en danger. Au premier papier que je vois avec mon nom, je sais que c’est la fin, je sais que Vincent a voté contre moi et, du coup, m’a trahie. Je sais aussi que les rouges m’aimaient beaucoup et que je n’étais pas la jaune qu’ils avaient envie de voir sortir.
On imagine beaucoup de déception au moment de voir votre nom sur le dernier bulletin, décisif pour l’issue du conseil ?
Evidemment, il y a énormément de déception, j’avais envie d’aller beaucoup plus loin. Surtout, je me dis que si on avait eu cinq ou dix minutes de plus, on aurait pu se parler tranquillement et calmement avec Vincent et rien ne se serait passé comme ça s’est passé. Donc ma déception est couplée à cela. C’est vraiment dommage. Après, voilà, c’est le jeu. C’est aussi un jeu où il y a beaucoup beaucoup d’émotions. On venait de perdre Mathieu…Je n’ai aucun regret mais je sais très bien que, si on avait eu cinq ou dix minutes de plus avec Vincent, on aurait pu se mettre non pas forcément d’accord sur les votes, il aurait pu voter Magalie comme il le voulait, mais on aurait pu trouver une solution pour, en tout cas, partir au conseil tous les jaunes sereinement.
Le départ de Mathieu quelques heures auparavant avait notamment affaibli la supériorité numérique des ex-jaunes sur le camp réunifié….
Exactement ! C’est vrai que quand je pars, évidemment que je suis triste pour moi parce que mon aventure personnelle s’arrête mais je suis très triste aussi parce que je sais que, pour les jaunes, ça va être plus difficile que prévu. Je sais que j’étais très aimée dans cette équipe, que j’aimais beaucoup cette équipe et que je lui dois énormément. Du coup, je me dis que ça va être dur pour eux de surmonter cette trahison mais j’espère, au plus profond de moi, qu’ils vont le faire. J’espère que les prochains à sortir seront les rouges. Bien entendu à ce moment-là du jeu, même s’il a voté contre moi, je ne veux absolument pas que Vincent sorte. Parce que je veux que les jaunes aillent le plus loin possible.
C’est d’autant plus dommage que vous sembliez vous quatre très soudés pour aller le plus loin possible dans l’aventure. Les images montrent d’ailleurs que vous aviez une place importante parmi les ex aventuriers jaunes….
C’est vrai que cette place, encore aujourd’hui, me touche beaucoup parce que ce sont, en effet, mes coéquipiers qui me l’ont donnée. Ça m’a toujours beaucoup touchée qu’ils aient tous confiance en moi. Après, il faut bien comprendre que, dans ma tête, l’espèce de quatuor jaune n’a jamais existé. C’est-à-dire qu’à aucun moment, avec Mathieu, Thomas et Myriam, on ne s’est posés en se disant que l’on irait tous les quatre au bout, ce n’est jamais arrivé. Dans ma tête, c’étaient les jaunes. Déjà, on me demandait de penser deux à trois coups à l’avance, j’essayais, pour l’équipe. Mais dix, je ne pouvais pas. Donc je n’ai pensé qu’aux jaunes mais jamais plus à Thomas qu’à Vincent ou plus à Myriam qu’à Laetitia. Parce que j’étais très très proche de Vincent et de Laetitia. Mais c’est vrai que ce n’est pas du tout ce qu’on leur a fait ressentir. Encore une fois, c’est une erreur de notre part, j’aurais dû y faire un peu plus attention, là en l’occurrence j’aurais dû faire plus attention à Vincent parce que je n’avais pas du tout capté qu’il se sentait en danger, qu’il se sentait à l’écart ou cinquième roue du carrosse comme il le dit. Je n’ai pas fait attention à cela, moi qui ai quand même un métier social, c’est quand même une grosse erreur.
Cet épisode était riche en émotions pour vous, on vous a vu partager avec Myriam le confort, sur un bateau particulièrement agréable…
Oui, bien sûr….Encore une fois, je ne la remercierais jamais assez. Parler à ma famille à ce stade du jeu était, pour moi, un must. Il fallait absolument que ce soit le cas car je sais que ça m’aurait boostée pour la suite de l’aventure. Par contre, comme j’ai beaucoup regardé « Koh Lanta » et que je suis fan de cette émission, je sais aussi que, quand on part en confort, on se met en danger. On est un jour voire un jour et demi en dehors du camp, ça laisse la place aux autres pour parler derrière nous et pour monter des stratégies, comme l’ont très bien fait les rouges auprès de Vincent. Evidemment que l’altercation que l’on a eue et la pression qu’a mise le groupe sur Vincent ont eu lieu, c’est indéniable et on est chacun responsables mais il ne faut pas oublier que les rouges ont extrêmement bien joué sur ce coup-là puisqu’ils ont monté la tête de Vincent pendant un jour et demi, en mon absence.
Plus généralement, quels resteront vos plus beaux souvenirs de cette aventure ?
C’est bizarre, je pense que les premiers jours de galère avec toute l’équipe jaune resteront toujours dans ma tête. Parce que sans feu pendant dix jours, c’était vraiment dur et ça a soudé aussi parce que les victoires étaient encore plus belles pour nous qui n’étions pas du tout à égalité avec les rouges en termes d’apport nutritionnel. Donc ça restera toujours. Evidemment les discussions autour du feu, toutes les victoires et, bien entendu, ce confort avec Myriam, qui restera toujours gravé.
A l’inverse, quels auront été les moments les plus compliqués ?
Pour moi, le plus difficile était vraiment la nuit. C’était très difficile à supporter parce que, on l’a vu, il a beaucoup plu. Il faisait aussi très très froid et l’on n’avait qu’un seul pull. Les cabanes, au début, c’était difficile. La nuit, les crabes nous montent sur la tête parce que l’on est quand même sur leurs lieux. Donc ce n’était pas simple. Je dirais que le pire souvenir de mon « Koh Lanta » était le départ de Mathieu. Pour le coup, j’étais vraiment très très proche de lui, c’était mon binôme du début d’aventure, on a commencé ensemble sur la première épreuve donc, forcément, c’était difficile.
On pense aussi à cette pluie dantesque dans l’épisode de vendredi dernier, ayant obligé la tribu réunifiée à reconstruire dans l’urgence une cabane.
Oui, exactement. En fait, on avait un sol qui n’était pas propice à recevoir des cabanes. A chaque fois qu’il pleuvait, le sol était trempé malgré le sable et malgré toutes les techniques que l’on a essayé de mettre en place. Après, c’est un jeu d’aventure, on a signé pour cela et je suis très très contente de l’avoir vécu mais ce n’était pas simple.
Sur le camp, quelles étaient vos activités préférées ?
J’aimais beaucoup aller chercher le bois, le couper et, évidemment, pêcher. Le harpon est quelque chose que je n’avais jamais appréhendé, je n’avais jamais essayé avant et c’est vrai que j’ai adoré le faire. Après, il faut savoir que c’est très très long. On n’avait pas de plage donc, forcément, on n’allait pas bronzer et je n’étais pas venue là pour ça mais c’est vrai que l’on se posait quand même en équipe et l’on discutait les uns les autres de nos vies. « Koh Lanta » est un jeu mais ce sont aussi des rapprochements, des personnes que l’on découvre, des personnes qui deviennent des amies. Vraiment, je dirais aussi que le fait de se raconter nos vies avec les autres aventuriers a beaucoup marqué mon aventure.
D’ailleurs, après la réunification, les habitudes du quotidien ont-elles changé ?
Il fallait forcément se réadapter, déjà il fallait agrandir la cabane. Mais c’est vrai que les rouges sont arrivés avec beaucoup de connaissances donc c’était hyper agréable, on a mangé du palmier, on a découvert d’autres mets. Pareil, c’était deux fois plus de personnes à comprendre, à analyser, à connaitre et, pour moi, c’est toujours ça le plus intéressant et le plus important dans « Koh Lanta », ce sont les gens. Donc j’étais ravie de les accueillir. Evidemment, il faut s’adapter et, en plus, on est dans un jeu de stratégie donc on n’a pas eu peur de, d’emblée, leur dire que notre stratégie était de les éliminer. En tout cas, je leur ai dit que je ferai tout pour protéger les jaunes, c’est ce que j’ai essayé de faire jusqu’au bout. Mais c’était quand même hyper intéressant de les connaitre tous, en tout cas d’apprendre à les connaitre.
En conclusion, pour boucler la boucle et revenir à la genèse de votre aventure, quelles raisons vous ont incitée à candidater ?
En fait, j’ai perdu mon papa en décembre 2019, évidemment c’est une épreuve qui est difficile et j’avais besoin de me prouver que j’étais capable de faire des choses sans qu’il soit mon guide, sans qu’il me dise ce qu’il faut faire, ne pas faire, ce qui est bien, ce qui est moins bien. Voilà, j’avais besoin de me prouver cela. C’est pour cela que j’ai postulé, je suis très très contente de ce qui s’est passé, très fière de mon aventure. On ne peut pas tout voir, les images sont forcément coupées, j’aurais aimé qu’on voit que j’essaie de protéger Vincent plus que de le menacer, c’est le seul petit point noir à cette belle aventure qui restera gravée pour toujours dans ma tête.
Merci, Shanice, pour toutes vos réponses !