Koh Lanta : Laetitia évoque son élimination lors des destins liés !
Bonjour Laetitia,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vendredi dernier a été le théâtre de votre élimination de « Koh Lanta », à l’issue des destins liés. A titre personnel, comment avez-vous vécu la diffusion des images de cet épisode ? Vous a-t-elle rappelé certains souvenirs et certaines émotions ?
A vrai dire, j’ai très bien vécu la diffusion puisque c’est un de mes meilleurs épisodes sur la saison. On a trop rigolés avec Vincent, on s’entend très bien en dehors et, du coup, on était trop fiers. Car c’était un de mes objectifs aussi de trouver un collier. Du coup, pendant cet épisode, je me sentais détendue avec mon collier, je me croyais intouchable. Après, « Koh Lanta » est un ascenseur émotionnel, ça change vite, c’est comme la météo là-bas en Polynésie. Je passe une super journée, arrive le conseil, j’ai cherché le collier depuis le premier jour sur l’ile, j’arrive à le trouver et on me l’enlève en trente secondes. Là, c’est violent en fait, j’ai mon cœur qui palpite à bloc, je suis frustrée, je ne sais pas, c’est indéfinissable. Après, c’est le jeu mais je ne comprends pas non plus Lucie, on était potes de galère, du coup ça me fait mal au cœur pour ça aussi. C’est toujours ma pote car ce n’est qu’un jeu mais ça serait venu d’un Thomas rageur ou de quelqu’un que j’appréciais moins, ça m’aurait fait moins mal au cœur je pense. Voilà, du coup ça met fin à mon aventure alors que je suis hyper en forme à ce moment-là du jeu, je me vois déjà arriver à l’orientation et aux poteaux. Ça me coupe l’herbe sous les pieds mais c’est la règle, c’étaient les armes secrètes. Après, comme je le dis, dans la vie de tous les jours, on m’appelle le chat noir, j’ai attrapé deux boules noires, là j’attrape le bracelet noir… la malchance on va dire.
C’est d’autant plus frustrant que, tout au long de la journée, Vincent et vous aviez parfaitement joué la « comédie » auprès des autres aventuriers, faisant croire à votre tristesse de partir le soir même….
Après, c’est justement ça qui est bien, on s’est pris au jeu, on a joué la comédie comme vous dites. En plus, ça a super bien marché, tout le monde nous a crus, on en a rigolé, on se voyait dans la forêt, on se disait « je joue trop bien, tu joues trop bien ». Voilà, après il y avait un Thomas rageur, le but de « Koh Lanta » est de ne jamais dire que l’on a un collier, j’ai attendu avant de le dire à Vincent, j’avais un peu peur qu’il fasse des boulettes, un peu comme il a fait avec l’arme secrète. J’ai surtout attendu l’épreuve d’immunité car, sportive que je suis, j’aurais préféré gagner sur l’épreuve de sport. Je ne voulais pas qu’il se déconcentre, c’est pour cela que je ne le lui ai pas dit mais j’ai vite vu que, le pauvre, il faisait très chaud, il était épuisé, je n’ai pas voulu jouer avec ses nerfs trop longtemps ou sa forme physique. Du coup, je lui ai dit mais parce que l’on était en binôme. Si j’avais été toute seule, je ne l’aurais dit à personne bien sûr. Dans « Koh Lanta », il ne faut rien dire….
Si l’on revient justement à ces quelques jours en destins liés, comment aviez-vous réagi à l’issu du tirage au sort vous désignant Vincent comme binôme ? Le fait d’être deux ex-jaunes était-il, selon vous, davantage une opportunité ou une contrainte ?
En fait, sur le moment, c’était ou Jonathan ou Vincent. Je m’entendais bien avec Vincent, je n’ai même pas réalisé que c’était dangereux, je ne suis pas du tout stratège, je n’ai même pas réalisé que l’on était deux jaunes. Après, quand Thomas a commencé à dire que le sort était bien fait, ça m’a mis la puce à l’oreille et je me suis dit, c’est vrai, on est deux jaunes, ça va être compliqué, il va falloir chercher ce collier, il va falloir trouver un moyen de se sauver. J’y croyais toujours dans « Koh Lanta », je me disais à chaque fois que ce n’était pas possible, que ça ne s’arrêterait pas là.
Après l’épreuve de confort, sur le camp, je me rends compte, avec un Thomas haineux, qui veut juste se venger, que c’est compliqué. Donc ça me motive encore plus dans mes recherches, pour me dire qu’il faut vraiment que je donne tout, afin de ne pas avoir de regret. Pour essayer de sauver ma peau et celle de Vincent aussi.
D’ailleurs, quel regard portez-vous sur ce qui s’est passé après la réunification, où l’équipe des ex-jaunes, pourtant majoritaire, se réduit petit à petit ?
En fait, je pense que, dans les jaunes, il y avait toujours ce quatuor fort de Shanice, Thomas, Myriam et Mathieu, ils n’ont pas vécu la même première partie d’aventure que nous. Au final, on était autours, on ne s’entendait pas forcément tous très bien, on avait moins d’affinités on va dire, du coup ils ne se sont jamais mis, avant la réunification, dans une position de : je peux sauter au conseil, je suis en danger. Ils n’ont jamais vécu ce que j’ai vécu à plusieurs conseils, où je me suis dit que j’étais en danger et pleine de frustration. Ils se sentaient forts. Après la réunification, il y a eu ce coup de maitre de Vincent. Je n’ai pas eu le courage de le faire, je me suis dit que, si je sortais un membre des jaunes, je sortais en suivant. Donc j’ai pensé à aller plus loin dans le jeu moi. Vincent a fait de bonnes choses, même si, moi, je n’aurais pas voté Shanice car j’avais plus d’affinités avec elle. Mais je trouve qu’il nous aide, dans cet acte, à nous affirmer, ça se voit dans les épisodes qui suivent, je suis une autre Laetitia donc merci Vincent !
Plus généralement, quels resteront vos plus beaux souvenirs de cette aventure ?
Ça reste le totem, le soulever et, surtout, être immunisée, ne pas se sentir en danger au conseil. On peut enfin voter à l’affect et au mérite, moi qui n’avais pas de stratégie. Voilà, j’ai pu enfin me « rebeller », voter en mon âme et conscience, avec ce plaisir d’être intouchable et d’être fière de soi parce que l’on a gagné une épreuve. Derrière, on pense que l’on peut en gagner plusieurs, ça donne des forces mais bon, voilà, après je ne pouvais pas me douter de la suite. Mais ça m’a reboostée, c’est vraiment le meilleur moment, je me suis lâchée à partir de cette victoire.
Au quotidien, sur le camp, quelles tâches aimiez-vous tout particulièrement faire ?
Il faut savoir que je suis quelqu’un de super active dans la vie de tous les jours. Je bouge tout le temps donc il n’y avait pas un jour où je ne faisais rien. J’allais chercher du bois, j’adorais chercher le bois, vider le poisson et ouvrir la noix de coco. Tout ce qui était physique en fait parce que j’ai besoin d’évacuer toute mon énergie. Je savais que, si je ne faisais rien, j’allais m’ennuyer donc j’ai fait un peu de tout sur le camp. Dès fois, on ne me voit pas à l’image parce que je suis en train de faire quelque chose dans la forêt. Et je fuyais aussi les stratégies parce que j’étais mal à l’aise à chaque fois qu’il y en avait. Je faisais mon petit bout de chemin, je le faisais pour mon équipe aussi mais également pour mon bien être personnel.
A l’inverse, qu’est-ce qui était le plus difficile à appréhender et/ou à supporter ?
Niveau de la survie, franchement, je me suis adaptée vite. Au début, c’était la faim, quand on n’a pas l’habitude de peu manger, on a des crampes d’estomac pendant trois jours, c’est normal puis on s’habitue et le corps aussi. Le pire que l’on ne pouvait pas maitriser, c’était la météo. Quand on se couchait et que l’on prenait de grosses averses la nuit, avec une cabane pas étanche, on était mouillés et on avait très froid. On faisait avec mais c’était compliqué quand même psychologiquement.
Au début de l’aventure, vous étiez co-capitaine, avec Aurélien, de l’équipe des jaunes. Comment aviez-vous vécu et appréhendé ce rôle ?
Sur le moment, je suis très fière parce que j’arrive dans « Koh Lanta » et, d’entrée, je finis second de la première épreuve avec Aurélien. Sportivement parlant, ça me met en confiance, je suis trop contente. Après, arrivée sur le camp, je me rends compte que je ne suis pas un leader de jeu, sauf quand c’est un terrain que je maitrise, comme les sports co, le foot et le rugby. Là, c’étaient des gens que je ne connaissais pas, dans un milieu compliqué, du coup j’ai vite vu que Aurélien prenait beaucoup de place, qu’il était très pédagogue, qu’il en savait beaucoup. Moi, j’étais plutôt quelqu’un de terrain, une femme active, du coup j’ai senti qu’il avait pris beaucoup de place et que je n’étais pas forcément écoutée. Au début, j’ai essayé de donner des idées, après j’ai arrêté parce que j’ai senti que l’on n’écoutait qu’Aurélien. Là, ça m’a frustrée, c’est pour cela que, à un moment donné, je me renferme et que je suis plus discrète. Ce moment-là était dur, il me tardait juste une chose, c’était d’arriver à la réunification pour voir les rouges et pouvoir m’épanouir avec d’autres personnes arrivées sur le camp. J’ai pris mon mal en patience, finalement je me dis que ce n’était pas une mauvaise méthode puisque j’étais la dernière capitaine à sortir. Ce n’était pas une mauvaise stratégie…
A ce stade-là de l’aventure, comment voyez-vous la suite ? Pleine de rebondissements sans doute encore ?
Je ne souhaite de mal à personne mais c’est sûr que je sors avec la boule au ventre, j’ai mal au cœur contre Lucie, même si, comme je vous le dis, aujourd’hui on s’entend très bien. Et Thomas m’a rendu la journée de l’épisode huit infecte, avec sa haine surdimensionnée. Je ne souhaite voir partir personne mais on va dire que, à ce stade-là du jeu, celui que j’aimerais le plus voir partir, c’est Thomas. Parce que, vraiment, à mon égard, il a été insupportable. Mais je ne suis pas quelqu’un d’haineux, le temps m’a fait penser différemment.
Après, si tous les aventuriers sont là à ce stade du jeu, c’est qu’ils méritent tous d’aller sur les poteaux. C’est beau déjà d’être dans les huit derniers.
Pour terminer et boucler la boucle, si l’on revient à la genèse de votre aventure, quelles principales motivations vous ont incitée à postuler à « Koh Lanta » ?
En fait, dans la vie, je suis casse-cou, je n’ai peur de rien, j’ai un très gros mental, du coup je voulais me mettre dans une situation difficile pour voir comment j’allais réagir et si j’allais surmonter tous ces obstacles de « Koh Lanta ». Je suis quelqu’un de bricolo parce que je travaille dans le muti services, je voulais voir si mon savoir du travail allait me servir sur « Koh Lanta » et si j’allais m’en sortir. Pour moi, « Koh Lanta », c’était le sport où je me débrouille pas mal, la nature que j’adore, ce n’étaient que des choses où je pouvais me sentir bien. En fait, je voulais repousser mes limites pour, personnellement, pouvoir être fière de moi. Je voulais gagner confiance en moi aussi. Je voulais voir si tous mes points de faiblesse dans la vie allaient, dans des milieux difficiles, devenir mes points forts.
Merci, Laetitia, pour toutes vos réponses !