Magalie Madison évoque sa nouvelle pièce de théâtre !
Bonjour Magalie,
Quelle joie de vous retrouver pour ce nouvel entretien.
Vous êtes actuellement à l'affiche, à la Grande Comédie, de la pièce « Derniers baisers ». Très simplement, comment présenteriez-vous ce spectacle ?
C'est un peu un OVNI. Évidemment, cela rappelle quand même des petites choses aux gens qui ont regardé la télé dans les années 90, évidemment ça traite du sujet. Un comédien de série des années 90 revient justement sur son passé, il accepte de passer une journée avec des fans. Sauf que ça ne va pas se passer comme il l'aurait imaginé. Ce sont deux fans un peu déglingués et, en plus, il y a une surprise, que j'interprète, au travers de mon propre rôle. Donc le comédien en question va retrouver une collègue de l'époque, sans savoir au début qu'elle est là. Sa journée va du coup être un peu particulière.
Je parlais d'un OVNI, on évoque la série, on revient dessus mais on ne la refait pas, en aucun cas. C'est une comédie mais pas seulement. Il y a aussi beaucoup de moments d'émotion, il y a aussi des moments où on parle de l'acceptation de la différence, il y a également une mise en abyme des personnages que les gens ont connus. Les spectateurs qui pourraient avoir des a-priori seront sûrement surpris s'ils viennent. Ce sont aussi les retours que l'on a de gens qui sont venus un peu sans conviction et qui en sont sortis étonnés, enchantés, émus. Les retours sont supers intéressants. Les fans de la série nous ont dit avoir eu une espèce de prise de conscience en voyant la pièce. Je trouve tout cela hyper touchant.
Sans tout en dévoiler, comment caractérisez-vous votre personnage ?
Je joue mon propre rôle, je suis Magalie Madison qui vient passer une journée avec des fans et qui est la surprise que ces derniers ont prévue pour Anthony. Elle a accepté de jouer le jeu, de refaire Annette, ce personnage mythique que les fans ont aimé. Elle alterne donc entre moments d'interprétation mais aussi moments où se dévoile ce que nous avons pu vivre derrière l'écran.
Il y a beaucoup de vérités mais aussi pas mal de choses sorties de l'esprit du metteur en scène et de l'auteur. Tout cela donne cohérence à la pièce.
Ce personnage me permet bien sûr de rejouer Annette, tout en montrant aussi ma propre facette. C'est super plaisant de pouvoir montrer autre chose de moi.
J'aime beaucoup aussi dans la pièce le fait que mon personnage n'a de sens qu'avec les autres. Il y a vraiment un équilibre très fort entre les quatre personnages, ils se répondent, ces quatre personnalités sont complémentaires tout en étant différentes. Elles se confrontent, se comprennent ou pas, c'est super chouette à jouer.

Vous l'avez dit, vous jouez votre propre rôle. Y voyez-vous des différences comparativement à une interprétation plus traditionnelle d'un personnage ?
En fait, c'est assez plaisant. C'est assez fin, cela permet de montrer un peu qui je suis mais en restant au théâtre, dans une comédie, qui garde les codes de ce que l'on raconte sur scène. On n'est pas dans un film, pas dans du quotidien, mais dans un spectacle, avec une certaine distance. Cette finesse-là permet de montrer que Magalie est très solaire, très optimiste, très enjouée, ce que je suis mais je ne suis pas que ça. Et on le voit aussi. Les deux facettes sont montrées, ce qui est intéressant.
Vous faisiez le lien précédemment avec les fans de la série. A l'inverse, ceux qui ne connaissent pas le programme peuvent tout à fait se plaire à voir le spectacle....
Complètement ! C'est notre but, de toucher les gens qui n'ont pas connu la série. Comme dans n'importe quelle pièce, quand on arrive, on ne connaît pas forcément l'histoire, là c'est pareil, les faits sont exposés et l'on comprend ce qui se passe. C'est sûr qu'il y a un petit plus pour les gens qui ont connu la série parce qu'il y a des références, on est d'accord. Mais quelqu'un qui ne connaît pas le programme va comprendre l'histoire, va s'attacher aux personnages. Ce n'est pas du tout fermé. On cherche à toucher tout le monde.
Vous avez démarré il y a un peu plus de deux semaines. Comment vous sentez-vous à présent ? Toujours dans l'appréhension d'un démarrage et de l'accueil du public ?
En fait, il y a de tout. Évidemment que, au bout de quinze jours, on se sent plus à l'aise mais on affine toujours. Et puis, c'est du spectacle vivant donc chaque soir est différent. Il faut faire avec son énergie, avec le public, avec ce qu'il nous renvoie. On a la chance que le metteur en scène vienne nous voir presque tous les soirs, il nous fait des notes, on trouve aussi des choses en jouant.
En même temps, c'est encore très frais. On a la chance d'avoir de la visibilité, avec de la presse, des émissions télé, des affiches dans le métro. C'est super mais on sait aussi que chaque soir est comme une première, on remet à chaque fois notre titre en jeu. Il ne faut pas perdre les enjeux de son personnage, ni de l'histoire. C'est ça le théâtre, on recommence tous les soirs.
On est au bon endroit, dans le bon théâtre, avec le bon public. Charge à nous de prouver chaque soir que ce que l'on raconte vaut la peine d'être vu et entendu.
Si l'on revient à l'origine de ce projet, avez-vous rapidement accepté de rejoindre l'aventure ?
Il y a un an et demi environ, Franck Le Hen, l'auteur de la pièce, m'a contacté. Pour m'envoyer le texte du projet qu'il avait développé avec Anthony. Très simplement, à juste titre, il m'a fait comprendre que, si je n'acceptais pas, le projet ne verrait pas le jour car ça ne pourrait pas être quelqu'un d'autre. J'étais touchée, c'est flatteur, valorisant, c'est chouette de se dire que quelqu'un a pensé à nous pour un rôle.
Quand j'ai lu la pièce, de suite, j'ai été marquée par l'équilibre entre les personnages. Chacun a sa partition à défendre. J'ai trouvé l'écriture très fine, très intelligente, très drôle. Je n'ai pas eu une grande hésitation, je me suis dit que l'on n'était pas à l'abri d'un succès :)
Après plusieurs étapes et lectures, Alil Vardar nous a accordé sa confiance, c'est une grande chance.
Pour terminer, comment définitivement inciter les lecteurs à venir voir la pièce ?
Je vais m'adresser aux fans de la série, aux gens nostalgiques de cette période. Nous avons été chez vous, dans votre salon, tous les jours, pendant des années. Sans faille, peu importe l'heure, on a été là tout le temps. On vous a soutenus aussi, sans le savoir, dans des moments difficiles. Aujourd'hui, c'est à vous de faire le pas, de sortir de chez vous, de venir jusqu'à la Grande Comédie et de venir nous soutenir.
Merci Magalie pour ce bel échange !