Christian Rauth évoque son nouveau roman, La petite mort de Virgile !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Christian,

C’est un plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Le 12 septembre dernier est sorti votre troisième roman, « La petite mort de Virgile ». Très simplement, comment présenteriez-vous cet ouvrage-ci ?

Le livre retrace le destin de trois hommes qui vont se croiser, alors qu’ils n’auraient jamais dû se connaitre, pour une raison simple et basique, ces trois hommes qui ont été fous amoureux d’une femme. Pour les deux premiers, ça pourrait être la même, pour un autre, c’est sa femme qui a disparu tragiquement. Mais, en tout cas, ce qui les lie, c’est leur passion amoureuse.

Ces trois personnages ne sont pas du tout du même monde et du même milieu, mais ils vont être amenés à se croiser à cause de cette passion folle qui va leur faire faire des choses qu’ils n’auraient jamais pensé faire.

Comment décrire ces trois personnages que vous venez d’évoquer ?

Virgile, le premier, mon héros, est un entrepreneur du bâtiment, d’une cinquantaine d’années, marié à Gina. Il a quinze ans de plus qu’elle, il en est fou amoureux. Il la connait depuis toute petite, il l’a quasiment vue naitre. Or il se retrouve dans une situation dramatique : lui, le petit maçon qui a fait fortune à force de travail, n’a plus aucun chantier à faire. Il est au bord de la faillite. Mais il ne peut pas parler de cette menace à Gina. Gina a vécu les années de galère avec lui et il a peur qu’elle le quitte.   En perdant son entreprise et tous ses biens, il a très peur que sa femme ne puisse supporter de revenir en arrière, au temps des vaches maigres. Une peur idiote et irrationnelle, car Gina l’aime et s’il lui avait parlé de ses problèmes elle l’aurait sans doute soutenu.

Le deuxième personnage est un homme dont on ne connait ni le nom ni la profession. Virgile va le croiser un matin d’hiver dans la forêt qui se trouve en face de sa villa. L’homme vit tel un ermite dans une cabane construite sur un ancien camp militaire américain. Cette rencontre va être le déclencheur des aventures de Virgile.

Le troisième personnage, Timon, est un détective privé spécialisé dans les arnaques aux assurances vie. Timon, au moment où l’histoire commence, recherche un chef d’entreprise qui a disparu subitement, et à qui il doit remettre une prime d’assurance.

Leurs destins vont se croiser à Angoulême.

Si l’on revient à l’origine de ce « bébé de 650 grammes », comme vous appelez humoristiquement votre roman, quelles ont été vos sources d’inspiration pour aborder ces thèmes-ci ?

Après avoir publié « Fin de série » — mon précédent roman — j’ai fait des interventions dans les prisons. Je me suis retrouvé un jour face à un prisonnier qui avait lu mon livre et qui m’avait particulièrement impressionné par son calme et une espèce de tristesse terribles qui émanaient de lui. Il ne ressemblait en rien aux clichés qu’on peut avoir à propos des prisonniers condamnés à des peines lourdes. Cet homme est l'événement déclencheur qui m’a poussé à écrire.

 

 

Sans dévoiler de secret, il y a combien de temps cet élément déclencheur est-il survenu ?

Six ans, presque. Deux ans passés à réfléchir, à prendre des notes, à écrire des pages et des pages. Ensuite, j’ai commencé une première histoire, durant deux ans. Mais, à la lecture de cette première version, je me suis ennuyé. La construction n’était pas bonne. Je l’ai mise à la poubelle. Mais j’ai gardé les personnages, et, comme un Rubicube, j’ai remis les choses dans un ordre différent, avec une structure différente, avec une montée dramatique différente, avec des enjeux différents. Ce qui a évidemment changé aussi la moitié de la fin du roman.

Selon vous, qu’est-ce qui pourra plaire aux lecteurs dans ce roman ?

C’est difficile, pour un auteur, de le dire. Je suis obligé de me référer aux quelques personnes qui l’ont déjà lu, c’est-à-dire mon agent et mes premiers acheteurs du livre qui m’ont fait des retours de lecture. Il y a aussi des critiques sur les blogs spécialisés dans le polar, notamment celle de « Ma fabrique de polars ». Je cite  : « il est difficile d’écrire le pitch de ce roman sans risquer d’effleurer ce qui en fait tout l’intérêt, je vous propose de me faire confiance et de ne pas lire la quatrième de couverture avant de vous plonger dans l’histoire. Vous le verrez, elle va vous happer et elle sera d’autant plus passionnante que vous ne détiendrez pas, à priori, quelques-unes des clés du récit que révèle l’éditeur en quatrième de couverture. Foncez, vous ne risquez rien d’autre qu’une forte dose de plaisir. Ce roman est donc classé comme un polar, mais il est bien autre chose, au-delà du suspense, il est aussi un roman noir, une satire sociale, une histoire d’amour, d’amitié et un roman d’action ». Je pense que cette blogueuse a dit ce qu’il faut dire sans trop en dire.

Vous êtes proche, on le sait, de votre public. Quelles sont les prochaines rencontres prévues ?

J’ai déjà participé à plusieurs salons, notamment au Salon du Livre sur la Place, à Nancy. Je serai bientôt au Salon du Livre de Châteauroux. Mon roman est en sélection officielle pour le grand prix du Polar de Cognac, salon qui se tient le week-end du 18 octobre. J’en profiterai pour y présenter un film, réalisé par Christian Guérinel, « l’Archer Noir », dans lequel je joue et qui est aussi en compétition, dans la sélection film. Et il y a encore bien d’autres salons à venir…

Pour terminer, au-delà de cet ouvrage-ci, êtes-vous déjà en réflexion sur d’autres projets pour la suite, littéraires notamment ?

Oh oui, j’en ai de nombreux. Les gens me connaissent surtout comme comédien et comme scénariste, mais l’activité d’écriture devient de plus en plus importante pour moi. Certes, je prends toujours du plaisir à jouer, mais je ne cours pas après les rôles. J’ai la chance de pouvoir choisir. En revanche, écrire, c’est une nécessité. Cela me console du monde désespérant dans lequel nous entrons.

Merci, Christian, pour toutes vos réponses !

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