Un Si Grand Soleil : Jean-François Malet évoque son personnage dans la série à succès de France 2 !
Bonjour Jean-François,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
On peut vous retrouver dans la série à succès de France 2 « Un Si Grand Soleil ». Vous y interprétez le rôle de François Moreillas. Qui est-il ? Quelles sont ses principales caractéristiques ?
Je suis sur la série depuis deux ans maintenant. Le personnage de Moreillas est arrivé dès la première saison, pour une petite intrigue de deux à trois jours, dans une histoire de pollution où il faisait du traitement de déchets. Il « s’amusait » à les reverser dans un étang. Une jeune fille l’avait surpris, avait fait des photos, avant de mourir. On l’a soupçonné de l’avoir tuée. Sa deuxième apparition était en période de Noel, pour une seule séquence, où un Père Noel venait lui demander des sous. Mais Moreillas l’avait écrasé avec sa voiture. Il est là depuis le début mais je pense que les auteurs attendaient de pouvoir écrire quelque chose de plus conséquent.
C’est un voyou, opportuniste, il n’est pas mauvais, c’est un petit escroc, un escroc de bas étage. Sauf que, quand on voit sa maison et quand on voit ses voitures, on se dit qu’il a quand même dû réussir deux trois mauvais coups pour en arriver là. Ce n’est pas un si petit escroc que ça quand même mais ce n’est pas un grand bandit. Il est un peu entre les deux. D’ailleurs, quand il va se confronter à Elisabeth Bastide, il va perdre donc il n’est pas si bon que cela.
Au moment de l’interpréter, avez-vous ou avez-vous eu des sources particulières d’inspiration ?
Oui mais je ne peux pas citer de noms parce que ce serait malvenu. Mais oui, bien sûr, j’y pense tout le temps, je pense à certaines grandes escroqueries très célèbres.
Quels principaux retours avez-vous pu avoir du public sur votre personnage ?
Il y a trois écoles. Celle des gens qui me connaissent personnellement et qui sont très surpris que l’on puisse me retrouver dans un rôle comme celui-là. Il y a celle des gens qui me connaissaient dans le rôle du brigadier Leroux, plutôt un brave homme. J’ai incarné pendant longtemps un français moyen et ceux qui m’avaient vu dans ce rôle sont à la fois étonnés et contents de me retrouver sous d’autres traits. Et il y a ceux qui ne me connaissaient pas du tout, aficionados de la série, qui ne m’ont pas vu dans d’autres rôles plus sympas. Parmi ceux-là, il y en a vraiment qui détestent mon personnage. Celui-ci a un vrai mauvais côté, il y a quand même une agression sexuelle avec Myriam parce que, qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas, il la force quand même à coucher avec lui. C’est absolument terrible de faire cela et il y a toute une partie des téléspectateurs de « Un Si Grand Soleil » qui le déteste. C’est assez sympa de voir qu’il y a trois types de réactions de la part du public.
Vous qui vivez cette aventure de l’intérieur, selon vous, quelles raisons expliquent la très belle fidélité des nombreux téléspectateurs ?
Je pense que c’est une très belle série, les images sont de très très belle qualité, les comédiens sont de très très bonne qualité, la musique est belle, il y a une vraie montée en gamme par rapport aux différentes séries qui ont été créées en France. Je pense qu’il y a vraiment une volonté de faire quelque chose de beau.
Ensuite, il y a aussi le fait que les intrigues sont bien écrites. Il y a différentes familles qui, toutes, arrivent à avoir leurs aficionados qui attendent le lendemain pour savoir ce qui va arriver à untel ou untel. Il y a une vraie fidélité aux personnages. Je pense qu’il y a aussi un vrai plaisir à regarder la série.
On le sait, le rythme de tournage sur une quotidienne est particulièrement soutenu. Quelle est votre méthodologie de travail en ce sens ?
Ma méthode de travail est la veille pour le lendemain. Ca a pu affoler certains de mes partenaires de jeu mais j’ai un disque dur qui nécessite d’être effacé au fur et à mesure de l’apprentissage. Je lis les épisodes quand ils nous arrivent, généralement avec une semaine ou quinze jours d’avance, pour regarder ce qui s’y passe. Mais l’apprentissage, pour moi, se fait véritablement la veille pour le lendemain. Si j’apprends le lundi pour le mardi et, ensuite, le mardi pour le mercredi, je suis incapable, le jeudi, de vous dire ce que j’ai tourné le lundi. Je sais que j’avais discuté avec Jean Dujardin qui, lui, est capable de se souvenir de tournages qu’il a fait il y a dix ans. Moi, ça s’efface et, quand je regarde la diffusion, c’est merveilleux car je dois fonctionner comme un poisson rouge, j’oublie que j’ai tourné ces séquences et je les regarde comme si c’était la première fois. C’est très très étonnant mais il y a plein de comédiens comme cela, on est beaucoup.
Que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette aventure artistique ?
Je sais ce que l’on a tourné, ça va arriver à son terme bientôt mais, comme je vous le disais, je n’ai pas grand souvenir de toutes les scènes. Ensuite, il faut souhaiter que les auteurs aient envie de faire revenir ce brave Moreillas. En tous les cas, il est dispo et je pense que ça peut être un personnage bien et un type sympa. On a toujours besoin, dans une série, d’un bon voyou, c’est toujours bien.
Merci, Jean-François, pour toutes vos réponses !