H24 : Florence Coste évoque son personnage dans la nouvelle série de TF1 et en profite pour aborder son actualité théâtrale !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Florence,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

On pourra vous retrouver sur TF1, à partir du 3 février, dans la nouvelle série médicale « H24 ». Pour commencer, très simplement, comment présenteriez-vous ce programme ?

C’est une série médicale qui a la particularité de suivre le quotidien de quatre femmes, quatre infirmières. Dans les autres séries, ce sont souvent les chirurgiens ou les internes qui sont à l’honneur, là c’est différent. Je trouve cela chouette qu’elles soient, pour une fois, en lumière. Finalement, elles sont les plus proches des patients à l’hôpital, le chirurgien diagnostique, arrive ponctuellement, là où l’infirmière les accompagne dans tous les moments. Notamment sur l’aspect humain, pour être présente, pour les rassurer, pour les réconforter.

J’aime, dans les séries médicales, le côté humain, le fait que l’on voit les gens dans des vrais moments d’émotion, dans des moments cruciaux de leur vie, où les masques tombent. Cela offre de vrais beaux instants. Je trouve que le fait que la série soit centrée sur les infirmières renforce ce côté-là.

 

 

Ces quatre femmes ont beaucoup de tempérament, elles sont toutes extrêmement différentes, c’est quelque chose que l’on nous a beaucoup renvoyé pendant le tournage, notamment l’équipe technique. En même temps, c’est très complémentaire et chacune a plus ou moins un secret qu’elle cache. Chacune a aussi de vrais enjeux forts à défendre. Ça fait du bien d’avoir des si beaux rôles de femmes. J’ai de suite adoré mon personnage, j’ai trouvé que c’était un cadeau que d’avoir autant de choses à jouer. En ce sens, grâce à ces personnages, je trouve la série moderne, féminine, émouvante, avec de l’humour aussi. Je pense que c’est vraiment un programme que j’aimerais en tant que spectatrice.

Quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage, l’une de ces quatre infirmières ?

Je m’appelle Thiphaine et je suis la petite nouvelle de l’hôpital Fleming. En fait, je viens de terminer mes études et la série démarre lors de mon premier jour à l’hôpital.

Elle a vraiment un très fort caractère, je l’adore parce que c’est une femme forte. Dans les rôles que j’ai eus, particulièrement à la télévision, on a beaucoup insisté sur ma sensibilité, sur des personnages plutôt fragiles, cassés. Là, j’étais contente qu’elle soit forte, insoumise, révoltée. Elle fait une entrée assez fracassante dans l’hôpital. En même temps, elle est vraiment passionnée, je pense que c’est une vraie vocation pour elle d’être infirmière, elle est dévouée. Elle place l’intérêt des patients avant tout. Si c’est pour le bien de ces derniers, ce n’est pas la peine de rester dans les clous, elle ose prendre des libertés. Le fait que, de temps en temps, elle puisse faire des choses maladroites la rend émouvante.

J’ai eu des facettes très différentes à jouer, parce qu’elle mène une double vie. En fait, elle est call girl la nuit. Elle a un enfant à charge. Pour l’élever et pour payer ses études, elle a été obligée de trouver cette solution, car elle est très isolée familialement, elle a coupé les ponts avec tout le monde. Elle a un côté sauvage aussi, le fait de devoir cacher ce secret la rend difficile à approcher.

 

 

Petit à petit, avec cette bande d’infirmières, elle va se créer une vraie famille. Ça va prendre un peu de temps de par ce côté sauvage mais il va y avoir beaucoup de solidarité entre elles. Ça nous tenait particulièrement à cœur de créer cette complicité dans la série parce que nous l’avions vécu en immersion lors d’un stage à l’hôpital.

C’est un personnage avec qui j’ai eu une affinité immédiate. Dès que j’ai eu les scenarii et dès que j’ai commencé à travailler dessus pour préparer mes auditions, il y a eu comme une évidence. Je l’ai aimé tout de suite, je n’ai pas eu besoin de trouver un angle d’attaque pour faire le chemin vers elle. C’était évident même si, bien sûr,  j’ai bossé pour l’enrichir. C’est rare que ce soit aussi immédiat.

Vous avez commencé à l’évoquer, comment avez-vous abordé l’interprétation de votre personnage, notamment dans son milieu médical ?

Le stage fut passionnant. C’était une très grande chance d’être accueillies dans les coulisses de l’hôpital, un monde que l’on ne connait pas. Nous avons été reçues par deux médecins urgentistes qui étaient vraiment supers. J’ai eu la chance de faire une nuit de garde aux urgences et j’ai fait ensuite une journée avec le SMUR. C’était passionnant, vraiment, de s’imprégner de l’atmosphère, de voir les rapports qu’entretient le personnel soignant avec les malades, de comprendre les positions adoptées, avec un équilibre très fin entre de l’attention et une certaine distance, même dans les situations les plus graves. Ce fut assez beau de les voir gérer tout ça. Au sein de l’équipe, on a pu sentir une grande complicité, cela nous a beaucoup touchées. C’était important pour nous de le retranscrire dans la série.

Techniquement, ça n’a pas très bien démarré pour moi. J’étais euphorique et je n’avais pas du tout peur, j’y suis allée guerrière, un peu comme Tiphaine. Alors que mes parents m’avaient alertée, je n’étais pas du tout inquiète. A mon arrivée, après avoir enfilé une blouse blanche, on m’a fait assister à une prise de sang, sur une dame extrêmement fébrile. Là, j’ai fait un malaise vagal, cinq minutes à peine après le début du stage. Alors que je n’avais jamais fait de malaise avant. Je ne tenais plus sur mes jambes. J’ai juste eu le temps de leur expliquer que j’allais sortir, sinon je serais tombée par terre. J’ai mis une bonne demi-heure à m’en remettre, en me disant aussi que je ne serai pas du tout crédible pour le rôle.

 

 

Mais, heureusement, ça s’est amélioré après. Par la suite, à quatre heures du matin, j’accueillais les patients ensanglantés. A la fin, j’ai même eu une grande fierté, lorsqu’un infirmier m’a fait faire une vraie prise de sang sur lui. J’ai pu vraiment pratiquer. Du coup, dans la série, notamment dans l’épisode 1 où je fais une prise de sang, je me suis sentie extrêmement crédible.

Pour tous les gestes médicaux sur le tournage, un conseiller médical nous accompagnait, afin de faire les bons mouvements. Ce qui était important pour la crédibilité du programme.

Plus généralement, selon vous, qu’est-ce qui pourra plaire aux téléspectateurs qui suivront cette nouvelle série ?

A titre personnel, dès la première lecture, les personnages m’ont plu. Je les trouve extrêmement attachants, on aime suivre leurs histoires. J’aime la féminité et l’image des femmes que véhicule la série. Je trouve cela moderne, aussi en termes de rythme. J’ai beaucoup aimé la musique également, elle est intelligemment choisie par rapport à chaque personnage et chaque situation. Cela renforce encore leurs caractères. C’est un programme moderne et émouvant.

Ce projet me tient vraiment à cœur, c’est mon premier grand rôle à la télévision, j’ai adoré le tournage. L’équipe était top. Il y a quelque chose de très émotionnel pour moi dans cette aventure.

Sept épisodes vont être diffusés sur trois soirées. Aimeriez-vous poursuivre l’aventure au-delà ?

Je dirais oui tout de suite. J’ai commencé à interroger un peu le showrunner de la série, à la fête de fin de tournage, en essayant de lui soutirer des informations sur ce qui pourrait arriver aux personnages. De ce qu’il m’a dit, ce qui prévu est assez passionnant. J’ai très très envie.

Avoir un rôle sur la longueur m’a laissé le temps de développer mon personnage. J’avais déjà vécu cela au théâtre mais pas encore à l’image. J’ai pu aller plus en profondeur, dans les détails, c’était génial. Plus j’avançais, plus je connaissais Tiphaine, plus tout devenait vraiment instinctif. Ça devenait de plus en plus kiffant à jouer. Je me dis qu’une saison 2 serait encore une étape supplémentaire. Oui, j’aimerais bien la retrouver. Le dernier jour de tournage a été une grosse émotion.

En parallèle, vous êtes sur scène, jusqu’au 9 février, au théâtre 13 dans « Les passagers de l’aube ». Comment se passent les représentations ?

C’est génial de pouvoir combiner théâtre et télé, ce sont des rythmes très différents. Enchainer les trois mois de tournage puis les représentations est top. C’est une pièce qui me tient à cœur. Nous l’avions jouée en Avignon et nous sommes très heureux de pouvoir l’emmener à Paris, c’est un peu la consécration.

 

 

Ça se passe vraiment bien. On a commencé en pleines grèves, on ne savait pas trop ce que ça allait donner en termes de fréquentation mais on a beaucoup de monde. Maintenant que les grèves se calment, il y a encore plus de monde, on en est très heureux.

L’accueil est aussi très bon. A Avignon, nous étions complets tous les jours et des gens nous attendaient à chaque fois à la fin. Souvent, le public était bouleversé par l’émotion. J’adore quand les gens pleurent au théâtre, j’adore moi-même être bouleversée par un spectacle. Le public parisien est différent de celui d’Avignon mais les réactions sont tout aussi bonnes. Cela nous fait hyper plaisir de voir que ça marche à ce point, ici aussi. Récemment, des scolaires sont venus et eux aussi sont rentrés à fond dans l’histoire. C’était génial.

Généralement, que vous disent les spectateurs à l’issue de la représentation ?

La pièce évoque l’histoire d’un neurochirurgien brillant et cartésien qui va être confronté à l’inexplicable : les expériences de mort imminente. Des gens qui frôlent la mort en reviennent et racontent leur expérience. Cela va  bouleverser ses certitudes et il va entreprendre des recherches sur le sujet. Il va faire des découvertes qui vont le chambouler, notamment de récentes expériences qui prouvent que la conscience serait indépendante du cerveau. Cela ouvre des perspectives assez incroyables sur nos questions existentielles : pourquoi on est là ? Est ce qu’il se passe quelque chose après ? La pièce est basée sur des faits scientifiques réels mais c’est avant tout une histoire. Avec de l’amour, de l’humour et de l’humanité.

Je pense que le public est bouleversé parce que l’on va toucher un questionnement très intime : notre rapport à la vie et au sens qu’on lui donne. Je trouve ces questions fondamentales. On parle aussi de la mort, mais d’une façon pas du tout anxiogène, bien au contraire. On raconte, dans la pièce, que, de l’autre côté du globe, la mort est perçue bien différemment, qu’elle n’est pas une fin mais un passage. On y célèbre les morts plutôt que de les pleurer. Tout cela crée de belles émotions. Il y a beaucoup d’amour dans ce spectacle.

Merci, Florence, pour toutes vos réponses !

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Publié dans Théâtre, Télévision

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