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theatre

Ciel, ma belle-mère ! Rosalie Hamet évoque la pièce, de retour à l'affiche au théâtre Edgar

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Rosalie,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes actuellement à l’affiche, au théâtre Edgar, de la pièce « Ciel, ma belle-mère ! ». Dans le contexte sanitaire que l’on connait depuis dix-huit mois, on imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être pour vous de retrouver le public et les planches ?

Oui, je crois même que le mot exact pour beaucoup est soulagement. Je parle aussi au nom de mes camarades, on l’a tous bien dit quand on s’est retrouvés, c’est vraiment un soulagement total de pouvoir retrouver le public, de pouvoir retrouver aussi le travail, de pouvoir se retrouver nous aussi. Je pense que ça nous a tous mis un petit coup au moral, évidemment, de ne pas pouvoir travailler, de ne pas pouvoir se sentir en activité. On attendait cette reprise avec une impatience énorme. Je crois que c’est surtout une frustration de ne pas pouvoir partager des moments avec le public, au-delà de ne pas travailler, au-delà de ne pas donner à notre public. Parce que l’entière partie de notre travail est de les faire rire, de créer des émotions tous ensemble. C’est ce qui me donne le plus envie pour l’instant et c’est ce que je veux refaire absolument parce que c’est quand même magique. Le lien que l’on peut faire avec cent à cent trente personnes est merveilleux.

 

@ Fabienne Rappeneau

 

La pièce avait longtemps été à l’affiche à Paris puis en tournée. Pour ceux qui ne la connaîtraient pas encore, comment la présenteriez-vous ? De quoi parle-t-elle ?

Pour la présenter de la manière la plus simple, c’est l’histoire d’un homme, Barillon, qui veut se marier avec Valentine, une très jeune femme que j’interprète et qui est la fille d’une mère un petit peu excentrique, qui n’a pas froid aux yeux, la veuve Jambart. Elle a eu deux premiers mariages dont elle s’est servie pour enseigner tout de l’amour à sa fille. Lors du mariage, l’employé de mairie, un peu bourré, va marquer le nom de la mère de Valentine à la place de celui de la fille. Et la mère va malheureusement signer, elle se retrouve donc mariée à son gendre …En plus, Valentine, sa fille, est amoureuse de Patrice, le jeune premier.

Là, le gros problème de la pièce se dévoile. Ma mère est mariée à mon mari, je suis heureuse parce que je peux retrouver Patrice mais attention, notre cher Jambart, que l’on pensait mort, disparu en mer, rentre vivant de ce naufrage. Donc ma pauvre petite maman se retrouve bigame, j’ai deux beaux-papas et j’ai enfin mon fiancé peut-être à portée de main. Seulement, évidemment, il va y avoir un petit peu de cafouillages pendant les redécouvertes de chacun…

 

 

On peut donc qualifier cette pièce d’un Feydeau moderne ?

C’est parfait, c’est totalement ça, c’est vraiment tourné aux blagues d’aujourd’hui. On a toujours le Feydeau d’avant, on a toujours les répliques, on a toujours le mariage mais c’est une pièce complètement différente. Au début, elle comportait quatorze personnages, là on en a plus que sept, Emmanuelle Hamet la quand même bien écourtée…de trois heures, elle est passée à une heure et demie. Ce n’est que du rire ! On a modernisé les blagues pour qu’elles parlent à tous. A tout âge possible, on peut rire de cette pièce, c’est pas mal.

 

@ Fabienne Rappeneau

 

Vous l’avez dit, vous y interprétez le personnage de Valentine. Quelles sont justement ses principales caractéristiques ?

Je pense que c’est une femme qui a du caractère, elle le tient de sa mère, elle a appris à bon école à se servir des hommes et encore plus à se servir de ses proches. En fait, c’est une jeune femme qui veut se sortir d’une famille de fous, elle est réaliste, elle sait que sa famille est totalement folle, que sa mère part dans des délires bien à elle et Valentine sait, dès le début de la pièce, ce qu’elle veut : ne pas se marier avec Barillon mais avec l’amour de sa vie. Maintenant, comment y arriver ? Elle va trouver des subterfuges et c’est là où je la trouve très intelligente, c’est une fille qui est droite mais qui sait jouer du minaudage et de la féminité de la jeune femme de l’époque pour montrer que, finalement, elle prend les choses en main pour arriver à son objectif. D’ailleurs, elle y parvient avec pas mal de succès je trouve, elle a la facilité de se moquer un peu de tout le monde sans que personne ne s’en rende compte. Ce sont des personnages ancrés dans le Feydeau-rire, dans le burlesque, où on en rajoute un peu alors qu’elle est plus légère… mais elle arrive à mener la pièce en apportant aux spectateurs à chaque fois des péripéties et en s’en dépatouillant très facilement. Elle est assez jeune, à cette époque des choses étaient quand même interdites, comme le fait d’avoir un amant quand on était fiancée, alors qu’elle en a un. Elle va jusqu’à l’inviter le soir, quand ses parents sont au théâtre, dans l’appartement. Elle est téméraire, ce n’est pas une petite chose finalement, elle est forte.

 

@ Fabienne Rappeneau

 

Pendant les trois ans de représentation de la pièce à Paris, vous l’aviez vous-même vue à différentes reprises. Cela vous a-t-il aidé à l’interprétation de ce personnage ou les modifications apportées cette fois-ci vous aident-elles à donner une touche plus personnelle à votre jeu ?

Au début, quand j’ai découvert la pièce, j’avais la vision du jeu d’acteur de Nadège. Comme c’est indiqué dans le script, il lui fallait jouer quelqu’un d’assez ingénue qui se retrouve dans une famille toujours aussi folle et qui doit s’en dépatouiller. Mais notre différence d’âge a aussi fait que je ne pouvais pas du tout jouer une jeune ingénue parce que, face à un Barillon plutôt âgé comparativement à une jeune fille de vingt ans, cela aurait été peut-être un peu brusque pour le public. Donc, très naturellement est venu le caractère. On a compris dès le début que je devais me détacher du jeu de Nadège pour trouver une sorte de caractère. Par contre, j’ai repris les déplacements et certaines manières, notamment la gimmick du « Oh, oui ! », qui est géniale et qui fait rire beaucoup de personnes. Après, avec ça, j’ai fait une sorte de tableau dans ma tête pour essayer de trouver à Valentine quelque chose qui aille au-dessus de l’ingénue, plus dans le sérieux des différentes situations. Tout en gardant une ingénu, consciente de ce qu’elle est et donc de ce qu’elle peut faire. On est partis sur un autre chemin, même si j’avais une bonne base avec le jeu de Nadège qui m’a quand même beaucoup aidée. Ça m’a rassurée, pour ma première pièce!

 

@ Fabienne Rappeneau

 

Vous êtes sept comédiens et comédiennes sur scène, avec un mélange entre l’ancienne distribution et la nouvelle. Les répétitions ont sans doute été très studieuses mais très chaleureuses aussi ?

Totalement ! Je suis la petite dernière, après Stéphane et Emmanuel, qui ont eu déjà quelques représentations avant moi. Je connaissais certains comédiens mais j’en ai découverts d’autres, tous sont formidables, c’est génial. Dès le début, quand je suis arrivée, j’avais peur tout simplement, c’est normal et, en fait, ils m’ont de suite rassurée. On est tous entre camarades, il y a beaucoup de rires. C’est vraiment de la bonne entente, on s’amuse ensemble pour amuser les autres ! On a réussi à créer et faire évoluer la pièce à sept, c’était un réel travail de troupe. C’était magique !

 

@ Fabienne Rappeneau

 

Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?

De la mener à bien, ce serait super et de pouvoir avoir un tremplin grâce à cela. C’est quand même le but, je ne suis qu’au début de mon parcours et j’ai envie de le continuer jusqu’à la fin, c’est une certitude. Je veux foncer, c’est le moment de trouver de nouveaux projets en même temps, de suivre son chemin.

Merci, Rosalie, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Sabrine Zayani évoque sa nouvelle pièce, actuellement à l'affiche au théâtre Montmartre Galabru !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Sabrine,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes actuellement sur scène, au théâtre Montmartre Galabru, avec la pièce « Divorcés dans l’année ». Avant de s’intéresser plus en détails à ce spectacle, on imagine déjà, dans le contexte actuel, le plaisir et la joie que ce doit être pour vous de retrouver le public et la scène ?

Complètement ! La scène nous a beaucoup manqué à tous. Il s’avère que j’étais en phase d’écriture pendant la période Covid avec mon co-auteur Max Lek, mais on a eu de la chance pour ce projet, qui a été  simplement un petit peu décalé car on a mis plus de temps pour le casting permettant de trouver les comédiens. On a essayé en tout cas de tirer profit de cette période pour passer plus de temps sur l’écriture et sur la réflexion du message, même si c’est une pièce humoristique et légère.

 

 

Justement, comment présenteriez-vous cette pièce ? De quoi parle-t-elle ?

« Divorcés dans l’année » est l’histoire d’une femme qui quitte tout pour rejoindre son mari en Alsace. A sa grande surprise, à peine mariés, tout va mal avec lui. Elle est tellement prête à tout pour sauver son mariage qu’elle va voir un thérapeute de couple…La pièce est axée sur cela. C’est une comédie à trois personnages, avec beaucoup d’humour.

En complément, quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage ?

C’est une femme passionnée, qui n’a pas trop hésité avant de tout laisser tomber pour rejoindre son mari. C’est une femme aussi qui a grandi avec un exemple familial, ses parents sont ensemble depuis 50 ans. En effet,  sa maman avait tout quitté pour rejoindre son mari en Tunisie. Bon, pour elle, ça avait marché ! Le personnage a 100% de ressemblances avec moi, c’est aussi une femme qui est plutôt du genre à tenter le tout pour le tout, à vouloir arranger les choses par-dessus tout. Ce qui fait un gros contraste avec le mari, qui est beaucoup plus introverti, beaucoup plus plan-plan, qui se retrouve un peu déboussolé quand elle arrive dans son appartement.

 

 

Vous avez déjà eu trois représentations jusqu’à présent. Quels principaux retours ont pu vous faire les spectateurs jusqu’ici ?

Je vais vous dire celui qui m’a le plus marquée parce que je ne m’y attendais pas :  les gens étaient touchés que l’on puisse rire d’un sujet pareil et que, de quelque chose négatif on en ait fait quelque chose de drôle. Il n’y a pas de pathos dans la pièce, on ne cherche pas à émouvoir et le fait que les gens, en sortant, aient fait ce retour d’avoir été touchés, m’a touchée moi aussi. Pour ceux qui ont notre humour, ce qui est ressorti, c’est que c’est drôle !

Vous avez la double casquette de comédienne et de co-auteure. Pour en revenir à la genèse du projet, on a compris qu’il avait une part personnelle mais qu’est-ce qui vous en a donné l’envie d’en faire un spectacle ?

J’avais envie de rire du sujet du divorce ! L’humour a été ma force pendant cette période de ma vie et j’avais envie de transmettre cette force à d’autres femmes ou hommes qui ont vécu ou vivent une situation similaire.

Je me revois, , fraichement divorcée je venais de déménager dans un appartement seule à Strasbourg, j’étais en cours de yoga,  et pendant le cours j’avais plein d’idées alors que j’aurais dû me vider la tête. Je ne savais pas encore si j’allais en faire un stand-up ou une pièce mais j’avais des idées. Là, j’ai commencé à m’enregistrer et à écrire des choses. J’ai de suite pensé à Max Lek, qui avait joué dans une de mes précédentes pièces, avec qui j’avais fait aussi des scènes d’impro. Il m’a permis de prendre du recul et il est très talentueux.. Avec lui, on a précisé les choses ensemble. Mais c’est vrai qu’entre le moment où j’ai eu l’idée, fin 2019 et le moment du casting des comédiens en mars 2021, il s’est quand même passé beaucoup de temps. Temps pendant lequel j’ai ré-emménagé à Paris, pendant lequel aussi on a réécrit.

 

 

Il faut dire que j’ai des comédiens très impliqués, avec Antoine Fouchet et Lucas Riway, ils ne se tiennent pas juste à leur rôle de comédiens, ils proposent des idées. Lucas, le thérapeute du couple, a même improvisé sur une chanson qui fait maintenant partie intégrante du spectacle. Donc j’ai de la chance d’avoir des personnes qui sont douées en tant que comédiens mais aussi très créatives, c’était un travail collaboratif, c’est important de le souligner. J’en profite pour remercier aussi Marina Gauthier, la directrice de la programmation du théâtre Montmartre Galabru pour son aide précieuse.

A titre plus personnel, cette double voire triple casquette est-elle, au final, aussi simple que cela à porter ?

Sur le plan technique, c’était dur parce que, quand je jouais pendant les répétitions, je n’étais pas assez concentrée sur mon personnage. Car j’analysais mes comédiens. Quand Max Lek n’était pas là, je j’étais metteure en scène et comédienne en même temps donc, là, on est un peu schizophrène mais quand il était présent, je pouvais définitivement enlever mes casquettes d’auteure et de metteuse en scène, pour être en interaction avec les comédiens.

Sur le plan personnel, ça a été complètement cathartique, super positif pour moi. C’est vraiment l’humour qui, de suite, m’a beaucoup aidée. J’ai tout de suite su que ma situation était drôle mais, au début, je ne rigolais pas. Mais, en même temps que je pleurnichais, je notais les phrases dites par mon ex-mari pour les réutiliser plus tard. Avant la première, je pleurais de joie, après la première je pleurais de joie,  je suis contente d’avoir mené ce projet.

 

 

Après les premières représentations, on imagine que, en fonction des retours du public et de vos ressentis sur scène, vous êtes encore dans cette phase de modifier marginalement le contenu pour rendre toujours plus fluide le spectacle ?

Complètement ! A la deuxième, on a changé l’entrée des comédiens. On change des choses chaque semaine, on fait aussi un travail pour qu’il y ait moins de transitions. Au début, le public attendait pendant les nombreux changements de costumes, du coup on a trouvé des astuces. Plein de choses ont permis d’améliorer le texte, le rythme mais aussi tout ce que les gens ne voient pas, à savoir ce qui se passe en coulisses, pour optimiser le temps.

Vous êtes à l’affiche actuellement le mardi soir mais le but est sans doute de continuer à proposer de nouvelles dates au public ?

Tout à fait ! On est programmés jusqu’à fin février tous les mardis soirs à 19h 30 et, à partir de mars, on sera à l’affiche à 21h 30 le vendredi soir, pendant deux mois. On a quatre dates en avril à Angers (27-28-29-30 avril), au théâtre du Bouffon Bleu. Evidemment, le but est d’avoir d’autres dates, de faire connaitre le spectacle peut-être même jusqu’en Alsace. Pour faire rire un maximum de personnes du divorce !

Merci, Sabrine, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Fanny Valette évoque sa belle actualité, à l'image et sur scène !

Publié le par Julian STOCKY

*

Bonjour Fanny,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous avez une belle actualité, à la fois à l’image et au théâtre. Avant d’y revenir plus en détails, on imagine sans doute, dans le contexte actuel, le plaisir et la joie que ce doit être de pouvoir retrouver le public sur scène et par le petit écran ?

Oui, c’est une immense joie parce que c’est vrai que, dans le contexte actuel, on ne sait pas à quelle sauce on va être mangé. J’ai vraiment trouvé que le gouvernement avait mal traité la culture donc ça me touche énormément et ça donne énormément de baume au cœur de voir que le public est présent, que le public continue de soutenir les projets. Parce que, en vrai, c’est pour les gens que l’on fait ce métier. Sur scène, c’est une récompense magnifique de les entendre rire, d’avoir les applaudissements. J’aime, en tout cas, entendre les retours du public. Je les écoute, leurs réactions sont justes, il faut savoir écouter les spectateurs et s’adapter à eux. On ne joue pas pour soi, on joue pour eux.

Le mardi 1er février, vous jouerez le personnage de Chris dans l’épisode « La fille de l’hiver » pour la série « Alex Hugo ». Quelle sera l’intrigue de cet épisode-ci ?

Ce qui est formidable dans cet épisode, c’est que ça se passe à la neige. C’est la première fois qu’Alex Hugo n’est pas dans les montagnes en été. On le voit vraiment, les conditions étaient réelles, les plans sont absolument magnifiques. On a l’impression d’assister à un film de cinéma. Aujourd’hui, en télé, on fait des projets qui sont tout aussi bien que beaucoup de projets de cinéma.

On a aussi un très beau rôle féminin au cœur de l’intrigue, qui est très fort. C’est en huis-clos, on est très peu donc on est vraiment au cœur de l’enquête et des personnages.

Pour l’anecdote, lorsque j’ai passé le casting, je n’avais pas encore mon permis alors que mon personnage devait conduire pendant cet épisode. Donc j’ai dit au réalisateur et au producteur que je l’aurai, alors que tournage était à peine deux semaines plus tard. Ils étaient un peu dubitatifs mais je leur ai demandé de me faire confiance, quand je donne ma parole je la tiens. Je suis très fière au final parce que je l’ai eu.

J’adore ce personnage, il est profond, il est fort, j’avais beaucoup de choses à défendre. C’était un vrai vrai bonheur d’être sur ce tournage, Pierre Isoard est un super réalisateur, j’ai eu un vrai coup de cœur pour lui, il sait super bien diriger une équipe, en plus de cela il a un vrai point de vue. Il sait ce qu’il veut, il est hyper dans l’écoute, dans le partage, c’est une très belle rencontre.

Pour ce rôle de guest, avez-vous, en amont, regardé les précédents épisodes du programme pour vous ré-imprégner de l’atmosphère ? Ou, à l’inverse, avez-vous préféré rester plus neutre ?

Comme il n’y avait pas vraiment de continuité, j’ai regardé simplement quelques épisodes pour voir quels étaient les personnages principaux. Aussi parce que je suis curieuse et que ça m’intéresse. J’avais quelques copains qui avaient eu la chance de faire des guests et j’aime bien voir leur travail. Donc, oui, j’ai regardé, bien sûr, pour savoir ce dont ça parlait. C’était pareil du temps de « Engrenages » pour Canal+, j’avais visionné des épisodes avant d’y aller mais pas toutes les saisons.

Avez-vous déjà eu l’occasion de voir le rendu final qui sera proposé le 1er février ?

Oui, je l’ai vu et je suis super fière. On a eu la chance d’avoir une projection et, visiblement, ils ne le font pas souvent. Le réalisateur s’est battu, je crois que lui aussi était fier de cet épisode, il avait envie de nous le montrer dans de belles conditions. On était dans une salle, j’étais hyper heureuse. Je le trouve formidable, je suis hyper fière, tout est super, l’image est magnifique, mes camarades sont super, j’adore la musique, je trouve que l’intrigue marche du tonnerre. J’ai senti, dans la salle, une vraie sincérité.

 

 

Concernant Chris, qui est-elle ? Quelles sont ses principales caractéristiques ?

Elle est extrêmement ambiguë, elle a plusieurs facettes mais je pense qu’on en a tous plusieurs. Après, en fonction de notre éducation, de notre vécu, des angoisses, des peurs, de plein de choses, on développe plus ou moins certaines facettes. Chris est une fille qui a dû apprendre à se débrouiller toute seule, qui n’a pas forcément toujours été aidée, pas forcément toujours été aimée et qui s’est créé une carapace, elle a un instinct de survie hyper développé. Ce n’est pas du tout un personnage qui me ressemble, je suis vraiment très différente d’elle mais j’arrive à la comprendre. De toute façon, il faut toujours trouver une part d’humanité et de touchant dans les personnages que l’on interprète, en tout cas j’en ai besoin. Mais, oui, je trouve que c’est une fille qui, tout au long du film, se révèle, elle révèle ses failles, ses blessures, elle en devient touchante je crois. Je ne pourrais pas dire que c’est une femme forte car toutes les femmes sont fortes, à leur manière.

En complément, dans un registre différent, vous êtes sur scène, dans « L’avare », au théâtre des Variétés. Peut-on dire que c’est une version un peu modernisée ?

Oui, c’est plus moderne. « L’avare » a été faite par d’immenses metteurs en scène, d’immenses acteurs donc c’est vrai que ça n’a aucun intérêt de simplement reproduire. Je l’avais déjà jouée en télé mais pour un autre personnage, avec notamment Michel Serrault, un immense comédien. Donc c’est rigolo pour moi de reprendre la pièce mais cette fois-ci pour le rôle de Marianne. C’est intéressant d’aborder un autre personnage.

On essaie d’y mettre beaucoup d’humour, un peu de modernité, tout en respectant le texte, en respectant l’époque, les costumes mais disons que c’est plus facile pour les gens peut-être. On peut avoir l’impression, au premier abord, qu’une pièce de Molière est très simple mais il y a beaucoup de profondeur derrière ce qu’il dit. Il se raconte d’ailleurs souvent lui.

C’est chouette, on a eu des jeunes qui sont venus voir et qui ont beaucoup aimé. Donc ça veut dire que c’est vraiment pour n’importe quel public, les petits, les grands, les jeunes, les moins jeunes. Le pari a l’air de fonctionner.

 

 

Après ces premières représentations, quels sont les principaux retours qu’a pu vous faire le public ?

Le public est vraiment notre baromètre. Si on fait les choses, c’est pour les gens et c’est à eux de décider. On a une chance folle, les retours sont très bons. Pour l’instant, je touche du bois, on n’a que des merveilleuses critiques, les gens ont vraiment aimé et, grâce à cela, ça fait un vrai bouche-à-oreille, on est complet pour le moment. Donc j’ai l’impression que, pour l’instant, c’est chouette, que ça plait. On va continuer à trouver des choses pour rendre les gens encore plus heureux. On se donne au maximum tous les soirs, les gens sont vraiment très contents, c’est chouette, ça fait du bien. D’avoir une si belle salle qui est remplie, avec les gens heureux à la fin, ça donne envie d’y aller tous les soirs. En plus, on est une chouette troupe, on est contents de se retrouver, je suis très heureuse de travailler avec eux, l’osmose joue aussi.

Dans ce spectacle, qui est Marianne, le personnage que vous interprétez ?

Dans ce spectacle, le metteur en scène est parti du principe de ne pas en faire une ingénue comme souvent ça a pu être le cas. En fait, à la fin, Marianne dit qu’ils ont eu un naufrage, que les corsaires l’ont recueillie avec sa mère, qu’elle y a perdu son père et son frère. Recueillies sur leur vaisseau, après dix ans d’esclavage, elles ont réussi à rejoindre Naples. Mais, là, elles ont trouvé tous leurs biens vendus, les obligeant à vivre dans une certaine forme de pauvreté.

Sauf que l’esclavage à cette époque-là, pour les femmes, s’apparentait à une forme de prostitution et d’exploitation. Donc le metteur en scène a imaginé que cette femme avait vécu ces choses terribles donc il en a fait une Marianne très forte, très digne et pas du tout crédule. Elle est très moderne, ce qui n’était pas le cas des Mariannes précédentes.

La scène de fin, je n’en dis pas plus, est du théâtre dans le théâtre, c’est au douzième degré. On s’amuse avec mes deux partenaires de jeu, Bruno Andrieux et Mathieu Métral, à aller vraiment dans une forme de comédie. Ça fait beaucoup rire les gens, je sais qu’ils adorent cette scène. C’est une vraie surprise, on ne s’attend pas du tout à ce que ces personnages aillent là-dedans. C’est une interprétation, là-aussi, qui n’avait pas forcément été faite de cette manière-là avant, c’est aussi surprenant. C’est chouette, il y a plein de petites choses comme cela qui permettent de voir le texte et cette pièce différemment.

Merci Fanny pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Vraiment pas comme nous : Fanny Pocholle évoque son spectacle, actuellement en tournée !

Publié le par Julian STOCKY

Crédit : Jean tire votre portrait

 

Bonjour Fanny,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes actuellement en tournée avec votre spectacle « Vraiment pas comme nous ». Dans le contexte sanitaire actuel, ce doit être une grande joie de pouvoir retrouver le public régulièrement, à Paris et en province ?

Très clairement ! J’avais joué un petit peu après le premier confinement avant que cela ne s’arrête brusquement pendant huit mois où, vraiment, il n’y avait plus rien. J’étais, pour le coup, complètement déprimée, j’étais malheureuse. Au moment où on a pu retourner sur scène, ça a été une vraie libération. C’était vraiment un soulagement de pouvoir reprendre ce spectacle avec, en plus, une nouvelle version. C’est vraiment un bonheur de pouvoir retrouver en réel les gens, de pouvoir interagir avec eux. J’avais fait des vidéos mais ce n’est pas pareil. C’est chouette, oui, de revoir les gens !

Comment décririez-vous ce spectacle ?

Souvent, pour la blague, quand je joue sur des plateaux ou pour des comedy-clubs, je dis toujours « n’hésitez pas à venir voir mon spectacle, c’est un spectacle familial qui parle d’euthanasie, de racisme et de viol ». Pour le présenter, je dirai que c’est très clairement un spectacle d’humour noir, qui traite de thèmes de société, qui sont autour de nous. Je trouve intéressant de les traiter avec humour pour inciter, ensuite, les gens à se dire que, oui, ils pourraient faire bouger les choses. J’aime bien que les gens ressortent en se disant qu’ils ont appris quelque chose et qu’ils ont envie de changer le monde. Oui, mon spectacle est un peu militant, dit comme cela…mais je vous promets qu’il est drôle aussiJ. Je n’aime pas les spectacles où, en ressortant, on ne se souvient plus de quoi ça parle…et il y en a beaucoup.

 

Crédit : Jean tire votre portrait

 

Vous avez la double casquette d’auteure puis d’interprète. Pour en revenir à l’origine du spectacle, comment vous en sont venues l’envie et l’idée ?

L’envie de monter sur scène date d’il y a longtemps. A l’âge de huit ans, je faisais du théâtre amateur mais j’étais hyper timide. Je dis toujours que le théâtre m’a sauvée. Avant, j’étais le genre d’enfant qui ne parlait à personne, qui ne voulait surtout pas qu’on la remarque. Je pense que je pourrais être encore comme ça aujourd’hui sans le théâtre. Une prof de théâtre m’a vraiment aidée, un jour, elle nous a fait crier et ça m’a fait beaucoup de bien. J’ai découvert, plus tard, à l’âge de 12 ans, la Compagnie du Café-Théâtre à Nantes, qui n’accueille que des spectacles d’humour. Là, j’ai eu une révélation, j’ai vu Jérémy Ferrari notamment et plein d’autres artistes, j’ai compris que c’est ça que je voulais faire, à savoir permettre aux gens de se marrer pendant une heure, leur faire passer un super moment afin qu’ils oublient leurs problèmes. J’ai alors commencé à y prendre des cours, j’y suis restée pendant six ans et j’ai écrit mon premier spectacle à l’âge de 17 ans, grâce justement à ces cours-là. De là est venue l’idée de faire du one-woman show et je suis ensuite montée à Paris pour cela.

Je ne savais pas forcément trop comment m’y prendre mais j’ai réussi à trouver une date puis d’autres, je me suis rendue compte que ça pouvait vraiment se concrétiser. Ce premier spectacle parlait surtout des raisons qui m’avaient incitée à vouloir monter sur scène. Mais il y avait aussi déjà un sketch sur l’euthanasie, c’était déjà un thème important pour moi. Puis j’ai écrit un autre spectacle, la première version de ce spectacle-ci, que j’ai écrite très rapidement, en un mois, suite à un défi donné par mon metteur en scène, qui m’avait réservé une salle quelques semaines plus tard. C’est dans ce contexte-là qu’est née la version beta de « Vraiment pas comme nous ». Que j’ai jouée pendant un an et demi. A la sortie de premier confinement, j’ai rencontré mon nouveau metteur en scène, avec qui on a changé le spectacle, j’ai réécrit plein de choses. On a gardé le même nom parce qu’il y a les mêmes thèmes. Mais c’est un nouveau spectacle, plus qu’une nouvelle version. Les thèmes sont vraiment poussés, ils sont vraiment centraux.

Comment avez-vous justement appréhendé cette double casquette ? Est-elle évidente à porter ?

Pour moi, c’est assez évident de jouer ce que j’ai écrit. J’adore écrire, je pense qu’il y a vraiment de moi dans le spectacle parce que j’en ai écrit les textes. Il y a par contre vraiment un enjeu quand ce sont tes propres textes, on a un peu de fierté et on espère vraiment encore plus que les gens vont aimer. Le fait de faire rire représente un réel enjeu, le rire est quelque chose de sonore, on voit directement si ça marche ou pas.

 

Crédit : Jean tire votre portrait

 

Plus globalement, quels principaux retours ont déjà pu vous faire les spectateurs, notamment à la sortie ?

On me fait souvent le retour de la surprise de mon âge, j’ai 23 ans et c’est étonnant d’aborder ces thèmes. J’ai des bons clients de ce genre d’humour, on me dit souvent que c’est cool, que ça change de ce que l’on voit d’habitude, que l’on parle enfin d’autre chose. Les gens sont contents de voir les lignes bouger mais aussi de voir une fille sur scène, même s’il y en a plus que ce que l’on dit.

Vous évoquiez les évolutions faites sur le spectacle, on imagine que, en fonction des retours justement du public et de votre ressenti sur scène, vous continuez à affiner les textes ?

Il y a toujours des choses qui changent. Typiquement, depuis le démarrage de cette version du spectacle fin août dernier, j’ai changé des choses, notamment le début du spectacle il y a à peine un mois. Je me sers aussi des impros, que je garde parfois pour les fois suivantes. Le fait de jouer permet, de toute façon, une évolution. Cela permet de « rôder » comme on dit, de perfectionner le spectacle.

 

Crédit : Jean tire votre portrait

 

Après plusieurs dates à Paris, vous allez sillonner les routes pour aller rencontrer le public. On vous imagine très impatiente ?

Oui, carrément ! En plus, souvent le public parisien est le plus dur, il a mille autres propositions dans la soirée donc, s’il t’a choisi toi, il est particulièrement exigeant. Il y a un peu une idée de « ok, j’ai payé, j’ai fait 45 min de métro, maintenant, fais-moi rire. »  En région, on a moins cette sensation-là, le public est, je trouve, plus facilement au rendez-vous. Je ne dis pas qu’il n’a pas les mêmes exigences, ce n’est simplement pas pareil. Par exemple, je joue à la Roche sur Yon (en Vendée) le 27 janvier, dans un lieu qui vient tout juste d’ouvrir, les places se sont vendues en 24h à peine ! On peut donc dire que j’ai vraiment très hâte que cette tournée commence. Je serai à Nantes le 1er février, à Toulouse le 5 mars, Thorigny sur Marne les 11 et 12 mars, Clichy le 9 avril, Lyon le 28 avril, … Toutes les dates sont à retrouver sur mes réseaux sociaux et ci dessous.

 

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette aventure ?

Qu’il y ait de plus en plus de dates de tournée et que, un jour, je remplisse les Zénith J !

Merci, Fanny, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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G.E.E.K : Louise Cassin nous présente la pièce qu'elle propose actuellement au théâtre Clavel !

Publié le par Julian STOCKY

@ Solenne Jakovsky

 

 

Bonjour Louise,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes sur scène, depuis début novembre, avec la pièce « Geek », au théâtre Clavel. On imagine, dans le contexte actuel, que ce doit être une vraie joie de pouvoir retrouver le public chaque semaine ?

Oui, clairement ! C’est vrai que, quand on a commencé les répétitions en octobre, on était encore assez confiant, la question ne se posait pas trop encore, on a commencé à jouer le 4 novembre et plus on s’est mis à jouer, plus on a vu l’étau se resserrer avec le Covid et donc les jauges aussi aller et venir en fonction des annonces. On a bien commencé et, dès les premières annonces, on a vu une rechute. Là, c’est vrai que tout le mois de décembre, pareil, on l’a senti venir et, encore plus fin décembre et début janvier, on se dit que chaque semaine est une chance. Chaque représentation est une fête, chaque date est prise. On est vraiment très contents de tenir le coup et d’avoir la chance aussi d’avoir du public parce que ce n’est pas le cas partout. C’est vrai que ça fait vraiment plaisir !

 

@ Raymond Delalande

 

Avec vos mots, comment présenteriez-vous ce spectacle ?

Pour moi, c’est vraiment un spectacle qui est original surtout par sa forme. Parce que c’est un spectacle qui est interactif. En tant que comédien, c’est vraiment un énorme challenge pour cela parce que tout est question du choix des spectateurs au début. En fait, il y a plusieurs possibilités et déjà au début de la pièce, on va leur demander de choisir un personnage principal. Il y a trois possibilités et, en fonction, on sait si on devient personnage principal ou secondaire. Rien qu’à la première minute, la pièce prend un tournant. Ensuite, ce ne sont que des successions de choix et donc de réactions. La pièce se crée comme cela au fur et à mesure. C’est très plaisant pour nous, on est tout le temps sur un fil. Par rapport à une pièce plus classique, là la ligne change à peu près toutes les dix minutes et il faut se réaccorder en permanence. Ce qui fait que, du coup, depuis le début, on n’a jamais joué deux fois la même version. C’est pour moi la plus grosse force de ce spectacle. Les spectateurs peuvent venir plusieurs fois, ils ne verront jamais la même pièce et de notre côté, nous n’avons jamais l’impression de jouer exactement la même chose. On est toujours un peu surpris par les réactions des gens, certains vont prendre les choix les plus tordus, d’autres vont préférer autre chose. C’est marrant, il y a une sorte d’union qui se fait entre les spectateurs, elle n’est pas consciente je pense, il y a dès fois des salles que l’on trouve très tolérantes avec des choix vraiment calmes et, dès fois, des salles qui ne prennent que des choix tordus qui rendent la pièce elle-même barrée, cela en est d’autant plus drôle pour nous.

En tout cas, la pièce s’adresse à un public très large et très diversifié…

C’est vrai que l’on dit, parce que c’est plus facile, « Geek » mais le vrai nom de la pièce est « G.E.E.K », qui est la contraction de Génération d’Emotions Etonnantes Kontradictoires. L’idée de base de cette pièce est que ça parle surtout d’une génération, avec le propos et la culture geek, une génération de trentenaires où, finalement, on le dit souvent, on est aujourd’hui peut-être un peu plus gamins que la génération de nos parents. On a un personnage qui correspond vraiment au gros cliché du geek et, finalement, on va se rendre compte au fur et à mesure que les trois sont geek mais de façon différente par rapport au monde moderne. Aujourd’hui, tout le monde connait la culture geek alors que, il y a dix ans, ce n’était peut-être pas un mot qui était aussi courant. Je vois que même ma mère sait ce qu’est un geek. C’est vrai que ça parle à tout le monde, on a des enfants des viennent et qui vont capter des références à certains jeux vidéo et qui vont adorer le format. On a aussi des personnes plus âgées, qui ne comprennent rien aux références mais eux vont juste voir l’histoire d’amour et le triangle amoureux que raconte la pièce.

 

@ Raymond Delalande

 

Quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage ?

Je joue Lucie. Peu importe la version choisie, l’histoire de base est la même pour les trois personnages. Lucie est la copine de Mathieu qui héberge Ernest, le fameux geek en dépression, après avoir perdu son emploi, en plus du départ de sa femme. Il va mieux, il est très confortable chez son pote et Mathieu ayant proposé à Lucie de s’installer avec lui, elle arrive dans cette colocation. Le projet est que Ernest s’en aille mais ça va être plus compliqué que cela, on va se rendre compte que les trois se connaissent du collège et qu’Ernest était amoureux de Lucie avant. Dans tout cela, Lucie est un personnage solaire, c’est une romantique, elle est toujours de très bonne composition, toujours joyeuse. Donc, quand elle voit Ernest, au début, elle ne détecte pas le problème. Ca dépend un peu des versions, elle voudra bien qu’il parte, sans le mettre dehors complètement. On a Mathieu qui est un peu piégé entre sa copine et son pote. Ernest, en fonction des versions, ne veut pas d’elle au début mais, forcément, quand il voit, ça lui fait quelque chose. Il se retrouve tiraillé et piégé, il retrouve son amour d’enfance mais peut-il s’immiscer entre les deux pour tenter sa chance ? C’est vrai que, pour le personnage de Lucie, ça dépend vraiment des versions, où elle est plus ou moins un élément perturbateur. Quand c’est sa version, elle se fait perturber par les deux autres personnages. A l’inverse, dans la version d’Ernest par exemple, elle est complètement l’élément perturbateur. Ça devient un triangle amoureux et elle ne sait plus trop qui choisir.

La distribution est alternante, en plus des choix imposés par le public pendant le spectacle. Cela nécessite du coup une réelle adaptation pour vous ?

Pour moi qui ai fait toutes les dates depuis novembre, j’ai eu toutes les configurations possibles. J’avais répété principalement avec deux comédiens mais je me suis retrouvée lâchée dans le grand bain avec les deux autres, avec lesquels j’avais rapidement répété. C’est vrai que ce qui est super pour les six comédiens de cette pièce, c’est que nous avons tous les six des énergies très différentes. Au début, c’est vrai que ça m’a fait très très peur de ne pas me sentir prête et l’alchimie s’est faite sur scène, en suivant le texte et l’histoire. Pour moi, c’est vrai que c’est très chouette, c’est un super luxe. Maintenant, du coup, je me sens à l’aise avec toutes les combinaisons et je ne peux même pas dire que j’ai des préférences, ça va très bien avec ce format qui bouge au fur et à mesure. Ce n’est pas visible pour les spectateurs mais c’est super pour les comédiens de ne pas tomber dans une routine, d’être tout le temps justement sur le fil et de ne pas trop savoir, pour s’adapter à la seconde. C’est un spectacle où on est vraiment obligés d’être sur l’instant, on ne peut pas se permettre d’anticiper une éventuelle réaction à venir parce que l’on ne sait jamais ce qui va se passer.

 

@ Raymond Delalande

 

Au fur et à mesure des retours du public à l’issue des représentations, vous avez aussi modifié à la marge certaines choses sur scène…

Je n’étais pas là sur les représentations à Bordeaux mais c’est vrai que le public parisien a pas mal surpris l’équipe de base. Même ne serait-ce que par rapport aux choix. Ici, à Paris, c’est beaucoup plus homogène, tous les choix sont à peu près passés, du coup c’est d’autant plus intéressant derrière pour avoir des retours. Très vite, on en a eus sur des petites histoires de compréhension avec les références, ou encore sur le format pour choisir la fin. Des facilitations ont été faites pour mieux comprendre.

Comme les gens sont décisionnaires, ils ont une vraie attente derrière. S’ils décident que Lucie se met en colère, ils veulent la voir vraiment énervée, pas juste un peu chafouin. Pareil, c’étaient des retours que l’on avait pu avoir, ils auraient eu envie de plus suite aux décisions prises. Donc, quand c’est possible, on se permet de raccorder en écoutant les retours. C’est très chouette et plaisant en tout cas, en sortant, de discuter avec les spectateurs, d’avoir leurs retours.

Merci, Louise, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Belles Amies : Anne Cardona évoque sa pièce de théâtre, actuellement à l'affiche !

Publié le par Julian STOCKY

@ Raymond Delalande

 

Bonjour Anne,

Quelle joie d’échanger avec vous !

Vous êtes actuellement sur scène, au théâtre du Roi René, avec la pièce «Belles amies », pour laquelle vous êtes comédienne et auteur. On imagine que, dans le contexte actuel, le fait de pouvoir retrouver le public avec quatre dates par semaine est une vraie joie et un vrai plaisir ?

Oui, c’est une vraie joie, c’est même inespéré, dans le sens où nous ne sommes pas des comédiennes renommées. C’est aussi ma première pièce en tant qu’auteur donc je ne peux pas non plus faire bénéficier de ma renommée d’auteur pour faire rentrer le public. Il y a des embouteillages énormes dans les programmations au théâtre à cause du Covid donc c’est vrai que c’est une chance inouïe d’avoir pu créer la pièce en Avignon cet été et de la reprendre à Paris. Dans un théâtre qui est petit, certes, mais qui a quand même une certaine renommée. C’est assez chouette, en plein Paris, dans le XIè.

Comment présenteriez-vous cette pièce ? De quoi parle-t-elle ?

C’est une histoire d’amitié féminine, ce sont deux femmes qui se sont connues quand elles étaient très jeunes, à 20 ans, qui avaient une amitié quasi fusionnelle. Elles ont été séparées par un évènement traumatique, que je ne vais pas spoiler, du coup elles se sont volontairement perdues de vue. Elles se retrouvent 20 ans après, à la quarantaine, complètement par hasard, dans le même cours de natation, à la piscine municipale. Elles essaient alors de reconstruire leur amitié mais, évidemment, les traumatismes du passé sont là, resurgissent et ça ne se passe pas de la manière dont elles auraient voulu que ça se passe.

 

@ Raymond Delalande

 

Si on revient à la genèse de ce projet, comment vous en sont venues l’envie et l’idée ?

Comme je suis une jeune auteur, après avoir écrit pendant 15 ans des centaines de chansons, quand je me suis attelée à l’écriture d’une pièce, donc d’un dialogue avec un scénario, un début, un milieu et une fin, je me suis dit que le plus simple pour moi serait d’aller chercher dans ce qui m’est arrivé personnellement. Et j’ai eu une histoire compliquée, conflictuelle avec une amie, qui m’a inspirée pour écrire cette pièce. Donc, voilà, je suis partie de ce que j’ai vécu et, après, j’ai extrapolé. Le personnage de Gabrielle n’est pas moi et le personnage d’Agathe n’est pas mon amie, en tout cas j’ai tiré la substantifique moelle de moi, de mon amie et de ce qui nous est arrivé pour bâtir mon scénario.

Justement, quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage ?

Mon personnage est celui de Gabrielle, c’est une femme qui a subi beaucoup de traumas dans son existence, notamment à cause de cette chose consécutive à leur amitié. Donc c’est une fille qui a eu une longue réparation par rapport à ses traumas, psychologique et physique. C’est une fille qui s’est beaucoup battue. Comme souvent, les gens qui en ont bavé, ne sont pas dans le déni mais ils taisent le processus de reconstruction qu’ils ont dû fabriquer. C’est une fille qui est assez inhibée et, pour se reconstruire, elle a été énormément aidée par la peinture et par un amoureux, qui est survenu dans sa vie. Donc je dirais que c’est une artiste, elle est très introvertie mais néanmoins très solide comme les gens qui ont réussi à se reconstruire après des traumas. Elle reste quand même un peu abimée donc elle a quelque chose de suspicieux, voire paranoïaque.

 

@ Raymond Delalande

 

Vous l’évoquiez, cette pièce a déjà été jouée en Avignon l’été dernier, eu Festival du même nom. Sans oublier quelques dates à Paris avant les fêtes. Quels principaux retours avez-vous pu avoir du public à l’issue des représentations ?

Alors, c’est amusant parce que ça ne rigole pas. Je le savais en écrivant la pièce. Je vais beaucoup au théâtre, c’est toujours très perturbant, très surprenant. Du coup, c’est bête mais quand on est acteur, on a envie d’avoir du rire, qui est la réaction la plus immédiate du public et, là, on ne l’a pas ou peu. On l’a au début car ça commence comme une comédie, avant une bascule où on vire dans quelque chose qui n’est vraiment pas drôle du tout. Globalement, sur l’ensemble du spectacle, on peut dire que ça ne rigole pas. Donc pour nous, quand on est sur scène, il y a un côté perturbant mais c’est normal, dans le sens où la pièce que j’ai écrite est tout sauf une comédie.

Donc les retours du public sont : « on est scotchés à notre fauteuil, on ne respire pas ». Il y a même des gens qui m’ont dit « il y a un vrai malaise, c’est un thriller ». Ce qui me ravit, c’est que les gens sont happés et qu’ils sentent qu’il y a quelque chose dès le début à dénouer, ce qui les maintient en haleine. Donc j’ai la prétention de croire que les gens ne s’ennuient pas du tout, qu’ils sont vraiment happés par le suspense. Je pense qu’il y a un côté dérangeant voire malsain parce que j’ai voulu intégrer aussi là-dedans un rapport toxique entre deux femmes. Ce qui est marrant, c’est qu’il y a vraiment deux personnages très antithétiques et les gens s’identifient par moments à l’un et à d’autres moments à l’autre. Souvent, les gens me disent « se sentir parfois Agathe et parfois Gabrielle ».

Entre la première version en Avignon et les nouvelles dates parisiennes, vous avez aussi affiné, modifié à la marge la pièce, en fonction de vos ressentis et des retours que vous avez pu avoir…

Complètement ! J’ai vraiment affiné en fonction de cela et des ressentis que je pouvais avoir sur scène. Je me disais « bon, Anne, si tu t’ennuies à ce moment-là en tant que comédienne, fatalement le public va s’ennuyer puissance 10 ». Donc j’ai en fait écourté, raccourci, taillé dans des scènes, ce qui m’a permis de gagner du temps, pour créer d’autres scènes à l’extrême. Du coup, j’ai créé des scènes drôles, de comédie et j’ai aussi beaucoup appuyé, à la fin, le côté tragique. Donc je suis dans quelque chose de moins entre deux, beaucoup plus extrême, drôle au début, vraiment pas drôle à la fin. J’ai aussi changé la chronologie des choses. Aujourd’hui, au lieu d’être en dents de scie, on a vraiment une progression constante et je pense que c’est nécessaire pour un thriller réussi.

 

@ Raymond Delalande

 

Nous le disions, vous avez cette double casquette d’auteure et de comédienne sur ce spectacle. Par définition, l’auteure a précédé la comédienne. Justement, pour cette deuxième casquette, comment vous servez-vous de votre côté auteur ? Est-ce que c’est si évident ou cela peut-il créer des petits nœuds au cerveau ?

Les deux, mon capitaine. C’est une question très intéressante. Cela m’aide, dans le sens où, évidemment, puisque c’est moi qui ai construit les personnages, forcément je sais exactement qui ils sont, comment ils pensent et éventuellement tout ce qui n’est pas écrit. Du coup, je sais exactement qui je suis et qui est la personne en face de moi. Donc cela me fait gagner du temps et des réflexions, ce qui me fait avancer beaucoup plus vite. Je n’ai pas besoin d’avoir un metteur en scène qui va me faire l’explication de texte.

En même temps, c’est l’autre revers de la médaille, à partir du moment où j’ai décidé de prendre un metteur en scène, je ne peux pas lui imposer ma vision d’auteur. C’est vrai que quand j’ai écrit la pièce, quelle que part, j’ai fait la mise en scène dans ma tête. C’est impossible autrement. J’ai mis plein de didascalies, j’ai créé le décor donc je sais où ça se passe. J’ai mis tout un tas de commentaires aussi précis que « elle s’assit sur un fauteuil, elle ramasse son sac et elle se met comme ça ». Je l’ai vu comme dans un film et, à partir du moment où je l’ai donné à quelqu’un d’autre, je ne peux que lui laisser sa liberté à lui et sa vision à lui. Cette dernière n’est pas forcément la même que moi, il ne respecte pas forcément mes didascalies et, ça, pour reprendre votre expression, parfois ça me fait vraiment des nœuds au cerveau. Parce qu’il m’emmène dans des endroits où je n’avais pas pensé aller. Si je l’ai choisi, c’est pour qu’il m’apporte quelque chose en plus et il y est.

Merci, Anne, pour toutes vos réponses !

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Le Switch : Alexandre Pesle évoque sa belle actualité sur scène, au théâtre Edgar !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Alexandre,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes actuellement à l’affiche, au théâtre Edgar, de la pièce « Le switch ». Dans le contexte actuel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être de retrouver le public ?

Exactement ! Un premier mois de confinement que l’on a tous vécu ensemble, c’était la première fois mais les beaux jours arrivaient. On s’est retrouvés au final sept mois confinés, on a eu ensuite le pass sanitaire, ça a été très compliqué pour les artistes et tous les acteurs de l’intermittence du spectacle dans sa globalité. Mais aussi pour les gens, il y a eu de nouvelles habitudes, sept mois ce n’est pas rien. Il faut que les gens reviennent. Donc on a vécu cette pièce comme un cadeau…

Elle est extrêmement bien écrite, on a une distribution de dingue. Le fait que nous n’étions pas sur scène pendant sept mois a démultiplié l’envie et le plaisir. C’est aussi vrai pour mon one-man show, que j’avais eu la chance de jouer juste avant la fermeture des théâtres il y a un an et j’avais alors eu l’impression de jouer comme si c’était la dernière fois sur scène. Il y avait un côté un peu d’immédiateté, de tout donner, c’était un peu le match de gala tous les soirs, on ne savait pas si ça allait fermer ou pas.

Là, c’est vrai que l’on se retrouve avec beaucoup de joie, d’envie, de bienveillance les uns avec les autres. Je trouve que c’est très agréable de retrouver toutes ces sensations sur scène, avec le public dans la salle. Ma famille est venue me voir récemment et la première chose qu’ils m’ont dite a été : « ça fait du bien de se marrer tous ensemble dans une salle ». C’est vrai…Que ce soit une salle de théâtre ou de cinéma.

Vous qui vivez cette aventure de l’intérieur, comment pitcheriez-vous ce spectacle ?

C’est l’histoire de deux femmes qui se rencontrent, l’épouse s’est aperçue que son mari avait une maitresse, elle a réussi à avoir son numéro et une rivalité s’installe très rapidement…puis une complicité. Et elles décident de virer ce malotru…et bien entendu, rien ne va se passer comme prévu, à la fois pour elles et pour le mari, que je joue. Je ne les reconnais pas, je ne sais pas ce qui se passe. Elles se dévoilent et, petit à petit, veulent la vie de l’autre : la maitresse veut le rôle de l’épouse, l’épouse veut le rôle de la maitresse et, bien entendu, tout ça ne sera qu’une suite d’une longue dégringolade de tout le monde. C’est assez drôle, le public découvre cette descente aux enfers et de ma part et de la part de celles qui sont trompées. C’est assez jouissif….

 

 

C’est un Feydeau moderne, sans les portes qui claquent mais avec les claques qui se perdent. C’est drôle, c’est enlevé, la mise en scène de Luq Hamett est très alerte. C’est un sujet battu et rebattu mais qui a à nouveau ses lettres de noblesse, Marc Fayet, moliérisé en 2015, a rebattu les cartes et a apporté quelque chose de nouveau dans ce triangle amoureux.

Quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage, celui du mari ?

En fait, elles le décrivent comme il est. Mais on va s’apercevoir qu’il est beaucoup plus intelligent et malin qu’il ne semble l’être au premier abord. Je ne peux pas en dire plus, ça fait partie du charme de la pièce et de sa découverte. Mais, voilà, elles ont brossé un portrait qui n’est pas tout à fait le portrait imaginé par le public. C’est ce qui est très intéressant et qui crée du décalage.

C’est un très beau cadeau artistique, on m’avait cantonné, pour mon plus grand plaisir, à des rôles d’abrutis, Sylvain, dans « Caméra Café » en est largement responsable et moi aussi. Et puis j’adore la bêtise, la crétinerie. Là, ce qui est bien, c’est que je suis face à un personnage beaucoup plus pervers, beaucoup plus malicieux, beaucoup plus tendancieux, beaucoup plus narcissique que tout ce que l’on m’a demandé de faire jusqu’à présent. C’est Luq qui m’a demandé d’aller dans cette direction, pour mon plus grand bonheur. C’est comme si je découvrais un nouveau territoire, c’est très agréable, j’ai l’impression à la fois d’être dans un territoire inconnu et dans quelque chose que je connaissais mais que je ne m’étais jamais autorisé à jouer. C’est vraiment le plaisir de la comédie, de faire des choses vraiment différentes. Je ne sais même pas si je m’en sentais capable, on ne m’avait jamais proposé de le faire, là on me le propose et je m’y amuse comme un petit fou.

Avez-vous eu ou avez-vous encore certaines sources particulières d’inspiration pour l’interprétation de votre personnage ?

C’est très facile de travailler avec Luq, les choses se sont faites naturellement et facilement. Très sincèrement, j’ai été le premier surpris que tout se passe aussi bien. Avec les filles, ça se passe vraiment bien aussi, il y a une complicité réelle et nécessaire dans une comédie. On a beaucoup de plaisir à se retrouver et à faire les cons sur scène.

 

 

Quels sont les principaux retours du public suite aux représentations ?

On a de très bons retours, avec un panel assez grand, de « on ne s’est pas ennuyés, on s’est marrés, qu’est-ce que c’est frais, c’est drôle, c’est bien écrit, c’est percutant, c’est ciselé ». On a des compliments de tous types et c’est très marrant car on n’a pas souvent les mêmes, ça s’enrichit à chaque fois, c’est très étonnant. Tous les soirs, on ajoute une perle au collier, c’est très agréable. On a aussi de très bonnes critiques, en plus d’excellents retours. C’est chouette, ça fait du bien, ça met du baume au cœur.

Après ces premiers jours sur scène, le plaisir prend-il déjà le pas sur l’appréhension des débuts ? Les deux sont-ils encore liés ?

On est, aujourd’hui, un peu plus sûrs de nous-mêmes. Après un mois de répétition à quatre, on a entendu enfin vraiment les rires et on a eu besoin de quelques jours pour se mettre en symbiose avec ces rires. Ce calage se fait généralement en une petite semaine et, après, chacun prend son envol. A cette date, c’est très agréable, on n’est plus à la première, j’ai certes encore la petite appréhension et je l’aurai toujours mais il y a beaucoup plus de plaisir, moins de peur des débuts. C’est un puits sans fond, on redécouvre des choses chaque jour, c’est très agréable. Chaque soir, le texte est certes le même mais ce n’est pas ni le même public ni la même humeur. 

Que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette aventure ?

Un immense succès ! Ça nous fera du bienJ. On a beaucoup bossés, avoir du monde et partir ensuite en tournée est le plus beau des cadeaux parce que tout est plus simple quand on a du succès. Ça donne aussi du sens à ce que l’on fait.

 

 

En complément, quels sont vos autres projets du moment ?

On vit une année très particulière, pleine de reports, il y a une sorte d’embouteillage. J’ai toujours mon spectacle, « Le Pesletâcle », sur la liberté d’expression, sur la question de peut-on rire de tout ? C’est un spectacle sincère, honnête, où on rigole. J’ai eu de très bons retours, ça fait partie de mes fiertés. Je pense que l’on peut rire de tout avec un peu de discernement, de retour et de second degré. Je vais avoir la joie de le jouer en 2022 et j’espère en 2023 également. Sans oublier d’autres projets….

Merci, Alexandre, pour toutes vos réponses !

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Caroline Filipek évoque ses actualités, à l'image et sur scène !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Caroline,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes une artiste aux différentes casquettes et cordes professionnelles, comme en témoigne votre parcours. Si l’on revient à son origine, qu’est-ce qui vous avait incité à en faire votre métier ?

C’est très simple, une rencontre au collège, d’une professeur de français tout simplement. Le contexte est important, j’étais notamment en 6è et 5è dans une école de filles, avec un uniforme marine et blanc, très très bien cotée, avec des bonnes sœurs pour professeurs. C’était une école très très exigeante et je n’y étais pas très heureuse, même si les études n’ont jamais été un souci pour moi. Il me manquait plein de choses et une femme est venue de l’extérieur pour remplacer la professeur de français qui était malade. Mme Decker est arrivée en nous expliquant que, bien évidemment, on allait faire le programme mais qu’elle adorait le théâtre. Il y en avait justement un, complètement poussiéreux et, à deux trois mois de la fin de l’année, nous avons monté « Les fourberies de Scapin ». J’étais là, très timide, pas bien dans mes baskets et elle me dit que, dans cette école de fille, j’allais jouer Scapin…je la connaissais à peine, j’étais très mal à l’aise, je n’arrivais pas à parler mais je lui ai demandé pourquoi. Elle m’a expliqué que, les rares fois où je m’exprimais, je faisais voyager les gens. Ça a été LA révélation, elle m’a confié ce rôle sans aucun doute, je l’ai pris à bras le corps, ça a été un bonheur fou, on a joué plusieurs fois tellement ça se passait bien, les parents d’élèves étaient très heureux, j’avais des bulles d’oxygène dans le ventre, je vivais de bonheur sur les planches. Je me suis dit « c’est bon, c’est ça, j’ai trouvé ma vocation, c’est ce que je veux faire, contre vents et marées, je suis heureuse à cet endroit-là ».

Par la suite, quels autres moments vous ont particulièrement marquée ?

Je me suis formée au théâtre national de Marseille, La Criée, pendant trois années intensives. Cette école étant dans un théâtre, on était tout le temps sur scène, soit en allant observer dix fois la même pièce si on voulait soit en montant et jouant des pièces à vau-l’eau, soit par sa formation intensive, c’était un bonheur pur, de gavage, de culture et de rencontres. J’y ai fait ensuite mes premiers pas en tant que professionnelle.  

Ensuite, parmi les expériences marquantes, je pense au travail avec Omar Porras, metteur en scène colombien, basé en Suisse, qui a joué beaucoup de spectacles au théâtre de la ville. J’ai complètement flashé sur un de ces spectacles, à tel point que je lui ai écrit une lettre qui l’a incité à me recevoir. Il m’a fait passer des essais de théâtre et c’était partie pour une longue suite de créations et de tournées, notamment celle sur « Don Quichotte », avec plus de 12 comédiens sur scène. On a joué partout….L’esprit de troupe et l’exigence du travail m’ont beaucoup marquée.

 

 

Après, le fait d’avoir monté ma compagnie a aussi été quelque chose de fort. Je me suis dit, à un moment donné, que j’avais envie de monter des textes par moi-même, sans être dans l’attente. J’aime bien l’idée de choisir et, avec une comédienne, on est tombée sur un texte qui nous a bouleversées, en lien avec les enfants soldats, « Allah n’est pas obligé » d’Ahmadou Kourouma. Nous avons été complètement foudroyées par ce roman, que nous avons adapté au théâtre. On l’a joué en France mais aussi au Kenya, en Tanzanie, en Amérique du Sud,…Ça a duré plusieurs années, entre la création en 2006 et les dernières représentations en 2012. De la contrainte est née la force de ce spectacle, comme nous l’a dit Laurent Maurel, le metteur en scène.

Je parle beaucoup de théâtre mais il y a eu aussi des évènements marquants à l’écran. Mon parcours est arrivé un peu après, avec davantage encore de diversité. Je fais principalement des guests, on est sur des durées plus courtes qu’au théâtre. J’adore la multiplicité. De films d’époque à des séries comme « RIS », « Profilage », « Le passager », « Fais pas ci, fais pas çà » ou encore plus récemment « HPI ». J’ai aussi adoré tourner dans le magnifique film d’auteur « Les Eléphants » réalisé par Emmanuel Saada, un film choral sur des personnages en quête d’amour. Globalement, je porte toutes mes expériences dans mon cœur, elles m’ont toutes marquée à un endroit.

Considérez-vous ces deux domaines comme le même métier et le même exercice ? Ou est-ce que ce sont deux entités qui nécessitent des adaptations ?

Les deux, en fait. Il y a vraiment un socle commun et il y a des divergences, dans la rapidité d’exécution. Le théâtre est en direct, quand ça commence, ça ne s’arrête pas et j’adore cela. J’ai assez rapidement apprécié les bugs au théâtre, ça parait fou de dire cela, non pas que je les cherche mais j’adore l’imprévu qui emmène là où on ne s’y attend pas ! Maintenant, je trouve que les mécanismes, sur les planches ou devant une caméra, sont les mêmes. C’est comme une cuisine que l’on a élaborée, avec le jeu d’acteur. C’est comme un garde-manger avec plein de petits tiroirs qui s’étoffent au fil des années et des rôles. Je viens chercher au besoin.

Au théâtre, il faut porter sa voix mais le fond est le même qu’à l’image, en termes de tambouille d’acteur. Il faut juste adapter son curseur, tout se voit à l’écran, on est plus dans l’intimité, il faut avoir cette conscience de minimalisme. J’aime beaucoup ce travail de caméra, il en dit long.

On pourra vous revoir bientôt sur la série quotidienne de France 2 « Un Si Grand Soleil », après y avoir déjà fait précédemment de premiers passages. Retrouver le plateau et l’équipe a sans doute dû vous faire plaisir ?

Oui, tout à fait, j’étais très contente de revoir tout le monde. On est très très bien accueillis, c’était ma première dans une quotidienne et j’ai vraiment beaucoup aimé cette expérience. Je tiens à le dire, de la production aux scénaristes, en passant par l’équipe casting, l’équipe HMC, les réalisateurs, les comédiens, tout le monde est bienveillant. Le rôle de Mélanie m’a permis de rencontrer des réalisateurs différents, j’en ai souvent changé, j’ai adoré, j’ai dû délivrer la même chose mais par le prisme de personnes différentes. Pour nous, comédiens, il faut s’adapter, j’adore, c’est très riche. Ça m’a fait chaud au cœur de revenir.

Toujours à l’image, sur France 3, vous avez tourné en tant que guest pour la série « Alexandra Ehle ». Un mot sur ce projet ?

« Sans visage » est l’épisode 9, qui sortira à l’hiver. C’est une série policière au format de 90 minutes, où tout est très pointu, le style notamment. On y retrouve énormément d’humour, avec des scènes complètement décalées, c’est très froid et très chaud en même temps. En gros, il y aura une intrigue autour d’un homme qui perd son visage, d’où le nom de l’épisode. Je fais partie de l’univers de cette personne, sans vous dire qui je suis.

 

 

Pour ces deux rôles de guest, en amont, parmi les artifices de la préparation, vous êtes-vous plongée dans certaines diffusions pour mieux appréhender l’univers ?

J’aime bien m’imprégner pour, ensuite, être complètement lâchée. J’aime bien me plonger avant, ça n’empêche pas de garder de la spontanéité, je fouille, je regarde les épisodes et je reçois, tout simplement. Je ne suis pas dans l’analyse, je suis dans le ressenti, comme un spectateur lambda. Je me suis laissée emportée. Ensuite, je me laisse libre dans le personnage, j’aime bien arriver avec une ou plusieurs propositions mais ouvertes. Les choses se font avec le réalisateur et ça ne me dérange pas si on change tout.

Je regarde, au moment de la diffusion, ce que je fais et, là, pour le coup, comme pour « Un Si Grand Soleil », où j’ai tourné à plusieurs mois d’intervalle, je suis critique, je ne suis pas dans l’affect. Je regarde la crédibilité de mon personnage, je regarde où je peux creuser encore plus loin. Je suis dans le détail, je vois ce que j’ai fait, pour les scènes d’après et j’ai un petit cahier d’évolution du personnage, de comment il s’est construit. Un mois ou deux mois après, c’est important de ne pas oublier le leitmotiv de départ.

Pour terminer, en complément, plusieurs projets sont en cours, un long métrage et un seule en scène le 12 décembre…

Le seule en scène se fera à Paris, au théâtre de la boutonnière. C’est un travail autour de Gisèle Halimi, la célèbre avocate décédée en 2020.  Sur quatre de ses procès principaux, pour mettre en avant son parcours remarquable. Elle n’a peut-être pas été assez saluée au moment de sa mort. C’est un rôle que j’endosse avec joie, implication et militance. Je salue le courage de cette femme avocate, mère de famille, elle a un parcours assez troublant, elle a réussi à défendre, au risque de sa vie, autant de femmes et de causes importantes.

Le long-métrage « 4 garçons pleins d’avenir » avait été tourné en 1997, c’était mon premier, je jouais Marie-Odile. C’était une comédie assez potache et une écriture est en cours pour 2022, où on se demandera, 25 ans après, ce que sont devenus ces 4 garçons ainsi que les personnages qui tournaient autour. A suivre….

Merci, Caroline, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision, Théâtre

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Karine Ventalon évoque sa belle actualité, sur grand écran et sur scène !

Publié le par Julian STOCKY

crédit photo # Philippe Vermale

 

 

Bonjour Karine,

Quel plaisir d’effectuer ce nouvel échange avec vous !

On pourra vous retrouver sur grand écran, à partir du 24 novembre prochain, au Saint-André des Arts. On peut penser que, dans le contexte actuel, pouvoir proposer quelque chose d’inédit au public doit être un vrai plaisir et une vraie joie ?

Oh oui ! Cela fait vraiment plaisir d’avoir un film qui sort au cinéma au vue de la conjoncture actuelle. Tout est très compliqué avec la crise sanitaire, il y a beaucoup de diffusions reportées. Je suis donc ravie que ce joli film foncièrement dans l’air du temps sorte enfin sur les écrans puisqu’il a été tourné il y a trois ans maintenant.

Avec vos mots, comment le présenteriez-vous ?

Tout d’abord, j’imagine que vous vous demandez ce que signifie « Hikikomori » !

Il s’agit d’un mot japonais qui peut paraitre un peu compliqué comme ça mais il désigne un véritable problème de société au Japon donc, qui concerne essentiellement les jeunes qui craignent de vieillir et de se confronter au monde des adultes et de ses responsabilités. Au départ, cela « touchait » principalement les hommes mais cela s’étend aussi aux femmes. Souvent, ces personnes restent enfermées dans leur chambre, se réfugient dans le monde virtuel des jeux vidéo et s’habillent comme dans les mangas avec des tenues très colorées, des tutus, des ailes de fées, des chaussettes à paillettes …c’est ce que l’on appelle la mode Kawaii… Ils vivent dans un monde très décalé de jeux vidéo, de mangas, de réseaux sociaux. Ces jeunes refusent de se confronter aux problèmes d’adultes, de vivre sous les règles de la société, de travailler… souvent ils mangent même dans leur chambre pour éviter d’avoir des réflexions de leur parents si ceux-ci leur font des remarques ou les poussent à se responsabiliser. Ils développent donc de gros problèmes relationnels, ils n’arrivent plus à communiquer avec les autres. Même sortir de chez eux peut-être une angoisse, cela leur devient impossible d’aller boire un café avec quelqu’un.

 

 

Dans le film, il s’agit d’une famille composée de trois femmes, de trois générations différentes, qui vivent sous le même toit. Il y a donc Camille, l’héroïne de 18 ans (interprétée par Coline Chantrel), qui vit avec sa maman Annie (moi-même) qui l’a eue très jeune et sa grand-mère Rose (Colette Roche). Elles ont peu de moyens, la maman, Annie donc, cumule plusieurs boulots, elle essaie d’élever sa fille comme elle peut. En même temps, elle doit s’occuper de sa mère Rose dont elle a la charge et ce n’est pas chose facile car celle-ci ne parle plus et n’est plus autonome, il faut lui faire sa toilette, l’habiller etc…

Camille, jeune adulte hikikomori, ne se sent pas bien dans ce monde qu’elle ne comprend pas et décide d’en finir avec la vie. Pour cela, elle doit sortir pour se procurer une arme car c’est le moyen qu’elle choisit pour attenter à ses jours. Cela va être compliqué pour elle de sortir mais elle va se faire violence et lors de sa quête pour chercher comment mettre fin à ses jours elle va rencontrer sur son chemin des personnes plus ou moins sympathiques, comme une sorte de parcours initiatique jusqu’au dénouement final.

Ce qui contribue également à l’originalité du film c’est le côté dessin-animé qui est suggéré. A un moment, c’est comme si on passait dans l’esprit de Camille, on se retrouve dans un univers manga-dessin animé, un peu comme dans le film « Roger Rabbit » où l’acteur principal rencontre des personnages de dessin-animés. On oscille entre la dure réalité de la vie et un univers onirique fantasmé.

Vous y interprétez la maman de Coline. Pour son interprétation, vous êtes-vous plongée dans la documentation de cet univers ?

Je me suis bien évidemment renseignée mais je ne me suis pas « plongée » dans la documentation de cet univers pour préparer le rôle puisque mon personnage est dépassé par l’attitude de sa fille qu’elle ne comprend pas. Il fallait donc que je me laisse totalement porter par la situation et que mon approche du rôle soit instinctive. Le personnage d’Annie est complètement perdu par rapport à sa fille et quand elles se croisent dans l’appartement c’est pour se disputer. D’ailleurs à un moment elle rentre dans une colère noire contre Camille et lui pose un ultimatum :« soit tu te bouges soit je te mets à la porte ». C’est une maman qui a plusieurs petits boulots, qui essaie de maintenir sa famille à bout de bras, elle ne connait pas ce monde des Hikikomoris.

Avez-vous une anecdote particulière de tournage ou quelque chose que vous aimeriez dire au sujet de ce film ?

Effectivement, je connaissais la réalisatrice, Sophie Attelann, avant le tournage, car Sophie a été comédienne avant de se lancer dans la réalisation et nous nous étions rencontrées lors d’un stage. Je connaissais également Gigi Ledron avec qui j’ai déjà tourné, Séverine Berthelot, Chantal Baroin et Marianne Chevallier.

Vous allez me dire qu’il n’y a que des femmes ? Non je vous rassure il y a également de très beaux rôles masculins ! Même s’il est vrai que cela reste l’histoire de trois femmes de trois générations différentes, que le film a été réalisé par une femme et que la première assistante Olivia Yahiel est donc également une femme.

Être entre femmes pour aborder parfois des thèmes qui nous sont propres a permis de pouvoir s’exprimer sans retenue ni pudeur. Dans l’histoire, elles ont une vie difficile donc elles sont natures, il y a beaucoup de vérité dans ce film et certains personnages lorsqu’ils s’expriment c’est un peu comme s’ils poussaient un cri, nous sommes dans des émotions brutes parfois contrebalancées par le côté onirique de l’image et des effets spéciaux.

Je profite d’ailleurs que vous me donniez la parole pour remercier Sophie pour m’avoir choisie pour ce joli rôle. Elle nous a dirigés avec intelligence et bienveillance et j’ai éprouvé beaucoup de plaisir à travailler avec elle.

 

 

On l’a dit, le film a été tourné il y a trois ans. Avec tout ce qui s’est passé depuis, notamment le confinement et l’enfermement liés à la crise Covid, pensez-vous que le regard du public sera différent ?

Tout à fait ! D’ailleurs, des psychologues vont intervenir et des débats seront organisés après certaines séances. Le film sera diffusé à partir du 24 novembre au Saint-André des Arts à 13h.

Avec le confinement, beaucoup de jeunes ont développé un peu ce syndrome à travers l’Europe et le monde d’ailleurs, ils n’osent plus sortir de chez eux, ils sont habitués à communiquer par Zoom, à vivre en regardant Netflix, à développer un imaginaire grâce aux séries télé… Donc nous pouvons établir des points communs avec le thème majeur de notre film.

En effet, certains jeunes ont été privés de beaucoup de contacts humains et ont du mal à retrouver une vie sociale. J’en connais dans mon entourage, qui appréhendaient la rentrée des classes, de revoir des gens, des profs, même de se lever, d’avoir des horaires, de devoir respecter des règles de vie pour vivre en communauté tout simplement.

Vous n’avez pas encore vu le rendu final. On vous imagine impatiente de le découvrir et même presque de le redécouvrir, trois ans après le tournage ?

Oui je suis effectivement impatiente ! Mais je dois vous avouer que j’ai toujours une appréhension lorsque je découvre un film dans lequel j’ai joué au cinéma en même temps que le public, j’ai toujours peur ! Mon premier regard est toujours critique sur moi-même et ma prestation. J’ai donc besoin de le voir deux ou trois fois avant de lâcher prise. Et puis on a cette envie que le film plaise, que les personnes soient contentes de l’avoir vu donc nous attendons les réactions du public dès la première projection le 24 novembre prochain.

A qui ce film s’adresse-t-il ?

Ce film s’adresse vraiment à tout le monde. Dans notre entourage, on a souvent des enfants ou des adolescents que l’on ne comprend pas. Du coup, si cela peut aussi éclairer et permettre d’aborder les choses différemment, c’est une bonne chose.

A titre personnel, j’ai été touchée par ces trois destins de femmes, qui s’adorent mais qui n’arrivent pas à communiquer. La jeune de 18 ans est complètement perdue, elle vit recluse mais a la danse comme exutoire, ainsi que les jeux vidéo. La grand-mère attend la mort, il faut la laver, la nourrir, la coucher. Et Annie, la mère, que j’ai eu beaucoup de plaisir à interpréter car c’est un rôle de femme forte un peu au bout du rouleau mais qui se dit qu’elle n’a pas le droit de s’écrouler, c’est une guerrière.

On peut s’aimer, vivre ensemble mais ne plus se supporter par manque de communication.

Enfin, Camille va rencontrer des personnages hauts en couleur, chacun aura son histoire…Donc je pense que tout le monde peut se retrouver dans un personnage du film.

 

crédit photo # Philippe Vermale

 

En parallèle, sur les planches, vous poursuivez votre tournée avec la pièce « Des plans sur la comète » dans laquelle vous jouez deux rôles en alternance. C’est une joie et un plaisir de sillonner la France à la rencontre du public…

Effectivement quel bonheur d’être sur scène ! Les dates de tournée que l’on fait depuis la rentrée sont des dates de report, nous aurions dû les jouer il y a un an mais elles ont été décalées à cause du covid. Nous avons déjà repris cet été puisque nous avons fait le festival d’Avignon et à présent nous sommes en tournée jusqu’en mars. Nous ne devrions pas tarder à avoir des dates supplémentaires qui découleront du festival d’Avignon justement. J’interprète en ce moment le rôle d’Estelle, la cosmologue. A partir de janvier, je repasse sur le rôle de Garance, la productrice de télévision.

Merci, Karine, pour toutes vos réponses !

 

Hikikomori 

Première : le 24 novembre à 13h au Saint-André des Arts

Du 24 novembre au 6 décembre (sauf le 30) et les 14 et 21 décembre à 13h

Genre : drame social/fantastique

Durée : 75 mins

30 rue Saint-André des Arts 75006 Paris

Publié dans Théâtre, Télévision

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Audrey Ferin évoque ses beaux projets artistiques actuels !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Audrey,

Quel plaisir de vous retrouver pour ce nouvel entretien !

Vous êtes actuellement en tournage d’un long-métrage qui sera présenté en Festival prochainement. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être d’avoir rejoint ce projet ?

Oui, tout à fait ! Tous les projets sont toujours très excitants, encore plus un long-métrage. J’aime beaucoup le rôle qui m’est attribué parce que c’est un rôle d’espionne, c’est une femme complexe et c’est le genre de rôle que j’aime beaucoup. Donc je suis très heureuseJ.

Justement, comment avez-vous préparé ce rôle très différent de la personne que vous êtes dans la vie de tous les jours ?

J’ai été formée principalement par l’Actor Studio, ce qui m’aide beaucoup pour pouvoir m’imprégner et jouer un rôle qui est très loin de moi. On peut appeler cela un rôle de composition. Je me suis aussi inspirée d’actrices, comme Charlize Theron ou Angelina Jolie. J’ai regardé des films avec des actrices que j’aime beaucoup sur ce type de rôles. C’est un vrai plaisir, en tout cas, de jouer un personnage très loin de soi.

Dans les derniers instants avant de tourner vos séquences, juste avant d’entendre « action », dans quel état d’esprit êtes-vous alors ?

C’est toujours une joie de rejoindre l’équipe de tournage, de jouer sa scène. Après, il y a toujours une petite pression quand même, on est là pour un travail et il faut accomplir sa tâche. Mais, oui, c’est très excitant d’être là où on se sent bien dans la vie, là où on est alignée. C’est toujours un grand plaisir.

Vos jours de tournage sur ce long-métrage ne sont pas consécutifs. Comment appréhendez-vous cela ?

C’est souvent comme cela dans ce métier, il faut alors se remettre dans le personnage. Je dirais que ça fait partie du job, de retravailler à chaque fois son texte, son personnage pour essayer d’être le plus juste possible. Mon personnage pourrait apparaître dans la suite du film pour un rôle plus conséquent.

 

 

On vous imagine impatiente de découvrir le rendu final à l’image ?

Oui, même si ce qui m’importe le plus c’est le travail en amont et sur le tournage. Je ne suis jamais trop pressée de me voir et de voir le résultat. Je suis contente mais ce qui m’intéresse, c’est vraiment le travail en soi, l’amont, la présence sur le plateau. Après, c’est toujours un plaisir de voir le final mais je ne suis pas encore là-dedans, je suis vraiment dans le travail à faire.

En parallèle, on pourra vous retrouver prochainement sur scène. D’ailleurs, considérez-vous la scène et l’image comme deux métiers différents ? Ou comme un seul et même ensemble ?

Pour moi, c’est le même métier. Après, ce n’est pas le même travail… Les exigences sont pour certaines différentes. Bien sûr, il faut apprendre son texte, être à l’heure, il faut essayer de bien jouer. Par contre, sur scène, il n’y a pas de seconde prise, il faut être là, il faut être en forme, il faut donner la même chose aux gens tous les soirs. Ce travail est très exigeant mais très excitant, pour moi le théâtre reste l’origine de ce métier. Je suis très admirative des comédiens et pour moi, vraiment, le jeu commence par le théâtre. Bien que j’aime faire les deux, autant du cinéma que du théâtre, sur les planches j’ai l’impression de revenir à la petite fille et à ce qui a fait que j’ai été passionnée par ce métier.

En plus, au théâtre, les représentations sont principalement en soirée. Donc, en tant que comédienne, vous arrivez sur scène remplie de toutes vos émotions personnelles de la journée.

Totalement ! Quoi qu’il arrive, il faut jouer un personnage qui a ses propres énergies, il faut avoir sa positive attitude ou sa négative attitude mais qui n’est pas nous. Du coup, c’est sûr qu’il faut faire abstraction de tout. Avec la répétition des représentations tous les jours, il y a une véritable exigence, une véritable intransigeance, oui.

Où en êtes-vous dans la préparation de ce nouveau rôle sur scène ?

J’en suis à la phase d’apprentissage du texte. J’ai vraiment ma méthodologie, je prends scène par scène, je le fais tous les jours et, en fait, j’enregistre dans un dictaphone les répliques, ce qui marche super bien. Parfois, je fais exprès de laisser un blanc très court pour dire le texte très vite, ce qui montre que je l’ai vraiment bien assimilé.

Je peux déjà vous dire que ce sera une pièce comique, du théâtre de boulevard.

Après la période que l’on vient de connaitre, on vous imagine impatiente de pouvoir retrouver le public ?

Totalement ! C’est vraiment un plaisir de retravailler, de retrouver son public, j’avais hâte, je suis contente.

En complément, on le sait, vous êtes très active sur les réseaux sociaux, notamment Instagram.

On est à l’heure des réseaux sociaux, avec tous les débats que l’on peut avoir autour. Avec les pour et les contre. En tout cas, je prends beaucoup de plaisir à travailler sur Instagram, moi qui suis journaliste de métier, à diffuser de l’information et parler de mode, beauté et lifestyle. Je trouve que c’est sympa, c’est agréable, c’est un complément qui me permet d’aborder plein de sujets que j’aime, de rencontrer des gens intéressants. En tant que comédienne, je ne travaille pas forcément tous les jours, ce qui me laisse du temps pour cette autre activité, qui est un métier à part entière. On ne se rend pas forcément compte des coulisses mais c’est beaucoup de boulot, que je fais avec grand plaisir.

 

 

En amont, comment faites-vous le choix des sujets abordés et mis en avant ?

D’un côté, il y a ma vie de comédienne. Je raconte un peu ma vie de comédienne au quotidien. De l’autre, je parle d’une autre passion qui est les cosmétiques, la mode, les voyages… Il y a un vrai échange avec les gens qui me suivent, qui sont très sympas, très gentils, très bienveillants en règle générale.

Votre emploi du temps est donc particulièrement chargé en ce moment…

Oui, tout à fait ! J’aime cela, j’aime bien être active et avoir plein de projets dans la tête. C’est agréable mais ça demande une vraie organisation. J’ai tout plein de couleurs dans mon agendaJ. Dans mes autres actualités, j’ai aussi fait une rencontre extraordinaire avec Gérard Sallé, un des plus grands chefs cuisinier. On s’associe et on va faire une chaine Youtube. On est en partenariat avec une épicerie fine, dont je présenterai aussi des produits sur Instagram. C’est un beau trio. Moi qui adore la gastronomie, moi qui adore manger, c’est un véritable plaisir et un grand honneur. Mon rêve serait d’ailleurs d’avoir une grande cuisine, avec un ilot central. J’adore cuisiner, je peux rester des heures en cuisine, c’est thérapeutique pour moi. Je m’évade, je crée, je trouve qu’il y a quelque chose de profondément artistique dans la cuisine. C’est également un acte généreux, c’est agréable de faire quelque chose pour les autres et de les voir contents de manger ce que l’on a fait. J’adore cuisiner pour les autres, c’est un vrai plaisir.

Cela vous laisse-t-il le temps de réfléchir à d’autres projets ?

Ce sont des métiers où il faut tout le temps être dans l’après, j’y pense tout le temps. J’espère en tout cas que les gens aimeront cette nouvelle pièce de théâtre autant que je l’aime, j’espère aussi que mon compte Instagram continuera son chemin.

Merci, Audrey, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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