Elodie Bouleau évoque sa riche actualité théâtrale !

Bonjour Élodie,
Quel plaisir de vous retrouver pour ce nouvel entretien.
1/ Vous êtes à l'affiche, au théâtre de la boussole, de la pièce à succès « Dans la peau de ma femme » de Guilhem Connac, Pierre Du Tremblay et Benoit Labannière. Quelle histoire y est racontée ? Quelles thématiques sont abordées ?
C'est l'histoire de Fred et Cécile, en couple depuis quelques années déjà. Lors d’une scène de ménage, Cécile fait le voeu que Fred se mette une seule journée à sa place. Et contre toute attente, le lendemain matin, Fred se retrouve dans la peau de Cécile et Cécile dans la peau de Fred. Et la visite de leur meilleur ami va les obliger à jouer le rôle de l’autre.
Une pièce sur les rapports Homme/Femme évoquant bien sûr les défauts de l’un et l’autre, tantôt poussifs pour totalement s’abandonner à cette comédie légère dénonçant un certain nombre de clichés totalement assumés et où chacun se reconnaîtra pour rire à gorge déployée tout le long de la pièce.
2/ Comment présenteriez-vous vos personnages ? Quelles sont leurs principales caractéristiques ?
La pièce démarre sur une scène de ménage où Cécile représente cette femme moderne, working-girl, d’apparence très féminine et avec des responsabilités. Pressée, elle gère tout au travail comme à la maison et reproche un certain nombre de choses à son mari. Elle est parfois râleuse, mais néanmoins « attachiante».
Puis, quand Cécile devient Fred, on bascule forcément dans une apparence beaucoup moins glamour :-) D’abord vêtue d’un short et d’un maillot de football, Cécile perd naturellement son port de tête, sa démarche est plus lourde, elle ne croise évidemment plus les jambes sauf si on la rappelle à l’ordre, je lui ajoute en plus d’une voix plus grave une légère gouaille avec un esprit plus macho, adulescent, blagueur et « puéril ».
3/ En tant que comédienne, d'un point de vue artistique, comment vous mettez-vous facilement dans la peau d'un personnage masculin ?
Comme tout homme doit avoir une part de féminité, je pense que toute femme a sa part de masculinité. Surtout à notre époque et je connais la mienne !! Il ne s’agit pas de singer l’homme mais d’exagérer certains traits de caractère, comme ses attitudes physiques de façon à rendre le jeu visuellement drôle.
J’ai démarré ma formation théâtrale et mon métier de comédienne par la Commedia Dell’arte. Porter un masque, désarticuler son corps, créer une démarche unique, adopter une gestuelle, lui attribuer une voix, pour totalement s’abandonner et faire naître un personnage. J'observe également beaucoup. La rue est le parfait spectacle de la vie !
4/ Selon vous, quelles sont les clés du succès de cette pièce ?
Depuis la nuit des temps, les hommes et les femmes essaient de se comprendre, mais en vain… il y a tant de questionnement et de mystère non résolus sur le sexe opposé. Pourquoi fonctionnons-nous systématiquement de manière différente ? Des questions qui restent sans réponse et où il y a encore tant à dire et à écrire. Et puis qui n’a jamais rêvé d’être dans la peau du sexe opposé ? Le succès de cette pièce provient sans nul doute d’un sujet indémodable où tout le monde peut s’identifier comme à la fois se divertir.
Moi-même, j'écris une pièce sur les rapports Homme/Femme en soulevant un tout autre point de vue : Quelle est la place de l’homme dans notre société actuelle ? La pièce s’intitule « Le Mâle du Siècle » et c’est pour très bientôt !!
5/ Malgré un rythme très soutenu et une mécanique très précise, vous permettez-vous pour autant quelques libertés personnelles pour surprendre vos camarades ?
Fort heureusement ! Chaque soir est différent et c’est ce qu’on appelle la magie du spectacle vivant ! N’importe quel comédien qui intègre une troupe en cours de route, ce qui a été mon cas pour cette comédie, commencera d’abord par s’appliquer à dire le bon texte, écouter ses partenaires de jeu, rentrer dans le bon rail et répondre aux exigences du metteur en scène.
Puis, vient la période après rodage où l’on est plus confiant, l’ambiance de la troupe est plus que bonne et bienveillante et il suffit d’un soir où le public est plus communicatif que d’autre et où l’amusement et le lâcher prise vont nous faire improviser, rebondir sur un nouveau mot, un nouveau geste proposé par son partenaire, on y répond et on se surprend.
C’est d’ailleurs à base d’improvisation que les comédiens étoffent un texte, validé ou non par l’auteur. Aussi, et comme vous l’avez précisé, la comédie représente une mécanique imposant une rythmique bien spécifique et l’on ne peut évidemment pas ou très difficilement improviser et surprendre ses camarades pendant ces scènes de jeu réglées comme du papier à musique.

6/ En parallèle de cette pièce, vous êtes aussi en tournée avec trois autres spectacles. Que dire sur chacun d'entre eux ?
Je joue effectivement « Le Coach » et « Le Bon Plan », 2 excellentes comédies de Bruno Bachot. « Le coach » est d'abord un succès théâtral avant d’être adapté au cinéma avec Jean-Paul Rouve et Richard Berry. La pièce se joue depuis six ans, partout en France. J'ai rejoint l'équipe il y a six mois pour faire le Festival d'Avignon. C'est une comédie d’une grande efficacité, avec une mécanique extraordinaire et un rythme de comédie hyper soutenu. Un caviar d’écriture.
Egalement « Le Bon Plan » la nouvelle pièce de Bruno Bachot qui compte 4 comédiens et 8 personnages. J’interprète pour ma part 3 personnages : Une concierge nymphomane; Mylène, une jolie danseuse puis Madame Smith, une comptable sur-vitaminée, névrosée et qui entend des voix. Une comédie burlesque au rythme effréné qui, je l’espère, trouvera prochainement une programmation parisienne.
Pour terminer, « Bons à rien, prêts à tout » de et avec Philippe Urbain et Emmanuel Carlier où j’interprète encore une fois un rôle de composition. Géraldine, une jeune catholique, étriquée au visage particulièrement ingrat et avec des dents toutes noires. Autant vous dire que mon passage en loge avant d'entrer en scène est assez long, je porte une perruque brune, bouclée, avec les cheveux gras, ainsi qu'un costume d’un autre temps, je transforme mes sourcils en plus épais et broussailleux et sans oublier le vernis noir que je dois poser sur les dents.
7/ Pour terminer et revenir sur la pièce à la Boussole, que dire de plus pour inciter les lecteurs, si ce n'est pas déjà fait, à venir voir ce chouette spectacle ?
Victime de son succès, « Dans la peau de ma femme » se joue simultanément dans 10 villes de France, ce qui est un premier gage de qualité !! La salle est comble tous les soirs et pour notre plus grand bonheur. C'est une comédie archi efficace, on rit du début à la fin, pour petits et grands, à voir en couple ou en famille, venez vous divertir, vous ne le regretterez pas. Alors, vous venez quand ?
Merci, Élodie, pour votre disponibilité !