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theatre

Un Si Grand Soleil : Léo Guillaume nous parle de son personnage et évoque aussi son actualité théâtrale!

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Léo,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Moi aussi Julian. Merci d’être là.

On peut actuellement vous retrouver dans la série à succès de France 2 « Un Si Grand Soleil ». Avant de développer votre personnage et son arche, on peut déjà imaginer que rejoindre cette belle aventure est source de joie pour vous ?

Une source de joie, c’est sûr, mais aussi de fierté. Je sens qu’il faut que je développe (rires).

Une source de joie pour toutes les rencontres que j’y ai faites, mes partenaires proches, je pense à Cyril Anrep, Hélène Bizot, Nathan Bensoussan et puis les moins proches, mais aussi toute l’organisation et les gens qui sont au petit soin pour nous. Une vraie joie aussi du travail accompli parce qu’il se fait le plus souvent dans le partage. Même s’il y a toujours un temps compté pour faire les séquences, il y a malgré tout une prise de conscience que l’on va faire une scène tous ensemble. J’ai pu discuter avec les réalisateurs, de mon personnage, de là où il en était, de ce que je voyais, de ce qu’ils voyaient et c’étaient des purs moments de collaboration et de création. C’est plutôt rare, je trouve, aujourd’hui. C’est une valeur ajoutée énorme. Je ne sais pas si ça se sent mais il y a, pour le coup, beaucoup de libertés. Et pour la fierté, et bien je suis plutôt fier de participer à un programme populaire de qualité.

Quel regard portez-vous sur votre personnage ?

Pour moi, c’est un mec qui fait ce qu’il peut. C’est monsieur tout le monde. Il n’est pas super héros, c’est pour cela que je dis qu’il fait vraiment ce qu’il peut… Pour lancer son entreprise, pour vivre avec son fils handicapé … avec sa femme, ils font ce qu’ils peuvent. Quand nous apparaissons avec ma femme et mon frère, nous sommes à un moment de nos vies qui est particulièrement important. Les crédits, les travaux de leur entreprise, leur crédibilité … Ils sont fragiles. Déjà, ils n’ont peut-être pas les épaules pour supporter le projet. Plein de signes incitent à ne pas ouvrir l’escape-game. Pendant le tournage, je n’arrêtais pas de dire à ma famille fictive que je suis le capitaine du Titanic qui voit l’iceberg arriver.

Après tout ça, Sylvain va vivre une tragédie donc il va se révéler d’une autre façon, d’une autre couleur. Il sortira de cette expérience douloureuse, bien amoché dans l’âme mais debout, grâce à la force de l’amour des siens.  

On le sait, vous l’avez dit aussi, le rythme de tournage est soutenu, du fait du nombre de minutes utiles à défendre chaque jour. A titre personnel, avez-vous eu une méthodologie particulière de travail ?

Non pas de méthodologie particulière. Hélène, Cyril et moi n’avons pas eu le rythme que peuvent avoir les récurrents. Notre planning était bien fait, il nous permettait de prendre du temps, de penser au parcours de nos personnages. Tout est relatif quand même, on n’était pas en vacances ! On a eu la chance, c’est plutôt rare, de pouvoir se voir entre nous et, en fait, on a pu répéter, travailler. C’était confortable. Et agréable. Au moment du tournage, quelque part, la moitié du travail est déjà faite. Après, c’est ce qui se passe dans l’instant, ça nous échappe et c’est comme ça.

 

 

Vous êtes un artiste aux différentes cordes artistiques, vous faites notamment de la direction de comédiens sur les planches. Cela vous a-t-il aidé lors de préparation et/ou sur le tournage ?

Oui, bien sûr. On ne peut pas mettre de côté tel ou tel aspect de sa personne et n’être que interprète. Pour la préparation d’un rôle, j’ai toujours un regard d’auteur et de metteur en scène. C’est mon bagage, c’est mon expérience, je ne peux pas faire autrement que  de nourrir mes rôles de cette expérience. Par contre, au moment du tournage, j’oublie tout. Je me laisse guider par la situation, l’état et mes partenaires.

En parallèle, au printemps, 3 dates exceptionnelles du spectacle « 225 000 », déjà joué en Avignon l’année dernière, seront proposées sur Paris, autours de la thématique du féminicide. Que pouvez-vous déjà nous en dire ?

A l’origine, le metteur en scène Guillaume Vatan montait un texte de Nicole Sigal, la transcription scénique de témoignages et de faits divers liés aux agressions physiques et sexuelles sur les femmes, par leur conjoint ou ex conjoint. Il a monté sa production, réunit son équipe … puis devant l’ampleur du projet, Camille Favre-Bulle, comédienne sur "225000", (et qui avait joué, en 2015, dans un spectacle que j’avais mis en scène), nous a présenté. Moi, j’ai adhéré très vite au propos de Guillaume et à sa façon de voir le spectacle. Son univers est très visuel, très onirique avec des brèches absurdes ou burlesques par endroit, bref, un univers qui me parle directement. J’ai donc collaboré à la mise en scène et à la direction d’acteurs. Notre duo a très bien marché, le spectacle a eu un bon succès public, malgré un thème difficile à défendre. Mais le résultat est plus suggestif que démonstratif, ça ne donne pas de leçon non plus. Fort de ce succès, ce spectacle est repris pour 3 représentations exceptionnelles.

En Avignon, quels retours avaient pu justement vous faire les spectateurs ? Comment avaient-ils vécu ces émotions et ce sujet ?

Beaucoup de femmes sont venues nous voir, elles sont ressorties vaillantes, encouragées, révoltées. Les hommes sortaient bouleversés. Quelques uns pleuraient. Nous avons été un des coups de cœur France Inter. Le sujet est terriblement d’actualité, mais il est monté comme une tragédie contemporaine, onirique et sensible, on assiste a ce spectacle sans penser polémique, on suit les personnages, leur égarement, leur violence.

Il est défendu avec justesse, pudeur et sensibilité par des comédiens superbes, Magali Bros, Mathias Marty, Rodolphe Couthouis et Camille Favre-Bulle.

La transition est toute trouvée pour parler d’un autre spectacle, « Lady Agatha », pour lequel vous serez sur scène, aux côtés de Camille, à partir de début juin, au théâtre Montparnasse. Comment présenteriez-vous cette pièce ?

Oui, je retrouve mon équipe chérie, la Cie Team Rocket ! On se connait depuis 10 ans maintenant. On s’est rencontré sur une opérette marseillaise, c’est dire que ça crée des liens ! Là, on va jouer la vie d’Agatha Christie, de sa naissance à sa mort. Cette femme était « féministe » avant l’heure, sans revendication, juste libre. Elle a été l’une des premières femmes à conduire une voiture, une des premières à faire du surf. Sans parler de son indépendance financière. Ça semble anecdotique aujourd’hui, mais pour l’époque, c’était révolutionnaire. Nous parlerons de la liberté, l’aventure et l’imagination, qui seront les trois grandes clés du spectacle et de la vie de cette femme.

Le texte est écrit par Cristos Mitropoulos et Ali Bougheraba, les auteurs d’ « Ivo Livi  ou le destin d’Yves Montand » spectacle qui a reçu un Molière, en 2017.

Nous avons déjà fait un travail à la table, et nous l’avons présenté en lecture à trois théâtres parisiens. Le théâtre Montparnasse nous a dit oui pour tout l’été et plus si affinités.

 

 

Chaque comédien jouera 15 à 20 personnages. Comment gérer cela ?

On le gère bien, ça fait partie du boulot. Après, tous ces changements de personnages participent au rythme du spectacle, à la construction de la mise en scène. Toutes ces traversées de personnages, au final, appartiennent au parcours du comédien et donc presque à celui d’un seul personnage. Même quand on attaque une pièce où l’on joue un seul rôle, on peut presque se dire que l’on va traverser une multitude d’états comme une multitude de personnages à l’intérieur de cet unique personnage. Je ne sais pas si je suis clair ? Il n’y a pas beaucoup plus de difficultés, sinon le rythme et les changements de costumes.

Parmi vos différentes cordes artistiques, vous êtes aussi auteur. Quelles sont alors vos principales sources d’inspiration ?

Je suis comédien, cela m’a amené à l’écriture, qui m’a amené à la mise en scène. Mais c’est un tout. Quand j’écris, j’écris d’abord pour des comédiens, pour que l’histoire puisse être incarnée. Ça, c’est une première inspiration. Faire de sorte que le mot, la phrase, l’intention, tout ce bazar puisse être dit et vécu.  Je n’écris pas pour les livres, j’écris pour eux.

La forme théâtrale est une autre inspiration. J’écris pour le théâtre. Ce qui me trouble au théâtre, ce qui m’intéresse sur un plateau, c’est la question d’une réalité atrophiée. Un rapport au réel acté d’une vision onirique, absurde ou totalement irrationnelle. Je mets en scène ou écris des textes qui me donnent cette possibilité : heurter une situation réelle à un autre monde. C’est pour moi une vision vitale et intrinsèque à la représentation théâtrale que d’en déformer l’image, amplifier le sens parfois jusqu’au surréalisme et offrir une lecture plus large du texte. C’est aussi un axe de travail qui donne naissance à « l’étrange comédie » qui reste pour moi la meilleure façon de donner à voir, à ressentir. Cette vision dénaturée du réel accompagne mon écriture pourtant très ancrée dans une réalité factuelle. Pour cela, l’écriture avance sur des non-dits, sur des cassures de rythmes, des mises en abyme de la pensée …

Une autre forme d’inspiration, c’est le son, la musique. J’écris beaucoup avec un casque sur les oreilles. J’écoute tout. De Berthe Sylva à Brodinski, en passant par Purcell. La musique me guide, me donne des sensations, des images. Depuis trois ans, je me mets à écrire des scénarii. Une autre écriture, l’image. Trouver le charnel dans l’image plus que dans le mot, c’est un drôle de défi.

Et puis je suis du genre observateur, écouteur … je sais pas si ça se dit mais ça se comprend, non ? Donc les autres, ma famille, la société, tout ce qui m’entoure est une source d’inspiration. Parfois, je m’appuie aussi sur des expériences vécues ou ressenties.

J’écris toujours de la comédie qui reste pour moi la meilleure forme pour donner à ressentir la tragédie, c’est aussi une forme polie et pudique pour parler des choses qui font mal. Ce serait presque comme une écriture « clown », en fait.  

Merci, Léo, pour toutes vos réponses !

Je suis trop bavard, c’est ça ?

Publié dans Télévision, Théâtre

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Plus Belle La Vie, son parcours, les liens avec sa vie personnelle, sa façon d'envisager son métier : Pierre Martot se livre comme il ne l'avait jamais fait auparavant !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Pierre,

C’est un plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous avez un parcours, au sens global, très hétérogène et très atypique. Vous avez commencé par des études de psy, vous avez été aussi journaliste, vous êtes à présent comédien, sur les planches et à l’image. De façon générale, si l’on revient sur ce parcours-ci, comment passe-t-on d’un registre à un autre ? Y a-t-il eu des moments clé ? Des déclics ? Des envies ?

En fait, j’ai commencé par des études d’économie, pendant 4 ans. J’ai eu mon Bac assez jeune – je venais tout juste d’avoir 17 ans – et je ne savais pas trop quoi faire. Alors j’ai fait les mêmes études que mon frère aîné. Jusqu’en licence. L’économie m’intéressait mais il y a eu alors, dans ma vie, un événement au bout de ces 4 ans-là, qui est venu tout bouleverser. Ma petite amie est tombée malade et elle est décédée deux ans après – d’une tumeur au cerveau. J’avais 20 ans. J’avoue que la vie avait été assez facile pour moi jusque-là et j’avais grandi sans trop me poser de questions. Après ça, évidemment, c’était autre chose. J’ai voulu comprendre ce qui s’était passé. Comme s’il y avait quelque chose à comprendre. Je m’interrogeais sur mon existence, sur le sens de la vie, sur celui que je voulais lui donner.

J’ai donc quitté les études d’économie pour aller vers un questionnement plus intime, à travers les études de psychologie. J’ai mené ces études jusqu’à leur terme, à Paris, à la Sorbonne. J’avais ce que l’on appelait un DESS, ce qui s’appelle maintenant un Master II, qui est le diplôme nécessaire à l’exercice de la profession de psychologue. Ce que j’ai fait pendant 1 an. J’intervenais dans une association, dans une maison qui accueillait des jeunes gens qui vivaient dans la rue ou qui sortaient de prison, pour les accompagner pendant quelques semaines. Je donnais aussi des cours à des infirmiers en hôpital psychiatrique, et il m’est aussi arrivé, pendant cette période, de recevoir des personnes en entretien privé.

Je me suis donc retrouvé face à des gens qui me racontaient la difficulté qu’ils avaient à vivre et qui attendaient de moi une aide. J’étais jeune, j’avais 25 ans, et je me trouvais face à des gens qui avaient en réalité une expérience de la vie beaucoup plus remplie et plus riche que la mienne. Dans l’institution où j’accueillais des jeunes gens en difficulté, j’étais le seul psy, je n’avais pas quelqu’un au-dessus de moi qui aurait pu me conseiller, et je me sentais donc totalement démuni face à ces gens.

Au bout d’un an, j’ai eu le sentiment que quelque chose me manquait, que je n’étais pas mûr. Il se trouve que j’étais dans un poste de remplacement. La personne que je remplaçais revenait, et j’ai décidé d’arrêter d’être psy.

J’ai aussi compris, après cette première expérience professionnelle d’un an, que j’avais besoin de jeu et de lumière dans ma vie. C’était déjà cela qui m’avait intéressé dans les études de psycho. Pendant mes études, j’avais l’espoir un peu naïf que j’allais être un grand psy, que j’allais sauver les gens parce que j’allais « comprendre ». Evidemment, ce n’est pas comme cela que les choses se sont passées… comprendre la vie, c’est un tout petit peu plus compliqué que de faire ce qu’il faut pour obtenir son diplôme à l’université.

Au bout de cette année-là, nous étions dans les années 80, c’était l’ère Mitterrand, ça respirait beaucoup dans la société française et il y a eu ce que l’on appelait les radios libres. On pouvait quasiment, juste en en ayant envie, travailler dans une radio, même si on n’avait pas la formation nécessaire. C’est ce que j’ai fait. Je me suis formé et, du coup, après, j’ai été salarié. J’étais animateur, je faisais aussi les flashs infos ainsi que les interviews d’artistes. J’ai été amené à aller dans les théâtres et à voir beaucoup de spectacles. Cela m’a énormément intéressé, notamment la façon dont le théâtre, je parle là du grand théâtre, interroge la condition humaine.

 

 

 

Un metteur en scène m’a proposé alors de travailler dans l’un de ses spectacles, ça m’a beaucoup plu et j’ai compris que c’était cela que je voulais faire : jouer à être un autre.

Complètement naïvement là encore, après deux ans de journalisme, j’ai décidé que je serai acteur et je suis monté à Paris alors que je ne connaissais rien du métier. Dans mon esprit, je partais pour conquérir le monde. Mais, encore une fois, ce n’est évidemment pas comme cela que les choses se sont passées.

Il a d’abord fallu que j’apprenne ce métier. Je l’ai fait au théâtre, avec des gens merveilleux, les plus belles personnes que j’ai jamais rencontrées dans ce métier. Et on a la chance, en France, d’avoir des écrivains de théâtre vraiment merveilleux. Je me suis formé au classique. J’ai travaillé sur Corneille, Racine, Molière, et aussi Claudel...

Puis j’ai eu beaucoup de chance. J’ai très vite rencontré Claude Chabrol qui cherchait un acteur originaire de Normandie pour un film qu’il s’apprêtait à tourner dans la région normande, à Dieppe. 

Je devais jouer un soldat allemand. Je laissais tomber une pièce dans un café en allant payer. Un enfant ramassait la pièce pour me la rendre et je devais lui dire « Danke Schön ». Ce n’était presque rien – la scène dure quinze secondes dans le film - mais j’étais carrément ivre de peur. Quand même, c’était Claude Chabrol, un des cinéastes français les plus prestigieux de l’époque ! Un film avec Isabelle Huppert, François Cluzet, Marie Trintignant. Et moi, je n’avais jamais fait ce genre de trucs. Je n’avais quasiment pas dormi de la nuit tellement j’étais impressionné, tellement j’avais le trac. Et je me suis servi de cette ivresse. Il faut se servir de tout sur un plateau de tournage. Je me suis levé de table, je tremblais, l’enfant a ramassé cette pièce et je lui ai caressé la joue, dans un état de grande fatigue. Je me suis imaginé sur l’instant que ce soldat allemand que je jouais à l’époque, qui avait 30 ans, avait peut-être une famille et des enfants en Allemagne et que, se sentant très seul, il était ému par cet enfant devant lui. Je pensais aussi qu’il était très fatigué, peut-être un peu saoul. J’ai laissé venir ces émotions-là, toutes simples, sur le moment, sans les appuyer. A la fin du tournage, une assistante est venue me voir pour me dire que Claude Chabrol avait beaucoup aimé mon travail. J’ai cru qu’elle se moquait de moi. Ce n’était que quinze secondes mais, en réalité, elles ont décidé de toute ma vie…

Quelques années après, j’ai retravaillé avec lui. Au total, nous avons fait 5 films ensemble. Dans certains de ces films, je ne faisais pas grand-chose, trois silhouettes – quasiment de la figuration – mais il m’a tout de même donné deux vrais seconds rôles. Il se souvenait de moi et me rappelait. Je crois que ce qu’il aimait en moi, c’est que je n’ai pas un côté acteur. Et cela a lancé ma carrière. C’est ce qui m’a permis de trouver un agent après « Betty », un très beau film avec Marie Trintignant dans lequel je joue son beau-frère, un militaire de grande famille. Fallait y penser : moi, en militaire issu d’une famille du XVI arrondissement parisien. C’est cet agent qui, après, m’a permis de rencontrer des gens du cinéma et de la télévision et de travailler avec eux.

La loi de ces changements dans ma vie, puisque vous me demandez s’il y en a une, c’est ma curiosité pour tout ce qui touche à la condition humaine. Même dès les études d’économie, c’était déjà ça. Je suis convaincu que tout ce que nous vivons est politique. Mais cette curiosité s’est repointée et reprécisée pendant mes études de psycho, qui m’ont davantage recentré sur l’individu. Mais ce qui a été nouveau dans le théâtre et le cinéma, c’est que ça s’est fait dans le jeu. J’ai besoin que ça joue. J’ai besoin que, dans ma vie, il y ait du jeu et de la liberté.

Psy, c’est un métier magnifique parce que ça permet à des gens de se comprendre et, à partir de là, de vivre mieux, mais c’était peut-être trop sérieux pour moi à ce moment-là de ma vie. Je crois que j’y serais davantage prêt aujourd’hui. Mais j’ai besoin de lumière. J’aime la lumière, l’excitation sur les plateaux de tournage, la montée d’adrénaline avant d’entrer en scène et, encore une fois, j’ai besoin de liberté.

 

Voyez-vous certains liens, certaines complémentarités entre ces différents registres ? Vos premières expériences vous aident-elles encore aujourd’hui, dans votre quotidien d’acteur ?

Ça m’aide parce que je ne peux pas me refaire : dans la vie, j’ai la passion de comprendre. Quand je suis face à un texte de théâtre, je l’aborde en essayant de comprendre le moindre instant de la scène, la moindre réplique, le moindre silence. C’est la base du travail de l’acteur. Il ne suffit pas d’apprendre son texte par cœur et de faire le beau sur une scène. Il faut l’étudier seconde par seconde, mètre par mètre.

Et je travaille exactement de la même façon dans « Plus Belle La Vie ». Je pars de ce qui est écrit et je vais l’étudier dans les moindres détails. Evidemment, les situations sont souvent plus simples dans « Plus Belle La Vie » qu’au théâtre. Mais, à chaque réplique, je vais essayer de comprendre pourquoi Léo prononce exactement ces mots plutôt que d’autres. Quels rapports il entretient avec les autres personnages qui sont présents dans la scène. Ce qu’il veut obtenir, ce qu’il cherche, dans quel état émotionnel il est. Il y a des étapes, dans une scène, des rendez-vous, ça avance réplique après réplique.

Et après cela, quand je me retrouve sur le plateau, le jour du tournage, j’essaie de jouer d’instinct, de tout oublier de ce que j’ai étudié, de ce que j’ai compris. Il faut se laisser faire. Il y a quelque chose qui vient, de toute façon, et, si on a suffisamment travaillé, on peut faire confiance à ce qui arrive. Je me sers de tout ce qui se passe à ce moment-là, vraiment j’essaie de me défaire de tout le travail de préparation et d’être absolument disponible à ce qui se passe. Je joue en fonction du réalisateur et des partenaires, de ce qu’ils me proposent. Je peux faire quelque chose de complètement différent de ce que j’avais imaginé si la proposition du réalisateur m’ouvre sur une chose à laquelle je n’avais pas pensée et que je trouve plus intéressante que ce que j’avais imaginé. Mais je suis nourri du travail que j’ai fait en amont. Et puis, bon, je suis un acteur qui a besoin de beaucoup travailler. C’est ma passion. Si je ne travaille pas beaucoup, je m’ennuie.

Jouer, pour moi, c’est comme un shoot, c’est comme une drogue. Entrer dans le jeu, c’est à la fois être avec soi et partir en voyage, c’est quitter ce monde qui peut être terrible. On part ailleurs ; on s’emmène ailleurs. C’est de l’enfance ; moi, je suis un gamin quand je joue...

On peut faire toutes les théories qu’on veut sur le métier d’acteur, il y a un moment où ça échappe à toute explication. Ça se voit avec les grands acteurs : à un moment, ça décolle... Si on pense à Joachim Phoenix dans "Joker", par exemple. C’est un acteur qui a tellement pris le rôle à son compte. Il a tellement travaillé pour s’imaginer que c’était à lui qu’arrivait tout ce qui arrive à son personnage : cette petite-enfance maltraitée, le rejet et la souffrance que ça entraîne, la folie. Et, à un moment, ça décolle. Parce qu’il a tellement préparé son rôle dans le détail qu’il peut se permettre de laisser faire le jeu, parfois à la limite d’en faire beaucoup mais, à ce moment-là, il faut compter sur le réalisateur qui doit le canaliser, poser des limites…

 

 

Dans un registre totalement différent, on peut aussi penser à Michel Simon dans « Boudu sauvé des eaux », par exemple, où là le jeu c’est de la poésie pure, ça reste totalement inexplicable. Là, on a à faire à un acteur poète… Pour revenir à aujourd’hui, on a à l’heure actuelle en France des acteurs comme Reda Kateb ou Roschdy Zem, par exemple. Evidemment, là, le jeu est plus intériorisé. On sent que ça vibre à l’intérieur, mais on est incapable de dire comment ça marche. Je ne me compare pas à ces acteurs-là, évidemment, mais c’est pour dire qu’il y a un moment où le travail de l’acteur échappe à toute tentative de compréhension.

Donc toute cette formation que j’ai, qui vient de toute ma vie d’une certaine façon, ces 40 ans de formation que j’ai derrière moi, ça a des avantages et des inconvénients. Parce que j’ai la passion de comprendre. Et que, quand arrive le moment de jouer, il faut renoncer à comprendre. Il faut accepter d’être nu, ne rien savoir, se laisser faire et faire un truc qui s’appelle simplement « jouer ». Mais, ce dont je suis sûr, c’est qu’il faut avoir beaucoup travaillé avant. On sera plus fort, plus intéressant, si on a beaucoup travaillé avant d’arriver sur le plateau.

Parce que c’est aussi un travail. Il faut entendre De Funès quand il parle de comédie, le sérieux avec lequel il en parle. Il dit que la comédie ne tient à rien, c’est à un dixième de seconde près que ça se joue. Pour une réplique, pour un geste, ça peut être raté. Evidemment, il y a du jeu, on s’amuse ; mais un plateau de tournage, c’est un lieu de travail. Quand ils jouent, les enfants sont très sérieux. Moi, au foot, je voulais tout faire : les touches, les coup-francs, les corners. Je suis toujours comme ça : je joue à fond. Si je rate quelque chose, je suis triste, vraiment, j’ai du chagrin. Si on me dit que c’est bien, et surtout si je sens que c’est bien, je suis très heureux et j’ai une profonde reconnaissance envers tout le monde, envers tous les gens qui ont rendu cela possible. A ce moment-là, j’adore la vie.

 

Parmi vos activités artistiques, il y a aussi beaucoup de lectures publiques. Justement, comment les préparez-vous ? Avez-vous une méthodologie particulière, face à ce jeu sans doute différent des plateaux et des planches ?

Là, encore une fois, je travaille énormément mes lectures. Je les prépare énormément. L’enjeu, dans une lecture, c’est de faire entendre le texte, cela paraît évident. Pour ça, il faut essayer de mettre à jour ce qui a rendu ce texte possible, les pensées et les émotions de l’auteur qui l’ont fait naître, ce que l’auteur veut dire. Tout ça, c’est de l’évidence. Et après, ce travail fait, il faut s’effacer et faire entendre le texte. Il ne faut pas que le public soit happé par le comédien, il faut qu’il soit saisi par le texte qui est en train d’être lu. Je suis très touché quand quelqu’un vient me voir à la fin d’une lecture et me dit : j’ai complètement oublié que je vous avais vu à la télévision. On s’en fout de l’acteur ; ce qui compte, c’est le texte. J’essaie d’accompagner le texte pour faire entendre ce que l’écrivain a voulu transmettre. J’essaie de l’aider. Les émotions qui le traversent, les sensations, les idées. Une phrase, ça a une couleur, un « sentiment » comme dit Fabrice Lucchini. C’est un équilibre à trouver. Ce sens du service, s’effacer derrière le texte, c’est le b.a-ba du travail de l’acteur.

Ça se travaille phrase par phrase. Il faut relever les enjeux de chaque phrase, de chaque mot. Les idées qui dominent, les émotions qui dominent, il faut faire tout entendre. C’est un travail énorme d’écrire un livre. Ça peut prendre toute une vie. On ne peut pas trahir cela, il faut le respecter, tout faire entendre, tout faire vibrer à sa juste mesure. Dernièrement, pour la lecture de textes autour de Chopin, j’étais accompagné par une pianiste qui travaille un peu partout dans le monde. Ça me tirait vers le haut. Il n’y a rien qui tire plus l’âme humaine vers le haut qu’un grand musicien. Il fallait la voir travailler. La quantité de travail que représente chaque phrase musicale. Le retrait derrière l’instrument. Faire vibrer l’instrument. Le don absolu à l’instrument. C’est cela, le modèle, pour un acteur. Et l’instrument, c’est le texte.

 

Vous évoquiez précédemment vos instants de concentration sur les plateaux de tournage avant de jouer. Au théâtre, dans les derniers moments avant de rentrer sur scène, avez-vous là aussi une méthodologie particulière de concentration ?

Je crois qu’il n’y a pas trop de questions à se poser, à ce moment-là, en fait. Parce que, là aussi, on est nourri par le travail de répétition. Ça va revenir. Ce qu’on a travaillé va revenir. C’est peut-être ce moment-là qu’il faut retrouver : un moment où l’on est totalement démuni, un moment où l’on n’a pas peur de l’être, un moment où l’on a envie de vivre cette vie nouvelle qui se présente et qui va être d’entrer en scène. Et ça va revenir : quelque chose va se passer. Il ne se peut pas que la représentation n’ait pas lieu. Il va y avoir de la vie, c’est obligé. Evidemment, il faut autant que possible ne pas trahir ce qui a été décidé en répétition pour ne pas mettre les copains dans l’embarras. Le temps de répétition, c’est la grossesse. Et la représentation, c’est l’accouchement. J’essaie de ne pas penser à ce qui s’est passé la veille, de ne pas essayer de refaire la même chose. Je fais « comme si » j’oubliais. « Comme si » j’avais oublié. Là encore, il s’agit de faire complètement confiance à l’instant présent, à ce qui va se passer et de le faire vivre de la façon la plus intéressante possible. On est là pour donner à voir et à entendre, pour donner du plaisir, des émotions, de la joie et, au théâtre, c’est un moment de partage parce que les gens sont là. On sent leur présence, leurs corps, leur souffle. On sent s’ils écoutent ou s’ils s’ennuient. Et quand la salle écoute, quand on entend son silence, ses rires, quand on sent que le public est là, qu’il accompagne chacun de nos mouvements physiques ou sensibles, qu’on est tous ensemble et que c’est grâce à soi qu’on est tous ensemble, on est dans un état de reconnaissance absolu envers le monde entier.

 

Dans un autre registre, que vous avez précédemment commencé à aborder, la série de France 3 « Plus Belle la Vie » fête ses 15 ans. Vous qui êtes présent depuis le début, quel regard portez-vous sur ces 15 années de cette folle aventure ?

La bonne idée de départ, c’est celle de faire vivre un quartier de 15 ou 16 personnes représentatives de la société. Chaque français peut se reconnaitre dans un des personnages. C’est une très belle idée qui a eu comme conséquence de choisir des acteurs qui puissent porter cette histoire-là. C’est-à-dire que, d’emblée, a été posée l’idée qu’il n’y aurait pas de star, qu’il n’y aurait que des gens que l’on peut croiser dans la rue. Il fallait donc des français moyens pour jouer ces personnages-là. Michel Cordes en est un, par exemple, Sylvie Flepp en est une, j’en suis un, on est des gens normaux qui jouent une histoire normale. Ça, c’est la base de « Plus Belle la Vie » : la proximité avec les gens, incarnée par des acteurs qui peuvent la porter. C’est la richesse de ce programme et c’est ce qui fait son succès : des histoires quotidiennes, avec des acteurs très quotidiens, sans star, un jeu simple, sur lesquelles se sont mêlées ensuite des histoires policières qui mettent un peu d’aventure là-dedans et des histoires qui échappent même par moment un peu à la réalité, à la vie de tous les jours telle qu’on l’imagine. Mais, dans la vie de tous les jours, il peut se passer les choses les plus étranges, les plus inattendues. Dans « Plus belle la vie », ça arrive aussi.

Après, c’est une expérience qui a complètement transformé notre vie à tous. Parce qu’elle nous a offert l’accès au grand public, ce qui est moins le cas au théâtre – les acteurs du début venaient presque tous du théâtre. C’était une volonté de Michelle Podroznyk afin de créer un esprit de troupe... Il y a des côtés très agréables à cette notoriété, notamment l’affection que les gens nous témoignent. Parfois ça peut être un peu difficile à gérer aussi, il faut le reconnaître, parce que l’on a une vie privée qu’il faut sauvegarder. Des endroits où on va en vacances en famille, des endroits où on se rend pour être seul. Mais quelle chance, au final, de connaître cette vie tout de même un peu spéciale !

 

 

C’est vraiment intéressant de jouer le même personnage sur une aussi longue durée. On est entièrement libre. Un personnage, ça a des possibilités infinies. En quinze ans, Léo Castelli a tout connu : les difficultés de son métier, l’amour, l’amitié, le deuil, la séparation, les joies et l’inquiétude d’un père… tout ce que la vie peut proposer d’agréable ou de terrible… et plus encore, comme une tentative de meurtre sur sa personne. Les gens qu’il aime le plus, peuvent être amenés à se méfier de lui pour le simple fait qu’il est flic. Il est donc très solitaire, très sensible derrière sa carapace, et il est passionnant à jouer.

Léo, c’est un ami. C’est mon meilleur ami, même. Il ne peut pas se passer un jour sans que je pense à lui, même peut-être qu’il ne se passe pas une heure sans que je ne pense à lui. Les gens qui me reconnaissent dans la rue me renvoient aussi tout le temps à lui. Il y a même eu un temps, au début du travail, où, dans ma propre vie, je pouvais réagir comme un flic. Je pouvais avoir la même intransigeance à l’égard des gens qui font des erreurs, qui ne respectent pas les règles qui font qu’une vie en commun est possible. En plus, à cette période, j’avais pas mal de contacts avec des flics pour voir avec eux comment se passait leur métier. A présent, j’ai mis des nuances. Heureusement…

 

En quinze ans, il a beaucoup changé. On a aussi découvert des facettes plus personnelles de son histoire, il a également été amoureux, il a retrouvé sa fille. Dans son parcours, dans ce qu’il peut être amené à proposer, en échangez-vous parfois avec les scénaristes ? Ou, à l’inverse, aimez-vous vous laisser surprendre par ce qu’ils peuvent vous proposer ?

Je n’en parle pas tellement avec les scénaristes parce que j’aime bien me laisser surprendre par ce qu’ils ont écrit, et je trouve important que les auteurs se sentent libres vis-à-vis des acteurs. Le succès de la série, tout de même, il commence par les histoires que les auteurs ont envie de raconter. Et c’est important, pour leur plaisir, qu’ils puissent envisager pour chaque personnage l’évolution qu’ils veulent. 

On a une réunion annuelle où chaque acteur peut parler, avec la production, de ses envies. On a des échanges à ce moment-là. J’aime bien être surpris par ce qui est écrit mais, par moments, j’ai aussi des envies, c’est vrai. Dans l’intrigue qui vient de commencer, le « cold case » de Léo, il redevient un peu plus le capitaine Castelli, il redevient un peu plus flic. Ça me plaît bien qu’on le voie un peu plus sur le terrain. J’aime bien l’idée de retrouver par moments le côté qu’avait Léo avant, ce côté pas toujours très fréquentable, le côté « bad-guy ». Il est devenu très gentil, très compréhensif, ça ne me dérangerait pas que, parfois, il le soit un peu moins, qu’il soit un peu plus animal, peut-être un peu moins prévisible. Mais, encore une fois, ce n’est pas moi qui décide et il est important que les auteurs soient libres. Et je m’amuse beaucoup aussi dans les scènes de comédie qu’ils écrivent pour Léo depuis mon retour dans la série.

 

On le sait, le rythme de tournage sur une quotidienne est très soutenu, au travers du nombre de minutes utiles à défendre chaque jour. Au fur et à mesure de ces années, affinez-vous toujours votre propre préparation ?

J’essaie, en tous les cas. C’est dans la nature d’un acteur de vouloir toujours améliorer son travail. Et « Plus Belle la Vie », c’est un super-terrain d’entraînement. Au début de « Plus Belle la Vie », il y avait pas mal de gens qui se moquaient de nous. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est normal d’ailleurs et ça ne doit pas être une excuse, c’est que, normalement, en télé, on tourne 4 à 5 minutes de film par jour. Au cinéma, on fait à peu près 1 minute et 30 secondes. Sur « Plus Belle La vie », on fait 20 minutes. Ce qui veut dire que l’on travaille 4 à 5 fois plus vite qu’à la télévision et plus de 12 fois plus vite qu’au cinéma.

Demandez à un menuisier de construire son escalier 4 à 5 fois plus vite que ce qu’il fait d’habitude, je vous conseille, quand l’escalier sera fini, de prendre l’ascenseur. Parce que je crains que ce ne soit un peu risqué de passer par les marches. Je sais de quoi je parle, mon père était menuisier et il a construit beaucoup d’escaliers - qui tenaient, je tiens à le préciser.

Donc, à l’époque, les gens étaient très critiques en nous voyant. Maintenant, on commence à voir des acteurs de « Plus Belle la Vie » un peu partout. Quand on regarde des acteurs qui arrivent chez nous, il y a toujours un temps d’adaptation au début, c’est évident. Pour essayer de rentrer dans cette machine qui est exigeante, qui est même parfois brutale. Quand vous devez jouer 7 à 8 séquences dans la journée, quand vous finissez en larmes dans l’un d’elles, par exemple, et que vous êtes dans un sentiment amoureux sur une autre, quand vous avez une conversation ordinaire en buvant simplement votre café au Mistral dans la suivante, vous allez avoir à peu près le même temps consacré à chacune de ces scènes. Il faut tellement passer à la suivante que, une fois que vous avez éprouvé une émotion très forte dans une scène, le réalisateur n’a pas le temps de venir s’inquiéter de vous, il est déjà focalisé sur la scène suivante.

C’est hyper exigeant mais c’est aussi notre métier, hein, de nous adapter. Je ne vais pas me plaindre.

 

 Vous l’avez dit, c’est vous qui aviez fait part de votre envie de revenir dans le programme. Quelques années auparavant, étiez-vous aussi à l’origine de ce souhait de prendre du recul ?

Oui, c’est moi. Là, je vais vous parler d’une chose dont je n’ai jamais parlé. Je vais vous dire la raison pour laquelle je suis parti car je n’ai pas voulu le faire à l’époque. Ce qui s’est passé, c’est qu’un de mes enfants a eu un accident très grave. Le tournage a dû être complètement chamboulé d’ailleurs à cette occasion-là, cet accident s’étant passé à l’étranger, à une période où je travaillais beaucoup, presque tous les jours. Il fallait que je me rende en Afrique, là où ça s’était passé. J’y suis resté 10 jours et tout avait été réaménagé pour que je puisse faire à mon retour les scènes que je n’avais pas eu le temps de tourner avant mon départ.

C’était très éprouvant, évidemment, de me remettre au travail après avoir été au côté de l’un de mes enfants gravement blessé en Afrique. Ce furent des moments très difficiles. Mon enfant a été rapatrié en France un mois après son accident mais il est resté à l’hôpital pendant 2 ans. Au bout d’une année, j’étais totalement épuisé. D’autant plus que, comme je le disais, je travaillais alors beaucoup sur « Plus Belle la Vie ». Léo était le personnage qu’on voyait le plus à ce moment-là, j’étais donc l’acteur qui travaillait le plus, et je passais tous mes week-ends à l’hôpital à Garches.

J’ai alors eu un moment d’épuisement total, un épuisement à la fois physique et surtout moral, dont je ne me suis d’ailleurs pas rendu compte parce qu’il fallait tenir à la fois auprès de mon enfant et dans mon travail. J’ai éprouvé le besoin de me mettre à l’écart, j’ai voulu partir du monde, m’éloigner du bruit de l’existence, et donc aussi de « Plus Belle La Vie ». Je l’ai dit à Hubert Besson, qui était alors le producteur. Il s’est montré très compréhensif. Il m’a dit que je pouvais revenir quand je le voulais.

J’étais arrivé à un tel état d’épuisement que je pensais ne jamais revenir, me consacrer à l’écriture et à ma famille. Je n’ai pas voulu rendre publiques les raisons de mon départ, à l’époque, d’abord parce que je n’étais pas en état de le faire. J’avais besoin de calme et de tranquillité, et je voulais aussi qu’il y ait le moins de bruit possible autour de ce qui me poussait à partir. Je veux d’ailleurs remercier les acteurs de « Plus Belle La Vie » qui savaient tous ce qui s’était passé et n’ont rien dit. La solidarité entre nous n’est pas une façade. Elle est réellement très forte. Tous les acteurs qui viennent tourner chez nous le disent : l’ambiance y est très chaleureuse.

Pendant les 4 ans durant lesquels je me suis éloigné, la santé de mon enfant s’est stabilisée même s’il n’a jamais retrouvé la totalité de ses moyens physiques. Et il y a eu un moment où j’ai éprouvé le besoin de revenir. J’avais à nouveau besoin du monde, de l’excitation, de la lumière. A peu près à cette époque-là, je suis tombé par hasard sur un sondage de Télé Loisirs qui indiquait que Léo Castelli était le personnage qui manquait le plus au public de « Plus Belle La Vie ». Cela m’a profondément touché et même ému. Je pensais à revenir depuis quelques mois mais je n’étais pas encore tout à fait prêt. Puis je me suis décidé à reprendre contact avec Hubert Besson qui a immédiatement accepté. Les auteurs, deux mois plus tard, ont réussi à trouver un créneau pour mon retour dans un prime...

 

 

 

Est-ce que votre expérience-ci sur « Plus Belle la Vie » et la notoriété qu’elle génère vous aident aujourd’hui à développer d’autres projets en télévision ?

Alors, en fait, pas du tout ! Et j’essaie de comprendre. Peut-être que je dégage quelque chose de trop rugueux, y compris physiquement, et que ça peut faire peur. Je ne sais pas. Je ne suis pas un acteur lisse. Je n’essaie pas de gommer les aspérités qu’il y a en moi. Le côté pas-acteur dont je disais que c’était peut-être ce qui avait séduit Claude Chabrol. Mais je regrette de ne pas pouvoir m’exprimer davantage. J’ai tout de même beaucoup travaillé, ces derniers temps, pour mettre davantage de souplesse dans mon jeu. Peut-être que j’en manquais. Je ne lâche pas l’affaire, hein : je me dis que ça finira bien par payer un jour.

 

Pour terminer, quelles seraient vos envies ? Qu’aimeriez-vous pouvoir défendre et interpréter ?

N’importe quoi, pourvu que ce soit avec des gens qui ont un besoin réel de faire ce qu’ils font. J’aime ce qui est à la marge. J’ajoute que si ces gens sont gentils et braves, c’est un plus. Je recommence à avoir des propositions de théâtre. Je suis également depuis très longtemps à l’écriture d’un livre sur mon père. Et je vais continuer Plus belle la vie et la télévision, bien sûr. J’ai fait des lectures et on m’a redemandé d’en faire. J’ai un projet autour du « Mythe de Sisyphe » d’Albert Camus. C’est un livre qui m’accompagne depuis de longues années. Je suis entré en contact avec sa famille. Toutes ces choses-là vont se développer. Je continuerai aussi longtemps que je serai en état de travailler. 90 ans me paraît un bon âge pour arrêter...

 

Merci, Pierre, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Vanessa Dolmen évoque sa belle et riche actualité, à l'image et sur scène !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Vanessa,

 

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

 

Bonjour Julian, plaisir partagé !

 

Nous pourrons vous retrouver, ce jeudi 6 février, dans « Munch », la série à succès de TF1. Quels thèmes seront abordés dans cet épisode ?

 

L’épisode tourne autour d’un procès en huit clos, Munch fait partie des jurés. Elle n’est donc pas au bureau et mon personnage en profite pour se rapprocher d’un des membres de son équipe, afin d’essayer de le débaucher. Je suis une chasseuse de têtes ambitieuse, habile, qui a en même temps un petit côté manipulateur mais sous des airs sympathiques.

 

Avez-vous eu des sources particulières d’inspiration au moment d’aborder votre personnage ? Notamment sur le métier de chasseuse de têtes ?

 

Je connais quelqu’un dont c’est le métier. Je ne lui ai pas posé de questions mais j’ai observé son attitude, sa façon de regarder, ses intonations de voix. Pour voir comment son ambition transparaissait .Elle arrive, sans chercher à vraiment rassurer sa cible, à lui faire miroiter quelque chose qui vaille le coup.

 

 

 

 

 

Lorsque je rejoins une série qui existe déjà, je regarde bien sûr les épisodes des saisons précédentes ou je lis les scripts, histoire de m’inscrire dans le même état d’esprit, le même ADN.

 

Qui serai-je si j’étais chasseuse de têtes ? J’y ai mis ma touche personnelle. Tom Villa, mon partenaire de jeu, Thierry Binisti (le réalisateur) et l’équipe en général ont été très accueillants et chaleureux. Je me suis sentie assez libre. L’ambiance était joyeuse.

 

En parallèle, toujours à l’image, vous tournez actuellement la saison 2 de « Mytho » pour Arte. Pour ce que vous pouvez en dire, quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage ?

 

Je suis très contente d’être sur cette série. D’abord parce que je la trouve très chouette et, en plus, certains de mes proches sont fans de la saison 1. C’est un clin d’œil personnel rigolo.

 

Je joue une femme de tête, encore, mystérieuse, peut être un brin inquiétante ou déstabilisante. On vient tout juste de commencer à tourner. C’est un personnage qui est très éloigné de moi. Pour la jouer, je suis partie du corps plus que du ressenti. Le premier jour, j’ai trouvé une démarche, une façon de se tenir différentes de la mienne, qui sont venues assez naturellement. C’est rigolo de jouer quelqu’un de bien différent de soi, c’est un challenge excitant. Je dois vraiment me projeter dans une situation que je ne rencontrerai jamais, en le faisant avec sincérité. Même si ses opinions, sa façon de faire, sa façon d’être sont extrêmement éloignées de moi. C’est un plaisir !

 

C’est l’occasion, une nouvelle fois, pour moi, d’observer mes collègues en action. Sur les tournages, je le fais souvent, cela me plait beaucoup, j’apprends tout le temps, quelle que soit la durée et le format du tournage. J’aime cela, je prends des notes mentalement.

 

Sur ces deux tournages-ci, avez-vous constaté des différences de rythme notamment, vous obligeant à adapter votre travail ?

 

La façon d’aborder le rôle reste la même. Que ce soit TF1 ou Arte, honnêtement, je n’ai pas senti de différence de rythme. Là où j’ai senti une différence, c’est plus entre une série et « Rendez-vous chez les Malawas » de James Huth, qui est en ce moment en salle. Nous avons tourné en Afrique du Sud, au milieu de dunes incroyables, dans des paysages plus hallucinants les uns que les autres. En raison du soleil, de la chaleur, la dynamique n’était pas la même. Alors que, d’une série à une autre, celles-ci ou encore « Access » l’année dernière pour C8 avec Ahmed Sylla, je n’ai pas senti de différence.

 

 

 

 

Quoi qu’il arrive, encore une fois, ma façon d’aborder mes personnages ne change pas. C’est plus la mise en condition qui évolue.

 

Dans un autre registre, vous allez reprendre en avril, à la Réunion puis en juillet, au Festival d’Avignon, la pièce « Maya, une voix ». Spectacle que vous aviez déjà joué aux beaux jours derniers à l’Essaion, à Paris. Quels souvenirs gardez-vous de cette première expérience ?

 

Une expérience intense ! D’abord, de l’émerveillement. Un mélange d’excitation et de peur. Surtout lors de la première, avec ce trac que je ne connaissais pas et qui, finalement, m’a accompagnée lors de chacune des représentations, même si j’ai géré différemment par la suite. Une énergie incroyable, un engagement de tout mon être, en étant sur scène, un peu comme les enfants qui inventent lorsqu’ils jouent. Egalement la complicité avec mes partenaires et le metteur en scène Eric Bouvron, la générosité du public, son énergie. Oui, je crois que l’on peut parler de communion avec le public, qui était très différente d’un soir à l’autre, bien entendu. Mais elle était très forte, on recevait des vagues d’énergie, d’émotions, de force, d’amour. Et puis le sentiment de grandir dans le travail, de donner corps à des personnages et de les faire évoluer, pour les accompagner ou pour qu’ils m’accompagnent. J’ai aussi eu le sentiment de sauter dans le vide, chaque soir.

 

 

 

 

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, comment présenteriez-vous ce spectacle-ci ?

 

Il raconte l’histoire incroyable d’une femme exceptionnelle, Maya Angelou, auteure afro-américaine et une militante qui a travaillé avec Martin Luther King. Très connue aux Etats-Unis, elle est même étudiée au lycée, son œuvre fait partie des classiques. Notamment « I know why the caged bird sings » qui est autobiographique. C’est elle qui, juste avant le discours d’investiture de Bill Clinton, avait lu un poème incroyable.

 

La pièce revient sur son enfance et, sans tout en dévoiler, raconte sa résilience grâce à des rencontres déterminantes. Elle est devenue une femme de convictions, investie, un modèle et une figure très forte de la littérature. C’est un spectacle d’espoir, on n’est pas du tout dans quelque chose de plombant. Le public nous l’a souvent dit, il est touché, bouleversé.

 

Il y a également de la musique, gospel notamment, ces passages sont imprégnés de l’histoire de Maya Angelou. Nous jouons plusieurs personnages, ce qui est très excitant ! C’est une adaptation libre bien sûr mais l’idée est de contribuer, à notre manière, à faire découvrir Maya au public français. Nous sommes très fiers lorsque nous donnons envie au public de lire son œuvre!

 

 

 

 

Vous l’avez dit, vous interprétez plusieurs personnages sur scène. Comment passez-vous facilement d’un rôle à un autre ?

 

Les changements de personnages se font à vue, cela fait partie de la pièce. Le public nous accompagne dans la métamorphose. Le travail sur le corps des personnages, la posture, la façon de se déplacer, le rythme du phrasé également, cela m’a beaucoup aidé et bien sûr la mise en scène très vivante et très joyeuse !

 

En conclusion, quels sont vos autres actualités et projets artistiques du moment ?

 

Si vous aimez la SF, j’ai prêté ma voix au capitaine Ayo Kumo dans « Une odyssée martienne » de Stéphane Michaka sur France Culture. C’est un registre extrêmement différent mais très ludique ! (https://www.franceculture.fr/fictions/polarsf)

 

Et à suivre des projets fictions plus …effrayants !

 

Merci, Vanessa, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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H24 : Florence Coste évoque son personnage dans la nouvelle série de TF1 et en profite pour aborder son actualité théâtrale !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Florence,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

On pourra vous retrouver sur TF1, à partir du 3 février, dans la nouvelle série médicale « H24 ». Pour commencer, très simplement, comment présenteriez-vous ce programme ?

C’est une série médicale qui a la particularité de suivre le quotidien de quatre femmes, quatre infirmières. Dans les autres séries, ce sont souvent les chirurgiens ou les internes qui sont à l’honneur, là c’est différent. Je trouve cela chouette qu’elles soient, pour une fois, en lumière. Finalement, elles sont les plus proches des patients à l’hôpital, le chirurgien diagnostique, arrive ponctuellement, là où l’infirmière les accompagne dans tous les moments. Notamment sur l’aspect humain, pour être présente, pour les rassurer, pour les réconforter.

J’aime, dans les séries médicales, le côté humain, le fait que l’on voit les gens dans des vrais moments d’émotion, dans des moments cruciaux de leur vie, où les masques tombent. Cela offre de vrais beaux instants. Je trouve que le fait que la série soit centrée sur les infirmières renforce ce côté-là.

 

 

Ces quatre femmes ont beaucoup de tempérament, elles sont toutes extrêmement différentes, c’est quelque chose que l’on nous a beaucoup renvoyé pendant le tournage, notamment l’équipe technique. En même temps, c’est très complémentaire et chacune a plus ou moins un secret qu’elle cache. Chacune a aussi de vrais enjeux forts à défendre. Ça fait du bien d’avoir des si beaux rôles de femmes. J’ai de suite adoré mon personnage, j’ai trouvé que c’était un cadeau que d’avoir autant de choses à jouer. En ce sens, grâce à ces personnages, je trouve la série moderne, féminine, émouvante, avec de l’humour aussi. Je pense que c’est vraiment un programme que j’aimerais en tant que spectatrice.

Quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage, l’une de ces quatre infirmières ?

Je m’appelle Thiphaine et je suis la petite nouvelle de l’hôpital Fleming. En fait, je viens de terminer mes études et la série démarre lors de mon premier jour à l’hôpital.

Elle a vraiment un très fort caractère, je l’adore parce que c’est une femme forte. Dans les rôles que j’ai eus, particulièrement à la télévision, on a beaucoup insisté sur ma sensibilité, sur des personnages plutôt fragiles, cassés. Là, j’étais contente qu’elle soit forte, insoumise, révoltée. Elle fait une entrée assez fracassante dans l’hôpital. En même temps, elle est vraiment passionnée, je pense que c’est une vraie vocation pour elle d’être infirmière, elle est dévouée. Elle place l’intérêt des patients avant tout. Si c’est pour le bien de ces derniers, ce n’est pas la peine de rester dans les clous, elle ose prendre des libertés. Le fait que, de temps en temps, elle puisse faire des choses maladroites la rend émouvante.

J’ai eu des facettes très différentes à jouer, parce qu’elle mène une double vie. En fait, elle est call girl la nuit. Elle a un enfant à charge. Pour l’élever et pour payer ses études, elle a été obligée de trouver cette solution, car elle est très isolée familialement, elle a coupé les ponts avec tout le monde. Elle a un côté sauvage aussi, le fait de devoir cacher ce secret la rend difficile à approcher.

 

 

Petit à petit, avec cette bande d’infirmières, elle va se créer une vraie famille. Ça va prendre un peu de temps de par ce côté sauvage mais il va y avoir beaucoup de solidarité entre elles. Ça nous tenait particulièrement à cœur de créer cette complicité dans la série parce que nous l’avions vécu en immersion lors d’un stage à l’hôpital.

C’est un personnage avec qui j’ai eu une affinité immédiate. Dès que j’ai eu les scenarii et dès que j’ai commencé à travailler dessus pour préparer mes auditions, il y a eu comme une évidence. Je l’ai aimé tout de suite, je n’ai pas eu besoin de trouver un angle d’attaque pour faire le chemin vers elle. C’était évident même si, bien sûr,  j’ai bossé pour l’enrichir. C’est rare que ce soit aussi immédiat.

Vous avez commencé à l’évoquer, comment avez-vous abordé l’interprétation de votre personnage, notamment dans son milieu médical ?

Le stage fut passionnant. C’était une très grande chance d’être accueillies dans les coulisses de l’hôpital, un monde que l’on ne connait pas. Nous avons été reçues par deux médecins urgentistes qui étaient vraiment supers. J’ai eu la chance de faire une nuit de garde aux urgences et j’ai fait ensuite une journée avec le SMUR. C’était passionnant, vraiment, de s’imprégner de l’atmosphère, de voir les rapports qu’entretient le personnel soignant avec les malades, de comprendre les positions adoptées, avec un équilibre très fin entre de l’attention et une certaine distance, même dans les situations les plus graves. Ce fut assez beau de les voir gérer tout ça. Au sein de l’équipe, on a pu sentir une grande complicité, cela nous a beaucoup touchées. C’était important pour nous de le retranscrire dans la série.

Techniquement, ça n’a pas très bien démarré pour moi. J’étais euphorique et je n’avais pas du tout peur, j’y suis allée guerrière, un peu comme Tiphaine. Alors que mes parents m’avaient alertée, je n’étais pas du tout inquiète. A mon arrivée, après avoir enfilé une blouse blanche, on m’a fait assister à une prise de sang, sur une dame extrêmement fébrile. Là, j’ai fait un malaise vagal, cinq minutes à peine après le début du stage. Alors que je n’avais jamais fait de malaise avant. Je ne tenais plus sur mes jambes. J’ai juste eu le temps de leur expliquer que j’allais sortir, sinon je serais tombée par terre. J’ai mis une bonne demi-heure à m’en remettre, en me disant aussi que je ne serai pas du tout crédible pour le rôle.

 

 

Mais, heureusement, ça s’est amélioré après. Par la suite, à quatre heures du matin, j’accueillais les patients ensanglantés. A la fin, j’ai même eu une grande fierté, lorsqu’un infirmier m’a fait faire une vraie prise de sang sur lui. J’ai pu vraiment pratiquer. Du coup, dans la série, notamment dans l’épisode 1 où je fais une prise de sang, je me suis sentie extrêmement crédible.

Pour tous les gestes médicaux sur le tournage, un conseiller médical nous accompagnait, afin de faire les bons mouvements. Ce qui était important pour la crédibilité du programme.

Plus généralement, selon vous, qu’est-ce qui pourra plaire aux téléspectateurs qui suivront cette nouvelle série ?

A titre personnel, dès la première lecture, les personnages m’ont plu. Je les trouve extrêmement attachants, on aime suivre leurs histoires. J’aime la féminité et l’image des femmes que véhicule la série. Je trouve cela moderne, aussi en termes de rythme. J’ai beaucoup aimé la musique également, elle est intelligemment choisie par rapport à chaque personnage et chaque situation. Cela renforce encore leurs caractères. C’est un programme moderne et émouvant.

Ce projet me tient vraiment à cœur, c’est mon premier grand rôle à la télévision, j’ai adoré le tournage. L’équipe était top. Il y a quelque chose de très émotionnel pour moi dans cette aventure.

Sept épisodes vont être diffusés sur trois soirées. Aimeriez-vous poursuivre l’aventure au-delà ?

Je dirais oui tout de suite. J’ai commencé à interroger un peu le showrunner de la série, à la fête de fin de tournage, en essayant de lui soutirer des informations sur ce qui pourrait arriver aux personnages. De ce qu’il m’a dit, ce qui prévu est assez passionnant. J’ai très très envie.

Avoir un rôle sur la longueur m’a laissé le temps de développer mon personnage. J’avais déjà vécu cela au théâtre mais pas encore à l’image. J’ai pu aller plus en profondeur, dans les détails, c’était génial. Plus j’avançais, plus je connaissais Tiphaine, plus tout devenait vraiment instinctif. Ça devenait de plus en plus kiffant à jouer. Je me dis qu’une saison 2 serait encore une étape supplémentaire. Oui, j’aimerais bien la retrouver. Le dernier jour de tournage a été une grosse émotion.

En parallèle, vous êtes sur scène, jusqu’au 9 février, au théâtre 13 dans « Les passagers de l’aube ». Comment se passent les représentations ?

C’est génial de pouvoir combiner théâtre et télé, ce sont des rythmes très différents. Enchainer les trois mois de tournage puis les représentations est top. C’est une pièce qui me tient à cœur. Nous l’avions jouée en Avignon et nous sommes très heureux de pouvoir l’emmener à Paris, c’est un peu la consécration.

 

 

Ça se passe vraiment bien. On a commencé en pleines grèves, on ne savait pas trop ce que ça allait donner en termes de fréquentation mais on a beaucoup de monde. Maintenant que les grèves se calment, il y a encore plus de monde, on en est très heureux.

L’accueil est aussi très bon. A Avignon, nous étions complets tous les jours et des gens nous attendaient à chaque fois à la fin. Souvent, le public était bouleversé par l’émotion. J’adore quand les gens pleurent au théâtre, j’adore moi-même être bouleversée par un spectacle. Le public parisien est différent de celui d’Avignon mais les réactions sont tout aussi bonnes. Cela nous fait hyper plaisir de voir que ça marche à ce point, ici aussi. Récemment, des scolaires sont venus et eux aussi sont rentrés à fond dans l’histoire. C’était génial.

Généralement, que vous disent les spectateurs à l’issue de la représentation ?

La pièce évoque l’histoire d’un neurochirurgien brillant et cartésien qui va être confronté à l’inexplicable : les expériences de mort imminente. Des gens qui frôlent la mort en reviennent et racontent leur expérience. Cela va  bouleverser ses certitudes et il va entreprendre des recherches sur le sujet. Il va faire des découvertes qui vont le chambouler, notamment de récentes expériences qui prouvent que la conscience serait indépendante du cerveau. Cela ouvre des perspectives assez incroyables sur nos questions existentielles : pourquoi on est là ? Est ce qu’il se passe quelque chose après ? La pièce est basée sur des faits scientifiques réels mais c’est avant tout une histoire. Avec de l’amour, de l’humour et de l’humanité.

Je pense que le public est bouleversé parce que l’on va toucher un questionnement très intime : notre rapport à la vie et au sens qu’on lui donne. Je trouve ces questions fondamentales. On parle aussi de la mort, mais d’une façon pas du tout anxiogène, bien au contraire. On raconte, dans la pièce, que, de l’autre côté du globe, la mort est perçue bien différemment, qu’elle n’est pas une fin mais un passage. On y célèbre les morts plutôt que de les pleurer. Tout cela crée de belles émotions. Il y a beaucoup d’amour dans ce spectacle.

Merci, Florence, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Clémence Camus évoque sa riche actualité artistique !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Clémence,

C’est toujours un plaisir d’effectuer une interview avec vous !

On pourra vous retrouver, à partir du 22 janvier, tous les jours à 13h, au cinéma Saint André des Arts dans le long métrage « Fille du vent », en tant que rôle principal. Comment le présenteriez-vous ?

C’est un film de Malec Démiaro, qui parle de la prostitution étudiante en France. On y aborde l’histoire de Sonia, étudiante en droit, qui est originaire d’un milieu modeste et qui, pour financer ses études, en vient à se prostituer.

Quelles sont les caractéristiques de votre personnage ?

Un gros travail de recherche a été fait en connexion avec le réalisateur, c’est un sujet qui existe et qui est assez répandu en France. Chez les filles mais, aussi, chez les garçons. Ce que l’on raconte n’est malheureusement pas abstrait.

Elle est une fille comme tout le monde, ce que je trouve très intéressant. Elle a envie d’être avocate, ces études coutent très cher et sont dispensées dans des grandes villes. Ce qui est assez difficile et dont il faut être conscient, d’ailleurs en lien avec l’image que l’on peut avoir de la femme, c’est qu’elle se rend compte que donner son corps est, quelque part, de l’argent « facile ». En rencontrant ne serait-ce qu’un seul client pendant une heure, elle se fait beaucoup plus d’argent qu’en travaillant dans un fast food par exemple. C’est en cela que ce rôle-là était difficile et, en même temps, intéressant.

 

 

A titre plus personnel, comment vous êtes-vous préparée à interpréter ce rôle ?

On a pu rencontrer, avec le réalisateur, deux étudiantes qui se prostituaient. Après, comme toute préparation de film pour un comédien, l’idée n’était pas de se rapprocher du milieu mais plutôt de se rapprocher au plus près des caractéristiques d’une prostituée, de se demander comment, dans notre vie de tous les jours, on fait des choses que l’on n’a pas envie de faire mais qui nous apportent de l’argent. En tant qu’intermittente par exemple, je me suis rappelée que, des fois, j’ai accepté des contrats qui n’étaient pas épanouissants artistiquement mais que j’avais faits car je devais payer mon loyer. J’ai ainsi cherché à coller au plus près de ces émotions, de ce ressenti.

J’ai donc essayé de me rapprocher de tout cela pour, ensuite, à l’écran, avoir une certaine légitimité dans ce rôle de Sonia, qui a un rêve, celui d’être avocate, et qui est prête à tout pour l’atteindre. C’était donc beaucoup de préparation.

Plus généralement, selon vous, qu’est-ce qui pourra plaire aux, on l’espère, nombreux spectateurs qui viendront voir ce film ?

Quand je parle de ce sujet-là et de ce film-là, pas mal de personnes me disent avoir déjà vu des choses similaires. Notamment « Jeune et jolie », de François Ozon. En fait, non, nous avons vraiment voulu montrer comment, aujourd’hui, en France, vit un étudiant. La prostitution est présente, bien sûr, dans le film mais elle sert surtout à illustrer le coût des études supérieures dans notre pays. C’est très actuel comme sujet, on sait combien les aides et les bourses censées soulager financièrement les étudiants se réduisent au fur et à mesure.

J’insiste, on ne fait pas un film sur la prostitution, on dénonce le système éducatif français. Comment financer ses études supérieures, dans de bonnes conditions pour étudier ?

 

 

A quelques jours de la première diffusion, deux ans après le tournage, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Impatiente parce que l’on a tourné il y a deux ans et que, depuis, il s’est passé plein de choses. Une appréhension aussi en tant qu’actrice. Il n’y a pas eu de projection équipe, nous allons donc découvrir le film en même temps que le public. Vais-je réussir à me regarder à l’écran ? En tout cas, pour moi, ce rôle a été rempli d’investissement et ce fut une histoire peu évidente à jouer.

Le teaser du film est visible au lien suivant : 1:26Trailer du film Fille du vent - Fille du vent Bande-annonce VF

En parallèle, dans un autre registre, vous finalisez actuellement un spectacle que vous avez la chance de chorégraphier. Une première date est prévue le 14 février prochain, près de Carcassonne, avant deux représentations à Paris, les 23 et 24 avril. On imagine votre plaisir de voir se concrétiser ces mois de travail ?

Oh oui, on est très contents. Tant moi en tant que chorégraphe et créatrice du projet que les artistes. Parce que ce n’est pas évident, aujourd’hui, de produire un spectacle et de le montrer au public. On a hâte de pouvoir jouer. On aura la chance d’être dans une très belle salle qui nous accueillera, dans le cadre d’une résidence, à partir du 10 février prochain. Ce sera l’occasion de prendre possession du lieu et du plateau, avant la date que vous avez citée.

 

 

Cette confirmation est arrivée, et c’est une chance, très tôt dans le processus de création. Ce fut motivant pour les artistes de se dire qu’ils créaient avec un aboutissement déjà confirmé. En même temps, nous n’en sommes qu’au début….Je vais bientôt laisser le bébé aux artistes et je suis impatiente de voir ce qu’ils vont en faire.

 

 

Nous venons de lancer une campagne participative pour nous aider à financer cette création. Nous serions ravi de recueillir votre aide via le lien suivant :  https://www.proarti.fr/collect/project/dame-s-de-coeur/0

Personnellement, ce registre est différent de ceux que vous connaissiez, en étant sous les projecteurs. On peut penser que cette expérience permet une certaine complémentarité et qu’elle est source d’un enrichissement personnel ?

J’ai eu la chance, lors de mes études au conservatoire de Montpellier, d’avoir un professeur qui m’a donné l’envie de faire de la chorégraphie. J’ai, du coup, toujours beaucoup chorégraphié, que ce soit pour moi ou pour des pièces avec des conservatoires. Là, disons que c’est le premier vrai bébé où je me lance un peu toute seule sans que l’on m’ait demandé de le faire. Avec une équipe de danseurs professionnels que j’ai choisis. Je suis très contente de vivre cette aventure, elle est la continuité de mon parcours. Je n’ai aucune frustration de ne pas être sur les planches, bien au contraire, j’en suis ravie. Parce que les danseurs m’apportent tout autant et que c’est très enrichissant de les voir évoluer.

Merci, Clémence, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Plus Belle La Vie : Jeanne Pajon évoque son personnage et aborde ses autres projets !

Publié le par Julian STOCKY

Crédit photo Natacha Lamblin

 

Bonjour Jeanne,

Quel plaisir deffectuer cette interview avec vous !

 

On peut vous retrouver, depuis peu, dans la série à succès de France 3 « Plus Belle La Vie », où vous incarnez le personnage d’Angèle. On imagine que rejoindre cette grande et belle famille est source, pour vous, de joie et de fierté ?

C’est effectivement une joie d’avoir rejoint l’aventure « Plus Belle La Vie ». Sachant que la série existe depuis quinze ans, j’ai l’impression un peu d’appartenir à une grande entité. C’est mon premier tournage, j’apprends avec eux et c’est une très très bonne école. C’est une vraie famille en fait, tous les corps de métiers s’entendent bien, l’ambiance est très conviviale. Dès mon arrivée, je me suis sentie à ma place. C’est agréable de travailler dans ces conditions.

 

On n’a pas énormément de prises, on apprend ainsi à être performant, à être immédiatement dans l’émotion s’il faut en avoir bien sûr, à être rapidement dans le résultat.

 

Les téléspectateurs sont nombreux à nous suivre chaque soir, c’est agréable de faire partie de leur vie, on sait qu’on est là pour eux et qu’ils sont là pour nous aussi. C’est super !

 

Avant de rejoindre le programme, connaissiez-vous la série ? Peut-être avez-vous regardé plus en détails les épisodes pour mieux maitriser lenvironnement ?

Oui, jai regardé quelques épisodes en famille et je me suis rendue compte que la série évoque des sujets très actuels. Cest génial quun programme quotidien traite de cela même si certains sujets peuvent être assez durs voire dramatiques.

 

Comment caractérisez-vous Angèle, votre personnage ? Comment la présenter ?

Angèle est arrivée assez pimpante, c’est une jeune fille naturelle, forte, qui a de la répartie et de l’humour. Depuis son arrivée au lycée, elle a traversé plusieurs drames. Le premier était l’éboulement du gymnase, où elle s’est retrouvée enfermée et où elle a cru mourir. A peine sortie de là, elle rentre dans l’intrigue « MeToo », une intrigue très forte et qui prend toute sa dimension en ce moment. Il faut en parler, il faut libérer la parole. Le fait que la série développe une intrigue sur ce thème pourra sans doute faire avancer certaines choses. Espérons-le, cela pourrait peut-être même éduquer certaines personnes. Je l’espère fortement en tout cas.

 

Le harcèlement sexuel ou scolaire est, malheureusement, très fréquent. C’est important pour moi de contribuer à cette intrigue, c’est quelque chose qui me tient à cœur et je suis heureuse de pouvoir défendre ce sujet. Pour, peut-être, donner la parole à des femmes qui n’arrivent pas encore à parler.

 

C’est très intense à jouer, on a toujours peur de faire le faux pas, la chose de trop, l’émotion de trop. J’espère interpréter cela avec beaucoup de respect pour ces femmes- là, je ne voudrais pas les blesser ni les faire se sentir jugées. J’ai eu le privilège de jouer avec Aurélie Vaneck, une partenaire incroyable avec qui j’ai passé de superbes moments, très intenses et très beaux aussi devant la caméra. C’est une chance, en tout cas, de pouvoir parler de ce thème devant un si large public.

 

Pour pouvoir défendre et interpréter ce thème très fort, avez-vous eu une méthodologie particulière de préparation ? Vous êtes-vous renseignée à titre personnel sur ce sujet ? Avez-vous lu des témoignages ?

J’ai lu beaucoup d’interviews de femmes qui libèrent la parole quelques années après leur agression. J’ai aussi lu des articles sur les victimes de harcèlement sexuel ou de viol, je me suis également renseignée sur les chiffres, j’ai regardé les lois dans lesquelles on joue beaucoup sur les mots. Malheureusement, notre système n’est pas encore assez efficace dans sa lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants et il y a encore beaucoup de travail à accomplir pour assurer une protection efficace aux femmes et aux enfants qui sont victimes de violences. Les victimes ne sont pas souvent au courant de toutes les aides que l’état peut leur apporter après un viol ou une agression sexuelle par exemple. Des centres (même s’il en manque) existent pour les héberger, pour les cacher, pour les aider à se reconstruire loin des agresseurs.

 

Et cette ordonnance de protection pendant 6 mois par l’Etat est peu appliquée en France et méconnue des Français. En Espagne -pays reconnu pour son efficacité dans sa lutte contre les violences faites aux femmes et enfants, il y a près de 40 000 femmes par an qui demandent à être protégées et logées dans ces centres de reconstruction, contre seulement 3 000 en France. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

 

Je me suis aussi renseignée sur les suites données aux procès, souvent ces derniers ne mènent à rien, ou sont minimisés en requalifiant le crime de viol en délit d’agression sexuelle.

 

Du coup, j’insiste, je trouve très intéressant que « Plus Belle La Vie » parle de cela, c’est vraiment l’un des sujets les plus importants du moment, je crois.

 

Le hashtag « MeToo », « Balance ton porc » ou encore « NousToutes » apparait sous forme de vagues alors qu’il devrait être, à mon sens, quotidien. C’est le quotidien des victimes après tout, alors pourquoi cette lutte ne serait-elle pas quotidienne aussi pour l’Etat?

 

Pour la suite, si le scénario le permet, aimeriez-vous pouvoir développer dautres thématiques, plus joyeuses, au travers d’Angèle ?

J’adorerais ! Je pense, en plus, qu’Angèle peut vraiment être une source de joie et un rayon de soleil. Jaimerais beaucoup aller plus vers de lhumour, du léger, il me plairait quelle développe ça avec ses amis et, pourquoi pas, ses parents, sils venaient à arriver dans la série.

 

Crédit photo Natacha Lamblin

 

 

Vous êtes une artiste aux multiples cordes artistiques. En complément des plateaux, vous êtes une habituée des planches. Vous revenez dun Festival franco-allemand à Berlin, où vous avez joué une pièce. Quels souvenirs en gardez-vous ?

C’est vrai que je viens du monde du théâtre. Jai eu la chance de faire les Cours Florent et d’y intégrer la Classe Libre. Là-bas, j’ai eu énormément de professeurs qui m’ont appris diverses façons d’appréhender les textes, l’espace. J’ai pris un peu de tout le monde pour faire ma sauce.

 

Nous étions à Berlin, effectivement, avec ma compagnie « Le peuple aveugle », où nous avons joué « Hysterikon », une pièce d’Ingrid Lausund, une auteure allemande. Cette dernière est d’ailleurs venue à la représentation! C’est une pièce fantastique, on passe vraiment du chaud au froid en termes d’émotions, de vraies montagnes russes! C’est très drôle et très touchant à la fois. C’est une satire de notre société qui se passe dans un supermarché du rêve.

 

Ce Festival fut l’occasion, bien sûr, de découvrir la ville mais surtout de tester une nouvelle mise en scène, qui a très bien marché. Maintenant, nous espérons jouer la pièce un peu partout en France, à Paris et en province. Nous sommes à la recherche d’une production et ne fermons pas notre porte à des dates à l’international.

 

En complément, vous préparez actuellement un concours théâtral, pour lequel une lecture est prévue le 12 décembre prochain. Que pouvez-vous nous en dire ?

C’est un projet immense, nous sommes nombreux sur scène. C’est une pièce écrite par Marc Tournebœuf, qui s’appelle « Astrid ou l’acerbe comédie ». En cinq actes, en alexandrins, c’est une pièce épique, où on relate l’histoire d’un jeune roi dont le père vient de mourir et qui n’est pas sûr de vouloir prendre le pouvoir, parce qu’il est amoureux d’une femme et qu’il aimerait la suivre.

 

Ça pose des questions, notamment si un roi peut abandonner son devoir, ou bien, si né roi, il est obligé de l’accepter. C’est très très drôle, on part même, à un moment donné, dans le fantastique. On prépare ça pour le concours du Théâtre 13, avec une lecture le douze décembre, en espérant pouvoir, au final, la jouer dans ce même lieu.

 

Pour finir, quelles sont vos autres envies artistiques ?

Mon objectif pour 2020, c’est de jouer dans un film. J’en rêve. J’aimerais aussi me remettre plus sérieusement à la danse et au chant. Continuer de jouer! Surtout! C’est le plus important pour moi.

 

Ce fut un plaisir, Jeanne, d’échanger avec vous 

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Un Si Grand Soleil : Olivier Benard évoque son arrivée dans la série et nous parle de ses autres actualités !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Olivier,

Quel plaisir de vous retrouver pour ce nouvel entretien !

Vous avez rejoint, depuis quelques jours, la grande famille d’ « Un Si Grand Soleil », la série à succès de France 2. Faire partie de cette chouette aventure doit-être, pour vous, une joie et une fierté ?

Je suis très content, évidemment. J’avais passé les essais à la volée, on m’a appelé au dernier moment et je me suis fait une self tape que j’ai envoyée à la directrice de casting, Joanna Delon. J’ai été validé deux à trois jours après.

Pour être honnête, je ne regardais pas la série avant et, en la découvrant, j’ai été très surpris par la qualité d’image. Je suis donc enchanté d’intégrer l’équipe.

Pour ce que vous pouvez en dire, comment présenteriez-vous votre personnage ? Quelles sont ses principales caractéristiques ?

Daniel est le copain de Sabine et le beau-père d’Enzo. C’est quelqu’un de très gentil, qui entoure ses proches, qui s’occupe très bien de sa femme et qui a énormément de bienveillance envers Enzo.

Je suis papa, même si mon fils est grand, je sais ce que c’est que d’avoir un ado à la maison. J’ai retrouvé Gaëla, qui avait déjà joué ma femme dans un autre programme. Cela a facilité énormément mon approche du personnage, nous ne nous sommes pas cherchés, nous nous sommes trouvés de suite. Teilo, qui joue Enzo, est un super gamin, donc ce fut assez facile aussi avec lui.

On le sait, le nombre de minutes utiles à défendre au quotidien est important. Pour autant, avec quatre équipes, le temps est pris pour faire de la qualité.

Oui, il y a vraiment une recherche de qualité d’image. On y apporte du soin, ainsi qu’au jeu. Du temps est pris pour cela. C’est ce qui m’a agréablement surpris. J’ai fait, par le passé, d’autres séries où on abat du minutage, par contrainte de couts.

C’est super, cela nous laisse la possibilité de faire de belles choses.

Nombreux sont les comédiens de la série à l’avoir dit, il y a une vraie belle ambiance de travail.

Nous sommes une vraie troupe. Il y a une vraie bienveillance, on est super bien accueillis sur le plateau. Pourtant, je suis quand même le 234è comédien, en à peine un an. Il y a une réelle envie de mettre les gens à l’aise pour que tout le monde travaille bien, ensemble. Le temps est pris, dans une humeur agréable et avec de l’humour.

C’est d’ailleurs le cas dès les essayages costume, où tout le monde prend soin de nous.

 

 

Quelques jours après votre arrivée à l’antenne, avez-vous déjà eu des premiers retours de téléspectateurs ou de membres de la production ?

La production est très contente du travail fait, ce qui est assez plaisant. J’ai aussi pu voir sur quelques sites de fans que ces derniers cherchent à découvrir qui est vraiment Daniel et comment va évoluer l’intrigue. Cela m’a fait sourire car ça va très vite en fait.

Votre arche se terminera courant décembre. Si le scénario le permet, reviendrez-vous avec plaisir ?

Ah oui, bien sûr, avec plaisir. J’ai vraiment passé un super moment là-bas. En plus, j’ai retrouvé de vraies potes, notamment Aurore Delplace ou Tonya Kinzinger.

En parallèle, pour France 3, vous avez achevé, il y a quelques mois, le tournage de « Meurtres en Corrèze ». Que pouvez-vous déjà nous en dire ?

Ce sera diffusé en mars. Au casting, on retrouve Arié Elmaleh, Carole Bianic, Joyce Jonathan. Je joue un adjudant, je suis le numéro 3 de l’équipe. Je suis très content, j’ai vu le film, il est très joli. J’adore le travail qui a été fait. Là aussi, l’équipe nous a accueillis avec énormément de tendresse et d’affection. J’ai passé un super moment.

Toujours à l’image, on pourra vous retrouver prochainement dans d’autres projets.

Oui, j’ai fait quelques interventions récemment, notamment sur « H 24 » et « Balthazar ».

Dans un autre registre, vous êtes aussi toujours très présent sur les planches.

Je suis en tournée avec « Ben Hur, la parodie ». En septembre 2020, j’entamerai une autre tournée, avec une pièce de boulevard. Je repartirai en Avignon en 2021 avec « Bien au-dessus du silence », une reprise. Il y a donc des projets sur la longueur, c’est cool.

Il vous est même arrivé, notamment cet été, de combiner les deux arts que sont l’image et les planches. Comment passez-vous facilement d’un domaine à un autre ?

On fait la même chose, cela reste du jeu. Après, c’est juste la démarche des textes qui est différente. Au théâtre, on travaille le rôle bien en amont alors que, à l’image, on reçoit les textes assez tardivement.

Le travail reste le même, les enjeux différents certes parfois mais on fait notre boulot de comédien.

Merci, Olivier, pour toutes vos réponses !

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Cyril Garnier évoque sa belle et riche actualité !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Cyril,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre site.

Vous avez tourné récemment un épisode de la série de France 3 « La stagiaire », aux côtés notamment de Michèle Bernier. Sans tout en dévoiler, quel personnage y interprétez-vous ? Quelle est son interaction à l’intrigue ?

Mon personnage est masseur dans un spa, il est soupçonné d’être l’assassin. Je ne vous en dirais pas plus, par contre, sur sa culpabilité éventuelle. Il est arrêté par la Police puis interrogé par le procureur et sa stagiaire.

Pour l’interprétation de ce personnage, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration ? Peut-être avez-vous-même échangé avec des personnes qui exercent ce métier ?

Sincèrement, non. J’ai eu quelques jours de tournage et il n’y a pas d’action directement liée à son métier. Il peut arriver de se préparer à un rôle avec des gens qui exercent le métier quand c’est vraiment primordial. Là, il n’y a aucune scène de massage, c’est le costume qui fait le boulot. On est davantage sur l’intrigue policière que sur l’aspect technique du massage.

Mais, effectivement, il m’est arrivé de préparer des personnages très en amont, lorsqu’ils ont une fonction bien particulière. Et que cela a de l’importance à l’image. Car, si on ne voit jamais le personnage exercer son métier ou son art, au final, peu importe. Chaque acteur fait comme il veut, je fais les choses assez simplement. Je ne suis pas du genre à aller m’enfermer six mois en pleine montagne pour jouer un hermite.

La diffusion aura lieu lors de la prochaine saison de la série mais la date exacte n’est pas encore connue.

En parallèle, vous tournez actuellement un pilote pour France Télévisions, avec Clémentine Célarié notamment au casting. Comment présenter ce projet ?

La série s’appelle « Poquelin », ça se passe dans le Nord, à Lille, où une policière assez brute de décoffrage, avec une grande gueule, populaire, se retrouve en binôme avec un autre policier, interprété par Joffrey Platel. Qui, lui, est un châtelain, un peu désargenté, mais très classique, passionné de littérature et qui pense que l’on peut résoudre des affaires en s’intéressant à la psychologie des personnages de littérature. Ils forment un binôme assez étonnant, assez mal assorti et donc assez drôle.

J’incarne le compagnon de Clémentine, le patron du bar où le duo de policiers se retrouve à manger à midi. Ce sera un format de 90 minutes, nous tournons actuellement le pilote, nous ne savons pas encore si une série en découlera.

 

 

Selon vous, même si ce n’est pas évident de le deviner, qu’est-ce qui pourra attirer les spectateurs dans ce programme ?

Je pense que le personnage de Joffrey détonne pas mal avec les flics que l’on a l’habitude de voir. Aujourd’hui, tous sont des mecs un peu badasses, en cuir, avec beaucoup de virilité. Là, c’est quelqu’un de très précieux, de très élégant, tout en retenue, un peu vieille famille. C’est vraiment la clé, avec quelqu’un en opposition du personnage de Clémentine, haut en couleurs, avec une gouaille, très vivant, comme elle sait l’être. L’association est vraiment bien trouvée.

Nous évoquions votre méthodologie de préparation. Y voyez-vous une différence entre ce type de format ancré dans le temps et, par exemple, une série quotidienne comme « Demain Nous Appartient » où vous avez davantage la place de développer un personnage sur la durée ?

Cela dépend vraiment de la consistance du personnage, de ce que l’on sait de lui. Il y a, par exemple, des personnages récurrents de policiers mais dont on ne sait rien. Ils sont souvent les sparring-partners des acteurs principaux. Ils sont un peu là pour donner l’information, pour enquêter, mais ils ne vivent pas de drames personnels.

Quand on a un personnage plus construit, comme sur l’épisode de « Alex Hugo » qui a été récemment rediffusé, qui avait un vrai passé, un vrai background, on a des objectifs très précis et tout un parcours pour les atteindre ou pas. Il y a alors plus de préparation sur le personnage, sur sa façon de bouger, de parler, sur ses rapports avec les uns et les autres. On ne peut pas faire ce que l’on veut, c’est l’écriture qui dirige un peu le personnage. Alors que, dans d’autres formats, on amène un peu ce que l’on veut. Par exemple, dans « Poquelin », si ce n’est que c’est un patron de bar et qu’il est avec une femme qui a vingt ans de plus, on ne sait pas grand-chose d’autre sur mon personnage. J’amène du coup un peu ce que je veux. D’ailleurs, on a réécrit, j’ai apporté beaucoup de touches d’humour au moment du tournage, sur la façon de le jouer, sur la taquinerie.

Après, sur une série quotidienne comme « Demain Nous Appartient », quand on commence le tournage, les auteurs ne savent pas ce qui va arriver au personnage car l’écriture se fait au fur et à mesure. Particulièrement pour Thomas Delcourt, le personnage n’était pas très défini au départ, ils ont eu beaucoup de mal à faire un casting car c’était encore assez flou dans leurs têtes. J’ai mis, là aussi, ma touche personnelle et, petit à petit, ça a été un aller-retour entre ce que je donnais au personnage, ce que les auteurs voyaient que je donnais et ce qu’ils pouvaient rendre. Ils ont senti les deux humours que je pouvais avoir, au début, c’était surtout l’histoire d’amour avec le personnage d’Anne Caillon qui était mise en avant puis je suis arrivé au Spoon et le binôme avec Tristan a commencé à se créer. Ils ont senti que ça marchait, ils ont appuyé ce curseur de l’humour, jusqu’à cette intrigue Lazzari. Là, le travail est très différent.

 

 

Avec Tristan, j’avais surtout des scènes d’humour assez courtes, nous n’étions pas sur des choses vraiment de fond, on était davantage sur le rythme, plutôt que sur la profondeur. Quand l’intrigue Lazzari m’a été annoncée, on en a beaucoup parlé avec les producteurs, pour savoir ce qui allait se passer, pour connaitre tout le parcours du personnage pendant ces six semaines. Il y a alors un vrai travail à faire, surtout que l’on était sur le passé de Thomas, qui n’existait pas au moment de commencer la série. Il a donc fallu raccorder ce passé avec ce que j’avais déjà proposé, avec ce que j’avais déjà joué. Il a aussi fallu s’interroger sur le parcours à donner pendant l’intrigue et sur ses réactions aux différentes situations, en fonction de ce que l’on avait déjà créé autour de lui mais aussi en fonction de ce que l’on allait encore apprendre de lui, sans trop en dévoiler. Vraiment, je me suis posé avec mes feuilles, face à tous mes épisodes, pour réfléchir, scène par scène, à ce que j’allais jouer et dévoiler. Dans le but d’égrener le personnage et de laisser aux téléspectateurs le plaisir de découvrir, petit à petit, ce qui lui était arrivé.

En termes de rythme sur le plateau, avez-vous là aussi vu des différences ?

Bien sûr ! C’est très très différent. On a plus de temps sur une série de 90 minutes que sur une quotidienne. Cette dernière est le format le plus rapide, ça va très vite, les mises en place sont très courtes, on tourne constamment à deux caméras, on se met en place et on finit souvent champ contre champ. Il y a très peu de scènes avec de grands mouvements car on est conditionné par le temps. On tourne entre sept à dix scènes par jour. A peine une terminée que l’on va se changer et que l’on reprend la suivante. Il faut vraiment se préparer bien en amont, il est nécessaire de bien connaitre son texte pour ne pas perdre de temps. Parce que toute l’équipe attend et qu’elle est sous pression. 13 à 15 minutes utiles sont tournées avec une équipe chaque jour.

Sur « Poquelin », on est toujours avec le même réalisateur, contrairement à DNA, on a plus le temps de construire, les choses se font au fur et à mesure, sur le plateau, avec le réalisateur (Gabriel Aghion dans ce cas précis). C’est un travail commun, qui prend plus de temps mais qui nous permet plus de liberté pour tenter des choses. Sur d’autres tournages, notamment au cinéma, on est à 3 minutes utiles par jour, ce n’est pas du tout le même rythme de travail, il y a énormément de temps prévu pour la lumière, pour les cadres, afin de vraiment travailler l’esthétisme. Ce n’est vraiment pas la même concentration, ni la même préparation. On peut presque découvrir le texte entre deux scènes, ce qui permet davantage de fraicheur.

En parallèle, vos précédentes expériences vous ont amené sur les planches. Y voyez-vous là un métier différent d’avec les caméras ?

On utilise les mêmes outils, notre corps, le travail que l’on a fait sur nos émotions, sur la diction, sur un rythme, sur un phrasé, sur l’analyse d’un personnage et de son caractère. En revanche, comme ce n’est pas du tout le même média, ce n’est pas du tout la même façon de les exprimer. A la caméra, il faut que les choses soient très rentrées, très petites, très intimes. Alors que, au théâtre, tout est très exacerbé. Il y a une autre grosse différence, en tournage, une scène peut être jouée jusqu’à dix fois, entre les différentes prises, les différents axes sans que l’on connaisse forcément son partenaire, alors que, au théâtre, une intimité se crée en amont avec les répétitions.

Ce n’est donc pas le même rapport au partenaire, ni même au texte d’ailleurs. Sur les planches, on le connait sur le bout des doigts, là où les différentes prises sur un plateau impliquent des variations. Seulement ensuite, au théâtre, on peaufine, c’est proche de l’artisanat, où l’on passe et repasse sur un objet pour en faire un petit bijou. A l’image, on va plus être sur une création spontanée et instinctive, plus brute.

 

 

Aimeriez-vous d’ailleurs remonter sur les planches ?

J’ai très envie de revenir au théâtre, où je n’ai pas joué depuis un an et demi. C’est quelque chose que j’aime beaucoup, j’ai besoin du contact avec le public, de sentir la salle, de voir se créer ces relations d’intimité avec mes partenaires. Ce sont à chaque fois des petites familles. Je suis très attaché au théâtre, c’est là que j’ai commencé et j’ai très envie d’y retourner. On a vraiment les sensations du live, avec une petite dose de stress et d’adrénaline. C’est hyper grisant.

Pour terminer, vous avez animé le 14 octobre dernier une soirée d’humour, au Grand Point Virgule, à but caritatif. Quelques mots pour nous parler de ce beau projet ?

Oui, pour la seconde fois l’association Skin m’a confié la mise en scène de sa soirée humour. Cette association aide les personnes qui sortent de leur traitement contre le cancer à reprendre pied. Pendant les traitements, leur vie est très rythmée par les soins et l’entourage qui se rapproche. Puis soudain, lorsqu’on estime que la personne est guérie, tout s’arrête, et les patients sont à la merci du « cancer blues » induit par une grande solitude et une vie à reconstruire. C’est pour beaucoup encore plus dur que le combat contre la maladie, car il n’y a plus d’ennemi à vaincre.

Skin leur redonne des objectifs de dépassement de soi, à travers le sport ou de nombreuses formes d’art. Et, à chaque fois, les patients sont accompagnés, personnellement, par des professionnels. Beaucoup d’amis ont répondus à l’appel pour cette édition 2019, Isabelle Vitari, Booder, Matthieu Madenian… même Ariane Seguillon, qui n’est pourtant pas une humoriste, a pris le temps de travailler pour écrire et monter un sketch avec une patiente, en plus des tournages, ça m’a beaucoup touché. C’était une soirée riche en rires et en émotions, tout ce que j’aime.

Ce fut un plaisir, Cyril, d’échanger avec vous !

Publié dans Télévision, Théâtre

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Demain Nous Appartient : Christiane Ludot évoque son personnage et en profite pour aborder ses autres actualités artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Christiane,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre site.

On peut vous retrouver depuis quelques mois dans la série à succès de TF1 « Demain Nous Appartient ». Quel regard portez-vous sur votre personnage ?

C’est un personnage plutôt riche. Au départ, elle apparait comme une grand-mère jeune, dynamique, qui ne se laisse pas faire et qui a l’habitude de tout réglementer. Elle ne fait pas confiance à sa fille.  Petit à petit, au fil du temps, on voit le lien avec sa fille s’enrichir et devenir plus complexe. Elle est alors en empathie avec cette dernière et va jusqu’à aller s’accuser à sa place.

Le personnage était, au début, plutôt léger et, petit à petit, il devient un peu plus dramatique, un peu plus lourd, un peu plus grave. Avec plus d’émotions et de sentiments. Cette évolution est, je trouve, intéressante. La palette de jeu est large, en un mois et demi de diffusion.

En plus, on ne sait pas ce qui va arriver au personnage. C’est aussi plaisant d’être dans un certain inconfort. Quand je suis arrivée sur la série, j’avais peu d’indications sur le passé du personnage. Ce qui m’a permis de proposer des choses.

Justement, quelles ont été vos principales sources d’inspiration pour l’appropriation du personnage ?

J’ai pensé avant tout que sa petite fille était quelqu’un de très important pour elle. Evidemment, elle aime sa fille mais, au début, elle est dévouée à sa petite fille. Elle s’est donnée comme une mission. C’est quelqu’un qui a une certaine expérience de la vie, qui est assez sure d’elle. Ce qui peut avoir aussi un côté rassurant.

Ce qu’elle va vivre au travers de Justine va la bousculer, la déstabiliser et remettre en cause ses certitudes mais elle va rebondir pour aider sa fille et sa petite fille.

Vous qui vivez cette aventure de l’intérieur, selon vous, quelles sont les principales raisons du succès de ce programme ?

Je crois que les téléspectateurs arrivent à se projeter dans les personnages. Ces derniers sont assez proches des gens, qui peuvent donc s’identifier : il y a un éventail très large de personnages, de toutes les générations et ces derniers sont ancrés dans une réalité sociale (dans un bar, un lycée, par exemple. Il y a un souci sur TF1 de réalisme : on est dans des situations de tous les jours, on aborde des problèmes de société et ce sont des choses qui touchent les gens.

 

 

On le sait, le rythme de tournage sur un programme quotidien est soutenu. Vos précédentes expériences vous ont-elles aidée dans ce sens ? Avez-vous même peut-être des petites astuces ?

Je pense qu’un comédien qui arrive pour la première fois sur ce programme peut effectivement avoir quelques difficultés car il y quand même beaucoup de textes. On les a un peu à l’avance mais il faut les apprendre très vite. Il est important d’avoir une grande souplesse, avec les réalisateurs et les coachs, il faut être ouvert. Mon parcours en télévision notamment m’a aidé, du coup, sur ce tournage.

La clé est vraiment d’apprendre son texte au cordeau. Même si on peut ensuite être appelé à changer des choses en plateau. Le but est d’en être libéré. Je travaille souvent au crayon pour l’articulation, pour me débarrasser de ce souci-là, pour me libérer des mots, ne pas buter dessus et, ainsi, être plus disponible pour le jeu.

Pour la suite, à titre plus personnel, aimeriez-vous pouvoir développer certains thèmes en particulier au travers de votre personnage ?

L’arche vient de se finir, du coup la suite dépend beaucoup de ma fille. Je suis un personnage satellite, je suis donc au service de l’arche de Justine. Mais je sais qu’il a été évoqué de former une famille à trois, avec Tristan, ma petite fille et moi-même. Une sorte de famille atypique. Cela pourrait être, je pense, intéressant. Cela pourrait donner lieu à des situations aussi un peu comiques et à des quiproquos, notamment parce que Tristan n’a pas de lien direct avec nous. Il y a, je pense, quelque chose à exploiter dans ce sens.

En parallèle, dans un autre registre, vous avez joué pendant près de deux ans la pièce « Le Jardin d’Alphonse ». Une tournée devrait être programmée prochainement. Quels souvenirs gardez-vous de cette belle aventure ?

Ce fut vraiment une belle aventure, une vraie rencontre avec Didier Caron, un auteur que je connaissais peu. Le rôle est très intéressant, c’est une pièce chorale, à neuf sur scène. Dans l’histoire, une famille recomposée se réunit pour l’enterrement du grand-père, des secrets de famille remontent alors à la surface et des règlements de compte en découlent.

Chaque personnage a une trajectoire et une couleur différentes, il faut être à l’unisson dans la partition, comme un orchestre. Mon personnage est, au départ, assez doux et veut arrondir les angles. Petit à petit, on découvre que cette femme a aussi une histoire, une vie amoureuse. Elle est en contre point des autres, c’est intéressant de garder cette retenue.

 

 

C’est une belle aventure humaine, c’est une pièce qui touche tout le monde, toutes les générations, mêmes les enfants. Ce mélange de comédie et d’émotion est plaisant. Le jeu est proche du cinéma, on cherche toujours une vérité chez les personnages.

A titre plus personnel, considérez-vous les planches et l’image comme un seul et même métier ? Ou la variation du support en fait-elle deux entités différentes ?

Pour moi, c’est le même métier, ça fait appel aux mêmes qualités et au même travail. Sauf que, effectivement, le support est différent donc l’approche l’est aussi. Au théâtre, le public renvoie la balle, chaque soir est différent et on peut aussi changer des choses. Sur un tournage, on a deux à trois essais puis, après, ça ne nous appartient plus. Les deux nourrissent en tout cas, même si les techniques et les plaisirs différent. Quoi qu’il arrive, c’est le même métier et je ne conçois pas l’un sans l’autre.

En parallèle, vous développez actuellement des projets d’écriture et de réalisation, pour un court et un long métrages. Pour ce que vous pouvez en dire, comment les présenteriez-vous ?

Je suis venue à l’écriture il y a sept à huit ans. Comédienne, j’ai toujours aimé regarder la technique. J’aime beaucoup aussi la photo, j’aime donc cadrer. En venant à l’écriture, je me suis aperçue que j’écrivais plutôt en images. J’imagine déjà le film à ce moment-là.

J’ai, précédemment, tourné deux courts métrages. Un au travers d’un stage de réalisation, « Il va faire jour mon amour », d’une durée de cinq minutes. Un autre qui s’appelle « Viens regarder la mer », plus ambitieux, d’une durée de vingt-minutes, avec les aides de la région Poitou Charentes notamment. Il est allé dans quelques Festivals.

 

 

Je continue sur cette lancée, j’adore cela et mon expérience de comédienne m’aide dans la direction d’acteurs. Là, j’ai écrit un scénario qui s’appelle « Le voyage de Jeanne », d’une durée de vingt minutes, qui a été sélectionné dans le cadre d’une résidence musicale, « Trio », où chaque réalisateur rencontre des compositeurs. J’ai terminé l’accompagnement au scénario, le bébé est prêt, je n’ai plus qu’à le présenter aux producteurs, ce que je suis en train de faire actuellement.

Ça se passe dans une petite île, où une femme d’une cinquantaine d’années vient rechercher sa fille qu’elle avait abandonnée il y a longtemps. Le film interroge le lien maternel, qu’est-ce que réellement aimer son enfant ? 

Parallèlement, j’écris « Hanami – Ou contempler la beauté des fleurs », un long métrage, littéralement « La fête du printemps », une fête du renouveau et de la renaissance au Japon, pendant laquelle toutes les familles vont pique-niquer. C’est l’histoire d’une femme, de plus de cinquante ans, qui va renaitre à elle-même d’une manière pas voulue, plutôt inconsciente. Un jour, elle s’évanouit devant un tableau, ce qui déclenche plein de choses chez elle. Elle va alors redécouvrir un secret de famille et surtout reprendre sa vie en main. C’est en développement, je finalise le scénario actuellement.

Ce fut un plaisir, Christiane, d’échanger avec vous !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Un Si Grand Soleil : Sandra Valentin évoque son arrivée sur la série et aborde aussi ses autres actualités artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

Crédit photo Charlotte Hess

 

Bonjour Sandra,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

On pourra vous retrouver à partir de début novembre dans « Un Si Grand Soleil », la série à succès de France 2. Sans tout en dévoiler, dans quelles circonstances arrive votre personnage ?

Je suis le commandant Sonia Duval et je vais être en charge d’une enquête. Sonia est quelqu’un de très professionnelle, elle est très carrée. Elle adore ce métier, elle fait au mieux. Au départ, on ne sait pas bien qui elle est, elle ne donne pas grand-chose d’autre que son travail. Elle a donc un côté un peu énigmatique, qui était intéressant à jouer.

A titre plus personnel, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration pour l’incarnation de votre personnage ?

On a tous grandi avec des séries policières, c’est un registre que l’on connait bien, j’ai essayé du coup de ne pas trop rentrer dans le cliché du flic. Même si c’est tentant et excitant. Les interrogatoires et les enquêtes peuvent être grisants mais j’ai surtout essayé de me l’approprier.

Vous qui vivez depuis peu cette aventure de l’intérieur, quelles sont, selon vous, les principales raisons du succès de ce programme ?

Je pense que l’on fidélise les téléspectateurs avec des personnages attachants, dans lesquels on peut s’identifier au départ. Après, il leur arrive tellement de choses que ça tient en haleine les gens. On retrouve des personnages différents, des familles différentes, il y a aussi des rebondissements, des enquêtes, des histoires d’amour. On y voit un peu de tout, sans oublier les problèmes de la société actuelle. Ce mélange permet à la fois de s’identifier, je le disais, et, au travers de la fiction, d’être transporté dans quelque chose que l’on ne vivra probablement jamais à titre personnel. Ce mix de réalité et de fiction fonctionne bien. C’est un feuilleton, la production sait fidéliser le public.

Mon enquête est un évènement ponctuel, il y a donc un début, un milieu et une fin. C’est bien aussi.

On le sait, le rythme de tournage sur une quotidienne est soutenu. Comment vous y êtes-vous acclimatée ?

J’ai appris mes textes par cœur. J’ai beaucoup travaillé en amont. Ça va très vite, c’est vrai, sur le plateau mais, si on doit refaire une prise, on peut. Il y a quand même une souplesse. C’est un gros paquebot, qui est très bien rôdé et huilé. Il y a de la bienveillance et une envie de bien faire les choses. La direction artistique est très présente, il y a une belle image et une jolie lumière, ce qui à mon avis fait aussi la force de ce programme et les musiques mises sur certaines séquences nous sont envoyées presque un mois à l’avance, pour nous permettre de connaitre l’univers, l’ambiance, dans le but de s’imprégner. C’est chouette.

C’est un feuilleton mais avec un petit truc en plus, je trouve.

Si le scénario le permet, aimeriez-vous pouvoir revenir, même ponctuellement, pour d’autres enquêtes ?

On m’a dit qu’il existait une possibilité que je revienne ponctuellement sur différentes histoires et enquêtes. Je suis donc amenée à réapparaitre à l’image mais on ne sait jamais. On verra bien ce qui va se passer.

En parallèle, toujours à l’image, vous avez tourné en juin dernier un épisode de « Caïn », pour France 2. Que dire sur cette autre aventure ?

Je suis une voyante qui, au départ, a un flash, dans lequel elle voit quelqu’un se faire tuer. Elle va aller en parler à la police, à Caïn et à son équipe. Au début, elle n’est pas prise très au sérieux mais, petit à petit, les choses se développent.

C’était très intéressant d’aborder ce personnage qui est assez coloré et en plus j’ai retrouvé Thierry Petit à la réalisation, j’étais très heureuse.

Sur les planches cette fois-ci, vous êtes en tournée avec « Les Faux British », une pièce que vous avez beaucoup jouée à Paris. Pour ceux qui ne la connaîtraient pas encore, quel en est le pitch ?

Ce sont des fans de romans noirs anglais qui décident de monter une pièce de théâtre, issue donc d’un auteur de romans noirs. Il va arriver à ces amateurs des petites bricoles, ça ne va pas se passer complètement comme prévu. C’est très anglais, c’est d’ailleurs une adaptation d’une pièce anglaise. Il y a un côté Monty Python, c’est burlesque, décalé, déjanté, c’est une partition au millimètre. C’est très physique aussi. J’ai fait presque un an et demi à Paris, c’est l’une de mes plus belles aventures. Rester aussi longtemps au théâtre, dans une pièce qui marche autant, c’est magique. Un grand merci à Miren Pradier et Gwen Aduh.

Les gens rient, tout le monde est touché, des enfants aux adultes, tous milieux sociaux confondus. Nous avons déjà fait quelques dates en Province, d’autres sont à venir jusqu’à décembre.

Justement, quels sont les principaux retours que vous font les spectateurs en sortant de la salle ?

Souvent, les gens nous disent qu’ils n’ont pas arrêté de rire, que le spectacle devrait être remboursé par la sécurité sociale.

Pour terminer et boucler la boucle, considérez-vous les planches et l’image comme deux domaines distincts que vous pratiquez différemment ? Ou s’agit-il du même métier, que vous abordez de façon similaire ?

On joue un personnage dans les deux cas. Après, oui, on les aborde différemment, on y va de manière distincte, ce qui est très intéressant. J’ai la chance, depuis quelques temps, de pouvoir faire les deux en parallèle, c’est super. Ce ne sont pas les mêmes façons de faire et, pourtant, dans chacune d’elles, j’y trouve beaucoup de plaisir.

Merci, Sandra, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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