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theatre

Un Si Grand Soleil, Fake News, Le diner de cons, TRAC : Pascal Miralles évoque ses nombreuses et belles actualités artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Pascal,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Nous pouvons vous retrouver depuis quelques mois dans « Un Si Grand Soleil », la série à succès de France 2. Très simplement, on peut imaginer la joie et le plaisir que ce doit être pour vous de faire partie de cette belle famille artistique ?

Oui, oui, effectivement. J’avais été casté avant le début de la série pour le rôle d’Enric, qui est joué merveilleusement bien par Julien Masdoua, un autre comédien de la région. Je n’avais pas eu de nouvelles jusqu’à à peu près huit mois plus tard, où j’ai été recontacté par l’équipe de casting, cette fois-ci pour le rôle d’Humeau et j’ai été très heureux d’avoir une réponse positive.

Avec vos mots, comment présenteriez-vous justement votre personnage d’Humeau ?

Il est un policier intègre, qui fait son boulot avec le plus possible de questionnement sur le sens et le rapport aux autres. C’est quelqu’un de très fidèle à son équipe. Depuis le début de la série, on ne connait pas bien sa vie, on sait qu’il a un bateau, on sait qu’il a essayé de draguer Elise mais, malheureusement, il n’est pas tombé sur la bonne personne. C’est à peu près tout ce que l’on sait mais on va en savoir beaucoup plus très bientôt…

Avez-vous ou avez-vous eu des sources particulières d’inspiration pour l’interpréter ?

Je dirais que les inspirations viennent plus des policiers tels qu’on les voyait dans le début du cinéma, vraiment très éloignées de ce que l’on propose pour la police dans les longs métrages actuels, où les flics sont souvent très nerveux. C’est quelqu’un auquel les gens pourraient s’identifier, c’est juste un brigadier qui fait son boulot correctement. Les inspirations me viendraient plus de la lenteur et du jeu des comédiens qui interprétaient des policiers dans les années 60-70 ou le Gilou de Thierry Godart dans les premiers épisodes d'Engrenages que j'ai beaucoup aimé...

Face au rythme soutenu sur le tournage d’une quotidienne, avez-vous une méthodologie particulière de préparation en amont ?

Je dirais que j’ai été obligé parce que j’ai aussi une vie sur scène et des projets personnels qui me prennent beaucoup de temps. Après, on est très aidés aussi par la méthodologie mise en place par France TV. On reçoit les textes longtemps en avance, on a une version 1, une version 2 puis une version définitive. On a aussi des plans de tournage très précis qui nous permettent de bien organiser notre travail. Donc la méthodologie est tout d’abord de m’imprégner de ce que les auteurs ont commencé à écrire pour moi, d’y réfléchir longtemps à l’avance et, ensuite, d’être le plus sincère possible dans l’interprétation. D’être dans un jeu assez sobre qui corresponde à Humeau. Ce personnage n’est pas quelqu’un d’extraverti, c’est quelqu’un de profondément calme, dans la lignée des gens qui vont faire leur travail avec passion mais sans débordement. Du coup, quand j’arrive sur le plateau, j’ai cette concentration-là, après j’aime bien rigoler avec les copains et copines mais dès que le moteur est donné et que l’on va rentrer dans la scène, j’essaie d’en faire un personnage attachant.

 

 

Vous avez commencé à l’évoquer, les tournages actuels et à venir vont permettre d’en savoir un peu plus sur votre personnage. Sans rien en dévoiler, que pouvez-vous nous dire ?

Sur le plan professionnel, il va se passer beaucoup de choses au commissariat sur cette saison donc, forcément, Humeau va être impacté par ce qui se passe. Il sera omniprésent. Dans sa vie personnelle, on va découvrir son prénom, on va découvrir qu’il a une vie amoureuse, d’une manière très romantique et très poétique, qui correspond complètement à ce personnage qui, à mon avis, va surprendre beaucoup de gens. Voilà, ça fait partie de l’intrigue de Noel, celle qui va arriver fin novembre, début décembre. A l’heure actuelle, on est en plein tournage, je viens de passer une semaine formidable avec le réalisateur et la personne que je rencontre. C’était vraiment une semaine fabuleuse, tant sur le rapport que l’on a eu entre comédiens qu’avec l’équipe, qui s’est vraiment donnée pour proposer une couleur très spéciale. Qui, je pense, va faire plaisir aux téléspectateurs. Quand je vois à l’heure actuelle les sujets un peu anxiogènes diffusés dans la série mais qui sont grandement nécessaires pour venir compléter les psychologies de tous les personnages dans les intrigues, je pense que ce moment-là va faire énormément de bien et j’espère que les téléspectateurs prendront autant de plaisir que j’en ai pris à le faire.

Alors que l’arrière-saison est encore très belle, vous tournez donc actuellement dans une ambiance et une atmosphère de Noel ?

On commence à mettre les vestes à l’extérieur, les chemises longues, les chaussures un peu plus chaudes, on est obligés…C’est aussi le succès de cette série, on colle à l’actualité, autant dans ce qui peut se passer que dans la temporalité des choses. Oui, on est en train de fermer les vitres en voiture et d’être un peu plus habillés.

Nombreux sont les comédiens et comédiennes à l’avoir dit, l’ambiance de tournage est très familiale, ce qui participe sans doute au succès de ce programme.

Oui, oui. D’abord, dans la relation travail, on est en communion. C’est vraiment une famille. Il y a une bienveillance partagée par tout le monde. On se voit aussi beaucoup à l’extérieur, on passe des soirées ensemble, on échange sur un groupe WhatsApp. On parle souvent aussi de vous qui nous suivez, on est très attachés aux bloggeurs, aux gens qui sont dans les groupes de fans, c’est important, c’est aussi un baromètre de notre travail.

Tout cela participe à une très bonne ambiance, y compris avec les équipes techniques. Quand je parle de relations, c’est vraiment avec tout le monde : les comédiens, les réalisateurs, les techniciens, les chauffeurs… Tout le monde est merveilleux et je me demande même si ce n’est pas un critère de recrutement pour France Télévisions de cocher la case « merveilleux » pour que ça fonctionne bien.

Dans un autre registre, vous allez partir en tournée avec « Fake News ». De quoi parle ce spectacle ?

C’est une pièce à trois personnages, que j'ai écrite avec mon frère Jean Chris. C’est l’histoire du présentateur du journal de 20h sur TF1 qui rentre chez lui et tombe sur un cambrioleur dans son salon, personnage que j’interprète. Ce dernier est un François Pignon du cambriolage : il est dans un appartement rempli d’œuvres d’art et de choses de valeur et lui n’a pris que des choses à manger dans le frigo et dans le placard de la cuisine. Il ne connait pas le présentateur car il n’a pas la télé, du coup le présentateur est très intrigué, lui qui est abordé tous les jours dans la rue par des gens. De fait, au lieu d’appeler la police, il sympathise avec lui. On découvre alors que sa fille, qui a 21 ans, passe le Bac pour la troisième fois et qu’elle est censée dormir à côté. Mais, finalement, elle va rentrer à trois heures du matin, après avoir été boire des coups avec des copines parce qu’elle avait lu une fake news un peu dérangeante sur son père. Petit à petit, on va passer la nuit avec eux et on va découvrir que le présentateur a des lacunes, que c’est un papa pas très assumé, alors que le fils du cambrioleur, lui, à 16 ans, vient d'avoir le Bac avec mention. On va se poser des questions : lorsque l’on semble posséder tout dans la vie, est-ce que cela suffit à être heureux et à élever ses enfants correctement ?

 

 

Je partage la scène avec Laura Charpentier et Didier Lagana. C’est une pièce sociale mais très drôle, qui a été créée il y a un petit peu plus d’un an et que l’on avait jouée au Festival d’Avignon en 2019. Derrière, on a pris une tournée incroyable mais toutes les dates étaient situées entre le 4 mars et le 11 mai 2020, donc autant vous dire que l’on a annulé quarante dates. Je suis très heureux de retourner sur scène à partir du 24 septembre, à Pont Saint Esprit. Il y aura aussi deux semaines fin novembre à Nantes et on va même faire un réveillon le 31 décembre à Montpellier. On devait partir sur l’ile de la Réunion en Festival aussi, heureusement, celui-ci est reporté au mois d’avril 2021.

Quels ont été les principaux retours que vous aviez pu avoir des spectateurs ?

Ce qui leur a plu, c’est d’abord la manière d’aborder l’humour. On est vraiment dans le comique de situation, avec une pièce très familiale. Les gens peuvent s’identifier à ces papas qui sont, finalement, perdus tous les deux et aussi à cette fille adolescente qui va les bousculer. En fait, ils vont chacun révéler à l’autre un peu leur identité et leur personnalité, ce qui fait que, à la fin de la pièce, tout le monde a changé sa vision des choses. Vraiment, les spectateurs s’amusent avec nous, ils sont parfois aussi émus par les situations. Les gens traversent cette nuit avec ces personnages et passent vraiment un très bon moment.

Toujours sur les planches, vous allez aussi prochainement jouer dans « Le diner de cons » ?

Oui, à partir de début octobre, au Kawa Théâtre, à Montpellier, où je jouerai juste le rôle de Leblanc... (rire) interprété à l’écran par Francis Huster, celui du copain qui arrive un peu plus tard. Je suis très heureux aussi de jouer ce spectacle avec une bande de comédiens de Montpellier que j'ai hâte de retrouver !

 

 

En parallèle, vous avez lancé, début septembre, une école d’artistes sur Montpellier avec votre compagne Laura. Comment vous est venue cette envie ?

Laura est responsable d'une école d'art LA PETITE ACADEMIE qui dispensait des cours amateurs de théâtre depuis dix ans à Montpellier et j’avais envie de mon côté de créer une école professionnelle. On s’est dit qu’il pourrait être intéressant d’associer les deux, de créer un lieu où les gens viendraient prendre des cours, amateurs et professionnels, et qui soit également un lieu de diffusion, avec une programmation théâtrale qui permettrait de venir voir des spectacles et aussi de rencontrer les artistes. TRAC est né comme ça. Ce sont des auteurs, des comédiens, des metteurs en scène de la région qui interviennent à l'école. On est ancrés dans la région, à Castelnau-le-Lez sur la métropole de Montpellier et on profite de cette énergie des tournages qui se multiplient dans le coin pour dire qu’il peut y avoir de la place pour des gens de Montpellier et qu'ils ne sont plus obligés de monter à Paris pour se former. Nous ne sommes pas la première école à Montpellier mais la première du genre...

 

 

A notre échelle, on a ouvert une salle très intimiste de 50 places avec plus de 20 spectacles programmés cette saison. En plus de quelques artistes très connus qui viendront cette première année, on donne la place à toutes ces compagnies émergentes qui montent des spectacles à deux ou trois personnages sur des thématiques particulières. Je suis heureux, on a monté cela en sortie du confinement et ça y est, on a notre classe pro, avec huit élèves pour le moment que nous allons chouchouter pendant deux ans. Pour nous, c’est vraiment très très bien. Les cours amateurs se remplissent aussi. On a déjà vendu des places de spectacle. La saison démarre fort !

Merci, Pascal, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Laura Charpentier évoque son actualité théâtrale et ses projets !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Laura,

Merci d’avoir accepté de répondre à nos questions !

Vous allez prochainement monter sur scène dans la pièce « Trois ruptures ». Très simplement, comment présenteriez-vous ce spectacle ?

C’est une pièce contemporaine, écrite par Remi de Vos. Ce sont trois scénettes isolées les unes des autres, où vont se dérouler trois ruptures, de manière un petit peu cocasse et toutes très différentes. On a deux metteuses en scène pour l’occasion, Clara Pellé et Amélie Hologan qui ont pris le parti d’avoir un seul et même personnage qui reste sur scène du début à la fin et qui vit ces trois ruptures dans trois époques différentes. 

Dans la première scène, il est en couple avec un homme, ça se passe dans les années 60. La deuxième scène se déroule dans les années 80, sa petite amie vient le voir car elle a appris qu’il avait couché avec un pompier. La dernière scène, dans les années 2000, est celle d’un couple avec un enfant,  à côté, qui regarde la télé. Ils ont peur de ce dernier, ils n’osent pas aller s’en occuper car il les effraie.

J’interviens sur la dernière et sans spoiler, on a pris un aspect un peu particulier, on ne sait pas trop où sont ces deux personnages. Ce couple-là est assez particulier, on sent qu’ils sont épuisés, on sait qu’il y a un enfant à côté mais on se pose la question de son existence réelle. Aussi celle du lieu : sont-ils vraiment chez eux ?

Quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage ?

Je dirais qu’il est lunaire. Il n’y a pas d’autre mot.

 

 

Avez-vous des sources particulières pour son inspiration ?

On a choisi, avec les metteuses en scène, ma position au moment d’arriver sur scène. Elles m’ont parlé d’une attitude physique à avoir et, de là, j’ai réfléchi à un personnage, à une histoire, à un positionnement. Au final, on a utilisé toute cette imagination qui s’est développée autour de cette attitude pour créer leur relation.

Même si ce n’est pas évident à dire aussi tôt, selon vous, qu’est-ce qui pourra plaire aux spectateurs ?

Déjà, l’écriture, qui est vraiment impeccable. Les répliques s’enchainent, c’est très vif, très incisif, c’est de l’humour noir. Aussi le quatuor de comédiens, il y a une belle osmose entre nous tous, ça se ressent. C’est également un spectacle qui est très drôle. En répétitions, on s’amuse bien à voir les autres faire, c’est bon signe.

A quelques jours de la première, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Il n’y a pas encore le stress, je le ressens généralement le jour-même. Mais je ne suis pas inquiète, on a commencé à répéter ce spectacle pendant le confinement, je suis à l’aise avec mon personnage, d’autant plus que nous avons eu pas mal de libertés.

Vous entrez sur scène uniquement en troisième phase. Comment appréhender les dizaines de minutes de jeu où vous n’êtes pas encore présente ?

Il y a quelque chose que j’adore faire, c’est regarder les réactions des gens. J’écoute aussi mes collègues qui s’amusent sur scène. Même si les réactions du public ne sont pas toujours significatives, un public qui parait froid peut tout à fait avoir beaucoup aimé le spectacle.

En parallèle, on peut vous retrouver en tournée avec la pièce « Fake News », déjà présentée en Avignon 2019. Que dire sur cette autre aventure artistique ?

Je pense spontanément au trio de comédiens. C’est une pièce écrite par Pascal Miralles et son frère, Jean Chris, il en a fait la mise en scène et joue le personnage principal. C’est une pièce familiale. On a créé cette pièce à Alès, lors d’une résidence, en 2018. Elle a une très belle histoire, que le public apprécie beaucoup et qui continue à vivre malgré le contexte sanitaire actuel. Je suis ravie.

 

 

C’est drôle, je suis la plus jeune, ça me permet de me mettre à fond dans le personnage d'une jeune femme de 21 ans. 

Pour finir, quels sont vos autres projets artistiques actuels ?

Il y a beaucoup de pièces en préparation. Déjà, « LABELOBOI », que j’ai co-écrite, une version décalée, burlesque et absurde du vrai comte médiéval et hyper glauque de « La Belle au bois dormant ». On en a fait une version hyper folle, un peu à la Monty Python, que l’on avait déjà présentée en 2017. On est à la version la plus optimale, on chante, on danse et on arrive en Avignon avec, l’année prochaine. On a repris les répétitions activement.

 

 

J’ai aussi « Tom à la ferme », un thriller, avec une super équipe. Que l’on devait faire en Avignon mais qui sera reporté à l’année prochaine. Je mets également en scène un spectacle dont je suis très fière, « AIR, Intelligence Artificielle et Rire ». Un seul en scène de et avec Guillaume Loublier. C’est l’histoire d’un monde futur, où les êtres humains ont tellement honte d’eux qu’ils ont demandé à de grands scientifiques de les aider à ne plus avoir honte. Ils prennent ainsi des pilules anti émotion, il n’y a donc ni guerre, ni horreur, ni colère. Un jour, l’un d’eux se lève et voit un énorme sexe d’homme en forme de nuage dans le ciel, il panique et tous font alors appel à un vieux savant fou dont ils avaient réfuté toutes les théories à l’époque, pour résoudre le problème. C’est un spectacle qui fait rire mais aussi réfléchir, à l’intelligence artificielle, à l’évolution, à l’estime de soi, au développement de soi, à la pensée, à sa réalisation.

Ce fut un plaisir, Laura, d’échanger avec vous !

Publié dans Théâtre

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Florence Coste nous parle de la nouvelle pièce de théâtre, Titanic, dans laquelle elle jouera prochainement !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Florence,

Quel plaisir d’effectuer ce nouvel entretien avec vous !

Les 8 et 9 septembre prochains, vous serez sur scène, à Rambouillet, pour la première de la pièce « Titanic », avant, ensuite, d’autres dates à Paris et en France, cette année et l’année prochaine. Pour commencer, comment présenteriez-vous ce spectacle ?

C’est l’histoire du Titanic. C’est un mélange entre la vraie histoire et des références au film mais sur un ton décalé. On suit bien sûr la trame dramatique de l’histoire, le bateau coule à la fin mais le ton est celui de la comédie. C’est un vrai spectacle de troupe, on est douze sur scène. C’est génial de jouer avec autant de partenaires. On a aussi des musiciens live qui nous accompagnent sur des grosses scènes d’ensemble, de chant et de danse, même si la partie théâtrale reste dominante. Voilà, c’est très très vivant comme spectacle.

La compagnie s’appelle « Les moutons noirs ». Elle est bien connue notamment des habitués du Festival d’Avignon. Ils ont fait beaucoup de spectacles qui ont connu de beaux succès là-bas, notamment une réadaptation de « Ruy Blas ». Pour moi, c’est super de pouvoir travailler avec eux. Ils sont très inspirants. L'aventure est autant humaine qu’artistique. La vie de troupe est quelque chose qui me plait beaucoup. J’étais hyper contente d’intégrer cette famille. Ils ont des personnalités très fortes, ils sont des personnages même dans la vie, ça apporte beaucoup de fantaisie au spectacle et de bons moments de rigolade en coulisses. 

Le naufrage du Titanic ayant eu lieu il y a une centaine d’années, portez-vous des costumes de l’époque ?

On joue complètement l’époque du Titanic avec les costumes. En ce qui concerne les décors, forcément, en étant au théâtre, il faut être imaginatif et créatif. On utilise des artifices, notamment par le biais de la chorégraphie. Il y a plein de choses très astucieuses en termes de décor pour créer le bateau. Le metteur en scène, Axel Drhey, a également travaillé un côté immersif. On considère que le public est à bord du Titanic avec nous et on fait exister les différentes parties de la salle comme des endroits du bateau. Quand on coule, on coule tous ensemble. C’est aussi une des particularités du spectacle qui crée une vraie atmosphère. 

Quel rôle y interprétez-vous ? Comment caractérisez-vous votre personnage ?

Je joue Rose, ce qui est quand même un gros kiff, on ne va pas se le cacher. Parce que « Titanic », le film, est vraiment de ma génération, c’est un peu LE film de mon enfance. Pour l’anecdote, je crois que, la première fois, je l’ai vu dans un avion. J’avais sept ans et mes parents avaient instauré une règle pendant assez longtemps, j’avais le droit de regarder le film mais jusqu’au moment où le bateau commence à couler. Donc j’ai vu au moins dix fois « Titanic » sans la fin. Encore aujourd’hui, je préfère le début. J’ai un vrai attachement à ce film parce que ça me rappelle mon enfance et que ce sont forcément des choses qui nous touchent particulièrement mais même en l’ayant revu adulte, il est dingue, avec deux des meilleurs acteurs de leur génération.

 

 

En fait, dans le spectacle, pour le coup, il y a beaucoup de personnages hauts en couleurs, décalés mais la partition de Rose est plus dramatique, on suit plus son histoire, ses enjeux personnels par rapport à ce fiancé qu’elle n’a pas envie d’épouser, par rapport à ce contexte social où elle doit être dans l’apparence alors que ce n’est pas ce qu’elle est profondément. Elle a du caractère, elle peut être insolente, elle a la fougue de la jeunesse. Elle est dans le trop tout le temps. Ça me reconnecte à l’adolescente qui est en moi, qui est toujours là mais qui, au fur et à mesure des années, n’est plus prédominante. Mais c’est une partie que j’adore, j’adore ces personnages entiers qui plongent à fond dans les situations. 

Au moment de démarrer les répétitions et même lors de l’apprentissage du texte, vous êtes-vous replongée dans le film ou dans certains documentaires ?

Carrément ! C’est un spectacle sur lequel on travaille depuis deux ans. Avant de commencer les répétitions, on a fait tout un travail d’ateliers, musicaux et chorégraphiques. La plupart d’entre nous sont plus comédiens que chanteurs ou danseurs et la volonté était de travailler tous ensemble sur la partie chant et danse pour créer une vraie troupe. C’est vrai que l’on rigole de cela en répétitions, ça fait deux ans que je fais partie de cette compagnie mais, pour l’instant, je n’ai pas encore joué de spectacle. Je n’ai jamais fait une création sur laquelle j’ai eu autant de temps pour travailler. Ça a été un vrai confort et un vrai plaisir.

J’ai évidemment revu le film plusieurs fois. Je sais qu’enfant, j'ai été voir une exposition sur le Titanic à Paris. Oui, je me suis complètement replongée dans tout ça. Je sais que le metteur en scène, qui est aussi l’auteur de la pièce, s’est beaucoup documenté historiquement sur qui était sur le bateau, sur comment ça s’est passé, sur les relations entre les personnes. Tout cela a été très bien cadré.

Même si ce n’est jamais évident à définir, surtout avant une première, qu’est-ce qui pourra, selon vous, plaire aux spectateurs dans cette pièce ?

Je trouve qu’il y a un vrai ton, dans l’écriture et dans la personnalité des comédiens qui l'interprètent. C’est un humour qui me parle, qui me fait beaucoup rire. Ce qui est génial avec le Titanic, c’est que c’est une référence commune pour tout le monde. Je crois que je ne connais personne qui n’a pas vu le film. On peut s’amuser de ça et faire plein de détournements. Il y a beaucoup d’inventivité, dans la mise en scène, dans le rythme, dans la manière dont les choses s’enchainent. C’est un spectacle feel good. J’espère aussi que les spectateurs seront touchés. Si on réussit notre fin comme on le veut je pense que ça peut être assez fou comme expérience. Les parties dansées et chantées apportent encore une autre dimension. Je pense par exemple au tableau où tous les personnages se retrouvent sur le pont pour le départ du Titanic après leurs expositions et qui me rappelle les fins d’acte des comédies musicales que j’adore voir à Broadway ou encore à la danse irlandaise dans les cales du bateau qui me met particulièrement en joie. C’est enlevé, c’est fougueux, c’est décalé. Je pense que j’adorerais voir cela en tant que spectatrice. 

 

 

A quelques jours de la première, quels sentiments prédominent actuellement en vous ?

On est clairement dans l’impatience. Je n’ai pas joué au théâtre depuis le 13 mars dernier sur un autre spectacle et ça ne m’est jamais arrivé de ne pas monter sur scène pendant si longtemps. Pour ma reprise, c’est une première et une création. Je suis très excitée La première devait être pendant la période de confinement, ça nous a laissé un peu plus de temps pour aller dans le fond des choses, pour travailler les scènes en détails. On commence à voir la forme du spectacle et, évidemment, on a trop hâte de voir l’impact que ça va avoir sur les gens : comment vont-ils réagir ? Qu’est ce qui va fonctionner ? La finalité de notre métier est de partager notre travail. En temps normal, c’est déjà quelque chose de très excitant mais, dans le contexte actuel, ça a encore plus de poids. 

Pour terminer, très simplement, que peut on vous souhaiter pour cette aventure ?

Je crois beaucoup en cette aventure. En plus de la tournée, plein de belles choses arrivent, notamment Avignon 2021. Je pense que c’est un spectacle qui peut tourner sur plusieurs années. Je nous le souhaite, ainsi que beaucoup de public heureux. Je nous souhaite que la situation sanitaire nous permette de jouer devant un maximum de personnes et que le public soit au rendez-vous. 

Merci, Florence, pour toutes vos réponses !

 
Écriture et mise en scène : Axel Drhey
Assistante mise en scène et chorégraphie : Iris Mirnezami
Scénographie : Piergil Fourquié
Musique : Jo Zeugma
Coaching vocal : Claire Demoures
Lumières : Alice Gill-Khan et Rémi Cabaret
Costumes : Mathieu Trillaud
Interprétation : Mathieu Alexandre, Roland Bruit, Florence Coste, Camille Demoures, Axel Drhey, Julien Jacob, Jonathan Jolin, Yannick Laubin, Vianney Ledieu, Bertrand Saunier, Paola Secret et Jo Zeugm

Publié dans Théâtre

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Un Si Grand Soleil : Elsa Maure évoque son arrivée dans la série de France 2 !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Elsa,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Depuis quelques semaines, on peut vous retrouver dans la série à succès de France 2 « Un Si Grand Soleil ». A titre personnel, on peut imaginer le plaisir, la joie et peut-être aussi la fierté que cela représente d’intégrer cette belle famille ?

Oui, oui, oui. C’est une super équipe, vraiment. Que ce soient les comédiens, les techniciens, la production. Il y a vraiment une très très bonne audience. C’est d’ailleurs assez surprenant quand on arrive de voir à quel point tout le monde est vraiment content de travailler dans cette ambiance-là. Tout le monde est très bienveillant les uns envers les autres, c’est très agréable comme cadre de travail. Donc c’est très chouette, oui.

Comment présenteriez-vous votre personnage ? Quelles sont ses principales caractéristiques ?

Elle est une nouvelle journaliste, qui arrive dans la série. Il y en avait déjà une auparavant, qui était d’une ancienne école de journalisme on va dire, un peu plus fourbe dans la manière d’aborder son travail. Alors que ce personnage est de la nouvelle école de journalisme, c’est-à-dire vraiment frontal, qui n’a pas froid aux yeux, qui va farfouiller là où ça fait mal.

Concernant son interprétation, avez-vous ou avez-vous eu des sources particulières d’inspiration ?

Pas particulièrement, non. Je me laisse porter par l’écriture des scenarii et par aussi les indications des réalisateurs. Je me suis construit ce personnage mentalement et ça s’enrichit un peu plus à chaque fois que je reçois de nouvelles informations.

 

 

En amont de votre arrivée sur les plateaux, vous êtes-vous plongée ou replongée dans la diffusion des épisodes pour bien vous imprégner du contexte ?

Oui, tout à fait. C’est très important. Je regarde peu la télé, c’est un peu étrange pour mon métier. Donc, du coup, à partir du moment où j’ai su que j’étais prise pour ce rôle, je me suis mise à regarder cette série pour savoir dans quoi j’atterrissais.

On le sait, le rythme de tournage est soutenu, au travers du nombre de minutes utiles à produire chaque jour. Vos précédentes expériences, notamment « Plus Belle La Vie » sur France 3, vous ont-elles aidée à appréhender cette organisation ?

Oui, bien sûr, c’est une très bonne école, qui nous apprend à travailler dans l’urgence. De par mon parcours, j’ai souvent eu à travailler dans l’urgence, même au niveau du théâtre. J’étais pendant plusieurs années dans un café-théâtre, où les créations se faisaient très rapidement, en quinze jours à trois semaines. On continuait à créer et on affinait nos personnages sur scène, devant le public et avec lui. Ce travail dans l’urgence fait vraiment partie de mon parcours professionnel et, je le redis, c’est une très très bonne école.

Du coup, quelle est votre méthodologie de préparation en amont du plateau ?

Déjà, il y a un travail en amont sur le personnage, sur ce que l’on sait de lui. Souvent, l’écriture n’est pas forcément finie, on n’a pas tous les éléments de notre personnage, on doit établir une sorte de premier canevas avec les informations que l’on nous donne, pour dessiner les grands traits de notre personnage. Ensuite vient l’apprentissage du texte, qui se fait de manière assez plate, sans intention, comme on dit, pour pouvoir changer son interprétation plus facilement en fonction des directions des réalisateurs. Enfin, on essaie de trouver tous les enjeux, les sous enjeux de chaque phrase : que veut dire le personnage ? Qu’y a-t-il derrière chaque mot ? Afin de trouver les trajets émotionnels.

 

 

Pour la suite de ce personnage, quelles couleurs aimeriez-vous pouvoir lui donner ?

Je ne sais pas encore, on verra. C’est très frais, le personnage vient d’apparaitre. J’ai hâte de savoir aussi comment il va être développé. Pour l’instant, la couleur me plait bien, cette espèce de tête brulée qui rentre dedans et qui n’a peur de personne. Je trouve cela très chouette à jouer, j’espère que ça va continuer dans ce sens. Jusqu’à quel point ? Je ne sais pas, on verra selon l’imagination des auteurs.

En parallèle, vous l’avez dit, vous avez déjà eu de nombreuses expériences sur scène. Des projets sont-ils en développement dans ce sens ?

Je suis entre le Sud et Paris, au niveau de mon travail. Dans le Sud, j’ai une troupe de théâtre avec laquelle j’ai joué pendant huit ans, « La troupe du théâtre des 3 T », qui est le plus grand café-théâtre de France, situé à Toulouse. Que j’ai quittée pour monter à Paris et faire de l’audiovisuel. Mais je suis restée avec eux pour une comédie musicale, « Les Clotildes », que l’on a montée, avec mon metteur en scène et deux amies comédiennes très proches, à Avignon l’année dernière. Elle a eu un gros succès, je continue à jouer cette pièce qui ne cesse de remplir les salles. Le metteur en scène a d’ailleurs récemment écrit la suite.

Merci, Elsa, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Marie Sambourg se remémore son parcours et évoque ses différentes actualités !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Marie,

Merci de nous accorder un peu de votre temps pour répondre à nos questions.

Vous êtes une artiste aux différentes cordes artistiques, du théâtre, de la télé, du doublage, avec un parcours qui a commencé dès l’âge de quatre ans et demi. Justement, d’où vous est venue cette envie d’artistique ?

A la base, ce n’était pas une envie parce que, quand on a quatre ou cinq ans, il faut être quand même très culottée pour dire que l’on a envie de faire cela. En fait, c’était un gros hasard. Une cliente de mon père antiquaire m’a repérée dans sa boutique pour une publicité Herta. J’ai passé le casting, j’ai décroché la publicité, je l’ai faite, ça m’a plu. J’ai une très mauvaise mémoire sur les souvenirs d’enfance mais j’ai quand même des souvenirs de cette pub, de comment on me coiffait mes boucles, de cette grosse caméra. Je sais que c’est quelque chose qui m’a marquée et qui m’a plu.

A partir de là, mes parents ont décidé de m’inscrire dans une agence de publicité et, là, j’ai commencé à enchainer les castings. J’ai fait de la pub, j’ai fait des photos et, très rapidement, des tournages. Du plus loin que je m’en souvienne, j’ai toujours dit que je voulais être actrice. Mais ça n’a pas été réellement ma propre décision. Je me pose souvent la question de ce que j’aurais fait si ça ne m’était pas tombé dessus comme ça, d’où je serai à l’heure actuelle. Je ne sais pas si j’aurais eu le courage de me lancer dans une carrière artistique car c’est quand même compliqué et qu’il n’y a pas beaucoup de places.

Au début de votre parcours, vous rendiez vous déjà compte des enjeux notamment et de ce qu’impose ce milieu ?

Quand j’étais petite, c’était juste extrêmement ludique. Je ne réfléchissais pas trop au fait que ce soit un travail, pour moi c’était une activité en dehors de l’école, une passion et je m’éclatais. Comme certains font du football ou de la danse, je faisais des tournages. Il s’agissait de “jouer” avant tout. C’était extrêmement instinctif, comme pour plein d’enfants. Je ne me posais pas de question. Celles comme « est-ce que je vais réussir à en faire mon métier ? », « est-ce que je joue juste ? », « qu’est-ce que je fais de mes mains ? », « qu’est-ce que je fais de ma voix ? » sont arrivées, comme les doutes, à l’adolescence. Période où j’ai commencé à me demander ce que j’allais faire plus tard, pensant que ce que je faisais n’était pas quelque chose de “sérieux”. Je commençais à me rendre compte que c’était un métier où on pouvait être souvent dans le creux de la vague, où il fallait tenir, où il fallait savoir endurer. Je ne savais pas si j’en étais capable.

Je ne sais pas si j’aurais persévéré si je n’avais pas eu la chance d’avoir le tournage de « La famille formidable » qui revenait tous les deux ans à peu près et qui était une sorte de piqure de rappel quand je commençais à me dire « bon, je vais être prof d’histoire, ou vétérinaire, ou je ne sais quoi... ». Ça me faisait me dire que, quand même, c’est un gros kiff, que ça fait du bien de tourner, que c’est un métier passionnant et que j’ai envie d’en être. A 16/17 ans, il y a eu une saison compliquée, même quand je la revois aujourd’hui, je me trouve mauvaise. Je sens qu’il y avait trop de questionnements en moi, que je n’étais plus du tout dans le jeu, dans le ludisme. Quand on n’est plus dans l’instinct, c’est très dur pour un comédien d’être bon. Je me voyais jouer. Même si je commençais à avoir vraiment envie d’en faire mon métier, je me disais que ce serait très dur sans bagage solide, j’avais peur d’être mauvaise. Le meilleur conseil que l’on ait pu me donner est venu de toute l’équipe de « La famille formidable », notamment Joël Santoni, Anny Duperey, Bernard Le Coq, Béatrice Agenin et Philippe Khorsand, qui m’ont dit : “c’est un métier, ça s’apprend”. Que ce n’était pas parce que j’avais baigné là-dedans depuis toute petite et que ça avait été jusqu’à présent instinctif que je connaissais ce métier. Ils m’ont incité à m’inscrire en école de théâtre.

Du coup, après le Bac, je me suis inscrite en Fac de théâtre-cinéma et dans ma première école de théâtre, l'Eponyme. Là, ce fut une révélation, j’ai enfin découvert ce qu’était une vraie passion. J’ai découvert des auteurs dingues, des metteurs et metteuses en scène qui m’ont bouleversée, j’ai découvert plein de choses que je ne connaissais pas, tout un monde s’ouvrait à moi. J’ai commencé à aller au théâtre à 18 ans ! C’est comme cela que j’ai appris mon métier.

A présent, qu’est-ce qui vous plait dans votre quotidien artistique ?

Le collectif, le groupe, le fait que l’on ne soit jamais seul. Vivre des aventures collectives, créer des familles, traverser des choses extrêmement intenses pendant quelques jours, quelques semaines, quelques mois ou quelques années. Ce qui me plait le plus, c’est d’avoir l’impression d’être connectés, de raconter une histoire à plusieurs. Aussi le fait de ne pas s’ennuyer, de faire tout le temps des choses différentes, de ne pas savoir où je serai dans trois mois, d’avoir des choses qui tombent d’un coup. C’est un métier où l’on ne s’ennuie pas. C’est comme si on passait des entretiens d’embauches tous les trois mois. Il faut être fou, être cinglé pour se lancer là-dedans mais, en même temps, c’est hyper excitant.

Considérez-vous le théâtre et la télé comme deux métiers différents ? Ou sont-ils un seul et même art ?

J’aurais tendance à dire que c’est différent. Avant, j’aurais dit que c’est le même métier mais, en fait, tout est si différent. Par exemple, mon compagnon est comédien de télé et de cinéma, il ne fait pas du tout de théâtre, je vois nos vies professionnelles qui sont totalement opposées. Je sais déjà où je serai en 2022, à peu près, lui ne sait même pas quand seront ses prochains cachets. Il a plein de projets cinéma mais pour ce qui est des dates de tournage... Donc il y a cette question de stabilité déjà parce que les projets au théâtre se font un an à l’avance, voire deux. On peut voir sur la longueur. Les répétitions, l’exploitation de la pièce, la tournée (en général la saison d’après) aident à voir sur la longueur.

Au niveau du jeu en tant que tel, j’ai l’impression que ce sont des démarches opposées. Je suis une grosse bosseuse, je suis extrêmement rassurée quand j’ai vraiment un cadre très fixé et que j’ai beaucoup répété. Je pense que je suis meilleure au bout de cinquante représentations qu’à la première avec le stress. Quand je commence à avoir confiance en moi, alors là, je sais que je peux m’envoler et faire exploser le cadre. Le problème des tournages est qu’il ne faut pas être trop sûr de ce que l’on va faire, il ne faut pas être en maitrise, en tout cas pas que, il faut aussi être en lâché prise. Il faut évidemment connaitre son texte mais essayer d’être totalement dans l’instant. Réinventer sans cesse. C’est pour cela que, pour moi, c’est extrêmement différent. Pendant quelques années, j’ai vraiment eu très peur des tournages. Avec l’expérience on apprend à se détendre, à accepter voir même à attendre les accidents.

Parmi toutes les nombreuses expériences artistiques que vous avez pu avoir, en retenez-vous certaines plus que d’autres ?

Oui, oui, bien sûr. Il y en a plusieurs mais on va dire que la chose la plus marquante dans mon parcours est « La famille formidable ». Parce que ça a duré de mes onze ans à mes trente ans, que ce sont eux qui m’ont orienté, qui m’ont dit d’aller faire du théâtre. C’était quand même une approche un peu théâtrale, on était comme une troupe, on se retrouvait régulièrement, on partait en voyages et, au fur et à mesure des années, on a créé de vraies amitiés qui sont encore là à l’heure actuelle. Donc je dirais que c’est la plus belle expérience de ma vie. Ça me manque. Je ne le pensais pas d’ailleurs. Quand ça s’est arrêté en 2018, je m’étais dit qu’il fallait savoir couper le cordon au bout de 25 ans et, moi-même, j’étais alors plutôt sereine par rapport au fait que ça s’arrête, en me disant que l’avenir était à nous et qu’il allait se passer plein de belles choses. Maintenant, je bosse beaucoup au théâtre, ce n’est pas du tout un aspect financier qui me manque, mais les copains, les voyages au Portugal, les amitiés, les engueulades, la famille… C’est ma deuxième famille.

La deuxième aventure qui m’a la plus marquée est encore une histoire de troupe, que je vis toujours à l’heure actuelle avec une compagnie qui s’appelle « Le Birgit Ensemble ». C’est ma promo du Conservatoire National, on traite de sujets politiques et historiques, on s’interroge sur l’Europe et sur la France, nous faisons une sorte de grande épopée théâtrale sur plusieurs années, en faisant différents spectacles un peu dans la même lignée. Pareil, avec le temps, on est devenus très amis, très soudés, on se connait, on adore travailler ensemble.

 

 

Parmi les projets et actualités, vous serez de retour sur les planches, au théâtre de la Pépinière, pour la reprise du spectacle « Intra muros ». Pour ceux qui ne le connaitraient pas encore, comment le présenteriez-vous ?

Déjà, c’est une pièce écrite et mise en scène par Alexis Michalik, le metteur en scène de « Edmond », du « Porteur d’histoire », du « Cercle des illusionnistes », donc de beaucoup de pièces à succès. C’est un spectacle qui est très populaire, qui s’adresse vraiment à un public très large, qui est très touchant. Ça se passe en milieu carcéral, c’est un cours de théâtre qui a lieu dans une prison. C’est un peu un échec, seulement deux détenus viennent mais le cours de théâtre va quand même avoir lieu, permettant à ces deux détenus de pouvoir voyager en dehors des murs, de se raconter, de revivre des choses et des émotions qu’ils n’ont pas vécues depuis quinze à trente ans. C’est la magie du théâtre, comme toutes les pièces d’Alexis qui sont des déclarations d’amour au théâtre, ce que je trouve magique.

 

 

Je joue une jeune étudiante assistante sociale qui est à l’initiative de ce cours de théâtre. Elle a tout mis en place pour que ça ait lieu. Je ne veux pas en dire plus mais chaque personnage a une raison d’être là, on est tous là pour quelque chose, ce n’est pas du hasard.

A quelques jours de ce retour sur les planches, on imagine la joie, l’excitation et l’impatience en vous ?

Oui !!!! Il faut que je revoie mon texte…J’ai juste hyper peur quand même qu’il y ait encore des soucis avec ce foutu Covid. J’espère que ça va se faire, j’espère que les spectateurs viendront malgré le port des masques. Oui, je n’en peux plus, je n’arrive pas encore à y croire, ni à penser que tout va bien se passer. Si ça se fait, je pense que ça va être la fête de la joie, je n’ose même pas imaginer les sensations! En même temps, ça va être hyper beau juste de remonter sur le plateau, de revivre le stress, l’excitation, de revoir dans le noir les têtes des spectateurs. Ça me parait si lointain, le Covid nous a un peu écartés de notre métier, j’ai un peu oublié tout cela.

A partir de fin septembre, vous participerez aussi à un autre spectacle, dans un registre différent, le jeune public. Que dire sur cette autre pièce ?

Je fais la reprise du rôle d’une amie, Marion Clément, qui est aussi la metteuse en scène du spectacle, sur une création autour de « La Brouille », de Claude Boujon. On jouera à la Manufacture des Abbesses. C’est l’histoire de chamailleries entre deux lapins voisins de terriers.  C’est à partir de 4 ans, c’est extrêmement ludique, j’ai même appris cet été le Ukulélé pour mon personnage, une sorte de Madame Loyale un peu excentrique, déjantée qui va un peu trop loin à chaque fois dans sa folie, par rapport au fait qu’elle s’adresse à des enfants.

Je suis maman depuis deux ans, j’avais vraiment envie de faire du théâtre pour enfants ! Cela va être une chouette expérience. Et j’adore travailler avec Marion, on a une compagnie ensemble, la Lovely Compagnie et on crée des spectacles sur le thème du féminin avec 4 autres amies. Encore une incroyable aventure collective!

 

 

Pour terminer, un autre spectacle est annoncé pour 2021 avec votre compagnie Le Birgit Ensemble ?

On avait déjà fait un spectacle autour du mur de Berlin, un autre sur le siège de Sarajevo, un sur la crise grecque et, là, au lieu de travailler sur l’histoire européenne, nous avons entamé un cycle sur l’histoire de France. Pour la première fois, c’est un roman d’anticipation, on ne travaille pas sur un fait historique ou politique qui a eu lieu, on est dans le futur, on est dans le QG de campagne des présidentielles, dans l’entre-deux tours. Des fantômes de notre histoire vont venir visiter notre candidat, Paul Chazelle. Des fantômes de la colonisation, des fantômes de l’esclavage, qui vont venir mettre à mal la campagne électorale.

C’est hyper excitant, on travaille sur de la matière que l’on est en train d’inventer même si on a dû faire un boulot monstrueux sur nos connaissances des institutions françaises. On crée tout, de A à Z, avec aussi un côté fantastique pour les fantômes, via des effets de son, de lumière. C’est un peu différent de nos créations habituelles. La première aura lieu début février 2021 et nous jouerons un peu partout en France, notamment un mois entier, en mars, au théâtre de la tempête, à Paris.

Ce fut un plaisir, Marie, d’échanger avec vous !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Mégane Chalard nous parle des différentes pièces dont elle est à l'affiche actuellement !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Mégane,

Quel plaisir de vous retrouver pour ce nouvel entretien !

Vous êtes actuellement à l’affiche, chaque samedi soir, aux Blancs Manteaux, de la pièce « Salade d’embrouilles ». Très simplement, comment présenteriez-vous ce spectacle ?

C’est l’histoire de Pauline qui va à l’anniversaire de son père avec, comme cadeau, son petit-ami à lui présenter. Mais comme elle s’en est séparée quelques jours avant, elle demande à Nathan, un garçon de sa boite, de l’accompagner. Sauf qu’elle aurait dû se souvenir de la phrase d’Audiard « les cons, ça ose tout c’est même à ça qu’on les reconnaît » et se dire qu’elle n’a peut-être pas pioché la bonne personne pour se faire passer pour son conjoint... Puisque à cause de tous ses mensonges le menu de ce soir sera servi avec une bonne Salade d’embrouilles.

Quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage ? Comment le décrire ?

C’est une chieuse avec un sacrée caractère, au premier abord, mais dans le fond c’est une jeune femme très sensible. Comme elle ne veut pas dévoiler sa fragilité, elle s’enferme souvent dans sa carapace et n’hésite pas à mentir pour ne pas passer pour la « looseuse » de la famille auprès de son père qu’elle ne veut pas décevoir et de sa sœur avec qui elle se sent en rivalité.

Au moment d’interpréter ce rôle, avez-vous eu ou avez-vous des sources particulières d’inspiration ?

Je me suis inspirée de ce que faisaient mes collègues qui m’ont précédé comme elles ont aidé au  développement du personnage à la création de la pièce. J’ai essayé également de m’approprier le rôle au travers de mon expérience, en me rappelant les fois où en voulant bien faire je me mettais dans des situations pas possibles !

Après quelques représentations, quels premiers retours avez-vous déjà pu avoir ?

La pièce plaît beaucoup, elle est vraiment drôle, bien ficelée, pleine de rebondissements. On s’attache à tous les personnages, même au mien alors que c’est elle qui ment à tout le monde, qui crée toutes les discordes et quiproquos qu’il peut y avoir ! Du coup, on a eu de très bons retours, que ce soit sur le spectacle en général ou sur le jeu des comédiens, ce qui est plutôt valorisant pour notre métier.

Dans quelle phase d’appropriation du rôle vous considérez-vous actuellement ?

Ayant eu de très bons retours alors que j’en suis à ma troisième représentation, je crois que je suis en bonne voie pour le Molière ! Plus sérieusement, j’ai envie de progresser et de faire en sorte de me l’approprier encore plus et j’y travaille à chaque représentation.

 

 

En cette période un peu singulière d’un point de vue sanitaire, quelles adaptations ont été faites par le théâtre ?

Chaque comédien fait attention à ses camarades de jeu. Le théâtre met en place le port obligatoire du masque pour les déplacements, une fois assis on a le droit de l’enlever si on le souhaite. La jauge a été baissée pour pouvoir mettre de la distanciation sociale entre chaque groupe de personnes dans la salle. L’équipe du théâtre des Blancs Manteaux a fait en sorte que nous puissions jouer et recevoir le public dans de bonnes conditions.

En parallèle, dans le même théâtre, vous jouez depuis de nombreux mois maintenant les deux  autres pièces du même auteur, « Les parents viennent de Mars, les enfants du McDo ! » version « Chez Papa » et « Chez Maman ». Ce qui vous permet d’enchainer deux spectacles. Comment gérez-vous cette transition ? Facilement car vous connaissez parfaitement ce spectacle ?

Je joue depuis plus de deux ans la version « Chez Papa » et celle « Chez Maman », celles-ci sont rôdées. Comme je les connais très bien, et que je joue avec les mêmes comédiens les deux spectacles du samedi – Emeric Bellamoli et Rodolphe Le Corre, qui est aussi l’auteur de toutes ces comédies - l’enchainement avec le nouveau spectacle ne me fait pas peur, on a l’habitude et toujours autant d’énergie ! Pour résumé les week-ends d’août : on joue tous les vendredis à 17h 30 la version « Chez Maman » et le samedi, à la même heure, celle « Chez Papa », avant d’enchaîner, à 19h30 avec « Salade d’embrouilles ».

En plus, une longue tournée, si le contexte le permet, est déjà programmée jusqu’à fin 2021…

Oui, avec les trois spectacles, ce qui est super !

Notamment je suis très contente de pouvoir jouer dans ma région natale, en Bretagne, fin janvier 2021 - une fois près de Quimper, puis près de St-Malo. Ça me fait très plaisir de pouvoir jouer devant ma famille et mes amis bretons ! J’aime le fait de jouer un peu partout en France, cela me permet d’être à la rencontre de nouveaux publics plus chaleureux les uns que les autres et de découvrir des villes que je ne connais pas comme Marseille, Lille, Vichy ou encore Perpignan qui sont prévues dans les prochains mois.

Merci, Mégane, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Section de recherches, sur TF1 - Juste la fin du monde, au théâtre : Félicité Chaton évoque sa belle actualité !

Publié le par Julian STOCKY

@ Jean Philippe Salerio

 

Bonjour Félicité,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre site !

On pourra prochainement vous retrouver dans la saison 14 de « Section de recherches » sur TF1. Vous qui vivez cette aventure de l’intérieur depuis plusieurs années, comment présenteriez-vous, avec vos propres mots, ce programme ?

Je dirais que c’est avant tout un programme populaire, familial. Je me suis rendue compte (lorsqu’il m’arrive de rencontrer des fans de la série dans la rue) qu’il y a aussi de très jeunes gens qui suivent SR. C’est sans doute aussi lié à la manière dont les faits sont exposés. On se débrouille toujours pour que ce soit mis en scène de façon assez distancée. Le mort n’est jamais absolument « dégueulasse » ! Ce qui fait que, je pense, un jeune peut regarder, sans être choqué.

C’est un programme de divertissement, ce sont des enquêtes, avec un même schéma qu’on a plaisir à retrouver, un côté Cluedo que j’aime beaucoup. Il y a quelques éléments de contextualisation au départ et puis on rentre tout de suite dans le qui, quand, quoi, comment. Ce qu’il y a de sympathique aussi et qui fait que le téléspectateur peut être intéressé, c’est ce que l’on appelle les arches. C’est-à-dire le fait que l’on va s’intéresser aux personnages récurrents.

Quel regard portez-vous à présent sur votre personnage de Vicky ?

Tout ce que je peux voir, c’est qu’il a évolué, vraiment. Quand je suis arrivée, en première saison, j’avais trois phrases et surtout de la présence dans la gendarmerie. C’est une des choses que l’on apprend dans ce métier, à partir du moment où l’on est présent, il y a mille choses à inventer. Au début, j’étais un peu terrifiée, ça faisait longtemps que je n’avais pas tourné et je voyais bien que l’équipe avait l’habitude de ce rythme. Très vite, je me suis dit que, même si j’avais peu, je pouvais glisser peut-être des trucs marrants. A l’époque, Dominique Lancelot avait un peu repéré que je prenais du plaisir à m’amuser avec les accessoires, avec le côté geek. Du coup, elle a commencé à développer cela et à me donner davantage. Quelque part, j’ai grandi avec la série. On a eu aussi un moment où on est allé un peu trop loin au niveau de l’accoutrement : j’avais des tenues pas possibles et une seule boucle d’oreille, de plus en plus grosse ! C’est lié à Vicky, le personnage un peu décalé, dans un duo un peu marrant avec Alex (Stéphane Soo Mongo), mais SR n’est pas non plus une comédie, donc il fallait revenir à une sorte d’équilibre. Le personnage doit être léger mais en même temps crédible.

De retour de cette saison-là, on s’est dit qu’il fallait que l’on redescende. De même que l’enthousiasme débordant de Vicky, qui est un peu sa couleur, sa caractérisation, (qui, c’est vrai, n’est pas si éloignée de mon caractère !) a évolué. Je me disais qu’il pouvait y avoir des jours où elle est saoulée. Aussi la saison 13 a été, pour moi particulièrement importante. Elisa Castel, à la direction artistique, m’a offert la possibilité de jouer quelque chose de beaucoup plus dramatique puisque je perdais ma demi-sœur. Ce fut la possibilité de voir une face sombre, plus complexe, du personnage de Vicky. On l’a vue devant une tragédie. Suite à cet épisode, il a été décidé, en saison 14, de me mettre sur le terrain.

Le rôle de Vicky a donc évolué, petit à petit. En saison 14, elle va sortir du bureau et se retrouver confrontée à un travail qu’elle n’a jamais fait jusqu’alors, l’obligeant à développer de nouvelles compétences, à savoir enquêter. Je suis très heureuse de cela.

 

@ Jean Philippe Salerio

 

Le rythme de tournage est plutôt soutenu. Justement, au fur et à mesure des saisons, aussi au fur et à mesure de l’évolution de votre personnage, avez-vous adapté et peaufiné votre propre méthodologie de travail et de préparation ?

C’est vraiment en faisant que l’on apprend. J’ai appris à être efficace sur cette série, très clairement. Je savais qu’il fallait que le texte soit au cordeau. Mais je me suis rendue compte, vu le peu de temps qu’on a sur le plateau, que plus on a de termes techniques, (et j’en ai souvent !) plus il faut préparer, c’est-à-dire digérer la chose pour pouvoir se libérer, en sachant à quoi elle correspond. L’idée est d’humaniser un vocabulaire qui peut être globalement pénible quand on le lit. Il faut lui donner des couleurs, de l’intention, il faut l’incarner pour prendre du plaisir et pour que le téléspectateur ait du plaisir à le voir et à l’entendre. (Et il ne faut pas oublier à quel moment on intervient dans le déroulement de l’enquête !)

Pendant que l’équipe travaillait, ma manière à moi de rendre la chose plaisante était de beaucoup jouer avec les accessoires, pour me donner du soutien concret. Je m’accrochais à tout ce qu’il y avait sur le bureau. Je demandais des accessoires qui n’étaient pas forcément prévus. J’ai créé aussi des accidents : concrètement par exemple, si on joue avec une feuille de papier, elle peut tomber par terre, ce qui peut être finalement plus intéressant que si elle restait droite !

Avec le temps, je n’ai pas gagné forcément en efficacité mais en détente. Je me fais plus confiance, je laisse davantage faire. Je suis quelqu’un d’une exigence dingue, je veux que tout soit parfait du premier coup, c’est mon défaut, mais je travaille dessus !! Je crois que ce programme m’a aidé à lâcher, à me dire que c’est aussi vachement agréable d’être dans le regard de quelqu’un qui propose autre chose, qui remet en question ce que l’on fait. Ce chemin se fait à deux, entre le réalisateur et l’acteur. Je dirais que j’ai lâché la pression, avec les années. J’essaie vraiment d’être la plus vraie possible. Ce qui passe aussi par une grande détente. Ce programme nécessite à la fois beaucoup de travail et de souplesse.

Vous l’avez dit, en saison 14, votre personnage sera davantage présent sur le terrain. Cela vous a-t-il incité à de nouvelles sources d’inspiration pour l’interprétation de Vicky ?

Disons plutôt que, sur la saison 14, je me suis servie du fait que moi, en tant que comédienne, je n’avais jamais été en extérieur sur SR. J’ai trouvé la première scène de crime magnifique, je me suis extasiée pendant vingt minutes sur la beauté du décor (!) j’étais en fait dans un état second et j’avais un peu peur. Je me suis servie de mon « malaise », du fait que je ne m’étais jamais retrouvée là et je me suis dit que ce que je traversais, pouvait correspondre au malaise du personnage. Je n’avais jamais été sur le terrain et Vicky non plus.

De même, j’ai pris aussi du plaisir à faire des interrogatoires, ce que je n’avais jamais fait de ma vie. Le plaisir que je prenais était celui de Vicky.

En parallèle, dans un tout autre registre, vous avez démarré la mise en scène d’une pièce. Pour ce que vous pouvez en dévoiler, comment présenteriez-vous ce spectacle ? Quels thèmes et thématiques y seront abordés ?

C’est avant tout la thématique de la famille, même si ça parle de mort. La mort plane, elle n’est jamais dite entre les personnages mais elle est là. Cependant un lien très direct existe entre le personnage principal et le public qui fait que seul ce dernier sait. Il s’agit de « Juste la fin du monde », de Jean-Luc Lagarce, qui est une de ses pièces les plus montées. Elle est presque devenue un classique contemporain. J’ai un amour de ce texte depuis très longtemps, je voulais m’y atteler.

C’est l’histoire d’un homme qui sait qu’il va mourir. On apprend qu’il souffre d’une maladie, mais elle n’est jamais nommée, on peut supposer qu’il s’agit du Sida, la maladie qui, à l’époque, avait affecté l’auteur. En fait, il retourne dans sa famille après environ quinze ans d’absence…  Ce retour a pour but de leur annoncer qu’il va bientôt mourir. La beauté de cette pièce est qu’il ne leur dira jamais, le public restera le seul confident de son rapport avec la maladie et la mort. Mais le personnage va permettre, par son silence, de faire en sorte que les siens puissent s’exprimer, puissent dire tout ce qui les a travaillé pendant toutes ces années, tous les non-dits, tout ce qu’ils ont gardé pour eux et qui, là, va pouvoir être nommé pour la première fois. C’est vraiment une pièce sur, je dirais, le pouvoir du langage et le pouvoir de nommer, de dire avec exactitude, pour quitter les ténèbres de l’informulé.

 

@ Gordon Spooner

 

C’est une pièce qui a souvent été mise en scène, vous l’avez dit. Comment procédez-vous ? Vous servez-vous des travaux précédents ? Ou préférez-vous ne pas en prendre connaissance pour une totale liberté d’esprit ?

En fait, j’estime que je dois connaitre ce qui a été fait, que je n’ai pas le choix. Donc j’ai regardé tout ce que j’ai pu regarder. Pour moi, c’est hyper important de me nourrir de tout ce qui a déjà été fait. C’est une pièce où la parole doit être essentielle. Et où il y a beaucoup de théâtre aussi, comme si chacun des personnages se pressentait acteur dans une pièce. Cela m’importe de savoir comment d’autres metteurs en scène ont vu ces choses. ça me permet de me situer par rapport à eux et à la pièce.

J’essaie de mon côté, de tirer le fil d’un personnage principal qui est une sorte de double de l’auteur. Comme une sorte de mise en abyme, il serait à la fois acteur, spectateur et presque auteur de ce que l’on est en train de voir. Comme si au bout du compte, tout cela était une sorte de fantasme, de rêverie d’un homme au bord de la mort.

Quelles premières dates sont déjà connues ?

Nous jouerons à Bagnolet, en banlieue parisienne, au théâtre l’Echangeur, du 12 au 22 octobre. (Puis à la rentrée 2021 aux Théâtres de Maisons-Alfort et à l’Espace des Arts, Scène nationale de Chalon-sur-Saône). On a la chance que ce texte soit aussi au programme du bac français l’année prochaine. On va avoir, en plus, une représentation en matinée pour les lycéens. On est très contents de pouvoir toucher les jeunes avec cette problématique et ce texte magnifiquement bien écrit. Sur scène, vous retrouverez Florent Cheippe, Xavier Brossard, Aurélia Arto, Cécile Péricone et Angèle Peyrade.

Ce fut un plaisir, Félicité, d’échanger avec vous !

Publié dans Télévision, Théâtre

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Laure Millet évoque ses projets à venir, à l'écran et sur les planches !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Laure,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous êtes actuellement en tournage de la saison 5 de « Sam » pour TF1. Votre personnage est de retour, après une année sur Bordeaux. Justement, dans quel contexte s’inscrit ce retour ?

Dans la saison 5, Juliette travaille maintenant en tant que magistrat de liaison, à Londres, de manière temporaire, dans un cabinet. Elle a vraiment du mal à conjuguer sa vie professionnelle et son enfant de quatre ans, Gus, qu’elle a eu avec son chéri Alex, le fils de Sam. Forcément, ce dernier lui fait beaucoup de reproches. Le retour de Juliette s’accentue

donc vraiment là-dessus, et aussi sur les choix qu’elle va devoir faire.

 

A titre plus personnel, avez-vous des sources particulières d’inspiration pour l’interprétation de Juliette ?

C’est marrant, ma soeur est avocate et je trouve qu’elle ressemble vraiment à Juliette. Mon

personnage a beaucoup de caractère, elle sait ce qu’elle veut, elle est très ambitieuse. Elle a aussi un style vestimentaire classique. Je me suis pas mal inspirée de ma sœur en ce sens pour créer mon personnage.

Pour cette nouvelle saison, j’ai essayé de regarder divers parcours de femmes qui ont du mal à conjuguer leurs vies pros et persos. Pour voir un peu ce que ça leur coûte au quotidien. J’ai surtout essayé de ne pas juger mon personnage, on dit souvent de certaines femmes qu’elles sont de mauvaises mères car elles ne s’occupent pas assez de leurs enfants, parce qu’elles travaillent. Mon personnage est jeune, elle a eu un enfant tôt, qui, à la base, n’était pas vraiment désiré. Elle l’aime, mais elle a quand même une vie professionnelle à gérer, elle a de l’ambition et c’est extrêmement important pour elle. Donc j’ai vraiment voulu m’axer là-dessus.

 

Pour la suite, vous plairait-il d’aborder certains thèmes en particulier ?

J’aimerais bien. Mais je ne sais pas encore s’il va y avoir une saison 6. Je ne peux pas non plus

dévoiler la fin de la saison 5 mais peut-être qu’il va y avoir un petit revirement aussi de situation par rapport au personnage de Juliette. Donc on ne sait pas si on va la revoir ou pas. Ce sont vraiment les scénaristes qui choisiront. Tout dépendra aussi des audiences, on verra, affaire à suivre.

 

En parallèle, sur les planches, vous développez deux projets de spectacles. Pour le premier, deux dates sont déjà connues, celles du 6 et 9 janvier prochains au centre d’animation Montgallet dans le 12ème. A ce titre, comment présenteriez-vous cette pièce ?

C’est le spectacle « Une petite sirène », écrit par Lauren Oliel, où je joue le personnage principal. L’histoire est vraiment modernisée, on est partis du conte de Hans Christian d’Andersen, qui est vraiment retranscrit de A à Z mais on s’est permis des libertés autour. L’histoire se passe dans les années 70, pendant le premier gros choc pétrolier Torrey Canyon. La mère de la petite sirène est montée à la surface de l’eau et meurt dans cette nappe de pétrole qui l’étouffe. Le peuple des sirènes doit alors migrer car les humains commencent à tout ravager sur leur passage, si bien que les sirènes ne se sentent plus en sécurité chez elles.

On garde malgré tout la thématique du rêve de la petite sirène d’aller voir le monde des humains. C’est une tradition familiale, donc sa grand-mère l’autorise à le faire. C’est là qu’elle rencontre le prince dont elle va tomber folle amoureuse. Elle va sacrifier sa voix pour pouvoir lui ressembler et se faire aimer de lui. On a rendu le prince passionné des océans, il travaille beaucoup avec le commandant Cousteau, il n’est absolument pas content de ce qui commence alors à se passer sur terre et dans les océans. Cette période évoque vraiment les prémices de la pollution des océans, on a voulu montrer les ravages que ça pouvait avoir au fur et à mesure.

On parle aussi de la petite sirène qui devient une femme et qui part à la découverte d’un autre

monde. On parle également de la différence, de la liberté, de la mort, de pleins de chosesj’adore !

 

 

Ce spectacle s’adresse à toutes les générations. Au jeune public pour le sensibiliser mais aussi aux adultes, avec une lecture différente.

Oui, complètement. On a voulu vraiment rendre cette pièce accessible à tout le monde, pour

sensibiliser un public plus large. Dans le milieu théâtral, il y a deux sortes de pièces jeune public à mon sens. Il y a des pièces qui sont vraiment destinées à faire rire, à divertir les enfants et c’est ce qu’ils recherchent. Ils le font très bien. Nous avons davantage cherché à les sensibiliser et à les faire s’évader dans un univers poétique. Avec également de l’humour. C’est vraiment un spectacle qui s’adapte à tout le monde, je pense qu’il peut autant toucher un enfant de huit ans qu’un adulte de soixante ans.

 

Pour votre préparation, allez-vous vous replonger dans le conte originel, comme base de travail ?

Oui, car il va y avoir des références. Cette profonde admiration qu’elle a pour le monde des humains et le rêve d’aller découvrir leur monde me nourrit pendant toute la pièce. Ce que j’aime dans la pièce adaptée du conte, c’est que malgré la noirceur du début de la pièce, la Petite Sirène ne perdra jamais sa joie de vivre et sa fougue. Et grâce à cela, elle apporte un grand vent de fraîcheur à la pièce. Son amour pour le prince est toujours aussi très présent dans notre adaptation.

Après, certaines choses vont changer par rapport à la lecture du conte en terme de préparation : par exemple, elle est quand même affectée par la mort de sa mère, et elle dit dès le début de la pièce qu’elle n’a plus le coeur à chanter, alors que, dans le conte, on voit quand même qu’elle chante beaucoup et est apprécié par tout le royaume grâce à sa jolie voix. Je vais aussi mettre ma personnalité au service du personnage et apporter ma touche personnelle évidemment. Je vais travailler aussi sur le fait de retrouver la malice, la fraîcheur et l’innocence que l’on a à quinze ans.

 

On imagine que les deux premières dates évoquées visent à faire découvrir ce spectacle pour, ensuite, le proposer plus largement ?

Ces deux dates font office de sortie de résidence mais sont ouvertes au public. On a envie de faire Avignon 2021, on va voir si cela est possible. Mais aussi de le faire tourner le plus largement possible, de le jouer le plus possible, on adore cette pièce. On travaille cette écriture depuis près de deux ans, ce projet nous tient à coeur, on le trouve très beau et très important à montrer dans l’époque actuelle, très touchée par les thèmes de l’écologie et du feminisme. Cette pièce est très actuelle, nous aimerions donc la montrer au plus grand nombre.

 

Dans les autres projets théâtraux, une deuxième pièce est espérée pour 2021. Comment

définiriez-vous ce spectacle ?

C’est aussi une pièce jeune public, à partir de huit ans, qui s’appelle « Fly me to the Moon », mis en scène par Virginie Mathelin et Jean Luc Bertin. C’est une pièce que j’adore : j’ai vraiment eu un gros gros coup de coeur à la lecture. Elle parle en partie de la différence, sujet qui me touche très fortement. La pièce se passe en 1969 avec deux enfants, Maggy, que j’interprète, et Jack. Mon personnage a 10 ans, habite à Londres et apprend au fur et à mesure de la pièce être atteint de la maladie des enfants de la lune. Elle ne peut plus se mettre au soleil, son quotidien change au fur et à mesure que la pièce avance. C’est très compliqué pour elle car ses amis de l’école la fuient, pensant tous que cette maladie est contagieuse. Un jour, elle tombe fortuitement sur Jack au téléphone, un jeune afro américain souffrant de la ségrégation à Houston, et ils vont se lier d’amitié. Ils souffrent beaucoup de leur différence et cette amitié va leur permettre de s’évader, de parler ensemble. C’est vraiment une très jolie pièce, j’ai hâte de commencer les répétitions.

 

Merci, Laure, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision, Théâtre

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Hélène Martin évoque son parcours, son actualité et ses projets artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Hélène,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes une artiste aux multiples cordes artistiques, citons notamment la scène et l’image. Plus généralement, qu’est-ce qui vous plait tant dans votre quotidien artistique ?

Ce qui me plait particulièrement dans mon métier et, j’allais dire, dans mes métiers, c’est la possibilité de faire de nouvelles rencontres très régulièrement, de travailler avec des équipes différentes tout au long de l’année. Je rencontre de nouvelles personnes, de nouvelles équipes, c’est quelque chose qui m’enrichit énormément. Ce travail collectif est ce qui me plait le plus, on évite une certaine routine, on est toujours dans la nouveauté.

Retrouvez-vous, ponctuellement, certaines complémentarités entre ces différents domaines ? Ou les considérez-vous comme autant de métiers différents ?

Je pense vraiment qu’il y a un lien dans tout ce que je fais, qui me permet justement de m’adapter à chaque situation. C’est vrai que je travaille, à la fois sur scène et en plateau, aussi bien en tant que comédienne, qu’en tant que metteur en scène. J’ai fait, dans le passé, beaucoup de régie pour de gros festivals. Du coup, ça m’a permis d’apprendre toutes les facettes de ces métiers-là. Donc, je crois que, à chaque fois, ce sont des expériences qui nourrissent les suivantes.

Par exemple, quand j’ai commencé les tournages pour « Les Mystères de l’Amour », c’était quelque chose de nouveau pour moi puisque, jusqu’à présent, j’avais principalement travaillé au théâtre. Là, de travailler sur une série, toutes les expériences passées m’ont permises d’être plus à l’aise. Car, en tournage, c’est très différent du théâtre. Au théâtre, on répète pendant des semaines, des mois, on a le temps d’apprendre à connaitre les gens, on a le temps de prendre des repères avant de se lancer sur scène. En tournage, c’est un travail absolument différent, c’est de l’immédiat, même si, évidemment, il y a des répétitions, en amont, selon les scènes à jouer. Du coup, oui, je pense vraiment qu’il y a un vrai lien dans tout ça.

 

 

D’ailleurs, êtes-vous davantage encore intéressée par un de ces domaines en particulier ? Ou est-ce l’ensemble, le tout, qui vous attire ?

Je pense que j’aurais du mal à choisir, effectivement. C’est pour cela, je crois, que j’ai plusieurs « métiers ». Parce que je m’enrichis avec chacun d’entre eux. Donc c’est vrai que le choix serait difficile à faire. Mais, surement par rapport à mon parcours, mes expériences et surtout ma personnalité, c’est vrai que j’ai un affect un peu plus développé pour le théâtre. Parce que, justement, comme je suis quelqu’un qui a besoin de temps pour rencontrer les gens, pour me sentir à l’aise, je pense que le théâtre me correspond bien. J’aime aussi beaucoup le rapport direct avec le public, forcément on ne le retrouve pas en tournage par exemple. Le théâtre me permet aussi d’assembler toutes les cordes que j’ai mises à mon arc tout au long de mon parcours. C’est vrai qu’au théâtre, il m’arrive souvent à la fois de faire la mise en scène, de jouer, et de réfléchir à la scénographie. Disons que je peux me servir justement de tout ce que j’ai appris, alors qu’en tournage je suis comédienne et juste comédienne (pour l’instant !).

Concernant la mise en scène au théâtre, avez-vous des sources particulières d’inspiration ?

Je pense que oui, on est continuellement inspirés par tous les spectacles que l’on peut voir, de différents metteurs en scène. Que ce soient des grands metteurs en scène de renom ou des mises en scènes de personnes qui ont des noms, on va dire, inconnus du grand public. On est continuellement inspirés par les choses qui nous plaisent, qui nous touchent mais aussi inspirés par les choses qui peuvent nous déplaire. Il y a des spectacles avec lesquels on accroche moins et, pourtant, ils sont source d’inspiration parce qu’ils nous poussent à aller chercher ailleurs et à trouver de nouvelles idées. Donc, oui, c’est évident que l’on tire notre inspiration de tout ce que l’on voit et d’ailleurs pas uniquement du théâtre ou du cinéma ou encore des séries télé. On la tire dans une peinture, dans une musique, dans une scène du quotidien, en prenant le bus par exemple, quand on entend une conversation. On est continuellement happés par de micro choses respirées.

Au moment de rentrer sur scène ou sur un plateau, adaptez-vous votre méthodologie de préparation en fonction de l’art concerné ?

Oui, je crois que je fais ça. C’est vrai que je ne me pose pas forcément la question en le faisant, c’est quelque chose qui se fait un peu intuitivement et naturellement. En tournage, il  y a un certain lâché prise qui est demandé, puisque l’on est en attente d’un résultat immédiat. Le travail qui se fait en amont, est assez solitaire je trouve. Quand on apprend notre texte, on réfléchit aux propositions que l’on pourra faire, au niveau du jeu, à notre réalisateur par exemple. Mais, une fois arrivée sur le plateau, le jour j, il y a des contraintes avec la caméra, avec l’éclairage, avec son partenaire, avec tout un tas de choses. Là, il faut intégrer tout cela en quelques secondes, en quelques minutes et faire avec. Du coup, en tournage, je projette moins à l’avance ce que je vais faire, et j’essaie de me laisser porter par toutes ces choses qui vont m’arriver à la dernière minute. Alors qu’au théâtre, je pense que je réfléchis plus, j’imagine plus, je visualise plus, mais ça, c’est probablement dû à mon petit côté metteur en scène. J’ai du mal à me détacher du rendu final que je souhaite obtenir. Parce que j’ai toujours ce regard un peu extérieur à ce que je fais et ça c’est quelque chose que je travaille continuellement en tant que comédienne, à essayer d’être plus dans le lâché prise, justement pour laisser la metteur en scène de côté, quand je suis à la place de comédienne. Ce qui n’est pas toujours évident pour moi.

 

 

Parmi vos diverses expériences, certaines ont-elles été particulièrement marquantes ?

C’est vrai que chaque expérience est tellement différente que c’est un peu difficile d’être marquée plus par certaines que par d’autres. Je pense que l’expérience que j’ai dans la série « Les Mystères de l’Amour » est une expérience unique pour l’instant dans mon parcours, puisque c’est la première série dans laquelle je travaille. Donc, effectivement, ça a quelque chose de marquant. D’autant que je suis de la génération qui regardait « Hélène et les garçons » à l’époque donc c’est un joli clin d’œil que de tourner dans cette série aujourd’hui.

Après, il y a d’autres expériences auxquelles je pense. Par exemple, récemment, j’ai travaillé à l’Opéra de Paris, l’Opéra Bastille et, pour moi qui suis une fan d’opéra et de grandes productions comme celles qu’on peut trouver là-bas, c’est quelque chose qui reste gravé en moi. Se retrouver sur ce plateau immense devant ces spectateurs qui sont là par centaines était quelque chose d’assez magique. C’était réellement un rêve de petite fille de pouvoir monter sur une scène comme celle-ci un jour.

Vous avez aussi, pendant dix ans, au conservatoire d’Aix en Provence, dirigé des ateliers théâtre. Quels souvenirs en gardez-vous ?

C’est vrai que j’ai débuté ma carrière de comédienne à 19/20 ans, donc j’ai eu la chance de travailler assez jeune. Très vite, j’ai monté une structure pour diriger des cours amateurs, pour des publics adultes amateurs de théâtre qui souhaiteraient se lancer sur scène. J’ai eu la chance d’avoir un partenariat avec le conservatoire d’Aix en Provence et j’ai pu diriger des ateliers là-bas pendant dix ans. Dix ans de vie, à mon âge, c’est énorme, c’est un travail qui me marque particulièrement.

C’est quelque chose qui m’a appris beaucoup, que ce soit dans mon métier de comédienne ou de metteur en scène. Ça demande une capacité d’adaptation permanente puisque l’on travaille avec des gens qui ne sont pas du métier, qui ont des expériences différentes, et qui pour la plupart n’ont jamais fait de théâtre. Souvent, ils viennent par envie, c’est un loisir, il y en a aussi beaucoup qui viennent pour travailler leur peur du regard des autres. C’est quelque chose d’extrêmement enrichissant, on se sent utile, vraiment utile, dans ces cas-là. Les amateurs ont une telle passion, une telle envie de se dépasser, d’aller plus loin, d’apprendre et de faire de belles choses, que j’ai passé des moments merveilleux là-bas.

En ce moment, on peut vous retrouver sur TMC, dans le rôle de Gladys. Un mot peut-être sur ce personnage ?

Gladys est un personnage plein de mystères, justement. On n’en sait pas énormément sur sa vie passée. C’est très intéressant à travailler parce qu’au tout début je n’avais pas énormément de matière à laquelle me raccrocher. Donc il y a eu des choses à inventer, à imaginer, notamment par rapport à la relation qu’elle entretient avec le personnage de Tania. Elles vivent ensemble, elles ont l’air d’être en couple mais, en même temps, rien n’est complètement défini non plus C’est assez intéressant, j’aime bien cette ambivalence que l’on peut deviner dans ce personnage. Elle fait partie de la case des méchants mais elle n’est pas qu’une méchante, elle est quand même ultra attentive et pleine d’empathie pour Tania. Donc c’est que Gladys n’a pas que des mauvais côtés. C’est quelque chose qui me plait bien dans ce rôle.

 

 

Plus généralement, indépendamment du contexte actuel, quels sont vos projets et envies pour la suite de votre parcours ?

Alors, il y en a plein. C’est vrai que ce confinement m’a un peu coupé l’herbe sous le pied, puisque j’avais beaucoup de travail en cours et à venir. C’est assez étrange comme situation. Je travaille actuellement sur l’écriture et la mise en scène d’une pièce de théâtre, qui est très importante pour moi et sur laquelle je travaille depuis des années. Les choses sont en train de se concrétiser de plus en plus, c’est pour cela que je suis très impatiente que le déconfinement arrive et surtout que la reprise de la vie culturelle se fasse. C’est une pièce qui va parler de la prostitution dans les années 70. Puisque, en 1975, il y a eu ce que l’on appelle la révolte des prostituées.

Je travaille aussi avec une chorégraphe et danseuse. On devait être en résidence au mois de mai pour travailler sur une pièce chorégraphique qui parlera des traumatismes. Je suis chargée de faire la mise en scène et la dramaturgie.

J’ai un projet de court-métrage aussi, que j’ai co-écrit et dans lequel je vais jouer. Cette comédie devait se tourner au mois d’avril. Enfin, pour l’instant, en ce qui concerne la prochaine saison sur TMC, je ne sais pas encore si on retrouvera Gladys, ni comment on la retrouvera.

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

De continuer à faire un tas de nouvelles rencontres, de participer à des projets tous plus différents les uns que les autres. De pouvoir me nourrir de toutes mes passions de jeu, que ce soit en série ou au théâtre. J’aimerais bien faire une expérience de projet de comédie pour la télévision, j’adorerais faire quelque chose d’un peu différent. Bien sûr, de continuer à faire de la mise en scène et, surtout, que la pièce que je suis en train d’écrire ait une longue et belle vie.

Merci, Hélène, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Charlotte Adrien évoque son processus de création et nous parle de sa vision du monde d'après !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Charlotte,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes une artiste aux multiples cordes artistiques, citons notamment la comédie et le chant. Qu’est-ce qui vous plait dans votre quotidien artistique ?

J'aime bien la possibilité de passer d'une discipline à l'autre justement. Je ne sais pas à l'avance comment je vais exprimer ce que j'ai à dire, la forme que ça va prendre. Cela dit, je constate à postériori que j'ai tendance à exprimer certaines parties de moi dans la musique, des parties que je n'utilise pas forcément à l'écran ou au théâtre...

En tous cas, le fait de passer d’une discipline à l’autre, et bien....euh... je crois que je suis constituée comme ça en fait ! Je ne sais pas « faire autrement » ! Ma formation est multiple, j’étais au conservatoire de Théâtre de Marseille, et en même temps, en fac de sport. Et puis un jour, pour rassembler les disciplines corporelles et les « disciplines poétiques », je suis partie faire une formation Russe à Minsk, en Biélorussie. Il y avait autant de théâtre que de musique, d’escrime ou d’acrobatie. On faisait tout. J’étais comme un poisson dans l’eau ! Le fait que tout soit possible tout le temps je trouve ça super... 

 

Retrouvez-vous, ponctuellement, certaines complémentarités entre ces différents domaines ? Ou les considérez-vous comme des métiers différents ?

C’est une bonne question. Un peu des deux... en fait plus le temps avance, plus je me rends compte que tout ça est plus poreux que ce que je croyais au départ. En France en tous cas, car en Russie ils mélangent tout ! Mais ici, il faut déguiser les techniques pour que personne ne s'aperçoive de rien !!! Rester malins… ! Dans une pièce de théâtre que j’ai jouée l’été dernier, à des moments, j’utilisais une technique « de tournage », à d’autres moments j’utilisais une technique de clown, et à d’autres j’utilisais uniquement le rapport au texte, à sa matière, je revenais à la comédienne de théâtre au sens pur.... 

En ce moment je suis en train d’écrire un clip pour mon groupe de musique, « CARDINALE », que l’on va réaliser à la sortie du confinement. Et au fond, c’est pareil, je me rends compte que j’utilise un savoir-faire d’actrice mais il y a sans doute un peu de folie que je puise dans l'univers très poétique du clown, et je fais cela au service de la musique que j’écris. Tout ça est perméable en fait... J’adore l’idée que la poésie prenne pleins de formes différentes… !

 

 

 

Etes-vous davantage encore attirée par l’un d’eux en particulier ? Ou, à l’inverse, est-ce justement l’ensemble, le tout, qui vous ravit ?

Ça dépend des périodes de ma vie... Mais s’il y a quelque chose qui prédomine, c’est probablement mon rapport à la musique. Ça me permet d’écrire mes textes, de les interpréter et de composer les mélodies. C’est très complet. J’ai de l'espace pour créer un univers qui m'appartient, de l'espace pour l’interprétation, un rapport à la poésie, et à la composition.

Cela dit, j’adore pouvoir arriver en répétition, ou sur un tournage et être juste au service de ce que le réalisateur ou le metteur en scène veulent. Ça me repose quelque part ! C’est très agréable !

 

Vous évoquiez les compositions, au sens large du terme, que vous pouvez être amenée à réaliser. Avez-vous des sources particulières d’inspiration à ce moment-là ?

Ah oui, oh là là. Quand j’étais petite, j'ai la chance que mes parents aient mis de la super musique ! J'ai beaucoup entendu Gershwin, dès que je suis née, et pendant toute mon enfance, ça forge un esprit musical Gershwin ! Il mélange le classique, le jazz et la musique moderne. Du coup, ça enlève beaucoup de limites dès le départ ! Mes parents mettaient aussi du Nougaro, du Gainsbourg, qui ont un rapport très prégnant au texte, avec une vraie qualité musicale. On écoutait aussi Renaud, qui était transgressif, provocateur, avec beaucoup d’humour. Et il a de jolies mélodies. Donc des sources comme ça assez lointaines. En ce qui concerne des influences plus directes, j'ai été beaucoup inspirée par des artistes comme Emilie Simon, -M-, les Doors, BRNS, Keren Ann, Miss Li...

Etrangement, les gens qui écoutent « CARDINALE » m'ont souvent dit qu’ils entendaient des influences de Feu ! Chatterton et de Baschung. Alors que, bien que ce soit de très grands artistes, j'ai relativement peu écouté. Je pense que les gens entendent ça parce que CARDINALE déploie un rapport poétique à la langue et à l’interprétation. Comme en plus les musiciens jouent assez rock... On m’a dit aussi qu'on ressemblait un peu à Fauve mais version Meuf ! Peut-être parce qu’il y a un rapport à la parole chantée-parlée...

Sinon, j’ai tellement écouté Vanessa Paradis !!!! mais ça ne ressemble pas du tout à ce qu'on fait !!! 

 

 

 

Avez-vous des méthodologies particulières de préparation, avant de monter sur scène ou de rentrer sur le plateau ?

J’ai l’obligation de beaucoup me chauffer les cordes vocales parce qu’elles ont été un peu fragilisées. Mais au final c'est plutôt un atout, car ça oblige à se centrer et ce n’est pas plus mal ! Je fais toujours une petite demi-heure de technique pure de chant, même parfois avant d’aller tourner. En déplacement, n'importe où, je me lève une heure avant pour faire un échauffement de chant, c’est devenu un rituel qui me permet de me centrer, d’être complètement là.

D’ailleurs, c’est drôle, à Minsk, notre professeur de théâtre nous avait demandé d’échauffer nos voix, même pour des rôles muets, nous expliquant que, pour être complètement là, complètement présent, il fallait que l’on soit échauffé même vocalement. En fait, maintenant je comprends pourquoi. La voix fait vibrer le corps et, du coup, je pense que ça réveille quelque chose d’un peu profond.

 

Comment vivez-vous, en tant qu’artiste, cette période si particulière du confinement ? Parvenez-vous tout de même à maintenir, en partie au moins, une activité artistique ?

Cette période est étrangement intéressante... Evidemment, elle a suspendu toute la diffusion des projets qu'on a. En revanche, ça a permis d’aborder les choses autrement. Tout d’un coup, on a eu du temps... ce qui n’arrive jamais. On est tous dans une course absolument effrénée depuis des années, ça ne va qu’en s’accélérant, et là, on a eu du temps. (Enfin, je me dois de préciser, « certains » ont eu du temps... Car on n'a pas tous eu les mêmes conditions de confinement, le nombre d'enfants jouent beaucoup sur le rapport au temps !)

Donc notre rapport au temps pour certains s'est détendu... Et la créativité a pu reprendre sa forme originelle : je veux dire qu’on pouvait expérimenter cet état d'être « traversés par » quelque chose... ne pas forcer la chose à advenir parce qu'on est pressés...

Cela dit, on est aussi évidemment très poreux à l'actualité, ce qui ne permet pas toujours de s'abandonner... Il y a beaucoup d’enjeux en ce moment. Notamment sur le monde d’après. La culture risque de ne pas reprendre aussi vite que les autres secteurs. Que va-t-on faire de ce temps-là ? Va-t-on l’utiliser pour créer le monde d’après ? Comment on y réfléchit ? Comment on utilise ce temps-là pour construire quelque chose de nouveau, puisque le monde anormal dans lequel nous étions n’était plus vivable. Avec des camarades du même métier et aussi d’autres métiers, on prend du temps pour réfléchir à l’après. En regardant comment le gouvernement est en train de gérer cette crise… Comment nos esprits vont réinventer, renverser les imaginaires pour aller inventer un autre monde que celui que l’on nous a proposé jusque-là. Et ça, je crois, que c’est de notre responsabilité. 

 

Plus généralement, quels sont vos projets et envies artistiques actuels ?

Nous devions sortir le premier EP de « CARDINALE » en avril. Et là nous sommes en train de réorganiser une tournée qui a été en partie annulée. On a beaucoup d’inconnues quant aux dates de reprises, ce qui ne nous empêche pas de continuer à travailler sur des morceaux, des clips et de nouveaux arrangements !

Et puis, j’avais des tournages en prévision, qui vont sans doute être décalés au mois de juillet. Des projets de théâtre sont en place pour 2021. J’aimerais surtout que tous ces projets se fassent dans le nouveau monde, c'est ça l’essentiel !

Merci, Charlotte, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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