Gémi Diallo évoque ses projets et ses envies artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

Crédit Photo: Candice Nechitch

 

Bonjour Gémi,

 

Merci de nous accorder un peu de votre temps pour répondre à quelques questions.

 

Vous avez participé, en janvier dernier, au tournage d'un court-métrage qui part actuellement dans les Festivals. Comment le présenter ? Sans tout en dévoiler, quelle histoire y est racontée ?

 

Le court-métrage,  « Le bout de la piste » , de Sophie Thouvenin, produit par Takami Productions, a été tourné à Armentières. C'est l'histoire de quatre coureurs de demi-fond (800m), qui viennent en France dans le but d'être sélectionnés dans une équipe française pour rester en France et fuir leurs pays. J'incarne Lala, le personnage principal.  

 

Selon vous, qu'est-ce qui peut plaire aux spectateurs dans ce court-métrage ?

 

Sil y a des fans de sport, cest le moment ! Cest un film qui mélange poésie et détermination. On y voit une persévérance face à des choix, des choix que chacun dentre nous a à faire au cours de sa vie, peu importe le domaine.

 

Quelle suite aimeriez-vous donner à cette aventure artistique  ?

 

Beaucoup ont dit vouloir connaître la suite. Eh bien non, dommage, cest un court-métrage «aha». Mais il faut savoir que lorsquon tourne un film, pour ma part, c'est un moment, une période, avec des personnes, des personnages. C'est une histoire qui est racontée et il  y a une fin à tout ça quil faut accepter. Après, on passe à autre chose, à dautres projets, dautres aventures. Moi-aussi, je serai curieuse de la suite mais je laisse la place au spectateur. C'est à lui maintenant de se limaginer, de se limprégner et de continuer de rêver... ou pas.

 

En parallèle, vous allez, cet été, co- réaliser un court-métrage. Quel en sera le contenu ?

 

Je travaille dessus depuis deux ans, avec mon amie Julia Hamang, qui est réalisatrice et scénariste sur ce projet. Nous venons de faire une collecte Ulule où nous avons réussi à obtenir plus de fonds qu'espérés. Ce qui va nous permettre de partir à l'aventure pour tourner « La Maison » dans de bonnes conditions.

 

C'est l'histoire de deux soeurs, Camille et Ada qui vivent coupées du monde extérieur depuis des années, et désormais seules, suite à la mort de leur père, elles vont devoir reconstruire l'équilibre familial afin de préserver leur mode de vie. 

 

Alors que les choses semblent avoir repris leur cours, les aspirations des deux soeurs divergent de plus en plus. Elles doivent faire face à ce nouveau champ de liberté et prendre une décision : partir ou rester.

 

Où en êtes-vous dans le développement de ce projet ?

 

Le scénario est terminé, l'équipe est constituée, les rôles sont distribués: Morgane Pommier dans le rôle dAda, Omar Meftah dans le rôle de David, jinterprète le rôle de Camille. Et le lieu est lui aussi choisi, dans le Sud de la France, en pleine nature.

 

En parallèle de ces beaux projets, quelles sont vos envies pour la suite ?

 

Voyager et encore voyager, me former encore plus. Pour linstant je me concentre sur ce projet de court-métrage « La Maison », jai également en parallèle une web-série en cours de création : « Au Nom de mon père », créée par lassociation Afroduction. L'épisode pilote que nous avons tourné fin octobre 2017 a été sélectionné dans quelques festivals Américains. Je vais suivre ça de près.

 

Mes envies seraient de continuer à travailler sur des projets qui me passionnent, que ce soit dans lart comme le cinéma, le théâtre, la danse mais aussi dans le milieu associatif & Humanitaire.

 

Pour terminer, quel regard portez-vous sur la diversité dans le cinéma français actuel ?

 

Je n'aime pas trop ce terme « issus de la diversité », Nous sommes tous des êtres humains vivant sur une même planète, essayant de vivre chaque jour au mieux. Alors, oui, nous sommes différents et ces différences devraient nous servir dans la créativité. De ce que jai vu du cinéma français, si nous prenons les longs-métrages, les personnes ‘’issues de la diversité’’ restent cantonnées aux mêmes rôles, faire rire, violentes, délinquantes etc. Pourquoi ne pas montrer une famille asiatique ou africaine dans un thriller, du moins dans quelque chose de nouveau, sans que les origines soient le sujet principal. Avec le film « Carnivores » de Yannick Renier et Jérémie Renier, on y est parfaitement.

 

Je pense donc que l'on y arrive petit à petit, il y a une belle évolution, lente mais présente. Quand je rencontre des acteurs, actrices, réal etc, de ma génération, je sens qu'ils ont envie de faire bouger les choses, ce qui est extrêmement motivant. Jaimerais voir de tout dans le cinéma français, comme lorsque je vais dehors et que je prends le métro parisien. En tant que comédienne, je pense quil est dun devoir aussi de montrer, d'informer, de toucher, pour que les personnes se rendent compte, c'est comme ça que les choses vont bouger et évoluer. On va bouger le cinéma français:)

 

Ce fut un plaisir, Gémi, d'échanger avec vous  !

 

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Publié dans Télévision, Théâtre

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