Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le médias blog de Julian

Articles avec #theatre tag

Interview de la comédienne Marie-Laetitia Bettencourt, en exclusivité pour notre blog !

15 Avril 2015 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Théâtre

Interview de la comédienne Marie-Laetitia Bettencourt, en exclusivité pour notre blog !

Bonjour Marie-Laetitia,

Merci de nous accorder un peu de votre temps pour répondre à quelques questions pour le blog.

1/ Vous êtes actuellement sur scène, à la Grande Comédie, dans la pièce « Familles (re)composées ». Pour commencer, pourriez-vous nous raconter l’histoire mise en avant par la pièce ?

Comme l’indique le titre, la pièce est en lien avec les familles recomposées. Souvent, après un divorce, les parents se remettent avec quelqu’un.

Se pose alors la question du partage de la garde des enfants. Sans oublier les relations entre les parents après la séparation, mais aussi celles avec les nouveaux conjoints.

Le couple et la famille, deux thèmes forts de la pièce, sont des sujets qu’affectionne tout particulièrement Alil Vardar, l’auteur. Quelles sont les astuces de la pièce ayant permis un tel succès auprès du public ?

Alil trouve toujours des sujets très populaires qui touchent beaucoup de personnes et qui parlent au plus grand nombre. Les gens se reconnaissent dans ses pièces. Pour cela, il se base notamment sur son histoire personnelle.

Ses pièces sont donc toujours proches de la réalité et crédibles, permettant aux gens de s’identifier.

Peut-on rappeler les jours et horaires des représentations ?

Nous jouons chaque jour de la semaine. Plus précisément, du lundi au samedi, une représentation a lieu à 21h 30. Auxquelles il faut ajouter les prestations en matinée, le samedi et le dimanche, à 16h.

2/ Vous y interprétez le personnage de Jennifer. Qui est-elle ? Quelles sont ses principales caractéristiques ?

Jennifer est une fille gentille, dynamique mais écervelée. Elle est surtout extrêmement amoureuse de Jean-Claude, son « kikiné ».

Elle a, elle aussi, un enfant. Ainsi, elle évoque souvent l’éducation de ce dernier par son actuel compagnon. Vice-versa, les relations avec son beau-fils sont un autre thème important. La rencontre avec l’ex-femme de Jean-Claude est un des moments clés pour elle.

Pour la résumer, Jennifer est une blonde gentille.

3/ Votre personnage est l’auteur de nombreux lapsus tout au long de l’histoire. Quelles sont, selon vous, les principales clés, dans pareille rôle, pour faire rire les spectateurs pendant une heure trente environ sans être redondant ?

La clé est d’être toujours très sincère et de ne pas chercher à être drôle en faisant l’idiote. Le texte est suffisamment bien écrit et juste pour que nous n’ayons pas besoin d’en faire plus.

Bref, il faut simplement être authentique et ne pas avoir l’air de dire quelque chose de bête. Au contraire, il est important de l’exprimer d’une manière très intelligente.

4/ Le rythme de la pièce est plutôt soutenu et les moments comiques s’enchainent. A ce titre, faites-vous régulièrement évoluer les blagues et cocasseries qui fusent sur scène ?

Bien sûr ! Notamment Alil, l’auteur, qui trouve beaucoup de blagues en direct, sur scène, nous permettant de réagir et créant ainsi une interactivité.

En conséquence, chaque représentation est un peu différente. Alil nous surprend à chaque fois !

Vous arrive-t-il même de surprendre volontairement vos camarades en adaptant soudainement une réplique ?

Comme l’auteur fait le « fou » sur scène et trouve de nombreuses blagues, nous lui faisons confiance et nous le suivons. C’est déjà dur de garder son sérieux et de ne pas avoir des fous-rires tout le temps.

Si nous nous mettions, tous les quatre, à faire des blagues non prévues, la pièce risquerait de devenir indisciplinée voire grotesque.

Nous laissons donc l’improvisation à Alil et nous sommes un peu spectatrices de ses drôleries.

5/ Revenons quelques instants sur ces derniers instants, avant de monter sur scène, juste avant que le rideau ne s’ouvre. Quel est alors le sentiment qui prédomine ?

Il y a bien sûr l’excitation. Je suis toujours très heureuse de faire une représentation mais, en fait, tout va bien dès lors que je suis sur scène.

Juste avant, c’est plus difficile, surtout du fait du trac. C’est, je crois, le sentiment majeur. Ajoutons la peur de décevoir l’auteur et le metteur en scène.

D’autant plus que nous jouons avec lui sur scène. Donc nous voyons directement dans ses yeux sa déception lorsque ratons quelque chose face au public.

Nous sommes dans de grands et beaux théâtres parisiens. Ce qui demande une forte discipline. Pour que la salle soit pleine chaque soir, il faut systématiquement se donner à fond et, forcément, le trac se fait ressentir avant le levé de rideau.

D’ailleurs, comment vous préparez-vous en amont de la représentation ? Quelles sont vos habitudes ?

Je viens longtemps avant. Je me concentre en même temps que je me prépare. Jennifer est une bimbo, elle doit beaucoup se maquiller et se coiffer. Ce qui demande du coup environ une heure de préparation.

Je profite de ce temps pour me concentrer et faire mes exercices d’articulation et de respiration. Il est important en effet de bien projeter vocalement sur scène. Le rythme est très soutenu, il faut donc aussi savoir respirer.

Même si je joue cette pièce depuis près d’un an maintenant, ces moments-là sont comme un rituel. Je suis très superstitieuse, j’ai l’impression que si je ne pratique pas ces exercices, la représentation ne va pas se dérouler comme je le souhaite.

6/ De façon plus générale, quels sont vos projets et vos envies pour 2015 ? Allez-vous participer à d’autres pièces de théâtre ?

Je continue la pièce « Familles (re)composées » car elle est toujours en lancement dans la capitale. Nous l’avions démarré à Paris en octobre dernier. La saison n’est pas terminée.

Nous avons aussi un autre défi, celui de remplir le théâtre cet été. Généralement, les salles parisiennes sont désertes du 14 juillet au 15 août, mais nous avons pris le pari d’assurer les représentations pendant cette période.

Mon emploi du temps va donc être bien rempli jusqu’à la rentrée de septembre au moins. D’autant plus que je participerai aussi ponctuellement, dans le même théâtre, à la pièce « Le clan des divorcées », que j’ai déjà jouée longtemps.

Je suis, en parallèle, en écriture de sketchs pour un programme-court, aux côtés de ma meilleure amie, Sophie Depooter. J’en profite pour vous annoncer que je jouerai aussi dans sa pièce, là encore à La Grande Comédie, qui s’appelle « Après le mariage...les emmerdes » et qui rencontre un beau succès.

C’est un rôle très différent de celui d’une blonde. C’est un personnage moins caricatural et plus proche de « madame tout le monde ». J’ai hâte de l’interpréter.

7/ Pour conclure, que souhaitez-vous dire aux fidèles lecteurs du blog pour les encourager à venir vous voir sur scène à la Grande Comédie ?

La réputation d’Alil Vardar n’est plus à faire. Il écrit de véritables succès, il est notamment l’auteur de ce qui est sans doute la plus grande réussite théâtrale de ces dix dernières années, à savoir « Le clan des divorcées ».

Donc si vous avez tout simplement envie de rire, car nous n’avons pas la prétention d’autre chose, venir voir l’une des pièces d’Alil est alors une très bonne idée. Que ce soit « Familles (re)composées », « Le clan des divorcées » ou bien encore « 10 ans de mariage ».

Je vous conseille tout particulièrement la première citée, non pas simplement parce que j’y participe, mais surtout car il s’agit là de sa dernière création, moderne et pleinement dans l’actualité.

Vous serez en plus bien accueillis dans un très joli théâtre et vous passerez certainement un très bon moment, en tout cas nous ferons tout pour cela.

Un grand merci Marie-Laetitia pour votre gentillesse et votre disponibilité !

Lire la suite

Interview exclusive du comédien Olivier Benard !

12 Avril 2015 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Théâtre

Interview exclusive du comédien Olivier Benard !

Bonjour Olivier,

Merci d'avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre blog.

1/ Vous êtes actuellement sur scène, au Théâtre Les feux de la rampe, dans la pièce « Revenir un jour ». Quelle en est l'histoire ?

La pièce s'articule autours de la reformation d'un boys band après dix ans d'absence. L'amitié est au cœur même de l'histoire, entre les quatre membres du groupe et Vanessa, qui les a coachés.

Tous les participants présentent des facettes différentes. Chris est un personnage haut en couleurs, un peu drôle et qui s'intéresse fortement à ses éventuelles conquêtes féminines. Jordan, quant à lui, revient des Etats-Unis et vit dans un monde de fantaisie, en se racontant des histoires, avant de retomber dans une certaine réalité.

Steve, pour sa part, a pris « un peu » de poids pendant cette absence médiatique. Enfin, le personnage d'Alex, que j'interprète, est tombé dans la drogue.

2/ Vous y interprétez l'ancien leader charismatique du groupe. Qui est plus exactement votre personnage ? Quelles en sont ses principales caractéristiques ?

Alex refuse complètement l'idée de reformer le groupe, car cette image lui a collé à la peau et porté préjudice, lui fermant certaines portes.

Il ne veut plus en entendre parler, c'est donc un refus total au début. Ajoutons à cela ses démons, notamment la drogue, qui le place à l'écart du groupe.

3/ Elodie Wallace nous expliquait, dans un précédent entretien, que la pièce alterne moment comiques et instants plus intimes et plus solennels. En tant que comédien, quelles sont alors les principales clés pour passer facilement d'un état à un autre ?

La clé réside dans le fait qu'il y a une histoire à raconter. Il y a un texte et des situations. Il faut donc se fier à ce qui est écrit et jouer ces situations, sans se prendre la tête pour savoir comment naviguer entre les différentes émotions.

Il est important de suivre le fil, de savoir comment le personnage arrive au début et où il va ensuite. Sans occulter bien sûr les éléments et les facteurs autours lui permettant de connaitre ces changements. Notamment les retrouvailles entre les quatre amis qui mettent Alex face à ses réalités et son propre désespoir.

Il est donc important, une fois que l'on maitrise ces tenants et ces aboutissants, de ne pas se poser trop de questions. La pièce fonctionne car nous jouons tous une même couleur, celle d'une comédie. Pour qu'il y ait du rire, il est nécessaire d'avoir du relief, donc des moments plus solennels.

4/ Votre personnage est un grand consommateur de drogues. Comment réussissez-vous à transcrire cet état si particulier sur scène ? Quelles sont les astuces ?

La première mouture de la pièce, au Palais des Glaces, était complètement différente. Il y avait, en quelque sorte, deux histoires en une. Le côté dramatique avec la drogue et le côté comédie avec les personnages de Steve et de Jordan.

Franck Le Hen, l'auteur de la pièce, a, depuis, modifié certaines scènes et a étoffé ses personnages pour faire en sorte que la drogue ne soit pas quelque chose de pathétique. Je l'ai traduit par un personnage pour qui la consommation entraine des excès dans son comportement et non pas une crise d'overdose.

Ce qui accentue la couleur comique de la pièce.

5/ En parallèle, nous pouvons aussi vous retrouver chaque début de semaine au Théâtre des Blancs Manteaux, aux côtés de Corinne Hubert, dans « Jean et Béatrice ». Là encore, quel en est le principe ? Qui est Jean ?

C'est une pièce de Carole Fréchette qui raconte l'histoire d'une femme qui ne vit aucune émotion et qui ne sait plus ce qu'est aimer. Pour se mettre en danger et revivre des émotions, elle met une affiche mentionnant « Jeune héritière promet récompense à celui qui saura l'intéresser, l'émouvoir et la séduire ».

Suite à cela défilent certainement plusieurs hommes avant l'arrivée de Jean. Celui-ci est un chasseur de primes, intéressé uniquement par la récompense substantielle promise par Béatrice. Cette dernière lui fait alors passer trois épreuves, au travers desquelles ils vont raconter ce qu'est l'amour. Avec des moments de danger car Béatrice est une femme vivant toute seule au 33ème étage de son immeuble, qui se retrouve face à un homme potentiellement prêt à tout pour obtenir la récompense.

C'est une très belle écriture, qui met en exergue comment raconter le sentiment amoureux et peut-être la vie à deux. Il y a énormément de poésie dans l'écriture de Carole Fréchette, mais qui ne fonctionne que si nous, comédiens, jouons le quotidien, en étant terre à terre. Nous l'avons traduit en deux personnages incapables d'aimer, pour des raisons différentes, qui vont confronter leur mal-être et leur bonheur peut-être aussi.

6/ Il s'agit là d'un exercice bien différent de celui aux Feux de la rampe. A ce titre, qu'appréciez-vous particulièrement dans les pièces comiques, aux nombreux personnages ? De même, quels sentiments procurent les pièces plus intimes, en duo ?

L'idée du collectif ainsi que la distribution proposée m'ont plu pour « Revenir un jour ». C'est comme cela que j'ai voulu faire parti du projet. Lorsque nous nous sommes tous rencontrés aux auditions, cet aspect-là m'a vraiment intéressé. En plus du côté comique de la pièce.

En parallèle, j'ai un vrai amour pour les textes de Carole Fréchette. Si bien que je n'ai pas hésité longtemps avant de participer à cette belle aventure. Le plaisir d'une pièce à deux personnages avec ce contenu aussi pertinent représente un plaisir énorme. Car nous passons par tous les sentiments et toutes les émotions.

7/ Vous avez aussi effectué récemment une lecture, au théâtre de la Contrescarpe, de la pièce « Le délai » aux côtés d'Elodie Wallace. S'agit-il là d'un projet proche de son aboutissement ?

Cette pièce a été écrite et sera mise en scène par Eric Delcourt, qui nous accompagne déjà sur « Revenir un jour ». C'est l'histoire de Samuel Weber, un comédien de série qui rencontre un grand succès mais qui est, humainement parlant, assez odieux, car il possède tout.

L'attend dans son car-loge une journaliste, qu'il ne voit pas dans un premier temps. La pièce présente de multiples clés, emmenant les spectateurs vers différents horizons, de surprises en surprises. Pour remettre en question la vie de ce comédien par l'intermédiaire de cette femme, notamment dans sa façon de se comporter avec les autres.

Nous aimerions présenter cette pièce au Festival d'Avignon, avec certainement un début au théâtre de la Contrescarpe pour nous rôder. Avant de revenir plus fermement dans ce même lieu à la rentrée.

J'aurai aussi une autre pièce à Avignon, « Tant qu'il y a les mains des hommes », déjà jouée l'an dernier. Composée de cinq personnages, elle traite de la notion d'identité. Nous jouerons chaque jour à 12h 45.

Pour finir, je partirai en tournée en octobre, jusqu'à mi-janvier, dans « Pas folles les guêpes », aux côtés notamment de Sonia Dubois, Daniel Evenou et Michelle Kern. Cinq sœurs y sont suspectées d'avoir commis un crime. Arrive alors un inspecteur, que j'interprète, pour tenter d'élucider ce mystère.

8/ Pour finir, qu'aimeriez-vous dire aux lecteurs du blog pour les inciter à vous suivre et à venir vous voir sur scène ?

Le théâtre est une passion. Il faut donc s'y rendre, pour s'amuser et passer un bon moment.

Soyez curieux !

Merci beaucoup Olivier pour le temps que vous nous avez gentiment accordé.


Lire la suite

Théâtre : la comédienne Elodie Wallace nous présente sa riche actualité !

12 Avril 2015 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Théâtre

Théâtre : la comédienne Elodie Wallace nous présente sa riche actualité !

Bonjour Elodie,

C'est un plaisir de pouvoir effectuer cet entretien en votre compagnie !

1/ Vous êtes actuellement sur les planches, au théâtre Les feux de la rampe, pour la pièce « Revenir un jour ». Pour commencer, pourriez-vous nous décrire quelques peu l'histoire et nous présenter votre personnage ?

C'est l'histoire d'un boys band qui se reforme un peu par hasard dix ans après avoir eu un gros succès dans les années 2000. Je joue le rôle de Vanessa, une productrice qui les a bien connu à l'époque et qui décide, pour une tournée, de reconstituer le groupe.

Tous les membres sont des amis d'enfance qui se connaissent depuis de très nombreuses années et qui avaient été repérés par un producteur dans une salle de sport. Au moment de leurs retrouvailles, l'un a pris trente kilos, un autre vit aux Etats-Unis et le dernier a des petits soucis avec la drogue.

Mon personnage Vanessa a vécu une grande histoire d'amour avec l'un des chanteurs du groupe, mais les deux ne se sont pas revus depuis dix ans.

C'est une comédie avec des personnages un peu hauts en couleurs.

2/ La distribution est alternante. A ce titre, avez-vous besoin d'adapter votre interprétation selon les comédiens qui vous accompagnent ?

Nous sommes plutôt bien calés, nous avons un metteur en scène très précis, nous faisons donc à peu près la même chose tous les soirs. Seules les émotions peuvent changer. Chaque comédien n'envoie pas forcément la même chose, parce que chacun a sa propre nature et son propre impact.

La réception des émotions peut donc varier et être ainsi plus ou moins forte. Entrainant aussi chaque soir un renouvellement du plaisir pour les comédiens que nous sommes. Ce qui est très agréable !

3/ Toujours dans ce même théâtre, vous jouez aussi ponctuellement dans une pièce dont vous êtes l'auteur, à savoir « Le mariage nuit gravement à la santé ». Là encore, quel en est le contenu et quel rôle interprétez-vous ?

La pièce met en avant un couple, Romain et Sophie, chez qui tout va très bien. Lui est homme au foyer, il fait des petits plats, la cuisine et la décoration. Il aime beaucoup les jolies choses et réalise toutes ces tâches avec beaucoup d'amour. Sophie, quant à elle, est working-girl. Elle travaille dans une agence de publicité, porte des tailleurs avec talons toute la journée.

Leur couple se porte très bien, jusqu'au jour où Sophie décide d'organiser une soirée en amoureux pour les trente ans de son mari. Débarque alors de façon impromptue la maman de Romain, qui ne sait pas du tout que son fils est homme au foyer, pensant que les rôles sont complètement inversés dans leur couple.

Le personnage de la belle-mère, Micheline, est très vieille France, très traditionnel et très classique. Romain et Sophie vont alors décider, le temps d'une soirée, d'inverses les rôles. Voulant faire de cette dernière une mère au foyer idéale et de Romain un homme d'affaires. Mais Sophie ne sait pas où se rangent les nappes et les assiettes ni comment cuire un gigot. De quiproquos en malentendus, la soirée va être explosive !

Comment vous est venue l'inspiration pour l'écriture de la pièce ?

Cette pièce a été écrite à deux et est née il y a six ans. Nous voulions parler du couple car c'est un thème universel, qui parle à tous et qui marche toujours.

Aujourd'hui l'inversion des rôles est devenue presque banale et ne choque plus grand monde. Ce qui était moins le cas il y a six ans. D'où notre envie d'en faire une pièce.

Le texte a bien évidemment été depuis adapté à l'actualité et aux comédiens qui l'interprètent. Pour que chacun puisse être à l'aise avec son personnage et puisse se l'approprier.

4/ Comment parvenez-vous à participer alternativement à différentes pièces et donc à interpréter plusieurs rôles ? Quelles sont les principales clés ?

Une bonne gestion du planning et un bon emploi du temps en sont la base. J'ai surtout besoin de beaucoup de concentration avant de monter sur scène. Arrivant une heure voire même parfois une heure trente avant le début du spectacle, pour revoir mon texte et me remettre dans la peau du personnage.

5/ Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, les spectateurs peuvent aussi retrouver sur la scène de l'Alambic Comédie, chaque début de semaine, la pièce « Attention, chient méchant », dont vous êtes l'auteur, avec Rui Silva, votre compagnon. Quelle en est la thématique ?

Deux personnages un peu perdus se rencontrent par hasard. Plus précisément, un cambrioleur entre dans l'appartement d'une fille en train de se suicider. Nous découvrons ensuite que le premier nommé s'est trompé d'endroit et que la demoiselle tente de mourir avec du doliprane.

C'est une comédie dans laquelle deux « loosers », deux personnes seules et perdues dans la vie, se rencontrent pendant toute une soirée, aboutissant à un cambriolage ensemble pour se venger d'un ancien compagnon.

Est-ce d'ailleurs un avantage de collaborer pour l'écriture avec une personne que l'on connait aussi bien ?

C'est un avantage parce que l'on ne perd pas de temps. Nous n'avons pas eu besoin de mettre des gants pour se dire les choses. Nous permettant alors de gagner en efficacité.

Habitant ensemble, cela nous autorise à écrire à n'importe quel moment. Il nous arrive parfois de partir pendant tout un week-end pour s'isoler et se concentrer sur l'écriture. Ce qui est plutôt agréable.

6/ Quelles complémentarités et quelles principales différences retrouvez-vous entre ces différents exercices, que sont l'écriture d'un côté et la scène de l'autre ?

Il est très difficile d'être en même temps comédien et producteur dans sa propre pièce. En effet, au moment de monter sur scène, on ne peut alors s'empêcher d'analyser le nombre de places occupées afin de savoir si la soirée sera rentable ou non. Cet aspect-là est très difficile à compartimenter.

A l'inverse, le point commun entre toutes ces casquettes réside dans la volonté de raconter des histoires, que ce soit sur scène, ou en les montant d'un point de vue logistique, ou bien encore en les imaginant. Je prends du coup du plaisir avec n'importe quelle facette.

Avez-vous une préférence particulière pour l'un d'entre eux ?

Ces différents exercices me plaisent beaucoup mais je crois sincèrement que si je devais n'en choisir qu'un, je retiendrais celui de comédienne. C'est mon métier premier, il représente ce que j'ai toujours voulu faire et c'est ma source principale d'accomplissement.

Quelles sont vos majeures sources d'inspiration pour l'écriture ?

A la base, j'ai commencé à écrire pour me donner du travail, comme cela arrive très souvent. C'est aujourd'hui une activité que je développe vraiment à part entière, rédigeant même des pièces que je ne joue pas et que je transmets à d'autres pour les monter. C'est un exercice que j'adore et que je pourrais faire pendant des heures.

Mes sources d'inspiration viennent principalement de la vie quotidienne. Ce peut être une phrase que j'entends dans le métro, ou une photo, voire une anecdote. Ce sont aussi des faits divers, des films, et des livres. J'ai un petit carnet dans lequel je note plein d'idées.

7/ Faisons la comparaison entre un soir de première d'une pièce que vous avez écrite et celui d'une œuvre pour laquelle vous êtes simple comédienne. Dans quelle situation êtes-vous plus inquiète ?

Je crois être encore plus inquiète lorsque je ne suis pas sur scène. Parce que je n'ai aucun contrôle sur ce qui va se passer. C'est un sentiment atroce, après avoir fait pendant des semaines la mise en scène, comme ce fut le cas au démarrage de « Attention, chient méchant », de ne plus avoir ensuite les cartes en main.

Il est alors assez douloureux d'être dans la salle, en tant que simple spectateur, sans pouvoir intervenir en cas d'aléas éventuel.

Aimez-vous laisser une certaine liberté, en tant qu'auteur, aux acteurs afin qu'ils puissent apporter une certaine touche personnelle ?

La liberté du comédien et l'adaptation par chacun sont nécessaires même si j'essaie pour autant de ne pas me tromper dans mon casting. La liberté de l'artiste est primordiale pour qu'il puisse trouver son amusement et son personnage.

Il faut cependant être vigilant à ne pas non plus laisser trop de libertés. Typiquement, «Le mariage nuit gravement à la santé » est un boulevard, à quatre personnages, où tout va très vite. Donner trop de souplesse aux comédiens pourrait rapidement entrainer un décalage et ne pas servir la pièce. Il faut ainsi trouver le juste milieu entre la libre expression du comédien et le déroulé pertinent de l'histoire.

Vous avez participé à de multiples pièces de théâtre. Racontez-nous ces derniers instants d'un soir de première avant de monter sur scène, quand le rideau est encore baissé ? Quel est alors le sentiment prédominant ?

On se sent mal ! Il y a toujours un moment où l'on se demande pourquoi on fait se métier, alors que personne nous a forcé à être là ce soir. Ce sentiment est sans doute lié à la peur de ne pas être bon, de ne pas être drôle ou d'oublier son texte.

Pour autant, je regrette beaucoup ce moment-là lorsque je joue une pièce depuis des dizaines de fois. Le trac n'existe alors plus, on se rend au théâtre comme on va à son travail chaque jour. Manque alors ce moment d'excitation, d'adrénaline pendant lequel on se sent vivant.

8/ De façon plus générale, quels sont vos souhaits et vos projets pour cette année ?

J'ai un projet de série pour le théâtre qui me tient très à cœur. Un showcase a d'ailleurs été fait en septembre dernier au théâtre du Gymnase.

Ce serait une comédie en plusieurs épisodes, qui reprendrait exactement les mêmes codes que les séries américaines, à savoir previously, next, bande annonce, générique, acteurs récurrents, guests. Le tout au théâtre, en français et en comédie. Le nom serait « Sam, tueur en série malgré lui » avec un personnage à mi-chemin entre Dexter et Pierre Richard.

Nous réfléchissons actuellement à la meilleure possibilité de traitement car il y a pas mal de formules à trouver, comme le nombre d'épisodes, la quantité de représentations de chacun de ceux-ci mais également le moyen de fidélisation des spectateurs. C'est un gros challenge !

Cela n'a jamais été fait, à ma connaissance, dans le domaine de la comédie, accentuant notre difficulté à monter le projet. Nous ne pouvons en effet pas nous baser sur les réussites ou les échecs déjà existants. Mais c'est très excitant !

En parallèle, j'écris un film dans le cadre de l'atelier du scénario de La Fémis, une école de cinéma. Après une année de formation, il me faut maintenant affiner ma rédaction pour m'ouvrir éventuellement une nouvelle porte.

Ce projet ne pourra sans doute aboutir qu'à partir de l'année prochaine car mon actualité est déjà très riche en ce moment. Je vais notamment monter une nouvelle fois sur les planches pour la reprise de la pièce « La sœur du grec ».

9/ Pour conclure, qu'aimeriez-vous dire aux différents lecteurs du blog pour les inciter à se rendre au théâtre ?

Le théâtre et notamment la comédie ont connu une année plutôt difficile. C'est pourquoi j'aimerais vraiment encourager les gens à venir au théâtre, pour aller voir des petites ou des grosses pièces, quelque soit la taille de la salle.

Venez voir des gens qui, tous les soirs, ont à cœur de raconter des histoires ! Le théâtre est un endroit où les émotions sont vivantes. Qui, en plus, vous permet d'oublier vos soucis.

Merci beaucoup Elodie pour votre gentillesse et votre disponibilité !

Lire la suite
<< < 10 20 30 40 50 60 61 62 63 64 65 66 67 > >>