Brigitte Aubry évoque sa belle actualité et ses nombreux projets !

Bonjour Brigitte,
C’est un plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous êtes une artiste aux multiples casquettes, notamment comédienne à l’image, sur scène, directrice artistique, écrivaine, vous faites aussi du doublage. Si l’on prend un peu de recul sur tout cela, qu’est-ce qui vous plait tant dans votre quotidien artistique ?
C’est justement tout ce mélange des genres car je trouve qu’ils se nourrissent les uns des autres. Ils sont des supports pour comprendre. Par exemple, quand j’ai commencé à faire de la direction artistique en doublage, j’ai mieux compris ensuite, en tant que comédienne, ce qui m’était demandé dans cet exercice.
J’aime, au théâtre, l’émotion intense et différente que l’on ressent chaque soir avec le public. C’est juste phénoménal. Quand je tourne, c’est la rencontre avec un réalisateur, avec des partenaires de jeu. C’est aussi la petite excitation que l’on ressent lorsque la scène commence. J’aime tout, je crois que je n’ai pas de préférence. J’écris aussi, depuis trois ans, en collaboration avec une amie, Colette Kraffe et on est actuellement sur notre deuxième scénario, que l’on aura bientôt terminé. Cela me nourrit, me séduit, me fait rechercher, me fascine.
J’oscille entre tout cela. J’ai commencé, la semaine dernière, le tournage de « Sam » pour TF1, où je serai la maman de l’une des héroïnes. Parallèlement à cela, j’écrivais aussi. J’ai fait récemment une lecture d’un recueil de textes. La semaine prochaine, je serai en doublage, sur des comédiennes que j’aime retrouver et sur d’autres que je vais découvrir. La semaine d’après, j’écris et la suivante, je tourne à nouveau pour TF1. C’est un enchevêtrement, le lien se fait naturellement pour moi. Je suis ravi et heureuse le matin de me lever et d’accomplir ce que j’aime par-dessus tout.
Parmi vos différentes expériences, certaines d’entre elles vous ont-elles encore plus marquée ?
J’ai un premier souvenir, d’une première expérience au théâtre, j’avais 20 ans et j’étais partie avec mon professeur de théâtre, Jean Périmony, en tournée dans le Sud pour jouer « Les troyennes ». J’y étais chef de choeur, ce fut une expérience magique. Nous avions joué notamment dans les arènes d’Orange. D’un seul coup, la pluie était arrivée, nous étions partis nous protéger une dizaine de minutes et, le public étant resté, sous l’eau, nous étions revenus, trempés et nous avions terminé le spectacle. C’était un moment grandiose, en communion totale avec le public et le lieu.
Au théâtre, justement, dans quel état d’esprit êtes-vous dans les premières minutes précédant une nouvelle pièce ?
Je n’ai pas d’angoisse, c’est comme quand je tourne. Ce que je n’avais pas au début de ma carrière mais je ne travaillais pas de la même façon qu’aujourd’hui. Entre temps, j’ai fait des stages avec des américains et des anglais, dans lesquels j’ai vraiment travaillé la construction d’un personnage. Cette dernière me comble énormément aujourd’hui.
Je n’ai plus d’angoisse, on a travaillé, on est prêt, on donne et on y va. Le don au public est fort, il nous rend ce que l’on propose. C’est génial.
Le trac vient uniquement si on ne se sent pas en confiance ou si on est entouré de gens avec lesquels on n’a pas forcément envie d’évoluer.

A l’image, votre méthodologie est-elle similaire, très en amont du tournage ?
Pour moi, c’est la même préparation. Je construis mon personnage, je lui donne une antériorité, il a ensuite une situation à jouer, je la regarde et j’en parle aussi sur le plateau, si possible au réalisateur. J’aime également lui proposer des choses. Mais, même dans le cas où elles ne lui conviennent pas, je ne suis pas bloquée car j’ai travaillé à fond donc je suis hyper libre de partir dans une direction ou une autre.
Concernant l’écriture, avez-vous des sources particulières d’inspiration ?
Je suis assez néophyte, je ne suis pas experte. Avec Colette, on part d’une histoire que l’on connait bien, soit que l’on a vécue et qui nous a touchées, soit qu’a vécue un ami proche. Après, on invente, on recherche des personnages, on s’amuse, on les fait exister.
Plus généralement, quels sont vos actualités et vos projets en ce moment ?
Je vais continuer le tournage de « Sam » pour TF1. Dès la rentrée, je vais tourner dans une nouvelle série, « Cheyenne et Lola », qui va durer trois ans normalement et pour laquelle j’ai été choisie afin d’interpréter un rôle très intéressant. L’histoire va se passer dans le milieu des docks, entre les migrants, la mafia, la drogue. C’est génialement bien écrit et ce sera diffusé par OCS. J’ai hâte d’attaquer.
Je vais tourner aussi pour Olivier Dahan, sur un biopic de Simone Veil. Là aussi, je suis ravie, l’écriture est superbe. Je suis fière de faire partie de ce projet. J’espère, entre temps, être rappelée pour tourner dans « Un Si Grand Soleil » car j’y adore mes enfants.
Fin décembre, j’attaque les répétitions d’une création sur les dernières heures de Van Gogh, où je jouerai sa maman. C’est un auteur magnifique, Emmanuel Fandre, qui a écrit cette histoire incroyable, qui parle de peinture bien sûr, mais aussi d’art, de relation à l’amour, à la mort, de relation à l’argent également. Le spectacle est magnifique, Van Gogh, joué par le remarquable acteur belge Tomas Coumans, fait intervenir tous les personnages de sa vie sur son lit de mort, son père, sa mère, la femme qu’il a aimée, son frère bien sûr, Gauguin évidemment et le docteur Gavhet. Sans oublier deux journalistes qui permettent des respirations et qui vont faire des interviews pour parler de sa vie. Je crois beaucoup à ce spectacle, il me tarde d’y être. Je suis gâtée, j’ai beaucoup de chance. Nous serons sur scène en janvier et février au petit Hébertot.
Merci, Brigitte, pour ce bel échange !