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"Les garçons de chambre", saison 2 - Hugo Lecardinal nous en dit plus. Et nous dévoile son actualité artistique !

Publié le par Julian STOCKY

Bonjour Hugo,

Quel plaisir d’effectuer cette interview en votre compagnie !

1/ Vous êtes actuellement à l’affiche de la saison 2 de la web série « Les garçons de chambre ». Comment présenteriez‐vous cette dernière ? Quelles en sont les principales thématiques ?

Il y a en fait plusieurs thématiques. L’aventure a commencé deux ans et demi en arrière, avec la première saison. C’est écrit et produit par Julien Lazzaro et Yoann Ortega. Cette web‐série met en avant les escortes, appelés les garçons de chambre. Ces gens qui vendent leur corps pour de l’argent.

Le programme est, si je puis dire, un peu « hot », avec pas mal de scènes de nu et des langages crus. On voit des corps et de l’amour. La saison 1 met en place l'univers de la série avec une bonne touche d'humour tandis que la saison 2 se recentre plus sur l'intrigue policière et laisse place au drame. La série se déroule à Paris.

2/ Vous y interprétez le personnage de Raphael, groom à l’hôtel LE Galantin. Qui est‐il plusstrong> précisément ? Quelles sont ses principales caractéristiques ?

Il faut savoir que le programme permet de suivre les aventures de quatre personnages principaux. Giovani, Léopold, Jean‐Baptiste et Raphael. Les trois premiers sont escortes boys la nuit dans l’hôtel.

Quant à mon personnage, il est le seul à ne pas faire ce métier. Il est, comme vous l’avez dit, groom dans ce lieu. Raphael est un personnage drôle, attachant et surtout très loyal envers ceux qu'il aime, c'est je pense le personnage qui amène de la légèreté dans cette première saison.

Lors de la première saison, les trois garçons essayaient de me cacher leur fonction...

3/ La première saison a été un franc succès. Quelles sont les clés artistiques du deuxième opus, pour continuer à plaire aux internautes ?

La production a fait un très gros travail sur les costumes et les décors. Il faut rappeler que c’est un projet bénévole. Avec un agrandissement de l’équipe pour cette deuxième saison. Nous avons davantage d’ambition.

La mise en scène et la qualité de l’image sont aussi particulièrement réussies. C’est vraiment une belle web‐série. Les internautes vont apprécier d’avoir gratuitement un rendu digne de la télévision voire même du cinéma pour certaines scènes.

Sans oublier ce côté série à l’américaine, On a une suite d’évènements où à la fin d’un épisode on a envie de mettre l’épisode suivants.

Une nouvelle orientation a été donnée dans l’histoire. Lors de la première saison, le ton était très léger, avec beaucoup d’humour. Alors que la deuxième saison laisse place à une intrigue policière beaucoup plus développée. Sur fond de meurtre.

Pour voir ces épisodes, je vous invite à consulter notre chaine Youtube, ou bien encore notre site internet : http://lesgarconsdechambre.fr/ Vous pourrez aussi y découvrir plus en détails les personnages, mais aussi visionner des makings‐of.

4/ Comment se sont passés les tournages ? Les rythmes y sont soutenus. Aussi, comment vous préparez‐vous généralement en amont pour ensuite être efficace face au réalisateur ?

Il est vrai que les conditions de tournage ne sont pas les mêmes comparativement par exemple à un film. Car nous avons eu bien plus de jours de tournage, permettant de faire évoluer les personnages au fil de la saison.

A titre personnel, j’apprends le texte le plus possible, en le répétant dans n’importe quelle situation. En écoutant de la musique ou en prenant ma douche. Connaître le texte sur le bout des doigts permet de l’évacuer et de prendre de la liberté. J’aime beaucoup avoir l’opportunité d’improviser lorsque le réalisateur me laisse de l’autonomie. Faisant place pour moi à un grand amusement.

5/ En parallèle, vous lancez en ce début d’année le collectif audiovisuel « Métro studio ». Pourriezg>ong>‐vous nous en dire davantage sur cette belle aventure ?

J’ai lancé ce collectif avec Valérian Cadici, un réalisateur que je trouve vraiment talentueux. Il réalise, écrit, monte, étalonne et fait de la composition musicale.

J’essayais en fait depuis trois à quatre ans de monter un collectif. Car cela permet d’écrire et de tourner. Sans être dans l’attente systématique d’opportunités proposées par l’agent. J’ai eu la chance de rencontrer Valérian lors du « 48h film Project » et nous nous sommes très bien entendus. Nous avions en fait l’envie commune de monter un collectif. De là est né « Métro studio ».

Après avoir fait plusieurs festivals et avoir gagné cinq prix à Nancy, nous avons approfondi nos démarches pour aboutir au résultat actuel. Nous nous étions donnés initialement un rythme de deux vidéos par semaine, puis nous avons pris le parti de réduire à une mise en ligne hebdomadaire. En complément d’un beau court‐métrage mensuel. Pour privilégier un peu plus encore la qualité du travail effectué.

6/ De façon plus générale, quels sont vos autres projets et envies artistiques actuels ?

J’ai participé pendant cinq jours à un film, « Vincent et la fin du monde », avec Alexandra Lamy. Une sortie en salle est prévue prochainement. Cette expérience m’a beaucoup plu.

Sans oublier une publicité pour la marque Volkswagen. En parallèle, je suis en train de lire le scénario d’une autre web‐série qui m’a été proposée. Un projet en théâtre pourrait également voir le jour.

Une saison 3 des « Garçons de chambre » est déjà programmée. La saison 2 est diffusée depuis début mars et des vidéos seront mises en ligne chaque semaine, pendant un an environ. D’une durée chacune d’une dizaine de minutes environ.

7/ Pour finir, qu’aimeriez‐vous dire aux lecteurs de >cet entretien pour les inciter, si ce n’est pas déjà fait, à regarder la web>série ?

Ce programme est gratuit, ce qui n’est pas négligeable. De beaux efforts ont été faits, les tournages se sont déroulés dans d’agréables décors. Si vous vous intéressez au cinéma ou à l’audiovisuel, même si le sujet ne vous plait pas forcément à première vue, allez regarder quelques extraits ! On ne va pas se mentir, c’est aussi un thème d’actualité.

Quant au collectif, nous prenons énormément de plaisir à effectuer ces petites vidéos. Les retours sont positifs. Nous sommes en constante progression et nous nous structurons chaque jour un peu plus. De beaux projets déjà écrits arrivent et nous recherchons actuellement des productions.Continuez donc à nous suivre et à nous encourager, car je pense vraiment que cela peut donner quelque chose de bien.

Merci Hugo pour votre gentillesse et votre disponibilité !

Publié dans Télévision

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Anny-Claude Navarro, artiste aux multiples talents, nous présente son one-woman show !

Publié le par Julian STOCKY

Anny-Claude Navarro, artiste aux multiples talents, nous présente son one-woman show !

Bonjour Anny-Claude,

Merci de nous accorder un peu de votre temps pour répondre à quelques questions pour le blog !

1/ Vous êtes actuellement sur scène, chaque jeudi soir, au Théâtre Popul’air du Reinitas, avec votre one-woman show « Anny-Claude Navarro en a sous la jupe ». Quel en est son contenu ? Quelles thématiques y sont abordées ?

C’est une thématique hyper féministe. J’ai pris le parti de parler de plusieurs sortes de femmes. Au travers de nombreux personnages, je montre la différence, aujourd’hui en 2016, de ce qu’elles peuvent vivre.

Je fais une sorte de crescendo sociétal. J’évoque les personnes âgées en maison de retraite, je joue aussi une clocharde, deux catégories peu mises en avant par ailleurs. Mais aussi une directrice marketing qui vit le sexisme ordinaire tous les jours. Sans oublier les mères de famille, débordées, qui sont en couple mais qui s’ennuient. Elles critiquent celles qui sont célibataires, mais qui sont elles-aussi dans cette même situation d’ennui.

Ce spectacle est un constat sociétal de la place des femmes dans le monde actuel. Je termine d’ailleurs par une petite surprise, mais je ne peux pas vous en dire plus. Pour cela, il faut venir voir le spectacle.

2/ Comment vous est venue l’envie d’aborder ces sujets-là sur scène ? Quelles ont été les sources d’inspiration ?

Les humoristes féminines racontent bien leur vie. En évoquant leur propre personne et leurs enfants. Du coup, je voulais parler, par le biais du rire, de ceux dont on ne parle jamais. C’est un peu de l’humour noir. Notons d’ailleurs que je suis présente dans chacun des sketchs.

La vie est ma principale source d’inspiration. Ainsi que les gens et ce que je voie autours de moi. Je ne travaille pas seule, je suis accompagnée d’auteurs, en l’occurrence David Forgit et Caroline Misbach, cette dernière étant également metteur en scène.

Beaucoup de travail est nécessaire en amont, au travers de nombreuses répétitions. Partant de quelque chose de mécanique, les heures de jeu m’aident ensuite à prendre ma propre place dans le personnage, pour me l’approprier davantage encore. J’y mets alors énormément de moi.

Ces personnages me parlent, je les aime. Ce n’est donc pas compliqué de les trouver.

3/ Quelles sont, selon vous, les principales clés artistiques de ce spectacle qui plaisent aux spectateurs ?

Le côté complètement « barré » dans un contexte hyper réaliste plait beaucoup. Je ne cherche pas la blague systématique, je joue plutôt des situations. Un des sketchs préférés du public est d’ailleurs celui de la clocharde. Car il doit sans doute beaucoup les toucher.

Le spectacle met en avant la situation de certaines femmes dans la société d’aujourd’hui. Et le rapport à l’homme.

4/ Juste avant de rentrer sur scène, lorsque le rideau est encore fermé mais que vous entendez déjà le bruit de la salle, quels sentiments prédominent alors en vous ?

Je suis avant tout concentrée. L’exercice n’est pas le même pour un seul en scène, comparativement à une pièce de théâtre, entourée d’une troupe. Dans ce cas, l’émulation est collective. Nous sommes angoissés, mais avec l’idée d’aller s’éclater ensemble.

A titre personnel, je veille donc à me préparer pour que les choses se passent bien. Sans oublier le sentiment de peur bien entendu. Il m’est arrivé, et je crois que cela est normal dans pareille situation, de me demander ce que je faisais là quelques secondes avant l’ouverture du rideau.

5/ De façon plus générale, quels sont vos autres envies et projets en ce moment ?

J’aime beaucoup le cinéma et de nombreux spectateurs m’ont dit s’être crus derrière leur écran, du fait des séquences développées. Du coup, avec Frédéric Vignale, nous proposons des courts métrages sur des femmes seules. En partant d’un des personnages du spectacle, avant de développer d’autres couleurs.

Ces pastilles sont à retrouver sur Youtube et Dailymotion. Nous allons prochainement pouvoir participer à certains festivals, au travers de ce programme.

En France, l’artiste est souvent placé dans des cases. Ce que je me refuse. J’essaie de tout développer et de rester moi-même. Un comédien est obligé d’avoir plusieurs cordes à son arc. Cela me plait d’ailleurs beaucoup. Le fait de me diversifier me nourrit.

Je souhaite proposer mon spectacle en Province également. J’aimerais aussi trouver en parallèle un autre projet théâtral, car cela me nourrit d’un point de vue artistique. J’aimerais également développer l’image et la voix. J’aime cet organe, et j’apprécie faire des doublages.

6/ En conclusion, que dire aux lecteurs pour les inciter, si ce n’est pas encore le cas, à venir vous voir sur scène ?

Soyez curieux des artistes qui ne passent pas à la télévision ! Prenez le temps de sortir, aussi dans des petits cafés-théâtres et dans des festivals. C’est là que sont les stars de demain, mais aussi des talents méconnus d’aujourd’hui.

Venez soutenir les artistes ! Donc venez me voir sur scène et suivez moi sur les réseaux sociaux. C’est grâce à vous que j’existe. Merci à tous !

Ce fut un plaisir, Anny-Claude, d’effectuer cet entretien en votre compagnie !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Mi Kwan Lock, actrice de talent, évoque son actualité sur le grand écran !

Publié le par Julian STOCKY

Crédit photo : Barbara Maud
Crédit photo : Barbara Maud

Bonjour Mi Kwan,

Merci de nous accorder un peu de votre temps pour notre blog.

1/ Vous tenez actuellement le rôle principal du long-métrage « A korean in Paris », de Jeon Soo-II. Quelle en est la thématique ? Quelle histoire y est racontée ?

C’est l’histoire d’un couple coréen qui, deux ans avant le démarrage de l’intrigue, est venu en voyage de noces à Paris. Mais un jour la femme disparaît.

Au début du film, son mari Sang-Ho continue de la chercher, mais est devenu SDF et dort sous un pont. Les spectateurs suivent ainsi son parcours et sa quête, accompagné d’une pancarte pour se faire mieux comprendre. Il pense que sa compagne a peut-être été kidnappée voire forcée à la prostitution. Aussi, il va notamment la chercher dans ce milieu.

Il y rencontre alors mon personnage, Chang, une coréenne adoptée par des français.

2/ Quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage ?

On découvre au fur et à mesure du film qu’elle a une relation très particulière avec son père adoptif. Nous permettant progressivement de mieux comprendre pourquoi elle est devenue prostituée.

J’ai essayé d’apporter à ce personnage le maximum d’humanité, ne voulant pas tomber dans le cliché.

Sans tout dévoiler de l’intrigue, il va y avoir une relation amicale entre Chang et le mari recherchant sa femme. Pour en savoir davantage, je vous invite à aller voir le film.

3/ Nous l’avons dit, vous y interprétez une prostituée. Comment êtes-vous parvenue, artistiquement parlant, à rendre crédible votre personnage ?

Pour construire mon personnage, je l’ai travaillé à partir de son passé, son enfance, son adolescence et sa vie de jeune femme. Notamment sa relation incestueuse avec son père adoptif.

Seulement ensuite j’ai trouvé la raison pour laquelle Chang est devenue une prostituée. Même si ce n’est pas raconté dans le scénario, son passé est, pour moi, à l’origine de son orientation sociétale.

Dans le film, on découvre deux faces totalement différentes de mon personnage. Entre le clinique avec un client. Et le rapport beaucoup plus humain avec le héros masculin.

4/ Ce film a été en compétition au festival de Palm Springs 2016 et vient de sortir en Corée du Sud où son succès a été immédiat. J’imagine que cela représente une grande fierté pour vous ?

L’accueil, les critiques et les retombées ont été très bonnes lors de ce festival. A l’issue de sa sortie en Corée du Sud le 28 janvier dernier, l’œuvre a eu le meilleur box-office des films indépendants le premier week-end. Nous en sommes très contents ! Le public répond présent dans les 24 salles de diffusion, ce qui nous ravit.

Pour ce qui est de la France, une projection a été faite lors des rencontres cinématographiques de Manosque le 5 février. Là aussi, les retours du public ont été très bons. Cette mise en avant du film s’inscrit aussi sur le thème de la coproduction France - Corée, pendant l’année de la Corée dans notre pays.

Ce film est indéniablement pour moi une belle carte de visite. Nous espérons à présent trouver un distributeur dans l’hexagone.

5/ En parallèle, nous pouvons aussi vous retrouver dans le film franco-ivoirien, « Esclave et courtisane » de Christian Lara. Pouvez-vous nous raconter cette belle aventure ?

Il s’agit, là aussi, d’un personnage pas facile. Lily est en quête de rédemption. En fait, quatre personnes se retrouvent dans une pension perdue au milieu de nulle part. Le gérant, une cinquantaine d’années, traine des pieds et qui n’a plus vraiment l’envie de continuer à développer son activité mais se résout à le faire car c’est là son gagne pain.

Un homme noir, d’environ 70 ans, aux aguets et qui épit à chaque bruit. Il a un comportement assez étrange. En même temps, une évasion de prison de l’ennemi public numéro un est annoncée à la radio. Tout laisse à supposer que cet homme, au comportement très suspect, serait cet évadé.

Mon personnage, Lily, est une prostituée de luxe. Elle se réfugie dans cette pension, après être tombée enceinte d’un homme qu’elle pense aimer. Mais, par rapport à son métier, cela devient compliqué. Elle cherche donc à se retrouver pour prendre une décision.

Et enfin, une jeune femme d’une vingtaine d’années, qui va tout chambouler dans la pension. A l’opposé des autres, elle va ouvrir les fenêtres pour faire entrer la lumière. C'est une petite tornade blanche qui n’arrête pas de parler. Elle va découvrir un roman dans un grenier écrit par une ancienne esclave ayant habité dans cette pension qui, à l’époque, était une maison close. Expliquant ainsi le titre du film.

Peu intéressée, cette jeune femme va me passer l’œuvre et je vais me faire en quelque sorte la narratrice et la liseuse de ce roman. On découvre alors la vie qu’a eue cette ancienne esclave, ouvrant un parallèle avec celle de Lily.

La partie contemporaine du film est tournée en noir et blanc. A l’inverse, les instants du passé sont filmés en couleur. A l’opposé de l’attendu.

Cette coproduction franco ivoirienne a été en compétition, en février, au Pan African Film Festival de Los Angeles, où l’accueil fut très bon. Elle va continuer sa course avec, en avril, une participation à deux autres festivals, l’un à New-York, l’autre à Singapour.

Là aussi, nous recherchons actuellement un distributeur pour la France.

6/ De façon plus générale, quels sont vos projets et envies artistiques du moment ?

C’est vraiment sur scène ou sur un plateau que je suis la plus épanouie, donc qu'une envie, celle de jouer !

J’ai quelques propositions de projets, et je suis dans l’attente de leur mise en place. Je reste aussi à l’écoute de toute autre opportunité et l'envie de défendre tel ou tel personnage est avant tout pour moi primordiale dans mes choix de projets.

7/ Pour finir, qu’aimeriez-vous dire aux lecteurs de cet entretien pour les inciter, si ce n’est pas déjà fait, à vous retrouver dans les œuvres évoquées ?

Vous trouverez, dans ces deux longs-métrages, de très bonnes surprises. Les personnages sont vraiment puissants et ne laissent pas indifférents.

Ces deux œuvres ouvrent à la réflexion. Ils remettent en question notamment certaines valeurs humaines. J’espère que vous serez présents !

Ce fut une joie d’effectuer cet entretien en votre compagnie, Mi Kwan Lock.

Publié dans Télévision

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Philippe d'Avilla, artiste aux multiples casquettes, nous présente son actualité !

Publié le par Julian STOCKY

Philippe d'Avilla, artiste aux multiples casquettes, nous présente son actualité !

Bonjour Philippe,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre blog.

1/ Votre parcours met en avant les différentes cordes de votre arc artistique, au travers notamment du théâtre, du cinéma, de la télévision, de la mise en scène et de la musique. Qu’est-ce qui vous plait tant dans l’art ? D’où vous vient cette passion si prononcée ?

Je ne saurais dire précisément d’où m’est venue cette envie. J’ai toujours fait de la scène. Dans mes premiers souvenirs de spectacles, j’ai trois et demi, à l’école.

Je ne me sens jamais autant à ma place, en phase avec ce que je suis, ce que je dois faire, ce que je devrais faire et le monde qui m’entoure que lorsque je suis sur scène. L’appel de la scène avant tout, du spectacle vivant a été fondateur pour moi. Le cinéma et la caméra sont venus plus tard.

Tout petit, je voulais être chirurgien. Je pense d’ailleurs qu’il existe une vraie corrélation entre le don de soi, en travaillant pour les autres, et le métier de comédien. Faudrait que j’en parle à mon psy….

A 12 ans, j’ai eu la chance, dans le cadre d’un spectacle de début d’année, de jouer Arpagon dans un petit extrait de l’Avare de Molière. La représentation s’est tellement bien passée qu’on nous la réclamée à nouveau. Au final, on l’a jouée trois fois de suite. En sortant, j’ai foncé dans les bras de ma maman, en lui expliquant que j’avais trouvé ma vocation. Un mois après, je suis entré au conservatoire. Deux mois après, j’ai commencé à travailler.

2/ Quelles complémentarités retrouvez-vous entre les différents exercices artistiques évoqués ?

La complémentarité est permanente. De l’extérieur, on peut avoir l’air d’une espèce de couteau suisse qui picore à gauche et à droite. Le fait d’avoir plusieurs casquettes est une évidence dans les pays anglo-saxons, ce qui commence à peine à être le cas en France.

Je ne connais pas un artiste qui soit mono-casquette. Cela n’existe pas. Certes, certains s’orientent davantage vers un genre plutôt qu’un autre. Mais la démarche reste la même, quelle que soit la thématique. Le medium change, mais l’acte profond et le moteur sont identiques. L’interaction est donc complète, totale et constante.

3/ Vous êtes notamment auteur. Quelles sont vos principales sources d’inspiration ? Où puisez-vous toutes ces idées ?

Je n’ai rédigé que très peu d’œuvres originales. Je suis amené à l’écriture principalement par des biais latéraux. Je fais beaucoup d’adaptations, simplement parce que j’ai la chance de maitriser plusieurs langues.

J’espère, par la suite, pouvoir me poser davantage pour proposer des choses plus personnelles. Notons que je travaille actuellement sur l’adaptation de chansons d’une humoriste néerlandaise.

4/ A quelques minutes de monter sur scène, quels sentiments prédominent en vous ? L’excitation de retrouver le public pour une nouvelle représentation ? Ou l’angoisse d’une nouvelle date ?

Tout dépend des jours et des spectacles. Un soir de première, le « Au secours » prédomine forcément. Mais, en même temps, existe aussi l’excitation de présenter le bébé.

A titre personnel, l’état de préparation influe beaucoup ma condition psychologique. Si je me sens prêt, si je sais où je vais, si j’ai le sentiment d’avoir assez répété et que techniquement tout est en place, alors la seule chose qui prédomine même un soir de première est l’envie de retrouver le public, pour partager.

A l’inverse, si les répétitions ont été effectuées à la hâte, surgit une lutte contre la peur.

5/ Sur les plateaux de tournage, les rythmes sont généralement plutôt soutenus. Comment vous préparez-vous en amont pour être efficace ensuite sur le plateau ?

Je vais peut-être vous surprendre mais je trouve que, pour les comédiens, le rythme n’est pas si soutenu que cela. C’est surtout la mise en place notamment technique qui est longue.

Cette opinion vient sans doute de mon expérience théâtrale. En venant de la scène, tourner quelques minutes utiles par jour de tournage est loin d’être une montagne infranchissable. Nous avons l’habitude au théâtre de jouer plusieurs heures d’affilée. L’ordre de grandeur est donc bien différent.

Un comédien qui n’est pas passé en amont par le théâtre ne vous répondra sans doute pas la même chose.

En amont, je me concentre uniquement sur le texte. A peu de chose près, il s’agit de ma seule vraie préparation. L’objectif étant de se libérer au maximum de ses répliques car une minute de tournage, en télévision et au cinéma, coûte très cher. La moindre des choses est de ne pas avoir à refaire une prise parce que le comédien s’est trompé dans son texte. Se préparer, c’est se mettre en disponibilité pour la caméra. Pour être à l’écoute et être prêt à réagir à ce qui se passe et aux demandes du réalisateur. Il faut se libérer pour permettre au jeu de prendre sa place.

Comme je le dis souvent à mes élèves, l’acteur, au théâtre, fait le travail du caméraman. C’est lui, avec le metteur en scène bien évidemment, qui décide du regard que vont lui porter les spectateurs. Au cinéma, on laisse la caméra et le réalisateur « voler » ce qui l’intéresse. C’est un rapport au jeu très différent.

6/ Quels sont vos projets et vos artistiques du moment ?

J’ai deux spectacles en préparation en mise en scène pour la saison prochaine. Nous sommes en phase de pré-production et donc, en recherche des financements. Le premier, « Lucy dans la boite », utilise quelques chansons de Barbara et des morceaux originaux, pour une chanteuse, un pianiste et un violoncelliste, tous trois aussi comédiens. Une première lecture en public a été faite il y a quelques semaines, elle a bien marché.

L’autre spectacle a été coécrit avec Lisa Layer et s’appelle le « Love cabaret ». Si tout va bien, nous serons en pré-création en mai puis sur scène à Paris la saison prochaine.

En parallèle, la tournée de « Gutenberg, le musical » continuera au printemps prochain. Une installation parisienne est certaine, reste simplement le choix du théâtre à finaliser. Pour un démarrage entre juin et septembre. Je suis très excité à l’idée de reprendre ce spectacle.

Sans oublier une autre tournée toujours en cours, avec « Kid Manoir, la malédiction du Pharaon», jusque fin juin. C’est ma quatrième saison sur ce spectacle familial très agréable à défendre.

Enfin, je viens tout juste d’apprendre que je suis engagé pour jouer Juan Peron, dans « Evita », qui sera créé pour la première fois en français cet été à Bruxelles. C’est l’histoire d’Eva Peron, la femme du président argentin dans les années 40 et 50. Cette œuvre magnifique est, selon moi, le plus beau chef d’œuvre de son auteur, Andrew Lloyd Webber et je suis terriblement fier et excité à l’idée de la défendre.

Le spectacle sera monté dans le cadre du Festival « Bruxellons ! », dans le magnifique château du Karreveld en plein centre de Bruxelles, pour des représentations en plein air. Ce sera aussi l’occasion pour moi de retourner jouer dans mon pays natal, ce que je n’ai pas fait depuis six ans.

Ce fut un plaisir, Philippe, d’effectuer cette interview en votre compagnie !

Publié dans Télévision, Théâtre, Musique

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Cédric Camus, artiste de talent, évoque sa passion pour son métier et ses projets !

Publié le par Julian STOCKY

Cédric Camus, artiste de talent, évoque sa passion pour son métier et ses projets !

Bonjour Cédric,

Quel plaisir d’effectuer cette interview en votre compagnie !

1/ Votre parcours met en avant les différentes cordes de votre artistique, au travers notamment de la télévision, du cinéma ou bien encore du théâtre. D’où vous vient cette passion pour l’art ? Qu’est-ce qui vous y plait tant ?

J'ai commencé le théâtre au lycée pour régler un problème de bégaiement, pour travailler la diction et l’articulation.

C’est ainsi que j’ai découvert le plaisir du jeu au théâtre. Jouer est un truc de gosse. Jouer aux billes, aux gendarmes et aux voleurs, etc…

Quand je joue, j’ai juste l’impression d’être à ma place.

2/ Quelles complémentarités retrouvez-vous entre ces différents exercices artistiques ?

Au théâtre, il faut se faire entendre; il faut donc maitriser la diction, la respiration, la projection et l’articulation. Le théâtre, comme le chant, nécessite une certaine technique vocale. Ensuite, qui peut le plus, peut le moins. Avec le passage à la caméra, le micro arrive.

Commencer par les planches permet de maitriser son stress face à 200 ou 300 spectateurs. Sur un plateau de tournage, il y a beaucoup moins de monde mais d’autres contraintes (techniques celles-là) apparaissent alors.

Mais ces arts sont liés ! Tout sert à tout.

3/ Le rythme, sur les plateaux de tournage, est généralement très soutenu. A ce titre, quelle est votre méthodologie de travail pour ensuite être efficace face au réalisateur ?

La base (pour moi): le texte! Si je veux arriver à être libre sur un tournage, je ne dois pas avoir à chercher mon texte. Les répétitions (quand il y en a) servent aussi à ça.

Sur un court-métrage, on a plus de chance d'avoir des répétitions que sur un long. Malgré un temps très réduit de tournage. J’aime bien cet exercice, on peut vraiment chercher à enrichir et à développer le personnage. Ce que je n’ai pas eu encore l’opportunité de faire dans mes expériences en télévision ou au cinéma.

4/ Revenons quelques instants sur ces derniers instants, au théâtre, juste avant de monter sur scène. Lorsque le rideau est encore fermé mais que vous entendez déjà le bruit de la salle. A titre personnel, quel sentiment prédomine alors en vous ?

Je ne sais jamais, avant de me jeter dans l’arène, comment va se dérouler la représentation. Tout le travail effectué en amont sert à limiter le risque d’éventuels soucis sur scène.

Avant de rentrer sur scène, je gesticule en désordre, je fais des pompes pour ainsi être plutôt dans le corps que dans l’esprit.

Il y a, chez moi, un mélange de stress et d’excitation. Je terminerai par une anecdote. J’ai eu la chance de jouer aux côtés de Jean Lefebvre, dans une pièce où je démarre en caleçon, au lit, avec mon amant, lorsque mon père, qui ignore ma situation, débarque à l’improviste. Lors du lever de rideau, je ressentais alors un mélange entre une vulnérabilité extrême et une toute puissance. Cette sensation était très particulière.

5/ De façon plus générale, quels sont vos projets et envies artistiques du moment ?

Ne pas faire tout le temps la même chose est un luxe.

Je voudrais m’atteler davantage au doublage. Mes quelques expériences dans ce domaine m’avaient en effet beaucoup plu.

6/ Pour conclure, qu’aimeriez-vous dire aux lecteurs de cet entretien pour les inciter à continuer de s’intéresser à l’art ?

Sans vouloir faire de philosophie, je crois que l’art libère. Cette pensée synthétise bien ma vision. Alors libérons-nous !

Ce fut une joie, Cédric, de nous entretenir avec vous !

Publié dans Télévision, Théâtre

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Marion Aydalot : "J'ai très peur des choix de Laurent Blanc pour le recrutement"

Publié le par Julian STOCKY

Marion Aydalot : "J'ai très peur des choix de Laurent Blanc pour le recrutement"

Bonjour Marion,

C’est une nouvelle fois un plaisir de vous retrouver en interview sur notre blog !

1/ Le Psg a réalisé une première partie de saison magnifique et a démarré la seconde de la meilleure des façons possibles. Quel regard portez-vous sur le début de campagne de l’équipe parisienne ?

Je retiens avant tout les vingt points d’avance sur Monaco. Sans oublier des victoires acquises sur des scores fleuves tels que 5 à 0 ou bien encore 5 à 1. A l’image notamment du Bayern Munich.

Le Psg est capable de tout en championnat, même si les joueurs semblent actuellement se préserver pour la Ligue des Champions.

Il est d’ailleurs évident qu’en cas d’élimination prématurée dans cette compétition, l’équipe se rattrapera en championnat, au moins pour se faire plaisir.

2/ Quelle est la principale satisfaction du début de saison ? A l’inverse, quel joueur vous a le plus déçu ?

Je pense qu’Angel Di Maria impressionne tout le monde. Je n’avais pas de doute car un joueur venant du Real Madrid, même s’il n’a pas réussi à s’acclimater à Manchester United, n’a pas peur de la pression parisienne.

Le club de la capitale convient bien aux joueurs sud-américains. Aussi, Angel Di Maria s’est complètement intégré dans l’effectif, s’est fait des amis et Laurent Blanc compte sur lui. C’est parfait pour lui et cela le change peut-être de Van Gaal et de la Premier League qui n’est sans doute pas faite pour lui.

Quant aux déceptions, beaucoup disent Cavani. Mais j’attends encore un peu de mon côté avant de me prononcer sur son cas. Il suffit qu’il marque un but important en quart ou demi finale européenne pour être alors pleinement relancé. Tout va très vite.

En revanche, Kevin Trapp est une réelle désillusion. Il y a un problème au poste de gardien de but à Paris. Aucun des deux n’a l’envergure suffisante ni les épaules suffisamment solides. Le club n’a malheureusement pas réussi à attirer Neuer, Courtois ou bien encore Cech.

On dit que, psychologiquement, il faudrait laisser Sirigu partir pour permettre à Trapp de s’exprimer. C’est peut-être possible. D’après mes informations, l’italien met de vrais bâtons dans les roues de l’allemand, entre autres à l’entrainement. Quant au niveau de ce dernier, n’oublions pas qu’il n’est que le cinquième gardien allemand et qu’il vient de Francfort. Ce recrutement de Laurent Blanc m’a déçu.

Comment aviez-vous réagi, il y a quelque semaines, aux réactions de l’agent d’Adrien Rabiot, réclamant plus de temps de jeu sous peine d’un départ au mercato hivernal ?

Contrairement à ce que beaucoup de gens croient, la maman du joueur le pousse à rester à Paris. Il y est bien et le Psg est son club formateur. Adrien a l’ambition de devenir l’un des meilleurs au monde à son poste. Pourquoi pas.

Je pense qu’il n’a jamais été question qu’il parte. Même s’il a reçu des propositions, il voulait en fait avant tout retrouver du temps de jeu à Paris. Il a réussi. Au Psg, il faut aussi taper du poing sur la table pour se faire respecter. C’est ce qu’il a fait.

J’irai même plus loin, je le vois intégrer l’équipe de France après l’Euro 2016. Il pourrait même, pourquoi pas, devenir capitaine du Psg dans quelques temps. Il ferait du coup une grosse erreur en quittant le club et je crois qu’il l’a compris.

3/ Comment imaginez-vous leur fin de saison ? Combien de titres l’équipe peut-elle remporter ?

Le championnat semble bien parti. J’imagine aussi une victoire dans une coupe nationale. Mais pas les deux. En effet, si une rencontre se dispute non loin d’un gros match de C1, l’un des trophées peut effectivement être mis de côté.

A la différence d’autres, j’ai un peu peur de Chelsea. Même si Paris possède un niveau bien supérieur, n’oublions pas que l’équipe anglaise a l’expérience de la Ligue des Champions. Ce qui n’est pas encore le cas des rouges et bleus. Même si j’imagine une qualification parisienne.

Tout sera ensuite fonction du tirage. Mais il ne faudra pas dire que le Psg a raté sa saison en cas d’une éventuelle élimination au même stade que l’année dernière, encore une fois face à Barcelone.

4/ Vous nous expliquiez, lors de l’entretien précédent, ne pas croire à un sans faute des rouges et bleus en championnat. Etes-vous toujours du même avis ?

La saison parfaite semble bien partie en championnat, mais je reste quand même sur mon idée de départ. Il pourrait y avoir une défaite lors d’une rencontre où Laurent Blanc ferait réellement tourner son effectif, se privant de nombreux cadres.

Mais je n’imagine pas plus d’une seule contreperformance.

5/ Laurent Blanc semble sur le point de prolonger son contrat pour deux saisons supplémentaires. Est-ce le bon moment pour cela ? N’est-ce pas un peu prématuré dans la saison ?

Pour donner confiance, ce n’est pas prématuré. Je crois que Nasser Al-Khelaifi est un président qui aime justement donner confiance à son entraineur, à son staff ainsi qu’à ses joueurs. Le cas Adrien Rabiot, précédemment évoqué, en est l’exemple. Dans pareille situation à l’Olympique Lyonnais, le joueur se serait très certainement fortement fait rappeler à l’ordre par Jean-Michel Aulas, comme l’a été Claudio Beauvue.

Le président parisien veut de la tranquillité et aime savoir ses équipes sereines. Même si je trouve que l’annonce de cette prolongation arriverait un peu tôt dans la saison, celle-ci donnerait confiance à Laurent Blanc. Donc pourquoi pas.

6/ Quels choix forts devra faire le technicien français en termes de recrutement cet été ?

J’ai très peur des choix de Laurent Blanc. Il s’agit là du seul domaine dans lequel je ne lui fais pas confiance. Le recrutement de Stambouli est un bon exemple. Meilleur joueur aurait pu être trouvé, sur le banc du Real Madrid, du Bayern Munich ou du FC Barcelone. L’arrivée de Kevin Trapp était aussi une erreur l’été dernier.

Je sais que Tremoulinas est toujours dans les petits papiers de l’entraineur parisien et son arrivée m’ennuierait. Bien qu’il s’agisse d’un bon joueur.

Il va falloir penser à l’après Zlatan Ibrahimovic, même si le suédois est très bon actuellement. Typiquement, Neymar ou Ronaldo seraient des successeurs idéaux. Mais cela sera-t-il possible ? Je crains que finalement l’encadrement parisien ne se rabatte sur Aubameyang ou Aguero.

Merci Marion pour votre gentillesse et votre disponibilité !

Publié dans Télévision, Radio

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Lace Hoffmann évoque pour nous ses projets artistiques et sa passion de son métier !

Publié le par Julian STOCKY

Crédit photo: Rameen Eggspulher
Crédit photo: Rameen Eggspulher

Bonjour Lace,

Quel plaisir d’effectuer cette interview en votre compagnie !

1/ Vous êtes une artiste aux multiples casquettes, comme en témoigne votre parcours. Au travers notamment du théâtre, de la télévision, de la publicité, du cinéma mais aussi de la présentation et de la réalisation. D’où vous vient cette passion ?

Ma passion première est le jeu, même si mon parcours n’a pas été linéaire. J’ai d’abord intégré une école de commerce pour aboutir à un Master. J'ai fait du théâtre pour la première fois à 8 ans. On avait le choix de notre rôle, j'ai choisi de jouer une patronne de restaurant! En école de commerce, j'adorais les cours de mise en situation et les jeux de rôles. Les commerciaux doivent savoir jouer la comédie

Etre sur les planches n’était, pour moi, pas du travail, c’était surtout un plaisir. Mais je ne me rendais pas compte alors que je pouvais faire cela au niveau professionnel. Avant d’avoir un déclic. Maintenant je peux le dire, ce métier est un travail de tous les jours.

Qu’est-ce qui vous plait tant dans l’art ?

J’aime m’y amuser, ce qui est très important, et aussi m’évader. Je me lasse très vite, aussi mon métier me permet facilement de passer d’une casquette à une autre, et j’aime toucher à tout. Chaque jour est différent.

Je réalise parce que j’ai l’envie de raconter une histoire. Pour transmettre quelque chose, évoquer une sensation ou un moment de vie. Faire partager cela est important pour moi. Lorsque j’ai réalisé un petit court-métrage, l’année dernière, dans le cadre du Nikon Festival, j’ai eu la chance d’avoir de bons retours, très positifs, des émotions que j’ai voulues y transmettre.

Avoir réussi, en deux minutes, à partager avec les gens et à leur faire comprendre mon message est très encourageant. Pourquoi ne pas d’ailleurs développer ce projet en allant plus loin dans la réflexion.

J’ai également été, en télévision, chroniqueuse mode, l’une de mes passions. La concilier avec le travail face à la caméra fut extrêmement important pour moi et a été très formateur. Cet exercice permet de travailler à la fois sa posture ainsi que l’interactivité avec les invités. Dans un cadre et un contexte bien différents de celui des plateaux de tournage en comédie. Les deux sont passionnants.

Le côté informatif que permet la télévision m’a beaucoup plu pendant mes deux années de pratique. J’aimerais d’ailleurs, si l’occasion se présente, pouvoir renouveler l’expérience.

2/ Quelles complémentarités retrouvez-vous entre ces différents exercices ?

La transmission, le fait de donner du plaisir et des envies en sont. J’aime beaucoup le travail approfondi de mes personnages en amont. En imaginant leur vie passée, leur façon de voir l’avenir ainsi que leurs relations familiales et amicales notamment.

Sur un plateau de télévision, j’apprécie pouvoir travailler le parcours de l’invité. Pour réussir, en cinq minutes, à créer un échange pour que quelque chose se passe à l’écran.

Que ce soit en télévision ou pour les tournages, ce qui est vécu sur les plateaux se ressent souvent différemment à l’écran. Au travers du montage ou du choix des plans ou des scènes notamment. C’est pourquoi j’ai toujours une hâte particulière de découvrir le rendu final.

3/ Les rythmes sur les plateaux de tournage sont généralement très soutenus. Comment faire alors pour être prêt face au réalisateur ?

Pour commencer, il est nécessaire d’apprendre son texte sur le bout des doigts. Afin ensuite de pouvoir le sortir sans difficulté. Pour y parvenir, je le répète dans n’importe quelle situation, en faisant les courses par exemple ou bien encore sous ma douche.

Petit-à-petit, on s’aperçoit que le texte va nous venir comme si l’on fredonnait une chanson. Même si l’on n’a pas forcément l’envie particulière de le dire, il arrive de lui-même car on l’a dans la tête. Il faut donc pouvoir apprendre le texte mais aussi le digérer. Afin de faire ensuite ce que l’on veut avec.

Le cinéma, contrairement à la série télé qui demande des exigences de timing plus que serré, me permet plus facilement de travailler et de développer mon personnage. En fonction soit de ma propre expérience, sinon du fruit de mon imagination. La simple lecture du texte permet rapidement de m’en faire une première idée plutôt précise. En termes de démarche, de gestes, de langage et d’intonation principalement. Le travail ultérieur avec le réalisateur permet d’affiner ces différents points.

J’ai d’ailleurs eu la chance de travailler avec Jean-Pierre Larcher, en tant que réalisateur, pour un court-métrage qui sera diffusé sur France 2 d’ici quelques semaines. Il est aussi un grand photographe et est donc très visuel. Nous avons fait un énorme travail sur les costumes, le maquillage, la coiffure et les accessoires. Aussi, je me suis facilement imprégnée de mon personnage. La démarche et l’esthétisme du rôle ont également été des axes forts.

L’occasion s’est aussi présentée de voir le réalisateur Christophe Barratier en plein travail. C’est un réalisateur exceptionnel, il a une douceur qui met directement en confiance. Il laisse une belle liberté à ses comédiens, sans pour autant hésiter à leurs dire où il veut aller et comment il souhaite y parvenir.

4/ Concernant la réalisation évoquée précédemment, quelles sont vos principales sources d’inspiration ?

Ca peut n’être que des sensations, que je n’arrive pas à expliquer avec des mots mais qui pourraient être comprises via les images. Elles ne sont pas palpables mais ont souvent été vécues.

Je n’ai pas forcément envie de parler d’une situation bien précise, typiquement les aléas d’une vie de couple. Je m’oriente plutôt vers ce que chacun peut ressentir sans réellement l’évoquer. Par exemple les pensées intimes.

Typiquement, dans « Je suis un manque », une fille y comble un manque affectif par de la nourriture. Ce qui est difficilement explicable. Les sous-entendus et les sensations profondes mises en avant, sans être explicites, visent à y transmettre cette idée.

J’aime bien ressortir d’un film avec une forte émotion, quelle qu’elle soit. Ce que j’ai pu connaitre à l’issue du film argentin « Dans ses yeux », de Juan José Campanella, où j’ai été bouleversée. Au travers de ce qu’a pu ressentir le personnage.

5/ Comment vous sentez-vous d’ailleurs juste avant de monter sur scène, quelques instants avant l’ouverture du rideau. Ravie de retrouver le public pour une nouvelle représentation? Ou anxieuse d’une nouvelle date ?

Tout dépend en fait de ce que j’ai pu vivre dans la journée. Je peux être excitée et impatiente, ou à l’inverse extrêmement stressée. Les sensations diffèrent donc systématiquement. Je n’ai jamais le même stress ou la même excitation.

Mais une fois arrivée sur scène, en pleine lumière, tout s’oublie, même si je me sers inconsciemment de ce que j’ai vécu. L’énergie fournie est d’ailleurs identique quelque soit l’affluence dans la salle.

A l’issue du spectacle arrive toujours le même ressenti, celui de me dire que j’ai vraiment de la chance de faire ce que j’aime. Recevoir autant d’énergie du public fait un bien fou. J’y pense dès le matin, en me levant, impatiente déjà de retrouver les spectateurs.

6/ De façon plus générale, quels sont vos projets et envies artistiques du moment ?

J’ai fait jusqu’à présent beaucoup de théâtre. Mais j’ai l’envie de retrouver davantage le travail avec la caméra, dans le cinéma notamment. J’adore les deux exercices et passer de l’un à l’autre ne me fait pas peur.

Je souhaiterais aborder de nouveaux personnages, non encore travaillés jusqu’à présent. Par le passé, j’ai eu la chance de jouer une infirmière folle, une journaliste, une grande enfant perdue, une femme amoureuse et une extraterrestre mangeuse d’homme. A présent, l’action me tente, au travers pourquoi pas d’un flic ou d’une guerrière.

Tout en reprenant, comme je vous le disais, des chroniques sur le petit écran. Un projet est d’ailleurs en cours, qui mélange cinéma et plateau de télévision.

7/ Pour finir, qu’avez-vous envie de dire aux lecteurs de cet entretien pour les inciter à continuer de s’intéresser à l’art ?

Je vous incite déjà à continuer de lire ce blog. Car il permet aux personnes interrogées de parler de leur travail, de ce qu’elles aiment et d’évoquer l’art en général.

Aussi, je vous encourage à sortir des sentiers battus. Allez voir ces choses que vous n’iriez pas voir d’habitude. Testez des nouveautés. De nombreuses petites pièces méconnues se jouent à Paris et sont bien souvent des pépites. En plus, les prix sont souvent attractifs, à moins de dix euros. Les thèmes abordés sont, en plus, très vastes. Du classique, de l’absurde ou du boulevard.

Allez voir tous ces films d’auteurs qui ne sont pas connus, notamment français, qui sortent dans de petites salles mais qui méritent vraiment d’être mis en avant.

Merci Lace pour cet agréable échange !

Publié dans Télévision, Théâtre

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Claude Jan, artiste aux multiples casquettes, nous dévoile ses projets !

Publié le par Julian STOCKY

Claude Jan, artiste aux multiples casquettes, nous dévoile ses projets !

Bonjour Claude,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre blog.

1/ Votre parcours met en avant les différentes cordes de votre arc artistique, au travers notamment de la télévision, du cinéma, du théâtre, de la publicité ou bien encore de l’animation. Qu’est-ce qui vous plait tant dans l’art ? D’où vous vient cette passion ?

Ma passion pour ce métier me vient certainement de mon grand-père, que je n’ai d’ailleurs jamais connu. Qui était comédien italien et qui a tourné de nombreux rôles assez importants dans les années 70 et 80.

J’ai presque toujours fait du théâtre, en démarrant sur les planches à l’âge de 10 ans. En amateur au début, mais j’écrivais déjà mes sketchs et j’étais responsable d’un groupe à Montreux, ma ville de naissance.

Le fait d’être en représentation, face à un public, m’a très vite attiré. La scène a donc été mon premier amour, bien avant d’enrichir ensuite ma palette. Mais je pense être avant tout un comédien de théâtre.

2/ Quelles complémentarités y retrouvez-vous ?

Le théâtre nous apprend à bouger et à placer notre voix. Il est l’art de base. C’est ensuite plus simple pour faire de la télévision et de la publicité.

Mon expérience m’aide également pour l’écriture. J’ai ainsi rédigé un programme court, « Le chien des Robert », qui devrait être produit par TF1. Où l’on comprendra ce que pense cet animal. Je viens de tourner le pilote avec Danielle Evenou, qui interprète ma maman.

Aujourd’hui, même pour des shootings photos, il est attendu que la personne soit expressive. Ce qui n’était pas forcément le cas plusieurs années en arrière. Le théâtre est donc, je le crois, la corde la plus utile pour espérer réussir dans le milieu artistique.

3/ Le rythme sur les plateaux de tournage est généralement très soutenu. A ce titre, quelle est votre méthodologie de travail en amont pour ensuite être efficace face au réalisateur ?

Le réalisateur Henri Bargès m’a dit, il y a quelques mois, lors du tournage d’une publicité, d’une durée de cinq jours, n’avoir jamais tourné avec un comédien aussi précis. Ce qui m’a fait chaud au cœur.

J’aime bien apprendre mon texte à l’avance et j’ai la chance d’être plutôt à l’aise dans cet exercice. Pour les séries où les rythmes sont particulièrement intenses, il est aussi nécessaire de se l’imprégner, pour qu’il fasse partie de nous. Pour cela, répéter ses phrases en se lavant ou en faisant la cuisine est souvent très ludique.

Je suis très à cheval sur l’exactitude de l’interprétation, du texte et du placement. Quand je fais quelque chose, je m’efforce de le faire bien.

4/ Revenons quelques instants sur ces derniers instants, au théâtre, avant de monter sur scène. Lorsque le rideau est encore fermé mais que vous entendez déjà le bruit de la salle. Quel sentiment prédomine alors en vous ? L’excitation ou l’angoisse ?

Je ne ressens pas de la peur, je dirais plutôt que c’est de l’adrénaline. Typiquement, j’ai le souvenir d’avoir joué devant 1 000 personnes, au Palais des Congrès à Lyon, la pièce « Les monologues du pénis ». L’excitation et l’adrénaline ressenties étaient alors très fortes. Ces instants sont intenses, rares et précieux.

Contrairement à la télévision ou au cinéma, le théâtre est sans filet. Il n’y a pas le droit à l’erreur. En plus, l’échange avec le public est instantané. Au travers notamment des rires, des larmes ou bien encore des applaudissements.

5/ De façon plus générale, quels sont vos projets et envies artistiques actuels ? Aimeriez-vous vous orienter vers une thématique plus précisément ? Ou la diversité des compétences vous attire-t-elle davantage ?

J’ai récemment participé aux premières lectures de la pièce « La goutte ». Avec notamment le petit-fils de Louis de Funès. Il est possible que l’œuvre se joue dans un grand lieu parisien dans les mois à venir.

Même si l’emploi du temps qui va avec ne permet pas facilement d’associer des tournages en journée. D’autant plus que je travaille beaucoup en province et à l’étranger. Un choix fort est donc à faire.

6/ Pour finir, qu’aimeriez-vous dire aux lecteurs du blog pour les encourager à continuer de s’intéresser à l’art ?

S’intéresser à l’art permet une certaine ouverture d’esprit et aide à s’intéresser à la vie. L’art, c’est le cinéma, la télévision, les livres ou les monuments.

Il faut être curieux de thèmes qui, à première vue, ne nous passionnent pas particulièrement. Pour découvrir de nouvelles choses.

L’art, c’est la vie !

Ce fut un réel plaisir, Claude, d’effectuer cet entretien en votre compagnie !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Le comédien Pierre Rousselet nous présente sa nouvelle pièce de théâtre !

Publié le par Julian STOCKY

Le comédien Pierre Rousselet nous présente sa nouvelle pièce de théâtre !

Bonjour Pierre,

Quel plaisir d’effectuer cet entretien en votre compagnie !

1/ Vous serez à l’affiche, à partir du 4 février, de la pièce «Je crois qu’il aime ma femme», aux côtés de Elodie Colin et Farid Omri. Quelle en est la thématique ? Quelle histoire y est racontée ?

L’histoire met en avant un couple qui essaie désespérément d’avoir un enfant, sans succès. Ils ont même tenté d’adopter, mais cela n’a pas fonctionné. Aussi, ils décident d’inviter quelqu’un pour le désigner comme géniteur, sans l’en informer.

Mais la soirée ne va pas se passer comme prévue et partira un peu dans tous les sens.

2/ Quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage de Sam ? Comment l’abordez-vous en termes de jeu ?

Sam est le gendre idéal. Il est délégué ministériel et travaille pour l’éducation nationale. C’est quelqu’un de bien.

Il habite Bordeaux et est de passage sur Paris afin de faire une formation sur la laïcité. C’est d’ailleurs à cette occasion qu’il a rencontré Marie, la femme du couple évoqué précédemment.

Sans tout dévoiler de l’intrigue, il faut savoir que Sam est assez déprimé. Il vient récemment de se séparer de Camille, ce qui le rend très triste.

3/ Quelles sont, selon vous, les clés artistiques de la pièce pour plaire au public ?

Farid Omri, l’auteur de la pièce, avait déjà écrit, il y a quelques années, le succès « Couscous aux lardons ». Il a don de savoir rédiger et mettre en scène des pièces qui sont très drôles et très distrayantes.

Sur de vrais sujets de fonds, avec de fortes questions, permettant une certaine remise en cause. L’analyse qui en est faite de la société est très pertinente.

La pièce est dans l’air du temps, basée sur des sujets d’actualité. J’espère que vous passerez un bon moment. Les premiers retours, lors des répétitions, sont en tout cas très positifs.

A quelques jours du démarrage, nous sommes tous excités. C’est une création, nous sommes, si je puis dire, sur le point d’accoucher. Cette œuvre est un peu notre bébé, nous nous sommes beaucoup investis, avons travaillé les textes, les costumes et les décors.

Nous avons tous envie de découvrir le retour du public.

4/ Revenons sur ces deniers instants avant de monter sur scène, alors que le rideau est encore fermé mais que vous entendez déjà le bruit de la salle. Comment vous sentez-vous alors ? Excité et impatient de retrouver le public ? Ou angoissé d’une nouvelle représentation ?

L’angoisse est présente, il y a toujours cette petite boule au ventre que l’on ne maitrise pas. Alors en pleine concentration, on espère que tout va bien se passer, sans trou de mémoire ou couac dans la mise en scène.

Une fois une scène, ce sentiment s’oublie et l’on est vraiment dans le personnage. On embrasse alors plutôt les craintes et les peurs de ce dernier.

5/ De façon plus générale, quels sont vos autres projets et envies artistiques du moment ?

J’ai hâte de découvrir plusieurs films dans lesquels j’ai tourné. Comme « Hôtel occidental », où j’interprète un enquêteur de police. Le tournage a eu lieu au début 2015 et sa diffusion en salle est attendue prochainement.

En parallèle, j’ai également eu la chance d’avoir un rôle dans « Mon nom à Pigalle », aux côtés de Reda Kateb, sous la réalisation de Hamé et Ekoué.

6/ Vous évoquiez les plateaux de tournage. Les rythmes y sont généralement soutenus. Aussi, quelle est votre méthodologie de travail en amont pour ensuite être efficace face au réalisateur ?

J’apprends beaucoup les textes et je relis régulièrement le scénario. Je cherche ensuite à m’imprégner du personnage, notamment en m’habillant comme ce dernier pourrait le faire, selon mon imaginaire. Pour l’inclure dans mon quotidien, quelques jours avant l’arrivée sur le plateau.

Il se passe toujours, sur un tournage, des choses imprévues. Ce qui fait la magie de ces moments. J’ai déjà pu penser à plusieurs orientations, qui finalement ont totalement différé le jour J. Certains moments, ainsi, nous échappent et cela donne, au final, des scènes souvent magnifiques.

7/ En conclusion, qu’auriez-vous envie de dire aux lecteurs pour, si ce n’est pas déjà fait, les inciter à venir voir la pièce ?

Si vous avez envie de passer un bon moment et une bonne soirée, en couple, en famille ou avec des amis, n’hésitez pas à venir au théâtre Montorgueil pour rire avec nous.

C’est une pièce pour tous les publics.

Merci Pierre pour cet agréable échange !

Publié dans Télévision, Théâtre

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Renaud Le Bas, artiste aux multiples casquettes, évoque son actualité et ses projets !

Publié le par Julian STOCKY

Renaud Le Bas, artiste aux multiples casquettes, évoque son actualité et ses projets !

Bonjour Renaud,

Merci de nous accorder un peu de votre temps pour répondre à notre sollicitation.

1/ Vous êtes, comme en témoigne votre parcours, un artiste aux multiples casquettes. Au travers notamment du cinéma, de la télévision, du théâtre, de la publicité, de l’écriture et de la réalisation. D’où vous vient cette passion pour l’art, au sens général du terme ? Qu’est-ce qui vous y plait tant ?

Le cursus initial n’était pas prévu ainsi. Je n’avais jamais fait de théâtre avant de rentrer à l’école de la comédie de Saint-Etienne. Les rencontres m’ont beaucoup aidé à avancer. A l’époque, je ne le percevais pas encore mais, aujourd’hui, j’en suis intimement convaincu, le besoin de dire quelque chose est à l’origine de mon parcours.

Que ce soit le jeu ou l’écriture, c’est l’apprentissage des techniques qui m’ont le plus intéressé, mieux comprendre le processus artistique pour transformer une émotion en un outil permettant de dire quelque chose. Il est important de composer avec soi-même mais également d’acquérir de la distance pour parler aux autres.

2/ Quelles complémentarités retrouvez-vous entre ces différents exercices ?

Si je n’avais pas été acteur, je n’aurai peut-être pas écrit de pièce.

Je n’ai pas envie de raconter ma vie, je souhaite que mon expérience personnelle soit mise au service de quelque chose de plus important. En l’occurrence le vivre ensemble. Dans « un visible Théo », pièce éditée au cahier de l’égaré j’ai voulu trouver un angle où tout un chacun peut se reconnaitre, parler des points communs plutôt que stigmatiser les différences, je souhaitais raccourcir la distance, entre deux communauté de parents : ceux vivant avec le handicap et ceux ne le connaissant pas pour parler à tous.

Au-delà de cela, la pratique du jeu m’aide aussi à me rendre compte de la meilleure façon d’écrire et de construire un personnage.

3/ Quelles sont généralement vos principales sources d’écriture ?

Elles sont diverses et variées. Pouvant être des auteurs, des films ou bien encore des réalisateurs. Les réalisateurs anglais tout particulièrement, qui sont souvent « dans l’humain ».

Mais de façon générale, elles sont empreintes de comédie.

4/ Les rythmes sur les plateaux sont souvent très soutenus. A ce titre, quelle est votre méthodologie de travail en amont pour ensuite être efficace face au réalisateur ?

La base est de savoir son texte. Le casting en amont aide aussi à comprendre le fonctionnement et les attentes théoriques. Je viens avec une ou deux propositions, tout en restant ouvert.

L’autre pilier : être à l’écoute de ses partenaires.

5/ Quels sentiments prédominent en vous au moment de monter sur scène, avant une représentation théâtrale ? L’excitation de retrouver le public ? Le stress d’une nouvelle date ?

Tout dépend des spectacles. J’ai beaucoup travaillé avec Frédéric Andrau, que j’admire beaucoup, et qui a l’habitude de me mettre sur le plateau avant même l’arrivée des spectateurs. Je compte alors les gens et cela m’aide à me concentrer, à m’oublier moi-même.

Il n’y a pas, je crois, de méthode. Certains acteurs ont besoin de se concentrer, d’autres pas. Le trac est une sensation qui vient, qui part et que je ne recherche pas.

Le plus important est d’être dans le moment, quel que soit l’état dans lequel l’on se trouve. Il faut accepter d’être dans l’instant.

6/ De façon générale, quels sont vos projets et vos envies artistiques actuels ?

Ma grande envie est de réaliser « A l’air libre », long-métrage pour lequel je suis accompagné par « Les films de la butte » pour la production et que j’ai coécrit avec Serge Hazanavicius.

L’histoire d’un homme qui à la naissance de son fils a décidé de rayer le mot rêver de sa vie pour le remplacer par le verbe gérer. Huit ans après, en bon scaphandrier, il a construit un bulle autour de sa famille, Claire son épouse et son fils Théo, une bulle qui étouffe, qui empêche de vivre à l’air libre et qui déjà se fissure de l’intérieur. Il va lui falloir réapprendre à rêver, à vivre aussi pour lui s’il ne veut pas tout perdre.

Tous, nous pouvons nous retrouver dans Massimo. La seule différence, c’est que Théo est handicapé mental, ce qui ne l’empêche pas d’aller bien. Avec humour et bienveillance, mais aussi sans édulcorer la réalité, j’ai voulu raconter que mes interrogations de père d’un grand gars de 21 ans handicapé sont finalement très proches de n’importe quel papa. Finalement, qu’est-ce que c’est être père ? Et qu’ai-je à transmettre ?

A titre personnel, sur ce deuxième point, je me suis rendu compte que la seule chose que je peux transmettre à mon fils, puisque je ne pourrai pas lui apprendre à écrire ou à jouer au théâtre, c’est sa propension à être heureux dans sa vie. Et si moi-même je ne le suis pas, comment pourrai-je lui transmettre ?

Je viens également de terminer le tournage de mon premier court-métrage en coréalisation avec Yves Legrain : « Intérieur nuit ». L’histoire d’une serveuse un peu fatiguée qui va rêver la fermeture de son bar.

7/ Pour finir, qu’aimeriez-vous dire aux lecteurs de cet entretien pour les inciter à continuer de s’intéresser à l’art ?

L’art est un dialogue. Il ne faut jamais se dire que c’est quelque chose d’hermétique qui n’est pas pour vous. Par contre, vous avez le droit de ne pas aimer ce qui vous est dit dans cet échange.

Ce qui est important, c’est de rester ouvert et de se laisser surprendre.

Bref, laissez-vous tenter, vous ne savez pas ou cela peut vous emmener.

Effectuer cette interview avec vous, Renaud, fut une joie !

Publié dans Télévision, Théâtre

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