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theatre

Festival d'Avignon 2022 : Vanessa Dolmen évoque avec nous la pièce à succès qu'elle joue en matinée !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Vanessa,

Quelle joie de vous retrouver pour cette nouvelle interview !

Vous participez au Festival 2022 d’Avignon avec la pièce « Maya, une voix », à un horaire un peu matinal…

Oui, on joue tous les jours sauf le lundi, à 10h, à l’Essaion. La mise en scène est signée d’Eric Bouvron et la pièce raconte une partie de l’histoire de l’autrice afro-américaine Maya Angelou. Qui, dans son enfance, a subi un traumatisme, ayant causé un arrêt de la parole pendant 5 ans. En fait, elle a retrouvé sa voix grâce à la littérature. C’est cette partie de sa vie que l’on raconte. On est 5 femmes sur scène et on a un musicien cette année. L’année dernière, à ce même festival, nous étions coup de cœur de Télérama, du Parisien et de La Provence, nous avions eu beaucoup de monde, c’était très chouette. En fait, là, c’est bien puisque les personnes qui ne l’ont pas vu l’année dernière – puisque l’on était complets - reviennent cette année. Ceci dit, il faut réserver car on est régulièrement complets cette année encore, ça se remplit très très vite. C’est magique, c’est évidemment une pièce de théâtre mais c’est un spectacle musical également, on chante, il y a du gospel, du blues, un peu de jazz, c’est un bonheur !

On joue plein de personnages, hommes, femmes, c’est très très chouette.

Globalement, quels sont les principaux retours que vous pouvez avoir du public en sortant de scène ?

Ce qui est très impressionnant, c’est que l’on a beaucoup de spectateurs qui sont en larmes, qui n’arrivent pas à parler, qui nous prennent par les bras, qui sont émus par le spectacle. Une des choses qui revient vraiment beaucoup, c’est qu’ils ont l’impression de voir une seule et même personne : on fait corps et ça, c’est un compliment merveilleux. Ils voient beaucoup de générosité, ils ressentent ce qu’il se passe, ils sont vraiment là avec Maya et suivent ce qu’elle vit. Ils nous disent, en même temps, qu’ils passent des larmes aux rires, que c’est très joyeux et qu’ils sont contents de repartir avec cette sensation pour le reste de la journée. C’est pour cela que c’est un très bon horaireJ.

 

 

En France, Maya n’est pas très connue alors que, aux Etats-Unis, elle fait partie des classiques que l’on étudie au lycée. Tous les américains étudient « Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage », c’est un classique. Ici, on connait moins, on connait peut-être, parfois, ses poèmes. On la connait aussi un tout petit peu parce qu’elle a lu un poème le jour de l’investiture de Bill Clinton. Notre mission était justement de la porter et de la faire découvrir au public français. C’est assez rigolo, on a aussi eu dans le public des enseignantes qui étaient très contentes que l’on en parle. C’est assez chouette, c’est une belle expérience.

Si on se replonge quelques temps en arrière, comment vous êtes-vous approprié tous ces personnages ?

J’ai travaillé évidemment avec l’équipe et avec Eric. Son théâtre est vraiment à base d’images, il crée des images avant même que l’on entende le texte, il y a tout qui se met en place au fur et à mesure. En fait, ça a commencé dès l’audition, on était toutes au plateau et on jouait quasiment en même temps, à tour de rôle. On passait comme cela d’un personnage à un autre, avec un mélange aussi de chant et de danse, c’était vraiment pour voir comment tout s’imbriquait et comment on prenait place dans le groupe, dans cette chorégraphie, dans cette histoire. Après, notamment pour les personnages d’hommes, il fallait trouver une gestuelle mais il était évidemment impossible de faire avec autre chose qu’avec ce que je suis…donc je n’essaie pas de caricaturer, je donne ma version de ce que serait cet homme s’il avait ma carrure. C’est vraiment du travail dans le corps. Et chaque personnage est vraiment intrinsèquement lié au suivant, du coup ça se déroule assez naturellement. Tout tourne bien sûr autour de Maya, il y a ces moments magiques avec la musique mais c’est vraiment une histoire qui se déroule, on grandit en même temps qu’elle. A part se plonger entièrement dans la lecture, dans les documentaires, j’ai aussi laissé une place à l’imaginaire. Bien que ces gens aient existé, il faut aussi laisser la place à la magie du théâtre, on raconte une histoire, c’est un spectacle. En tout cas, il est porteur d’espoir, on est content de vivre quand on en sort.

 

 

De par l’effervescence du festival, où il faut savoir se distinguer parmi les 1 600 spectacles, on imagine que le reste de la journée doit être particulièrement intense aussi ?

On essaie de se discipliner quand même, surtout quand on joue et qu’on chante le matin. Je ne sors pas le soirJ, on a généralement des raccords à faire le matin avant la représentation et on fait aussi un échauffement vocal avec notre musicien. C’est une sorte de rituel quotidien. La journée se termine en gros dans l’après-midi, vers 15h 30, sauf si je vais voir un autre spectacle. J’en profite pour reposer la voix car, l’air de rien, quand on tracte, on utilise la voix, en plus de l’heure et quart de jeu et de chant sur scène. Maintenant, c’est vrai que c’est quand même assez magique d’être plongée dans une ville qui est entièrement dédiée au théâtre, c’est quand même dingue. Un peu avant le festival, il n’y avait pas une affiche, pas un flyer, rien et, magie, du jour au lendemain, il y en a partout, c’est l’effervescence, il y a des spectacles à toutes les heures, partout, de tous les genres. On est portés par un public extrêmement bienveillant et extrêmement demandeur. On voit que l’on est post Covid, les gens ont besoin de culture, ont besoin de voir des spectacles, de sortir, de vivre…C’est ça le théâtre !

Merci, Vanessa, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Les tontons farceurs : Catherine Vranken évoque la pièce, actuellement à l'affiche à l'Alhambra !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Catherine,

Quelle joie d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

Nous pouvons vous retrouver sur scène, tout au long de ce mois de juillet, à l’Alhambra, dans la pièce « Les tontons farceurs ». On imagine sans doute, à titre personnel, le plaisir et la joie que ce doit être de fouler à nouveau les planches ?

Oui, ça c’est sûr ! Déjà, comme pour tous les comédiens et comme pour beaucoup de métiers, certains plus que d’autres, le Covid a été très compliqué pour nous. Donc, oui, rien que pour cela, c’est un bonheur de retrouver les planches. Jouer avec Philippe Chevalier, Bruno Chapelle, David Le Roch et Nathalie Marquay-Pernaut est un pur bonheur, on est vraiment une super équipe. Ce n’est pas toujours le cas, tu peux tomber dans des projets où il n’y a pas forcément d’affinités. Ici, il y a une vraie bienveillance entre tout le monde, c’est vraiment chouette. Et puis jouer à Paris, à l’Alhambra, ça faisait un peu partie de mes rêves…nos affiches sont sur les colonnes Morris, c’était un rêve aussi. Tout cela faisait partie de mes rêves lorsque j’ai quitté la Belgique pour arriver à Paris il y a 17 ans maintenant. En tout cas, ce n’est que du bonheur d’être ici tous les week-ends, on est à la maison.

Avec vos mots, comment pitcher ce spectacle ?

Ça se passe dans les années 60, c’est important de le dire car on entend des retours de gens qui semblent vexés d’une certaine misogynie de la pièce mais nous sommes en 1963, c’est le contexte de l’époque…Si on faisait un film sur Louis XIV, on ne lui mettrait pas un Iphone dans la main…L’histoire se passe dans un cabaret à Pigalle, je joue le fabuleux rôle, parce que c’est un rôle fabuleux dans lequel je m’éclate, de « Madame pipi ». Qui est très fière d’elle parce que, quand on lui demande ce qu’elle fait, elle répond en disant qu’elle est « directrice de cabinet »J, ce qui fait beaucoup rire dans la salle.

 

 

Tout se passe dans les toilettes du cabaret, chez moi on peut dire, mon personnage est donc très présent, très vivant, ça aussi ce n’est que du bonheur. Parce que, dès fois, on peut avoir des rôles où on est moins sur scène…Ici, je suis beaucoup sur scène donc c’est très gai. En fait, en nettoyant les toilettes, je vais y trouver un cadavre….et ce mort va disparaitre. Tout va tourner autour de cela. Je suis persuadée de l’avoir vu, je le dis à mon patron qui se demande ce que je raconte…Donc qui l’a tué ? Où est le mort ? Tout cela va se délier petit à petit, la fin est assez inattendue, même complètement inattendue.

Au milieu de tout cela, Nathalie joue le rôle d’une des divas du cabaret, elle est chanteuse. Il y a aussi un policier, ainsi que l’homme de main du patron du cabaret. Il va se passer un tas de choses, un peu dans l’idée d’Audiard, c’est un peu un rappel aux « Tontons flingueurs », c’est ce que l’auteur a voulu. Il y a des petites répliques qui sont exactement les mêmes, pour un petit clin d’œil.

Au moment de préparer l’interprétation de ce rôle, vous êtes-vous replongée dans le contexte de l’époque ?

Oui, oui, absolument, comme à chaque fois que je joue un personnage loin de moi. Ici, en effet, j’ai regardé de nouveau « Les tontons flingueurs » pour me remettre un peu dans cette époque et j’ai regardé sur internet beaucoup les costumes, les coiffures, le maquillage pour la préparation. Après, l’ambiance n’est pas lointaine, on l’a donc fort dans la tête.

 

 

A titre personnel, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration pour son interprétation ?

Oui, j’ai une source particulière, c’est Jacqueline Maillan. Tout cela a aussi évolué depuis les premières représentations et, petit à petit, je vais un peu dans son style, je ne copie pas mais je m’en inspire un peu. Je l’aurais bien vue dans ce rôle-là par exemple. J’aime bien son énergie, son franc-parler, ce côté un peu grande gueule. Je me retrouve beaucoup là-dedans, donc elle m’inspire beaucoup dans sa façon d’être sur scène.

Quels principaux retours peuvent vous faire les spectateurs, qui vous attendent à la sortie ?

Les retours sont qu’il y a du suspense, que c’est drôle, que l’on rigole beaucoup. Oui, oui, les gens écoutent, ont envie de savoir, sont plutôt intrigués. On se dit « mission accomplie » car notre job est de faire rire le public. Quand le public est content, on est ravis. On avait déjà fait une tournée avant Paris, à chaque fois on va signer et les gens sont super contents, c’est chouette. Et on repartira en tournée après Paris, pour une trentaine de dates. C’est donc un projet sur lequel on aura fait pas loin d’une centaine de dates. On fait deux Festivals aussi cet été, le 28 juillet en Bourgogne et le 4 aout dans le Sud. La pièce est demandée, il y a de bons échos. Philippe plait énormément, Nathalie est très très appréciée du public, elle est très populaire, les gens l’aiment beaucoup. Donc, voilà, les gens rigolent et on est content du coup.

 

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?

Que du bonheur ! Mais ça va arriver car, avec toutes ces dates, je suis déjà ravie. C’est vrai que, dès fois, on se dit que l’on pourrait être repris sur Paris dans un autre théâtre, après la prochaine tournée. En tout cas, je suis déjà très contente de tout ce qui nous arrive. On peut aussi me souhaiter plein d’autres nouveaux projets et du théâtre, toujours et encore…Parce que le théâtre est vraiment mon oxygène, c’est une passion, c’est vital. Si je ne joue pas, je ne vis pas !

Merci, Catherine, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Anne Jacquemin évoque sa belle actualité, en télévision et au théâtre!

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Anne,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Mardi 5 juillet prochain, nous pourrons vous retrouver en prime-time sur France 2 dans « Amis d’enfance », la première fiction théâtrale en France. Avant de s’intéresser plus en détails à son contenu, on imagine sans doute, à titre personnel, le plaisir et la joie que ce doit être de faire partie de cette belle aventure ?

Oh oui, vraiment ! D’autant que je connaissais Sam Karman. Avec Isabelle Gélinas, on était au conservatoire, pas tout à fait dans la même promo mais à la même époque. On est tous des acteurs de la même génération, excepté peut-être François Vincentelli, qui aurait une petite dizaine d’années de moins que nous. Mais, sinon, Nicolas, Isabelle et moi sommes tous des comédiens de la même génération, c’est agréable, on a les mêmes références, on a le même état d’esprit, on en est plus ou moins au même point dans notre existence. C’est plaisant ! On parle de la même chose, on a le même état d’esprit, on a connu les mêmes choses, on a un peu le même passé d’acteurs, on a vécu notre parcours de comédiens en même temps.

En tant que comédienne, habituée des planches et de l’image, qu’est-ce que ça change sur le tournage ?

Ça se rapproche beaucoup du théâtre, c’est même à mi-chemin entre la caméra et le théâtre, il y avait beaucoup de texte à apprendre, avec des scènes qui s’enchainaient, tournées dans un minimum de temps. Donc c’était un travail très très dense… au cinéma ou à la télé, c’est aussi la caméra qui fait le travail, or, là, c’étaient vraiment les acteurs. Tout était conditionné par le jeu des acteurs et la caméra accompagnait mais j’avais vraiment l’impression de densité de travail de l’acteur. Alors qu’à la caméra, il y a beaucoup de mouvements de caméra, il y a moins de texte en général, c’est moins bavard. Là, c’était vraiment une pièce de théâtre et la situation avançait avec nous. On sentait qu’il n’y avait pas de respiration, pas d’attente du tout, c’était un travail très dense. On a répété un peu en amont mais c’est plus périlleux je dirais.   

 

 

Vous avez, du coup, sans doute hâte de découvrir les retours des téléspectateurs ?

Ah oui, tout à fait ! Il y a déjà eu une projection privée, tous les gens de l’équipe étaient là, il y a eu des retours très bienveillants mais c’était un petit peu un entre soi. Là, ça va être le grand saut…

Pour en revenir à son contenu, avec vos mots, comment pitcher ce programme ?

Ce sont deux couples, qui vivent des choses totalement différentes dans leur vie, les uns vivent à Paris, les autres en province. Ils n’ont pas le même style de vie puisqu’un couple a décidé d’ouvrir une maison d’hôtes, donc d’être dans la réception et dans l’aventure humaine. Dans l’autre couple, l’homme est acteur et la femme suit son mari. L’acteur est plus sur l’égo, plus sur une vie plus égocentrée. Là où l’autre couple est plus amené à s’occuper des autres. Cela veut dire que l’état d’esprit n’est pas du tout le même, ils n’ont pas du tout la même vision de la vie mais il y a quand même ce dénominateur commun, ce sont ces deux amis enfants, qui ont suivi des voies différentes et qui sont restés fidèles en amitié. Mais leurs vies ont bifurqué totalement. Ils s’éloignent peu à peu et il y a un clash cette année, le couple qui reçoit, qui fait chambre d’hôtes a décidé d’arrêter leur activité, ils sont épuisés, fatigués et les autres arrivent, comme les autres années, avec cette envie de jouir de la vie, des vacances, du soleil, ils ne sont pas du tout dans le même mood. Le couple qui reçoit est un couple usé et il y a des tensions qui vont se créer.

Je pense que le personnage que je joue est en demi-teinte, c’est une femme qui est assez discrète, qui subit la situation, qui ne se manifeste pas violemment, qui arrondit les angles, qui est beaucoup dans le care, dans le soin, c’est quelqu’un qui déteste les déflagrations, alors elle fait tout pour que les choses s’arrangent, avec son mari notamment. Qui, lui, est apparemment beaucoup plus dominant mais, à la fin, elle décide de partir….C’était intéressant pour moi de jouer ce personnage, dans la mesure où il n’y avait pas de coup d’éclat, elle est un petit peu en retrait mais elle va exister très fort à la fin, quand elle décide de reprendre en main le gouvernail de sa vie et de ne plus subir.

 

 

Les thèmes abordés sur ce programme pourront en tout cas sans doute parler au plus grand nombre et permettre à pas mal de monde de se reconnaitre…

Tout à fait ! C’est l’usure du temps, ce sont les malentendus, les non-dits qui font que ce couple va imploser. C’est une espèce de catharsis, c’est cette rencontre avec ce couple qu’ils voient chaque année en les accueillant en vacances, il va y avoir un malaise qui va s’immiscer en quelques jours, il va y avoir une grosse explosion. A la fin, on ne sait pas si le couple se sépare mais, vraisemblablement, cela va être le cas, avec la cessation de leur activité de maison d’hôtes.

En complément, un mot si vous le voulez bien sur votre actualité théâtrale, vous êtes actuellement sur scène à la Comédie des Champs-Elysées dans « Inavouable »…

Oui, avec Jean-Luc Moreau, Arthur Fenwick et Alice Raucoules. C’est une pièce qui se joue depuis deux mois maintenant, jusqu’au 17 juillet. Le pitch n’a rien à voir avec celui de France 2 mais c’est aussi une histoire de couples, de conjugalité, il y a aussi des petits grains de sable qui font que des situations vont s’envenimer. Finalement, la vie est un éternel recommencement, ce sont des choses que l’on voit souvent en télévision ou au théâtre. Eric Assous a beaucoup traité la conjugalité avec les petites trahisons, les non-dits, il y a quelque chose de similaire. On apprend que le couple que je forme avec Jean-Luc Moreau est un couple qui est grand parent, ils doivent recevoir leur petit garçon et on apprend, tout au début de la pièce, que la belle-fille trompe leur fils. Donc, à partir de là, d’autres coups de théâtre vont arriver, vont faire qu’il va y avoir un grand chaos au sein de leur couple et de celui de leur enfant. Les choses vont se démêler, se reconstruire tout au long de la pièce, pour arriver à une issue heureuse. Donc ça se termine plutôt mieux que le couple que je forme sur « Amis d’enfance » où, là, on pense qu’il y a un point de non-retour quand même.

Merci, Anne, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Les sphères ennemies 2 : Justine Daaé évoque la pièce qui sera à l'affiche au Festival d'Avignon !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Justine,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

En juillet, vous serez à l’affiche, au Festival d’Avignon, de la pièce « Les sphères ennemies 2 ». A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être pour vous de participer, pour la première fois, à ce beau Festival ?

Oui, je l’ai déjà fait plusieurs fois en tant que spectatrice. Là, de revenir en artiste est une fierté bien sûr et c’est une joie mais qui n’est pas dénuée de stress ni de trac, par rapport au fait que c’est aussi la pièce de mon compagnon, l’auteur et comédien Jean-Baptiste Thomas-Sertillanges. C’est lui qui l’a écrite, c’est lui qui m’a fait confiance pour porter le personnage de Jane et je n’ai pas envie de le décevoir. J’ai vraiment envie d’être à la hauteur, pour lui, le public et les professionnels qui viendront.

Avec vos mots, comment pitcher ce spectacle ?

On est deux comédiennes sur scène, qui incarnons l’hémisphère gauche et l’hémisphère droit du cerveau. C’est une image pour dire qu’il y a des gens qui sont plus cerveau gauche, qui sont plus analytiques, qui sont très carrés et les gens qui sont plus cerveau droit, qui sont plus créatifs, plus rêveurs, plus artistes. On incarne donc ces deux facettes de la personnalité d’une seule et même femme, qui s’appelle Mary-Jane. On joue ainsi Mary et Jane, ces petites voix dissonantes que l’on peut avoir dans la tête, face à des choix que l’on doit faire dans la vie, où on n’est pas forcément sûrs de nous, où on oscille entre le bien et le mal, l’ange ou le démon, le cœur ou la raison, le féminisme ou le conservatisme, …Parfois, on est écartelés dans les choix et on incarne donc ces deux points de vue d’une et même femme, qui a des décisions à prendre dans sa vie, à des moments clés. Comme faire un enfant ou pas, faire une carrière corporate ou artistique, se marier ou pas. C’est à ce moment-là que l’on voit ce qui se passe dans le cerveau de Mary-Jane…

Elle va tomber amoureuse, à un moment où elle ne s’y attend pas et les deux hémisphères, les deux rôles vont craquer pour Jonathan, l’homme de la version 1 mais pas pour les mêmes raisons au départ parce que ce ne sont pas les mêmes choses qui leur plaisent chez lui. Une fois marié, se poseront des questions sur les choix à faire et c’est là que l’on va devoir trouver un terrain d’entente…

 

 

Vous y interprétez donc Jane…

Oui, je joue l’hémisphère gauche, l’hémisphère raisonnable, ambitieux, carriériste, indépendant, féministe. L’autre côté est celui de l’artiste rêveuse, sensible, plus femme-enfant, moins carriériste, rêvant plus d’être mère de famille tradi. L’hémisphère droit est joué par Marie-Clotilde Ramos-Ibanez.

Avez-vous eu, pour son interprétation, des sources plus personnelles d’inspiration ?

Le metteur en scène et auteur aime bien nous donner des modèles, ça a été des personnages de séries, de dessins-animés, notamment Jafar de « Aladdin » ou encore « Maléfique » pour le côté vilaine, méchante, afin d’aller chercher cette gestuelle très lente et cette manière de parler très lente aussi, très sûre d’elle, un peu maléfique. C’est ce que j’ai essayé de capter pour mon rôle car j’ai tendance à parler très vite, j’ai dû un peu ralentir mon rythme, être plus posée. Après, je ne vous cache pas que comme l’auteur de la pièce est aussi mon compagnon dans la vie, il s’est également inspiré de qui je suis dans la vie pour écrire le rôle, il y a donc aussi des traits de caractère qui me sont propres et que j’ai pu intégrer dans le personnage.

Même si ce n’est jamais évident à dire en amont, selon vous, qu’est-ce qui pourra plaire aux, on l’espère, nombreux spectateurs qui viendront voir le spectacle ?

En tant que spectatrice, j’avais vu la version 1, celle des hommes et ce qui m’avait plu, c’est l’humour de Jean-Baptiste, c’est très drôle. Il prend des sujets sérieux, qui nous parlent à tous, qui sont des aléas typiques de la vie et il y a quand même un angle humoristique. Ça marche sur moi, j’ai eu de bons fous rires mais on n’est pas là que pour rire, on peut aussi être touchés par l’histoire, par la philosophie qui émane de tout cela. C’est une comédie mais pas potache, elle est aussi intelligente et à réflexion.

 

 

Vous serez en alternance une soirée sur deux avec la version masculine d’ailleurs…

Exactement ! C’est l’histoire de Jonathan, qui est l’homme de Mary-Jane, c’est aussi l’histoire de ce couple, de leur rencontre, de ce qu’ils vont faire de leurs vies. D’un côté, on voit la vie à travers les yeux de Jonathan et de l’autre côté, on verra cette même vie à travers les yeux de Mary-Jane. On vit donc leurs vies à chacun d’eux, à travers les deux hémisphères qui vont parfois se disputer ou être d’accord. Si on a vu la version pour hommes et qu’on l’a aimée, il n’y a pas de raison que l’on ne vienne pas voir la version pour femmes et vice versa. C’est assez complémentaire !

Nous sommes à environ deux semaines de la première, on vous imagine en plein dans les répétitions finales ?

Oui, on est à deux semaines mais j’ai l’impression que le travail est un puit sans fond car plus on travaille, plus on peut améliorer. Au final, on n’arrive jamais à un moment où l’on se dit qu’il n’y a plus rien à faire. Plus on va jouer, plus on va préciser, plus ça va gagner en fluidité, en maturité, en comédie, en rythme. Donc, en soi, on aurait pu continuer à répéter des mois et des mois, ça aurait encore amélioré la pièce mais il y a un moment où il faut se jeter à l’eau. Effectivement, c’est la dernière ligne droite donc on affine tout ce que l’on peut dans la comédie, c’est quand même un rythme très carré, très précis, c’est presque comme quand on joue d’un instrument, où il faut répéter ses gammes. C’est le registre de la comédie qui veut ça, il faut que ce soit vraiment au cordeau. Après, on a aussi des scènes plus dans l’émotion où, là, c’est un autre type de travail, il faut vraiment aller chercher des émotions en nous, il faut se nourrir d’émotions que l’on a vécues pour nourrir le personnage. Je pense à des situations que je n’ai jamais vécues en tant que femme, il faut imaginer ce que ça peut faire quand on nous annonce une très mauvaise nouvelle. Je dois donc aussi me placer parfois dans la peau d’une femme à qui il arrive des choses difficiles, il n’y a pas que de la comédie, il y a aussi un travail plus profond de comédienne sur les émotions.

Il s’agit là de votre première expérience professionnelle sur une scène de théâtre, vous qui êtes habituée des scènes musicales. La vivre avec ce projet doit être sans doute très plaisant ?

C’est plaisant de faire de l’acting, j’en avais fait plus jeune, j’adore jouer, je suis contente d’avoir l’occasion de faire cela aussi. Je suis chanteuse, le chant me nourrit complètement mais j’adore essayer aussi la comédie parce que c’est une autre de mes passions. C’est comme un retour, c’est très plaisant ! Il y a des points communs avec le chant, savoir gérer le trac, avoir une bonne posture, projeter, ne pas perdre l’attention des gens…Je ne suis donc pas non plus complètement tétanisée, grâce à mon expérience en tant que chanteuse.

 

 

Du coup, que peut-on vous souhaiter pour cette pièce ?

J’espère que les gens vont être réceptifs à l’humour de Jean-Baptiste Thomas, qui, pour moi, est quelqu’un d’exceptionnellement drôle. J’espère que les gens vont rire autant que j’ai pu le faire en découvrant les textes.

En complément, un mot sur votre actualité musicale ?

J’ai le projet de ma vie, un projet solo de métal gothique industriel, qui s’appelle « Elyose ». Je suis en plein dans l’enregistrement de mon sixième album. Je me concentre sur le théâtre mais, juste après, je reprendrai ma casquette de chanteuse pour finir cet album, qui devrait sortir à la fin de l’année. Parallèlement, j’ai aussi un groupe de musique, un groupe de femmes, on est trois chanteuses, on vient de sortir notre premier clip, il y a une semaine. C’est aussi du métal, mais plus années 80. Je slalome entre tout ça…

Merci, Justine, pour toutes vos réponses !

 

"Les sphères ennemies 2" : les jours pairs à partir du 8 juillet à 21H15 sauf le 26 juillet
au Théâtre Notre Dame 
En alternance avec "Les sphères ennemies 1" les jours impairs

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Laura Charpentier évoque sa belle actualité artistique au Festival d'Avignon !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Laura,

Quelle joie de vous retrouver pour cette nouvelle interview !

Au mois de juillet, vous participerez à votre troisième Festival d’Avignon, avec une double casquette, de comédienne et de metteuse en scène. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela doit être de retrouver ce Festival culte du théâtre ?

Surtout en cette période actuelle, post Covid, démasqués, ça fait du bien, même si ça reste une période compliquée. Oui, je suis ravie d’y retourner ! C’est une période de travail intense et ça j’adore. Ce n’est  pas uniquement un plaisir en tant que comédienne mais aussi en tant que spectatrice, souvent, à partir de la deuxième semaine, j’essaie d’aller voir un spectacle par jour. Ce qui permet, même si on le fait déjà tout au long de l’année, de se nourrir d’autres spectacles, de nouvelles créations et découvrir de nouvelles troupes. Oui, je suis vraiment contente d’y retourner, ça va être chouette… Et puis les cigales… et les copains…  C’est vrai, pendant le festival, il y a presque autant de comédiens que de festivaliers donc on croise des copains à tous les coins de rue, c’est trop bien !  Les fins de journées sont chouettes J…un peu festives...mais pas trop.

 

 

Vous serez sur scène avec la pièce « Fake News » que vous interprétez déjà depuis 2019. En quelques mots, comment la pitcher et que dire sur votre personnage ?

« Fake News » est l’histoire d’Edmond, un personnage un peu à la François Pignon, qui se retrouve au chômage, et qui a besoin de manger et de nourrir ses enfants. Alors il se met à cambrioler des villas  des beaux quartiers parisiens. Lors de son deuxième cambriolage, il se retrouve nez à nez avec un propriétaire, Jean-Pierre, qui n’est autre que le présentateur du journal de 20 heures. Cette rencontre improbable va entraîner une discussion entre les deux papas tout en essayant de ne pas réveiller Carmela, la fille de Jean Pierre, qui passe son bac le lendemain.  En réalité, elle est sortie avec des potes pour décompresser du Bac, qui la saoule. C’est sans compter une fake news qui va venir chambouler la vie de ces trois personnages. J’interprète ce personnage, Carmela, qui va rencontrer Edmond, le cambrioleur pas commun.

 

 

C’est une comédie familiale. On s’amuse beaucoup, je chante aussi, avec Pascal, qui joue de la guitare. On jouera au théâtre l’Albatros, dans la salle de l’Alibi, à 21h 15, tous les jours, sauf le lundi. C’est un lieu que nous connaissons bien, nous y étions déjà en 2019, c’était complet tous les soirs. Touchons du bois pour que ce soit aussi le cas cette année.

 

Voici le lien vers la bande annonce : 

https://www.youtube.com/watch?v=wCoKkDReFL0&t=1s&ab_channel=CompagnieVistemboirs

Quels principaux retours vous ont fait les spectateurs depuis le début ?

Souvent, ils nous disent que ça fait du bien, qu’ils ont passé un bon moment, que c’est une comédie intelligente, que ça change… Je joue une fille qui a un rôle un peu différent de celui que l’on donne d’habitude aux filles dans ce genre de comédie.

 

 

J’ai, dans ma tête, un souvenir un peu émouvant : l’an dernier, post Covid, on a fait une date dans un théâtre de Verdure, à Saint André, c’était un retour au théâtre pour beaucoup de gens et, en sortie de scène, une dame âgée est venue nous pleurer dans les bras, pour nous dire « merci, ça fait tellement de bien ». 

En complément, vous effectuez la mise en scène de « A.I.R », un seul en scène…

« Artifices Intelligence et Rires » est un spectacle écrit et interprété par Guillaume Loublier. « Sommes-nous plus proches de nos machines que de nous-même ? ». AIR questionne avec humour l’évolution de l’humanité sous l’effet des technologies.

 

 

Dans un futur de plus en plus « connecté » et « technologisé »,  Jacques vieux philosophe, entreprend une démonstration sur les émotions humaines. Il est accompagné de son robot Simone. Pour appuyer ses propos, il va faire intervenir trois personnages débordant d’humanité et très déjantés. Mais Pierre, son rival de toujours, va perturber la démonstration venant prôner l’homme de demain : l’homme augmenté par la technologie.

 

 

AIR, c’est une rêverie drôle et poétique qui ne prend pas parti mais dont l’objectif est d’inviter à la réflexion, plus que de donner des réponses. La pièce se jouera en Avignon tous les jours, sauf le mardi, à 16h 35, à l’Espace Alya.

La bande annonce est visible sur le lien suivant : 

https://www.youtube.com/watch?v=eGtfF-7Q-HU&ab_channel=GuillaumeLoublier

Pour la mise en scène, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration ?

La chance que j’aie, c’est que Guillaume est mon partenaire de vie, je l’ai suivi tout au long de la création de ce projet.  C’est un comédien incroyable, qui, en plus, est très grand et qui a une présence scénique très forte. Pour la scénographie j’ai fait appel à Lucie Cathala.

 

 

Pour moi, l’idée était quand même de ne pas noyer Guillaume dans une mise en scène trop chargée, donc c’est assez épuré. Il y a trois éléments de décors : une cabine, une table et son robot avec qui il interagit beaucoup, Simone, dont je fais la voix. Au début, j’avais l’inspiration un peu d’un laboratoire de savant fou, style steampunk et plus on a évolué, plus on a épuré. Aussi, on était partis sur des costumes par personnage mais on a enlevé l’idée, on a juste des accessoires pour les identifier. C’est Guillaume lui-même, avec son jeu, qui fait vivre les personnages, on passe de l’un à un autre, sans se poser trop de questions.

Et il  y a la lumière… Avec Martin Gandrillon et Thibaut Hok, nos deux régisseurs, on a fait une création lumières de malade, c’est la lumière qui fait quasiment tout ce qui est de l’ordre de la mise en scène. J’adore les jeux de lumière, les couleurs, le bleu sur scène, on joue beaucoup avec les chauds/froids, les ambiances…Voilà pour la scénographie et mise en scène.

 

 

Pour la direction d’acteur, j’ai surtout aidé Guillaume à choisir les directions que devaient prendre ses personnages. C’est un comédien à la personnalité artistique forte, et mon objectif était de la mettre en valeur. Je voulais conserver son originalité tout en lui apportant ma « patte ».

Sans doute que ces deux cordes artistiques sont, pour vous, riches et complémentaires ?

Oui, c’est génial ! J’écris aussi un peu, j’aime beaucoup. Tout cela me permet de voir les histoires dans leur ensemble, ça permet d’avoir une autre approche du travail et du spectacle. Quand on est comédien, on est sur soi, sur ses partenaires, sur ses scènes. Là, ça permet d’avoir une vision globale de tout, c’est chouette, c’est hyper intéressant. C’est ma première mise en scène, j’ai beaucoup aimé, je trouve que ça permet de travailler différemment, ça permet d’observer les autres travailler. Je fais aussi beaucoup de stages, l’idée est la même. Je vais dire une lapalissade de comédien mais c’est bien réel : quand on est sur le plateau en tant que comédien et que l’on nous donne des indications, on est perdu, on galère et, quand on voit les autres, ça nous permet de comprendre les choses.
En faisant de la mise en scène, ça oblige à verbaliser, à formuler les choses que tu voudrais transmettre, c’est donc un échange qui est hyper riche.

 

 

En conclusion, quels sont vos autres projets et actualités artistiques en ce moment ?

En images, je suis en diffusion bientôt avec la série « Prière d’enquêter », pour France 3. Je viens de participer à un 48h environnement, avec l’équipe géniale de Slipday (. Nous avons collaboré en écriture et en jeu. Voici le lien : 

https://www.youtube.com/watch?v=FDeGUWwa1dM&t=1s&ab_channel=LesfilmsdeSlipday

 

 

A la rentrée, normalement, j’attaque les répétitions pour un seule en scène sur Jean Harlow, on est en discussion avec quelques théâtres. Il y a une autre création pour laquelle on a fait une sortie de résidence cette année, « Ella monologuent », on a trouvé preneur et on jouera certainement en 2023 vers mai-juin. Sans oublier la tournée « Fake News » qui ne s’arrête jamais.

Merci, Laura, pour toutes vos réponses !

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Le rencard : Alice Duin évoque la pièce de théâtre, actuellement à l'affiche à la Divine Comédie !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Alice,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes actuellement sur scène, en alternance les samedis, à la Divine Comédie, de la pièce « Le rencard ! ». A titre personnel, après la période compliquée que l’on vient de traverser, on imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être pour vous de monter sur scène, en plus pour la première fois ?

Oui, tout à fait ! Le confinement, en fait, m’a permis, finalement, de me dire que c’était vraiment ce que je voulais faire et de me donner les moyens de cela. J’avoue que quand Leslie m’a appelée, c’était un peu comme un cadeau qui tombait du ciel…après deux ans d’attente, ça arrive donc c’est hyper agréable et ça me motive encore plus pour la suite.

Avec vos mots, comment présenteriez-vous ce spectacle ?

Un homme, Léo, a l’habitude d’enchainer les histoires d’un soir et il arrive à un moment de sa vie où il a envie de se poser, où il veut trouver la femme de sa vie pour fonder une famille. Ca fait quelques mois qu’il discute avec Gladys, que j’interprète. Ils se sont rencontrés sur internet et la pièce commence le soir de ce fameux premier rencard entre eux deux.

Il s’avère que la sœur de Léo, Arielle, habite sur le palier d’en face, c’est une sœur très envahissante et donc, forcément, ça ne va pas se passer comme prévu, ça ne va pas être un rencard très tranquille. Une autre femme, Ketty, va également arriver dans cette soirée, elle a aussi une très forte personnalité. Donc Léo va être entouré de trois femmes pendant cette soirée, qui vont lui en faire voir de toutes les couleurs.

 

 

On l’a dit, vous y interprétez Gladys. Qui est-elle, quelles sont ses principales caractéristiques ?

Gladys a une très forte personnalité mais différente de celles d’Arielle et de Ketty. En fait, elle réfléchit à côté. On ne peut pas dire qu’elle soit idiote mais elle va s’arrêter sur des mots, dans une conversation, sur lesquels personne ne s’arrêterait, sur des petits détails qui, pour elle, prennent une grosse proportion. C’est aussi quelqu’un qui va droit au but dans ce quel veut. En fait, elle vient voir Léo, c’est son rencard, elle veut finir avec lui, c’est son but de la soirée. Ce n’est pas quelqu’un de timide, elle veut Léo, elle va tout faire pour l’avoir.

Vous êtes en alternance, sur ce rôle, avec Floriane Muller. On peut penser qu’un travail en commun a été fait sur ce personnage ? Avez-vous eu d’autres sources complémentaires plus personnelles d’inspiration ?

Je suis venue voir comment la première équipe travaillait, ce qu’elle faisait. Comme c’est ma première au théâtre, en fait, au départ, je me disais que j’allais m'inspirer de Floriane. Mais Leslie m'a dit d'utiliser ma personnalité pour construire le personnage. Donc je suis partie sur autre chose sans vraiment savoir où j'allais atterrir et au final, ça fonctionne bien. Ce que j'ai beaucoup aimé dans le personnage de Gladys, j'en parlais, c'est qu'elle pense à côté, et ça m'amuse beaucoup. Parfois elle sort des trucs et on se demande "Mais pourquoi ? Où va-t-elle chercher ça ?". J'adore ce décalage et je prends beaucoup de plaisir à le jouer. Dans la vie de tous les jours, je peux parfois rester bloquée sur des détails de conversations que j'ai entendues et cogiter assez longtemps dessus, donc mon inspiration, je ne suis pas allée la chercher très loin... 

Après, comme Gladys est quelqu’un qui peut être très dévergondée, extravertie, ce que je ne suis pas dans la vie, j’essaie vraiment de m’amuser à faire cela sur scène. Parce que c’est là où j’ai le droit de le faire. Je sais que, pour la première, j’avais l’excitation d’entrer sur scène, d’être sur les planches et ça m’a beaucoup plu de me dire « j’ai le droit de tout, je suis Gladys J ».

 

 

Quels principaux retours avez-vous pu avoir du public, notamment à l’issue de la représentation ?

Je viens de jouer ma cinquième, les gens se marrent, c’est hyper appréciable, les rires nous portent beaucoup.

C’est votre première expérience théâtrale. Quels sentiments prédominent en vous après ces quelques dates ?

De l’excitation et l’envie de revenir. J’ai envie de me retrouver dans les loges. Je ne suis pas la première à entrer sur scène, du coup j’aime entendre les rires que les autres ont, cela me permet aussi de me chauffer. Quand je suis sur scène et qu’il y a un retour du public, c’est génial, ça fait du bien, ça pousse ! La pièce dure une heure et dix minutes, c’est hyper excitant, ça procure beaucoup d’énergie. Après chaque représentation, je ne dors pas avant deux heures du matin…

En fait, le stress que j’avais sur ma première m’a beaucoup portée, justement, à être Gladys dans cette excentricité qu’elle a. Je voudrais ne pas perdre cela parce que le stress que j’ai n’est pas bloquant, il amène beaucoup d’énergie et de couleurs au personnage.

 

 

L’alternance est totale, entre vous et Floriane mais aussi sur le reste de la distribution. Vous n’avez donc pas forcément toujours les mêmes partenaires sur scène. En fonction de l’équipe, il y a sans doute de petites différences et donc de petites adaptations nécessaires…

Oui et c’est hyper agréable de se dire que chaque soir va être différent. Leslie, en travaillant, voulait vraiment que l’on cale certaines choses pour ne pas être trop perturbés quand on alterne. Mais, quand on change de partenaire, forcément l’énergie est différente et je réagis différemment en fait. J’ai l’image de Ketty, qui est jouée soit par Sevy, soit par Déborah, c’est pareil, elles ont une touche, une énergie qui sont différentes et je pense que mon personnage, sur scène, a un comportement différent en fonction de la partenaire présente en face. Sevy va plus me piquer à certains moments donc je réagis forcément différemment que si c'était Déborah. C’est la même chose mais en étant différent, c’est paradoxalJ.

Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette aventure qui est naissante ?

Que ça continue ! On joue jusqu’au 31 juillet et on aimerait que ça reparte à la rentrée, en septembre. J’aimerais faire d’autres spectacles aussi. Egalement que d’autres projets à l’image arrivent. En tout cas, c’est une super belle expérience et je suis hyper contente de la vivre, je remercie beaucoup Leslie de m’avoir fait confiance !

Merci, Alice, pour toutes vos réponses !

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La peau d'Elisa : Elina Gaumondie et Julie Macqueron évoquent leur pièce de théâtre actuellement à l'affiche !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Elina, bonjour Julie,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes respectivement comédienne et metteuse en scène de la pièce que nous allons aborder pendant l’échange.

La pièce « La peau d’Elisa » est actuellement à l’affiche, au théâtre Les Déchargeurs. Après la période compliquée que l’on a connue, ce doit sans doute être une joie et un plaisir de rencontrer le public ?

Elina : Oui, effectivement, c’est vraiment l’apothéose de pouvoir jouer et enfin pouvoir présenter notre pièce au théâtre des Déchargeurs. C’est un projet qui a été rythmé par, malheureusement, les confinements, le Covid, les reports, les annulations, on a vécu beaucoup de moments difficiles.

Julie : Normalement, la première série de 12 dates devait être en octobre 2020, finalement ça avait été reporté. Quelques mois plus tard, on a fait une date puis les théâtres ont refermé, ça a été annulé. Les projets qui reprennent, revenir au théâtre, avoir du monde, ça fait du bien.

Elina : Il y a vraiment eu de la frustration, pour ma part, même de la colère, de la tristesse énorme et un gros questionnement : est-ce qu’on va vraiment pouvoir, à un moment, remonter sur les planches ? Est-ce qu’on va pouvoir vraiment montrer ce spectacle  ? Est-ce qu’il va vraiment voir le jour ? Alors qu’on était prêt.es…!!! On a refait des répétitions, forcément et je crois que tous ces évènements ont nourri d’une certaine manière la mise en scène. Notre rapport aux spectateur.trices, ces retrouvailles avec le public ont été encore plus approfondis, je pense, grâce, ou à cause,  des confinements.

 

@ Sarah Cotten

 

Avec vos mots, comment pitcher ce spectacle ?

Julie : « La peau d’Elisa », c’est une femme qui raconte des histoires d’amour, différentes histoires, différents amour, dont on ne sait pas si elles lui appartiennent ou pas. Elle a besoin de les raconter pour sauver sa peau. 

Elina : Elle a un “je” qui est un petit peu déstabilisant, au début, pour les spectateurs.  Tantôt une femme, un homme, une personne âgée…Elle pose beaucoup de questions au public pour lui demander régulièrement s’il comprend bien, si elle raconte bien et s’il voit des différences notables sur sa peau depuis le début de la représentation. 

Julie : Il y a des interactions avec les spectateur.trices, du moins s’ils.elles le souhaitent. Il y a des représentations où il n’y en a pas. Ce n’est pas un spectacle interactif dans le sens où on ne fait monter personne sur scène et on ne force pas les gens à parler s’ils n’ont pas envie mais, en tout cas, il y a plein de portes et de fenêtres ouvertes où, s’il.elles le souhaitent, il.elles peuvent répondre ou prendre la parole.

 

 

Après plusieurs dates à l’affiche, quels premiers retours avez-vous pu avoir du public ?

Elina : On a eu des retours extrêmement chaleureux, des personnes qui étaient très touchées, certaines histoires ont même bouleversé des gens. Chacun.e va trouver une histoire qui va peut-être lui parler plus que les autres, parce que ça fera écho à un souvenir personnel. 

Julie : Je dirais même plus largement, qu’il s’agit d’histoires d’amour de rencontres, de coups de foudre, de frissons, de cœurs qui battent. Il y a quelque chose d’universel, chacun.es peut être touché.es. L’amour est bien une des choses que l’on partage quel qu’il soit et quelle que soit sa forme. Il y a des gens qui en sortent bouleversé.es, il y a aussi des gens qui en sortent très heureu.ses, optimistes. Selon l’humeur du jour, le spectacle peut être reçu très différemment.

Elina : On a aussi eu cette grande chance, qui est que lors des deux premières représentations, au théâtre des Déchargeurs, on a pu organiser deux évènements spéciaux. D’une certaine manière,la pièce a continué après le spectacle, je suis restée dans mon personnage d’Elisa, Jean-Baptiste le comédien qui est avec moi et qui dessine aussi sur scène, a pu dessiner les gens et leur proposer de repartir avec leur croquis. Il y a eu vraiment toute une sorte de happening, durant lequel le public a pu venir continuer à raconter ses propres souvenirs amoureux à Elisa. On a la chance d’avoir pu enregistrer cela, le filmer. Ça a été un vrai moment d’échanges merveilleux, le public a été extrêmement généreux, j’ai reçu des histoires magnifiques qui m’ont bouleversée, ils.elles ont vraiment participé.es à la suite de la pièce. C’était super d’avoir ces moments magiques, hors du temps.

On ne l’a pas encore dit, Elina, en plus d’être sur le plateau, vous accompagnez aussi Julie à la mise en scène…

Elina : Je dirais que le terme de “co- mise en scène” est surtout là parce que, je suis la porteuse du projet, j’ai découvert le texte, j’ai eu envie d’en faire quelque chose, de le monter, j’en suis tombée amoureuse. J’ai proposé l’aventure à Julie, dont je connaissais le travail et la sensibilité artistique, et avec qui j’avais très envie de travailler. Je suis arrivée avec des idées, évidemment, des propositions puisque j’avais rêvé sur ce texte. 

Au fur et à mesure des répétitions,cette passation s’est faite naturellement. J’avais amené des idées de base et Julie m’a ensuite emmenée dans son univers. Etant sur le plateau,la mise en scène, le son, la direction d’acteurs,  c’est Julie.

Julie : Il fallait lâcher prise, se laisser diriger, ce qui n’empêche pas de discuter des axes pris.

Elina : C’est elle qui a le dernier mot là-dessus et je lui fais totalement confiance.

 

@ LifeStream

 

Pour vous, Julie, sans doute que ces textes, très beaux, ont été très inspirants pour la mise en scène ?

Julie : Je ne voulais pas aller dans l’effet de mise en scène, au risque de perdre le texte. Ce que l’on veut mettre au centre, ce sont les mots de Carole Fréchette. Comment les mettre en valeur ? De manière très poétique ? ou très concrète ? Nous avons décidé de nous amuser à jongler entre les deux … On a essayé plein de choses, on a changé, changé, changé et, là, je pense que l’on s’approche de la forme finale. Même si, avec le recueil de témoignages des spectateur.trices des représentations précédentes, on est encore en réflexion sur l’intégration de ces souvenirs. Le tout sans dénaturer le travail de l’autrice.

Elina : Pour le moment, l’enregistrement du public précédent se fait entendre lors de l’entrée spectateurs. Quand le public entre, il y a une bande son, on entend les anciens publics des représentations précédentes et leurs échanges. Le spectacle commence donc dès que le public passe la porte.

Julie : Chaque représentation est unique. Dans ce que l’on a voulu faire, le public repart avec un petit secret supplémentaire de ce que les autres spectateur.trices donnent ce soir-là. 

Elina, concernant l’interprétation, avez-vous eu des sources complémentaires d’inspiration ?

Elina : Déjà, j’essaye de ne jamais oublier que ce sont de véritables histoires d’amour qui sont racontées. Nous avons à cœur d’honorer chacune d’elles et de respecter les singularités de ces paroles intimes que Carole Fréchette est allée recueillir dans la ville de Bruxelles. Justement pour s’inspirer de cela, on s’est rendues à Bruxelles, dans chacun des lieux bien précis dont on parle dans la pièce. Pour moi, c’était hyper important de voir ces lieux, d’imaginer les personnes là-bas, ça a été une grosse source d’inspiration. Et puis, évidemment, il y a forcément des histoires qui vont rappeler quelque chose de plus personnel, de ma propre vie. Forcément, je pars un petit peu de moi pour chacune d’elles. Je m’inspire donc de mon expérience, de mon ressenti pour prendre et donner corps à chacune de ces histoires.

Julie : Ça fait du bien d’avoir 12 dates, ça permet au spectacle de prendre de l’ampleur. Ce n’est forcément pas le même rendu qu’avant.

Elina : Ce rapport régulier au public, je le sens, j’en avais besoin et je me sens progresser, je suis de plus en plus à l’aise quand je parle avec eux, j’ai de moins en moins peur de l’improvisation. J’ai une confiance totale maintenant sur ce qui peut se passer, sur le fait de laisser le public prendre la parole. Cela s’aiguise au fur et à mesure des représentations, on s’amuse de plus en plus ensemble. C’est vraiment super ! C’est d’ailleurs mon moment préféré dans le spectacle.

 

 

Pour terminer, au-delà des 12 dates de juin, on imagine que vous avez l’envie de poursuivre l’aventure plus loin ?

Julie : Évidemment ! L’idée est que ça nous serve de tremplin. On invite plein de salles, plein de professionnels, plein de programmateurs. On espère que ce n’est que le début, en tout cas ça a l’avantage d’enfin ancrer le spectacle pour nous permettre de nous déployer plus pleinement qu’avec des dates trop séparées les unes des autres.

Merci à toutes les deux pour vos réponses !

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beIN Center : Vanessa Le Moigne évoque son émission hebdomadaire sur les antennes de beIN SPORTS !

Publié le par Julian STOCKY

@ PANORAMIC / beIN SPORTS

 

Bonjour Vanessa,

C’est un plaisir de vous retrouver pour ce nouvel entretien !

Chaque dimanche, vous animez « beIN Center » sur les antennes de beIN SPORTS. Sans doute que ce doit être une vraie joie de retrouver chaque semaine le plateau mais aussi le lien avec les téléspectateurs !

Oui ! En fait, j’ai animé  surtout des quotidiennes avant, avec « L’Expresso » et « Happy Sports ». « beIN Center » est un programme un petit peu différent, ça regroupe un peu tout ce que j’aime faire. C’est un vrai marathon, ça dure six heures mais j’aime bien en fait. J’ai toujours un truc, depuis que je suis dans le métier, c’est de casser le mur avec le téléspectateur et d’être la plus naturelle possible. En six heures, forcément, je suis naturelle….Ce que j’aime bien, c’est qu’il y a à la fois des news, du magazine, de l’interview, de l’avant-match et du debrief. Ça me permet d’être collée au maximum aux droits diffusés sur beIN SPORTS et, moi, de progresser, au fur et à mesure, dans mon approche. Cela m’a permis, derrière, de passer un cap pour des compétitions un peu plus premium comme l’Euro ou la CAN.

Avec vos mots, comment décrire ce programme et ce long dimanche après-midi d’antenne ?

En vérité, c’est une continuité. Je n’aimais pas le mot au départ parce qu’il y a un côté un peu « c’est la forme sans le fond » mais c’est bien une continuité en proposant aux téléspectateurs finalement de passer, je pense, un bon moment et d’avoir la possibilité de venir picorer. On a la mosaïque où, pour le coup, on vend aussi ce qui se passe sur les autres chaines et sur les canaux max, histoire d’orienter au maximum les téléspectateurs. Pour ceux qui ont envie de rester avec nous tout au long de l’après-midi, on leur montre les buts, dès qu’il y en a. Sans oublier des points sur la Ligue 1. En gros, on balaie toute l’actualité du dimanche, tout en passant un bon moment.

Il y a un parallèle qui m’avait fait marrer de la part de l’Equipe, « c’est Michel Drucker mais version sport et au féminin ».

 

@ PANORAMIC / beIN SPORTS

 

Parmi les rendez-vous clés, il y a ces entretiens avec des personnalités de l’actualité sportive du moment…

Il y a des entretiens que l’on va faire en extérieur, notamment pour des joueurs à l’étranger ou à l’emploi du temps particulièrement chargé. Il y a aussi la partie interview en plateau, où l’on fait venir des sportifs de partout car j’ai un profil omnisports. Cela permet de découvrir en fait leur histoire, c’est ce que j’aime bien. Pour savoir où on va, il faut savoir d’où on vient. Quel est le facteur X chez les sportifs ? Qu’est-ce qui fait que cette personne-là a le petit truc en plus ? J’aime bien aussi me dire que le téléspectateur va pouvoir découvrir la personne que je connais en coulisses, que je rencontre. Donc ces interviews sont plutôt longues, entre 30 à 40 minutes, le tout en direct. Donc, parfois, on les voit un peu stressés puis, petit à petit, se relâcher.

Il y a un autre aspect, c’est le « beINSPIRED », initié à la base par beIN MEDIA GROUP. L’objectif était orienté RSE, de parler de thèmes sociétaux et de balancer une petite musique pour commencer à habituer les gens, à les sensibiliser à de véritables causes. J’ai repris cela dans l’émission quelques mois plus tard, j’ai trouvé ça intéressant, moi qui avais envie de parler de profils différents mais qui ne savais pas où les mettre. Généralement, c’est dans cette partie-là où on s’intéresse à des parcours un peu atypiques, à des associations, à des causes comme le handicap dans le sport ou la place des femmes, voire même les violences faites aux enfants. C’est une parenthèse dans laquelle je me retrouve bien, moi qui ai beaucoup d’engagements. Je me dis que ça pourra peut-être servir à quelque chose, c’est ma petite étoile de mer à moi que je remets à l’eau.

Face à cette richesse et cette diversité de contenus pendant toutes ces heures d’antenne, sans doute que la préparation doit être particulièrement intense ?

C’est beaucoup de travail. Quand j’étais en quotidienne, notamment en matinale, je me couchais très tard pour regarder les matchs, j’écrivais la veille, j’arrivais très tôt le matin et, après l’émission, j’étais libre, je pouvais rentrer chez moi faire une sieste. C’était une course de fond, parsemée de petits sprints. Là, c’est vraiment un marathon parce qu’il faut éditorialiser beaucoup. Quand on a un seul rendez-vous, il faut avoir un peu de hauteur et savoir anticiper. Il y a la recherche des invités mais pas seulement sur la semaine, sur celles qui suivent également. Je mets deux jours à écrire mes interviews, je cherche beaucoup d’infos, on contacte l’entourage.

Sans oublier le choix des thèmes et le calage des tournages, à anticiper deux à trois semaines avant. J’aime bien parfois faire aussi des petits coups, c’est un travail au long cours, il faut rester en contact avec la personne, essayer de trouver une date, j’ai une programmatrice, Charlotte Prato, qui m’aide aussi pour cela. Je travaille un peu la personne, je discute avec elle sur les réseaux sociaux …

Il y a aussi les avant-matchs de foot, c’est également beaucoup de travail pour le coup. Je suis un peu tombée amoureuse des stats avancées qui, je trouve, donnent toutes les infos. Au-delà des meilleurs buteurs ou passeurs, elles nous indiquent aussi qui a le plus gros travail sur le terrain, qui réussit le mieux ses dribbles, qui fait le plus de passes…ça permet de mettre en exergue des profils, ça m’aide beaucoup pour les avant-matchs.

Je prépare les news sur mon samedi, je regarde tous les matchs, j’écris, j’écris, j’écris. En fait, c’est un travail un peu en cascade et c’est aussi évidemment un travail d’équipe. J’ai une équipe qui me suit depuis des années, certaines personnes sont avec moi depuis près de vingt ans. Comme c’est un gros conducteur, j’écris tout, j’aime bien avoir un filet sur un drive, où tout le monde peut aller regarder sa partie. On essaie surtout de ne rien oublier, de ne pas faire d’erreur mais c’est vrai que sur un conducteur de six heures, c’est presque le plus difficile. La rigueur est donc très présente.

 

@ PANORAMIC / beIN SPORTS

 

Cela fait partie de la force des antennes du groupe, vous êtes accompagnée en plateaux de journalistes mais aussi de consultants de renom expérimentés et souvent jeunes retraités de leur sport…

C’est ma petite fierté…en toute pas humilité J J, j’ai le nez pour sentir les profils. Jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours fait de bons castings, dans toutes mes émissions. Le dernier en date est Damien Perquis qui se révèle être super bon, pour moi c’est vraiment très confortable de travailler avec lui. Il est très à l’aise sur les palettes notamment, un peu comme au foot, je lui fais des passes décisives et il met beaucoup de buts. Louisa Necib aussi, c’est un profil différent, c’est une ancienne numéro dix, elle « pue » le football, l’entendre parler foot est génial. On a aussi des nouveaux, qui viennent de la CAN, notamment Benjamin Monkandjo, il vit foot en permanence, c’est un puit de foot et c’est très appréciable.

Un consultant, pour moi, est celui qui va faire la force d’une émission. J’ai besoin de rester connectée à mes téléspectateurs, je veux que les personnes qui incarnent mon programme à l’antenne leur ressemblent. C’est très important, c’est comme cela que l’on s’attache aussi à une chaîne.

On peut d’ailleurs noter une chaleureuse ambiance dominicale entre vous tous…

Oui mais ça se fait un peu naturellement. Ma différence fait ma force, j’ai un côté un peu « normale », j’ai un peu de mal à rentrer dans un personnage et à être très propre à l’antenne. Du coup, on parle football et sport mais de façon normale, comme si on était à la maison, dans notre canapé, en train de discuter. Je sais qui nous regarde, je sais que les téléspectateurs sont en jogging donc on s’adapte. Pour moi, la simplicité est la base, le fond est très important mais la forme aussi, la forme doit surtout être au service du fond. Je veux donc que les téléspectateurs s’identifient à nous et qu’ils aient l’impression d’être un peu nos copains, c’est le cas je pense. 

 

@ PANORAMIC / beIN SPORTS

 

Justement, quels principaux retours pouvez-vous avoir sur ce programme ?

Je ne pense pas que les gens aient identifié finalement la marque « beIN Center », ce qu’ils ont identifié, c’est notre présence à nous pendant un long moment à l’antenne, depuis des années. C’est pour cela que je parlais de venir picorer finalement. « beIN Center » est juste un nom, je trouve qu’il est parfait justement, c’est un peu le centre de beIN SPORTS à ce moment-là. Les gens viennent, prennent ce qu’ils ont à prendre, vont voir un autre match, reviennent…

J’ai beaucoup de chance, les gens sont très gentils avec moi, ils sont bienveillants, je suis un peu « the girl next door », la bonne copine voire maintenant un peu la tata. On est regardés partout dans le monde, c’est cool. J’ai aussi, du coup, beaucoup de retours de l’étranger, via les réseaux sociaux notamment. Ce que j’aime bien, c’est que, maintenant, j’ai quand même de moins en moins de « retournes dans ta cuisine ». Même si j’aime bien répondre parce que ça me fait marrer.

Aujourd’hui, grâce à l’Euro et à la CAN, je suis validée, j’ai ma « football card », ça me fait plaisir, j’aime bien. Mêmes les joueurs parlent maintenant facilement avec moi de 4-4-2. J’aime les défis, j’ai fait ces deux compétitions sans doute aussi parce que j’avais des choses à prouver, à moi et à d’autres et je pense que j’ai réussi.

On sent en tout cas tout le plaisir que vous avez à faire tout ce que vous faites ….

J’ai le plaisir de pouvoir faire le métier de mes rêves. Je suis une passionnée de télévision, je suis une passionnée de sport, j’ai la chance que mes deux passions se soient croisées à un moment donné. Aujourd’hui, je vis ma meilleure vie, sincèrement. Alors ce n’est pas tous les jours facile, c’est un milieu qui est compliqué mais le prix à payer vaut cela. Parce que c’est trop bien. Ce n’est pas un travail, c’est une vie, c’est trop cool.

Parmi les autres évènements sur lesquels on avait pu vous retrouver à l’antenne récemment, il y a eu l’Euro et la CAN. Quels principaux souvenirs en gardez-vous ?

De la pression, beaucoup de stress, alors que je ne suis pas quelqu’un de stressée normalement. Surtout les débuts, les entrées en lice sont compliquées pour moi, j’ai une boule au ventre et je sais très bien que mon principal ennemi est moi-même. Pour éviter cela, je travaille beaucoup beaucoup beaucoup. Mais je suis fière du résultat.

Sur l’Euro, je suis contente, même si j’ai des mauvais souvenirs aussi…il m’arrive toujours des trucs…le match du Danemark, avec l’arrêt cardiaque d’Eriksen, est tombé sur moi. A ce moment-là, je me suis sentie à ma place, l’expérience des années d’avant m’a permis, je pense, d’avoir les bonnes réactions. Mais c’était assez traumatisant, sincèrement. Il y a tout qui se mélange, plein d’émotions et c’est difficile de vivre cela à l’antenne. Cela m’a particulièrement marquée.

La CAN était extraordinaire, c’est la première fois que j’incarnais un programme premium toute seule. J’avais une petite pression, j’ai fait tous les matchs mais bon, j’avais aussi envie de prouver. Franchement, j’ai passé de bons moments avec les consultants. Pour eux, c’était leur nation, il y avait donc ce côté émotionnel. J’étais triste avec eux, j’étais contente avec eux, oui c’était chouette ! J’ai eu beaucoup de retours dans la rue ou sur les réseaux. Avec la diffusion mondiale, j’en ai eu de partout, du Cameroun, de l’Algérie, de la Cote d’Ivoire, c’était assez incroyable.

 

@ PANORAMIC / beIN SPORTS

 

Du coup, quels sont les autres prochains grands évènements que vous attendez avec particulièrement d’impatience ?

Je ne sais pas si le mot est impatience parce qu’il y a, en même temps, un peu d’appréhension mais il y a le Mondial, évidemment. C’est un peu l’aboutissement. Il fait partie de mes objectifs finaux. J’ai passé les étapes avec l’Euro et la CAN, je vais essayer d’en profiter un maximum. Je vais essayer surtout d’assurer, de ne pas faire de bêtises, en plus ce sera au Qatar, je ne serai pas dans mon cocon, il va falloir que j’adapte ma façon de travailler à mon environnement. Mais oui, ça va être cool, je l’espère du moins !

Merci, Vanessa, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Berlin Berlin : Anne Charrier évoque sa pièce de théâtre actuellement à l'affiche !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Anne,

Quelle joie de vous retrouver pour ce nouvel entretien !

Depuis janvier dernier, vous êtes à l’affiche, au théâtre Fontaine, de la pièce « Berlin Berlin ». Après la période compliquée que l’on a tous connue, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela a dû être de retrouver la scène et la proximité du public ?

Absolument ! C’est un projet que nous avions depuis deux ans, on l’a attendu, vraiment, on avait tous très envie de cette pièce. Il y avait aussi, effectivement, ces retrouvailles avec le public et le fait d’être sur scène…Le soir où on a retrouvé le visage des gens, lorsque les masques ont pu être enlevés, je vous assure, on avait une petite émotion…On a besoin de ça, l’humain, c’est ça aussi, c’est lire l’expression des gens, c’est lire quand ils sont heureux, quand ils ne le sont pas.

C’était très très important, après ces deux années. On a beaucoup de chance aussi que ce soit un succès, que le public soit revenu pour cette pièce. Ça reste très dur pour le théâtre en général et on est vraiment très heureux de se dire que les gens sont là. C’est vraiment la pièce en elle-même qui donne envie aux gens de venir, le nom aussi de Patrick Haudecoeur, son humour, son sens de la comédie. Mais c’est vrai que l’on est très heureux d’avoir fédéré un public très différent, c’est aussi bien pour les grands-parents que pour les petits enfants, le public est très familial, tout le monde peut venir voir « Berlin Berlin », c’est la grande qualité de la pièce.

Justement, en quelques mots, comment pitcher cette pièce ?

« Berlin Berlin », c’est l’histoire d’Emma et Ludwig, qui sont en couple, ils vivent en Allemagne de l’Est et souhaitent passer en Allemagne de l’Ouest. Emma trouve un passage par les caves qui leur permettra de passer sous le mur…mais ce passage est dans l’appartement d’un officier de la Stasi. Tout part de là, la comédie nait ici, les quiproquos aussi. L’agent de la Stasi va tomber amoureux d’elle, je ne peux pas vous en dire plus mais c’est très truculent !

 

 

Comment caractériseriez-vous votre personnage ?

C’est une femme très déterminée, assez désespérée aussi je crois, elle est prête à tout parce qu’elle n’en peut plus de cette vie-là. Elle est harassée par le système, elle n’y voit que de l’absurdité, elle n’a pas de conviction politique qui puisse lui faire accepter la situation. Donc elle est absolument déterminée et, en même temps, elle a peur, elle est terrifiée par ce dans quoi elle se lance, parce qu’elle sait aussi que si jamais ça échoue, c’est la mort ou la déportation.

Quels principaux retours vous font les spectateurs à la sortie du théâtre ?

Les gens qui n’aiment pas ne viennent pas nous dire qu’ils n’aiment pas, en revanche les gens qui aiment ont à cœur de nous le dire. Les spectateurs sortent en nous disant qu’ils ont « tellement ri qu’ils ont mal au ventre », qu’ils ont « ri tout le temps », qu’ils ont « hurlé de rire ». Je crois que c’est vrai, c’est ce que l’on entend dans la salle, c’est là la grande qualité du texte, c’est une farce politique, c’est un Vaudeville d’aventure, c’est complètement crétin au sens noble du terme, ce sont des personnages clownesques aussi.

Emma est une leader de l’action et elle est celle, je pense, à laquelle le public s’identifie le plus facilement. Elle est entourée d’une bande de chèvres incompétentes et très drolatiques.

Parmi les autres petites satisfactions, notons quatre nominations aux Molières. Cela doit sans doute faire plaisir à tout le monde ?

Bien sûr, on est très heureux de cela. Le succès, c’est la reconnaissance du public, les Molières, c’est la reconnaissance de nos pairs, c’est la reconnaissance de la profession, c’est la reconnaissance aussi d’un travail commun. Souvent, la comédie est dévalorisée, dans toutes les catégories, pas seulement au théâtre, aussi au cinéma parce qu’on a l’impression que c’est plus facile ou que ça traite de sujets moins forts. Mais la comédie est extrêmement difficile à faire, à réussir, ça demande une précision, un rythme, une concentration vraiment de tous les instants, on est beaucoup moins lâchés dans le jeu, c’est beaucoup moins confortable que même certains drames peuvent l’être. Là, quoi qu’il arrive, il y a des rendez-vous qui dépendent du rythme de la comédie et on le sait, si on les rate, il y a moins de rires.

 

 

Vous évoquiez tout le travail effectué. En amont, vous êtes-vous replongée dans le contexte historique de l’époque ?

Bien sûr, on a regardé, ne serait-ce que pour l’aspect graphique, des photos mais je ne peux pas vous dire qu’il y avait une identité très marquée de ces années. Parce que, finalement, même s’ils étaient coincés, ça s’était déjà un peu ouvert, les Allemands de l’Est arrivaient à avoir un jean par exemple. Ensuite, on s’est bien sûr plongés dans la vie de ces gens, j’ai rencontré une journaliste qui avait écrit sur l’Allemagne de l’Est et, surtout, notre auteur, Gérald Sibleyras a vécu cette période-là. Sa mère est allemande, elle est partie juste après la seconde guerre mondiale mais son frère est resté en Allemagne de l’Est. Donc les vacances familiales se passaient à Berlin-Est, ce qui fait que cette période est concrète pour lui. Les absurdités qu’il a mises en exergue dans la pièce sont réelles, elles naissent de quelque chose de véridique.

Vous serez, personnellement, sur scène jusqu’au 15 juin et la pièce, elle, continuera sur Paris. Que peut-on vous souhaiter pour vos dernières représentations ?

De l’énergie J… parce que c’est vrai que, là, au bout de cinq mois, on court un peu après. Toujours de la joie de retrouver mes camarades chaque soir et avoir la chance que le public soit là pour rire de nos bêtises.

Pour terminer, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?

Alors, il y a une sortie de film pour septembre, « L’astronaute » de Nicolas Giraud et je vais tourner pour la télé, prochainement, avec Isabelle Gélinas et Arthur Mazet, que je retrouve, avec qui j’ai fait « 36 15 Monique ». Enfin, on partira en tournée avec « Berlin Berlin » en janvier…

Merci, Anne, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Maud Buquet évoque son parcours mais aussi ses projets artistiques actuels !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Maud,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes une artiste aux multiples casquettes, comme en témoigne votre parcours. Si l’on en revient à l’origine de votre parcours, qu’est-ce qui vous a donné l’envie de faire de l’artistique votre quotidien ?

J’ai commencé toute petite, avec un tournage à l’âge de 9 ans, aux côtés de Jacques Baratier, un réalisateur, ami de la famille. Je pense que ça m’a marquée. Ma maitresse de CM1 m’a dit-je ne m’en rappelais pas- que petite, je parlais déjà d’être comédienne. Là où j’ai vraiment fait mon choix, c’est au moment où j’ai vu « Lawrence d’Arabie ». Ce film m’a marquée par sa puissance, son envergure, sa narration. J’aime beaucoup la dimension biographique et politique que peut avoir le cinéma, quand il apporte un éclairage, un regard sur le monde. Je me suis dit que c’était passionnant et que je voudrais y participer. Par la suite, j’ai oublié complètement cette envie, je l’ai mise de côté pendant des années et je me suis dit que j’allais travailler avec les animaux. Je voulais aider la terre. Arrivée au Bac, il s’est avéré que mon profil était beaucoup plus littéraire que scientifique, ça m’a orienté vers les langues, vers la Fac et c’est là qu’une amie m’a proposé de faire des essais pour l’école de Gérard Philippe. Je n’avais jamais pris de cours, ils demandaient deux ans d’expérience mais j’ai été prise quand même. J’ai fait une année avec eux avant de rejoindre l’école de Niels Arestrup. C’était une école éclectique, plein de gens du métier venaient y faire des stages, cela m’a ouvert sur l’international et sur plein d’horizons.

En sortant de l’école, je me suis retrouvée à une audition avec des anglais, pour un film sur Arte. Je n’avais pas fini l’école que je travaillais déjà. J’ai fait ce premier film et, juste après, j’ai eu vent d’un casting à Rome. Ils m’ont fait venir en me disant que le rôle me correspondait mais qu’il fallait que je parle italien et arabe, sous un mois. Je ne parlais ni l’un ni l’autre mais je leur ai dit « d’accord! ». J’ai bossé pendant un mois non-stop toute seule pour y parvenir… Ce premier rôle féminin a lancé ma carrière en Italie avant celle en France. J’ai eu un agent et ça s’est enchainé là-bas avec pas mal de rôles importants en télé et cinéma. J’ai partagé la tête d’affiche avec Alessandro Gassman sur une longue série télé. J’ai tourné mon dernier long métrage « Pizza e datteri » à Venise, dans lequel j’ai le rôle féminin principal. En France, j’ai travaillé aussi assez vite après l’école, j’ai fait l’un des premiers rôles de « Promenons-nous dans les bois », aux côté de François Berléand, un film qui a relancé le film de genre en France à l’époque. Après, j’ai fait beaucoup de télé et des rôles dans des longs métrages, comme « Agent Secret » où je jouais avec Vincent Cassel, ou le « Prix à payer » avec Christian Clavier. J’ai fait aussi un rôle principal dans un film américain qui m’a amenée à New York.

 

 

Au théâtre, j’ai été introduite dans une famille de comédie, j’ai fait pas mal de boulevards modernes, j’ai joué au théâtre Fontaine pendant un an, au Trévise aussi. Je pense qu’il y a eu un tournant dans ma vie à mes 30 ans, je voulais voir une ligne dans ce que je faisais. Cela m’a orientée vers aussi la mise en scène. J’ai commencé par une comédie satirique. Puis, pendant deux ans, j’ai fait une création autour d’un Best-seller, « Dialogues avec l’ange » (Gitta Mallasz), cela a été le démarrage de cette recherche un peu plus personnelle de questionnement et de sens. A la troisième création, j’ai collaboré avec des chanteurs de l’opéra de Paris.

Là, je viens de monter une comédie de Shakespeare, « Les Deux Gentilshommes de Vérone », au sein de la troupe de la Pépinière du Nouveau Monde, avec une quinzaine d’acteurs. Après avoir joué quelques dates à Paris, ce spectacle vient d’être programmé dans des théâtres prestigieux en 2023 : au grand Théâtre de la Garenne Colombes, pour le festival Shakespeare d’Avril à l’Auditorium de Vincennes et nous ferons même l’ouverture du Festival Shakespeare au Théâtre élisabéthain d’Hardelot, classé le plus beau théâtre en bois au monde!

 

 

La Pépinière est un collectif solidaire, un lieu de rassemblement et de création, c’était un besoin pour moi de le créer. C’est un lieu de mutualisation des savoirs entre cinquante artistes professionnels qui s’entraident, qui s’entrainent. On a une salle pour cela dans le centre de Paris. Chacun peut y créer des spectacles, c’est un peu de la co-production. On se donne le luxe du temps: on a créé le Shakespeare en deux ans!

On imagine que ces différentes cordes artistiques sont très complémentaires, artistiquement parlant ?

J’ai toujours eu le goût pour les groupes. Ce qui amène souvent l’excellence, c’est d’avoir le temps de faire des créations, de sortir des modes de production actuels qui sont très rapides et qui nous imposent aussi des choix artistiques que l’on n’a pas forcément envie de faire. Nous avons choisi ce terrain de jeu pour monter des œuvres qui ont plus de sens pour nous. J’ai créé la Pépinière au moment où j’avais besoin de retrouver de grands textes…pour me donner un nouveau souffle sans doute et une nouvelle stimulation. Je suis un peu comme la gardienne de ce groupe, mais on fonctionne de façon circulaire, collégiale, tout le monde est un peu leader dans ce groupe, chaque cercle collabore et on remet tout au centre. On est quatre metteurs en scènes dans la Pépinière qui œuvrent en ce moment. Pour ma part, j’ai plein de projets qui sont en train de se développer.

 

 

Je commence actuellement les auditions pour monter « Roméo et Juliette », en y mélangeant du chant. Je vais aussi monter une pièce sur Tchernobyl qu’une jeune auteure m’a proposé après avoir vu les « Deux Gentilshommes de Vérone ». C’est un très beau texte qui a reçu un prix à France Culture. Ce thème s’inscrit dans la droite lignée de la charte « Nature et culture » mise en place à la Pépinière. On est engagés dans la protection de la terre et on a décidé d’agir en créant un pacte avec la Nature : Pour une place achetée, un arbre est planté avec Reforest’Action. On a aussi des actions pour protéger les abeilles, les forêts, les coraux… Tout cela est important à mes yeux. Mais pour moi l’écologie passe aussi par les mots, la poésie et la beauté. Alors je crée des grands textes en troupe, tout en agissant pour l’environnement. J’ai réuni mes deux centres d’intérêts et j’accomplis mon rêve.

Merci, Maud, pour toutes vos réponses !

Pour plus d'informations : 

https://maud-buquet.webnode.fr

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