Julia Marié évoque son parcours et ses projets artistiques !

Bonjour Julia,
Merci d'avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre blog.
1/ Vous êtes une artiste aux multiples casquettes, comme en témoignent vos expériences notamment dans la comédie mais aussi dans la photo. De façon générale, qu'est-ce qui vous plaît tant dans votre quotidien artistique ? Pourquoi prenez-vous autant de plaisir à exercer ces métiers ?
C'est une façon d'avoir plusieurs vies en une seule, c'est la possibilité de ne pas être que moi mais d'être moi sous toutes mes formes.
L'interprétation d'un personnage ou d'une photo en tant que mannequin est un rôle que l'on joue. Cela permet d'exprimer plein de recoins et de facettes différentes de sa personnalité que l'on n'ose pas exprimer au quotidien, parce que la vie et la société ne nous le permettent pas.
Donc, du coup, pouvoir jouer le rôle d'un séductrice ou d'une horrible mégère fait ressortir des choses que l'on a en soi. Pouvoir les exploiter en interprétation scénique ou photographique permet d'être un peu comme un enfant qui se déguise en super héros ou en princesse. J'ai toujours aimé cela depuis que je suis toute petite et, aujourd'hui, vivre de mon art est une vraie passion.
Cela permet aussi de ne jamais s'ennuyer, ce n'est jamais redondant, toujours différent. Même si le côté plateau, tournage, action, maquillage, … est un peu pareil, on ne rencontre jamais les mêmes personnes et on n'est jamais au même endroit. Cela permet de voyager, de voir plein de monde tout en restant pas très loin non plus. Le jour où c'est ennuyeux, je change, je fais autre chose.
2/ Entre ces différentes casquettes et cordes artistiques, retrouvez-vous certains liens, certaines complémentarités, certains parallèles ?
Elles sont toutes complémentaires parce que, en fait, on navigue dans le même milieu artistique. Soit un jour je suis devant les caméras et je côtoie un réalisateur, une maquilleuse et une coiffeuse. Soit je suis sur les photos et je côtoie un photographe, mais aussi là encore un objectif, une maquilleuse, une coiffeuse, une équipe et une production. Dans les deux cas, il faut savoir comment poser sa voix ou encore son image par rapport à la lumière. Tout se ressemble finalement.
Je suis également derrière la caméra, je suis aussi maquilleuse, ce qui est autre chose encore. Du coup, cela permet de mieux comprendre aussi les personnes que je maquille et que je coiffe, dans quel état elles sont. Donc tout se relit, c'est le même univers, qui permet de jouer plusieurs rôles.
3/ Parmi ces différentes cordes, êtes-vous attirée par l'une d'entre elles plus particulièrement ? Ou est-ce la diversité qui vous plaît davantage ?
Tout l'ensemble me séduit. Je pense que, si je ne faisais qu'une seule de ces choses, je pourrais être vite fatiguée. Par contre, sur les trois univers que je côtoie, c'est le maquillage qui me nourrit réellement, qui est une véritable passion. Je libère mon sens artistique et le côté beauté, conseil, formation est vraiment quelque chose qui me plaît beaucoup. C'est aussi un métier que je peux garder toute ma vie, qui n'a pas de date de péremption.
En tant qu'artiste, modèle, mannequin ou comédienne, cela reste des petits rôles sur la beauté, sur l'image de soi, même si, aujourd'hui, il y a beaucoup de choses sur la quadra, que j'atteindrai bientôt.
Quand j'ai démarré, je courais après tous les castings. A présent, j'ai moins envie de courir après l'éphémère ou le vent, j'ai besoin de construire quelque chose de concret. Pour moi, être devant l’objectif reste un hobby, une passion et, surtout, je le prends comme une chance. A chaque fois que je réussis à avoir un petit rôle, un catalogue ou une prestation rémunérée, je me sens chanceuse. Je profite au maximum et, si un jour cela doit s'arrêter, je m'estimerai être heureuse d'avoir pu vivre toutes ces expériences.
Ce fut le cas notamment quand je suis partie cinq jours sur un bateau à Majorque. Même si, contrairement à ce que l'on croit souvent, les journées sont très longues. Mais c'est tellement riche et intéressant de rencontrer autant de personnes, de partager, de vivre ces émotions fortes, que la passion prend le dessus.
4/ Spontanément, retenez-vous une expérience plus encore que toutes les autres ?
Je crois que le tournage, la comédie et le jeu me font vibrer. Mon premier tournage pour « Plus Belle la Vie » a été une grande expérience. J'étais très impressionnée, même je pense que je me suis sous évaluée. Jouer avec un comédien que tout le monde connaît depuis dix ans sur la série est assez impressionnant mais, finalement, il m'a très vite mise à l'aise. Je me suis rendue compte que, dernière la caméra, ce sont des gens tout à fait normaux, comme vous et moi.
J'ai eu la chance de rejouer avec le même personnage deux ou trois ans plus tard, sur un autre rôle. Ce qui est assez exceptionnel. Je me suis sentie beaucoup plus à l'aise. D'ailleurs, il fallait que je l'embrasse, c'était une première pour moi. En fait, j'ai trouvé cela extrêmement simple, bien plus que je ne le pensais, dans le sens où je me suis aperçue que j’incarnais un rôle, que ce n'était pas moi, que je prêtais mon corps et ma voix. Cette expérience a été vraiment frappante, elle m'a donné un peu plus de confiance. J'ai même appris à me regarder à l'écran. Cela m'a débloqué sur plein d'autres choses derrière.

5/ Quels sont vos actualités, projets et envies artistiques en ce moment ?
J'avoue que je ne cherche plus trop à courir après les castings. J'aimerais évidemment que cela me tombe tout cru dans la bouche, comme c'est arrivé il y a quelques temps. Il y a quelques séries récurrentes et plusieurs publicités qui se tournent chez moi à Marseille mais cela reste des petits rôles ou des silhouettes parlantes, la plupart des comédiens venant de Paris.
Je sais très bien que l'on n'a rien sans rien, qu'il faudrait que je monte sur Paris pour fidéliser certains contacts. Le mannequinat fonctionne toujours et je le fais par plaisir. Je continue à entretenir mes agences et mes sites, mes réseaux sociaux de photos. Mais je suis sur d'autres projets actuellement dans le maquillage. Je suis en pleines démarches pour devenir organisme de formation et donner des cours accélérés dans des écoles de coiffures notamment. Pour un avenir plus serein et plus stable.
Ce fut une joie, Julia, d'échanger avec vous !