Ingrid et Eva : Interview croisée de ce nouveau duo d'humoristes très sympathiques !

Publié le par Julian STOCKY

Crédit photo : Julien Dupraz

 

Bonjour Ingrid, bonjour Eva,

 

Merci de nous accorder un peu de votre temps pour répondre à quelques questions.

 

1/ Vous avez lancé, il y a peu, votre duo féminin « Ingrid et Eva ». Tout d'abord, comment vous en est venue l'envie ?

 

Eva  : Ingrid et moi avons été formées dans la même école de comédie musicale Rick Odum’s, on se connaît depuis bientôt quatre ans, et notre amitié est très vite devenue fusionnelle. Nous partageons les mêmes passions, et notre philosophie de vie est similaire. L'envie de jouer ensemble était évidente et on a appris cette année, à l’EHAS (Ecole de l’Humour et des Arts Scéniques) à développer, comme le font les duos d'humoristes, l'univers que nous avons toutes les deux à travers un spectacle.

 

Ingrid  : Exactement, nous sommes sensibles au même humour, nous rions aux mêmes blagues. On est très complémentaires, Eva me fait énormément rire et inversement. Notre duo est en travail, ce n’est que le début évidemment mais nous nous investissons beaucoup.

 

2/ En termes de contenu, quel est le principe de votre duo ? Que voulez-vous mettre en avant ?

 

Eva  : On a un humour que l'on ne peut pas qualifier d’«engagé», mais qui bascule plutôt dans l'absurde. Nous jouons du fait que nous soyons toutes les deux comédiennes. En quelques mots : qu'est-ce que cela engendre d'être deux comédiennes, mais également deux meilleures amies et de vouloir monter un spectacle ensemble ? Eh bien, cela ne se passe pas forcément comme prévu, c’est pourquoi le spectacle s'appelle « #Erreur ?!! ».

 

Ingrid  : On joue de nos différences, physiques et caractérielles. A priori, on ne dégage pas du tout la même énergie. Si on s’en réfère aux nouvelles rencontres que nous faisons, Eva apparaît comme la fille joyeuse et avenante, alors que j’apparais comme étant froide et méfiante. Nous avons un humour très léger, on part de situations basiques pour en délirer jusqu'à l'absurde.

 

Eva  : Cela parle aux gens facilement. Nous avons fait en sorte d’analyser nos traits de caractère, nos défauts, pour mieux les accentuer.

 

Crédit photo : Julien Dupraz

 

3/ Justement, quelles sont vos principales sources d'inspiration pour l'écriture ? Sur quoi vous basez-vous ?

 

Ingrid  : Ah, l'écriture… Ce n’est pas évident d’écrire pour soi-même, il est toujours plus aisé d’écrire pour les autres. En ce qui nous concerne, on aime se nourrir d’avis extérieurs. C’est pour cela que nous faisons appel à des intervenants tel que Stanislas Grassian, qui est comédien/auteur/metteur en scène, et qui nous connaît assez bien pour nous aiguiller sur certains de nos sketchs. Nous choisissons des personnes qui sont sensibles à notre univers, et qui comprennent ce que nous cherchons.

 

Pour les inspirations, nous sommes allées regarder des duos. Récemment, nous avons été marquées par celui de Kevin et Tom, qui se joue au Point-Virgule. On en est ressorties épatées, d’ailleurs je pense qu’on va y retourner prochainement.

 

Eva  : Oui, c'est notre univers, vraiment.

 

Ingrid  : Sinon on aime beaucoup Elie Semoun et Dieudonné, ainsi qu’Eric et Ramzy.

 

Eva  : Notre force principale, c’est d’être au diapason toutes les deux. Pendant que l'on travaille un sketch, on sent toutes les deux, de la même manière, si ça va dans le bon sens ou dans le mauvais.

 

Ingrid  : Si un metteur en scène nous dirige, on va prendre la direction qu'il nous donne. Nous ne sommes réfractaires à aucune idée. On va aller là où il nous emmène mais, sans se le dire toutes les deux, on va sentir si c'est la bonne direction ou pas. On sait très bien ce que l’on veut.

 

Eva  : Notre univers existe déjà, l’objectif est de pouvoir l’écrire et le mettre en scène. D’où la nécessité d’intervenants extérieurs.

 

Ingrid  : Ce n'est pas évident, l'humour est un univers très difficile, et qui ne pardonne pas. Ça demande une complicité qui se forge au fur et à mesure sur scène ; il faut roder des sketchs très frais, qui peuvent ne pas faire rire au début. C'est aussi en « prenant des bides » que l'on apprend. C'est ce que nous allons essayer de faire de plus en plus cette année : participer aux scènes ouvertes, faire des premières parties etc.

 

Eva  : On ne travaille pas du tout de la même façon un texte dans une pièce de théâtre qu'un duo d'humoristes en création. C'est un autre travail, un peu plus long.

 

4/ Quelles thématiques vous tiennent à cœur ? Quels sujets aimeriez-vous mettre en avant sur scène ?

 

Ingrid  : Il n'y a pas de thème en particulier. On ne va pas aborder des sujets politiques, mais on peut s’inspirer de divers sujets d’actualité. On vient notamment d'écrire un sketch sur ceux que l'on appelle « les frotteurs du métro ». C’est un problème qui ne date pas d’hier, mais dont les médias parlent de plus en plus aujourd’hui.

 

On essaie de ne pas rester égoïstes sur les thèmes que l’on choisit, car, en tant que comédiennes, ce sont les caricatures du milieu théâtrale et artistique qui nous parlent le plus, cela nous touche d’avantage puisque c'est notre métier. Mais on essaie de ne pas s'arrêter là-dessus, nous souhaitons viser un public plus large et des thèmes qui parleront à plus de personnes, et pas seulement les artistes.

 

Crédit photo : Julien Dupraz

 

Eva  : On se moque aussi des gens qui se prennent trop au sérieux ou bien qui se mettent dans des situations compliquées alors que nous pensons qu'il n'y a pas besoin de complications. Notre objectif est surtout de profiter de la vie, et notre credo est : carpe diem, nous créons un spectacle à l’image de nos valeurs, et qui n'engage pas les « prises de tête ».

 

5/ Selon vous, au fur et à mesure des sketchs, qu'est-ce qui va plaire aux, on l'espère, nombreux spectateurs qui viendront vous voir sur scène  ? Quelles seront un peu les clés du succès de votre duo ?

 

Ingrid  : Je pense que c'est notre amitié, notre amour, notre générosité et notre envie de partage. Le fait aussi que l'on casse le quatrième mur et que l’on inclue le public avec nous. Ce côté intimiste va, nous l’espérons, leur plaire.

 

Eva  : Avec, pour le coup, des situations, que ce soit entre nous deux ou avec le public, dans lesquelles les gens peuvent s'identifier à chaque fois.

 

6/ Vous avez commencé un peu à en parler, quels sont les projets et les envies pour le développement de ce duo ?

 

Eva  : Pour l'instant, on vient d'être sélectionnées dans le concours national qui s'appelle « Kandidator », les huitièmes de finale auront lieu au mois de septembre prochain. Autrement, on vient de monter sur scène au « Rotaryre 2018 » au profit d’action Leucémie. On s'engage dans quelques scènes ouvertes, nous sommes passées récemment au « Fieald ».


 

Crédit photo : Julien Dupraz

 

On a une demie-heure de spectacle écrite, que l'on va jouer le 26 juin au théâtre des Blancs Manteaux. A partir de septembre, on va travailler vraiment uniquement avec notre coauteur et metteur en scène, pour finir d'écrire le spectacle. Entre temps, on aura l'occasion de tester nos nouveaux sketchs en public. Une fois que le spectacle sera écrit en entier, il faudra le roder sous cette forme-là et pas uniquement sketch par sketch. Il faudra mieux partir un peu en province et finir à Paris.

 

7/ Pour terminer, très simplement, que peut-on vous souhaiter pour la suite de votre duo ?

 

Ingrid  : D'avoir encore beaucoup d'inspiration, de continuer à écrire des sketchs qui nous parlent, et qui parlent aux gens.

 

Nous venons d'ouvrir notre page Facebook (@ingrideteva) il y a quelques jours, ainsi que notre chaîne Youtube (Ingrid et Eva), on espère fidéliser des abonnés, et surtout leur mettre le sourire.

 

Eva  : D’autre part, il faut nous souhaiter, d’ici début 2019, d’avoir fini d'écrire notre spectacle et que l'on puisse partir en tournée en province pour le roder toutes les deux.

 

Ce fut un plaisir d'échanger avec vous deux !
 
 
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Publié dans Théâtre

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