Phany Brière Marret nous présente sa riche actualité artistique !

Bonjour Phany,
Quel plaisir de vous retrouver pour cette nouvelle interview.
1/ Vous êtes actuellement à l'affiche de deux courts-métrages en compétition au Festival Nikon, « Je suis un drame » et « Je suis ta liberté ». Comment les présenter respectivement ? Quelles thématiques y sont abordées ?
« Je suis un drame », joué par Vincent Ronsse, le petit Jolan Pallier et moi-même, est un film de Benjamin Pallier, avec qui j'avais déjà tourné pour la série « Osef ». Cela retrace les événements et le drame du Bataclan, le soir du 13 novembre 2015, sur la base d'une histoire vraie.
Pour la petite histoire, ce film de 2 minutes 20, adapté donc au format Nikon, est en premier lieu un court métrage d'une plus longue durée, où j'ai bien sûr davantage de scènes et du dialogue. Donc il aura encore une actualité après le festival Nikon.
Quant à « Je suis ta liberté », un film de David Kadoche O'Sullivan, je joue aux côtés de Cyril Perrain, Adèle Galloy, Chrystelle Gagey, Kartal Temel, Marie-Lou Souares et Akim Mechrafi (ndlr photo ci-contre) notamment. Nous y montrons à quel point on peut être enchaîné à un tas d'obligations qui nous empêchent une certaine liberté. Cette dernière, quelque part, a un prix. Le réalisateur a une très belle personnalité et je vous invite d'ailleurs à regarder tout le reste de son travail (http://www.davidkadocheosullivan.com)

Il faut les voir, il faut voter pour les deux, chacun abordant des thèmes très humains.
« Je suis Ta Liberté » : https://www.festivalnikon.fr/video/2017/1522?lang=fr
« Je suis Un Drame » : https://www.festivalnikon.fr/video/2017/756?lang=fr
2/ Sans trop en dire, comment présenter vos deux personnages ? Qui sont-ils ?
Dans le premier court-métrage, je suis une mère de famille qui va tout simplement sortir faire la fête. Je n'en dirais pas plus mais je pense que vous avez déjà une petite idée de la suite. Pour le second, je joue une patronne très sévère, pas cool du tout. C'est vraiment une femme de poigne.
3/ Ce festival est vraiment très riche, beaucoup de courts-métrages y sont proposés. Mais seulement certains sont retenus au travers des votes. Selon vous, pour quelles raisons ces deux programmes peuvent-ils se distinguer et ressortir du lot ?
Nous sommes vraiment dans la réalité, ce n'est pas ni du fantastique ni de la fiction. Le drame du Bataclan touche énormément et on a besoin de ne jamais oublier cette date. C'est une sorte d'hommage qui est très important à mes yeux car cette soirée est gravée à vie. Je pleure à chaque fois que je revoie ce court-métrage, la puissance du jeu de Vincent, le regard du petit...
L'autre programme retrace vraiment un contexte réel de la vie, qui marque les esprits. Le message est très puissant.
4/ En tant que comédienne, les programmes courts impliquent-ils une adaptation particulière, peut-être pour renforcer dans le jeu certains messages ? Ou, à l'inverse, restez-vous la même que pour un long-métrage ?
Cela dépend de la longueur de mes scènes. Souvent, sur une petite scène, c'est compliqué de trouver le jeu juste car il y a tellement de façons différentes d'interpréter une simple réplique. Mais, quand on a une bonne équipe, avec un réalisateur qui dirige bien, c'est tout de suite plus simple. La préparation reste la même.
La seule différence, comparativement à un long-métrage où l'on a davantage de temps pour s'installer, réside dans la nécessité d'être bon de suite, sur le très court terme.
Vous noterez quand même que je joue de plus en plus de rôles de « garces » (rires). Typiquement, dans « Une idée d'enfer », par le même réalisateur David Kadoche O'Sullivan, je joue une huissière de justice peu sympathique. On y retrouve également Akim Mechrafi, Jemma Franses, ainsi que Julien Monnin. Ce programme est actuellement en tournée dans les festivals et nous attendons encore un peu avant de le sortir.

5/ Vous évoquez ces rôles de femmes un peu plus difficiles, que vous avez aussi interprétées dans un clip récemment. Est-ce là une nouvelle marque de fabrique ?
Comme un chanteur qui trouve, à un moment donné, sa voix, je me rends compte que j'aime être les traits d'une personne que je ne suis absolument pas dans la vie de tous les jours, que j'aime de vrais rôles à contre-emploi. J'adore vraiment les personnages de pestes et j'adorerais en interpréter une dans une série ou un long.
Dans ce clip, « A mes côtés », de Koobe Juh (https://youtu.be/t6GWMZwmKZc), je joue le rôle d'une mère, qui met des bâtons dans les roues de la relation de sa fille avec son petit copain. Elle n'accepte pas ce dernier, il n'est pas à la hauteur des espérances qu'elle voudrait pour sa fille. Mais, petit à petit, elle finit par comprendre la situation. Toutefois, il est vrai que, au début, je ne suis pas une mère gentille.
6/ Pour le jeu dans ce clip, où l'on n'entend jamais le son de votre voix, une préparation particulière a-t-elle été nécessaire, comparativement à des scènes entièrement jouées mais audibles pour le public ?
Je me suis simplement mise en tête que j'étais une garce. Donc aucun sourire, plutôt froide. Je dois dire que j'ai un atout dans ce sens avec mon visage. On m'a en effet souvent dit que, au premier abord, je suis une personne qui paraît très froide, surtout quand je ne souris pas.
Cela a fait du chemin dans ma tête et je me suis dit que, entre le fait que j'adore jouer des pestes et celui d'avoir un visage froid par nature, je pourrais foncer dans ce domaine. C'est d'ailleurs David Kadoche O'Sullivan qui m'a un petit peu révélée à cela, en travaillant avec lui.
Sur le clip, je mimais parfois des mots, je crispais les lèvres, levais un peu les yeux au ciel. Au début de mes tournages, on me donnait d'ailleurs beaucoup de rôles muets, notamment sur des films en 16 mm. Je suis donc habituée à l'exercice par ce fait.
7/ De façon plus générale, quels sont vos projets artistiques à venir ?
J'ai joué dans un pilote, avec Ngo, pour une série télé. Sur le ton de la comédie, cela évoque la vie d'une femme noire. Tout est tourné en dérision et c'est très drôle.
« Amour-Eux » est un long-métrage en projet, réalisé par Alexandre Laugier, avec Thibaud Vaneck ("Plus Belle la Vie") et Jessica Errero ("La Vraie Vie des Profs", "Overdrive") dans les rôles principaux, Bastien Munez, Marine Duhamel ("Plus Belle La Vie"). Ce sera une histoire d'amour. Lorsque deux regards vont s'y croiser, tout va basculer. Le tournage aura lieu sans doute en avril ou en juin, dans le sud de la France. Il y a une cagnotte Ulule actuellement pour financer une partie du film. Le réalisateur souhaiterait une sortie sur grand écran évidemment, mais il a déjà pu également sortir des films en VOD.
Concernant la seconde partie de l'année, des pourparlers sont en cours pour un autre long-métrage, « Le gorille », tiré d'un livre de Tony Cavaleri, qui sera aussi le réalisateur du film. Celui-ci sera certainement co-réalisé. Il y aura, entre autres, Michel Berreur au casting.
Merci, Phany, pour votre disponibilité !
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