Koh Lanta : Alix évoque avec nous ses 32 jours d'aventure aux Fidji !
Bonjour Alix,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous avez été éliminée de l’aventure « Koh Lanta » lors de l’épisode diffusé vendredi dernier. A titre personnel, comment avez-vous vécu la diffusion des images ? Ont-elles ravivé en vous certains souvenirs ?
Je l’ai vécu assez sereinement. Le visionnage des épisodes, que ce soit celui-ci, celui de mon arrivée ou les autres, suit à chaque fois le même petit rituel : petit apéro, avec modération bien sûr, en famille puis un visionnage plutôt tranquille.
C’était une très belle aventure pour moi, ça n’a pas ravivé vraiment d’émotions. Celles-ci étaient plutôt à l’instant T. La diffusion est surtout pour mes parents et mes proches, afin de leur partager cette aventure. Après, c’est vrai que ça a quand même un petit gout de revanche, parce que partir sans que mon nom ne soit mis sur un papier reste quand même un peu au travers de la gorge. Mais voilà, c’est le jeu, j’avais signé. Je ne peux pas dire que ce soit douloureux, la diffusion est surtout un moment de partage en famille.
Au moment de rejoindre le conseil, dans quel état d’esprit étiez-vous ? Vous sentiez-vous réellement en danger ?
Oui, oui, clairement. Je me sentais déjà en danger au conseil précédent. Manque de bol pour eux, ils n’avaient pas réussi à se mettre d’accord sur mon prénom donc, au final, c’est Jody qui était sortie. Là, quand je tire la boule couleur saumon, je comprends que je suis avec Laurent, qui avait déjà été cité précédemment à droite et à gauche sur le camp et pendant le conseil aussi. Je me suis dit qu’il fallait garder la tête haute car on était clairement dans la panade. Donc, effectivement, je vais à ce conseil pas du tout sereinement. Sincèrement, je sens que je pars. J’avais essayé de chercher un collier, de faire des pieds et des mains mais, malheureusement, ils ont réussi à se mettre d’accord sur un nom, celui de Laurent et, du coup, je prends le départ avec lui.
Cet épisode a été celui des binômes. Comment s’est passée votre collaboration avec Laurent ?
Pendant les épreuves, Laurent était méga à l’écoute. Il m’avait demandé de le driver et m’avait dit qu’il me suivrait. C’est pour cela que j’ai l’air un peu autoritaire avec lui mais c’est lui qui me l’avait demandé. Il était hyper investi au sein de notre binôme, que ce soit pour les stratégies ou la communication. On a beaucoup discuté lui et moi, on a pris des décisions ensemble. On était très en cohésion.
On vous a sentie, dans les jours précédents votre départ, presque à bout physiquement ?
Clairement, ma tête avait beau dire à mon corps « on avance », mon corps n’en pouvait plus. Je n’arrivais plus à manger, le riz ne passait plus, la coco ne passait plus, l’eau avait beaucoup de mal à passer, j’étais dans un état physique assez déplorable et c’est vrai que ça se voyait que j’étais dans une souffrance. Mais je m’étais dit qu’il fallait que je garde la tête haute. Au final, j’ai quand même craqué face caméra car j’étais vraiment à bout et, physiquement, ça commençait à être terrible.
Comment avez-vous vécu votre rôle de capitaine d’équipe, lorsque les quatre régions ont été regroupées en deux camps ?
Pour moi, c’était une consécration. Quand je suis montée sur ces pilotis, j’avais vraiment une rage de vaincre. A la base, je ne savais pas du tout pour quoi je me battais, j’avais l’impression plus de me battre pour les bleus et par revanche par rapport à ce qui s’était passé la veille avec l’élimination de Mathieu. Quand je monte sur ces pilotis, je me suis dit que personne ne gagnerait à part moi. Quand je découvre que c’est un rôle de chef d’équipe qu’il y a derrière la récompense, c’est encore mieux pour moi. Ce que je vais dire n’est pas un manque d’humilité mais j’ai un leadership naturel qui fait que j’adore accompagner mes troupes pour aller le plus loin possible. Au final, je le fais donc je suis aussi très fière. Maintenant, c’est vrai que chef d’équipe est également un cadeau empoisonné parce que les gens se cachent derrière nous pour se reposer, pour critiquer plus facilement. Ca attise aussi parfois la jalousie. Mais je n’ai volé ma place à personne. Si quelqu’un avait voulu être chef à ma place, il aurait fallu gagner ces pilotis, ce qui n’a pas été le cas. Voilà, c’est un cadeau mais, en quelque sorte, qui est empoisonné.
Quels resteront vos plus beaux souvenirs de cette aventure ?
Je dirais que j’ai trois grands souvenirs. Le premier est cette toute première épreuve d’immunité, avec les bleus, où je rattrape Dorian et Samuel pour éviter le conseil. Je me rappelle de mes camarades qui crient mon nom, c’était vraiment hyper fort émotionnellement. Quand j’arrive, que je pose cette hache sur le ponton et qu’ils me prennent tous dans leurs bras, je me dis que cette bande de « clampins » que je connais depuis deux jours est, à partir de maintenant, ma famille. Il y a des liens qui se tissent hyper fort, c’est incroyable. On aura beau décrire ces émotions de toutes les façons possibles, tant que l’on ne vit pas cette aventure, c’est difficile de comprendre que l’on peut s’attacher en si peu de temps à ces personnes que l’on ne connait pas et que l’on n’aurait même pas pu croiser dans la vraie vie.
Le second est forcément ma victoire sur les pilotis. C’est vrai que je me suis vraiment donnée à fond, mentalement et physiquement, pour avoir cette victoire. Ça a été très très fort émotionnellement. Le dernier est un peu ma consécration personnelle aussi, c’est cette victoire sur le parcours du combattant, alors que j’étais déjà au bout du rouleau.
Qu’est-ce qui a été le plus dur au quotidien ?
C’est un mélange de plusieurs petites choses. On ne mangeait pas donc on était faibles. Accepter que l’on est faible physiquement, pour quelqu’un qui aime beaucoup bouger, est un peu compliqué. On ne mangeait pas, on ne dormait pas et c’est l’accumulation, je pense, de manque de nourriture et de fatigue qui est compliquée. On a beau se dire que si on y retourne pour une nouvelle aventure, on mettra de l’eau dans son vin mais on ne sait pas à l’avance. Sur place, on ne dort pas, on ne mange pas, on est à fleur de peau. Tout le monde est à fleur de peau, il y a un effet de groupe qui fait que les émotions et les sentiments sont décuplés. Ça peut créer des petites explosivités au sein du groupe. C’est ce qui est difficile à gérer. C’est aussi fatiguant, je dirais, que le manque de nourriture et de sommeil.
Sur le camp, quelles tâches aviez-vous à cœur de faire ?
Sur le camp, je dirais le feu et la nourriture. Déjà, de base, dans la vraie vie, j’adore faire à manger. C’est vrai que, sur le camp, je le faisais naturellement. Il faut savoir que personne ne s’est jamais proposé de venir faire à manger à ma place. Personne ne prenait d’initiative particulière vis-à-vis de cela. Du coup, je le faisais naturellement, c’était devenu ma petite routine pour m’occuper. Mais, au final, ça m’a été reproché, forcément. Je m’occupais du feu aussi la nuit. Au début, chez les bleus, je prenais cela à cœur dans le sens où c’était mon rôle de m’en occuper la nuit pour mener mon équipe et, pour permettre aux plus faibles dans les épreuves, de mieux dormir. Par la suite, je l’ai fait naturellement, même sur la tribu des réunifiés. Le feu et la nourriture sont des choses qui me tenaient vraiment à cœur. Après, quand je demandais un relai de temps en temps, ce qui arrivait surtout vers la fin, les gens me répondaient qu’ils ne m’avaient jamais obligée à le faire. Mais, en fait, je ne demandais pas grand-chose, juste un relai. Du coup, voilà, le fait que je demande de l’aide a été mal interprété.
Au moment de partir, quels sont vos coups de cœur parmi les aventuriers encore dans le jeu ?
Chez les garçons, je dirais Loïc et Dorian et, chez les filles, évidement Lola ou Alexandra.
Merci, Alix, pour toutes vos réponses !