Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

television

Amandine Noworyta revient pour nous sur son parcours et évoque ses projets !

Publié le par Julian STOCKY

Amandine Noworyta revient pour nous sur son parcours et évoque ses projets !

Bonjour Amandine,

Quel plaisir d’effectuer cet entretien avec vous !

1/ Vous êtes une artiste aux multiples casquettes, au travers de votre parcours sur grand écran, sur les planches mais aussi derrière un objectif. Qu’est-ce qui vous plait tant dans l’art ?

Je pense que c’est quelque chose que l’on a en soi, d’inné, que l’on ne choisit pas forcément. Je n’étais pas nécessairement prédestinée à être dans le milieu de l’art, j’ai un parcours plutôt très classique et très scolaire. J’ai étudié le droit et la communication, mais le destin en a voulu autrement et sur son passage j’ai rencontré des personnes qui m’ont permise d’évoluer dans le milieu artistique.

J’ai démarré très jeune par le mannequinat avec le concours « Elite » puis très rapidement on m’a conseillée de m’inscrire au cours Florent : j’ai donc sauté sur l’occasion … une occasion de m’exprimer d’une autre façon …

De fil en aiguille , le cinéma , puis le théâtre se sont ouverts à moi pour ma plus grande joie . Je suis, je crois , enfin je pense être « multi-facettes ». De nos jours, les artistes ont besoin d’être polyvalents …

2/ Quelles complémentarités pouvez-vous retrouver entre ces différents exercices ?

Les arts que nous avons évoqués sont, je pense, différents.

Et sans parler véritablement de complémentarité entre ces deux arts, je pourrais plutôt dire qu’il y a beaucoup d’interdisciplinarité entre le cinéma et le théâtre. En jouant dans ces deux catégories, on acquiert beaucoup de connaissances de compétences et d’expériences..Le jeu de la caméra reste malgré tout beaucoup plus intime.

Sur les planches, c’est différent : nous sommes en permanence en interactivité avec le spectateur. On écoute, on observe et on réagit au quart de tour pour donner le meilleur de nous même …

3/ Face au rythme soutenu des plateaux de tournage, comment vous préparez-vous en amont ?

J’ai un côté très lunaire et très artiste, mais j’ai quelque chose en moi de très cartésien. Sûrement à cause de mon parcours classique et de mon bac S. Il existe en moi une sorte de paradoxe : j’ai besoin de «rigueur et de fantaisie ». J’analyse énormément les choses, j’essaie de comprendre au mieux le rôle et de me poser un maximum de questions, j’en pose aussi au réalisateur ou au metteur en scène, tout simplement pour vivre et être le personnage.

Mais il me faut aussi un moment de « lâcher prise » total ...un moment hors du temps … ou je ne suis plus Amandine mais l’artiste… d’où le paradoxe. « Tout » comprendre et en même temps, ne plus chercher à comprendre.

Pendant le tournage, j’ai besoin alors de beaucoup de concentration pour devenir cette personne.

4/ En parallèle, quelles sont, selon vous, les clés d’une photo réussie ?

C’est tout bête, être à l’aise, être naturelle, être spontanée. Etre soi …

Je pense qu’il se passe quelque chose de magique, au-delà de la photogénie, quand il y a un bon feeling avec les personnes avec qui on bosse … ça s’appelle la magie ... ca va au delà de la technique, on ne peut pas tout expliquer et tant mieux ….

Que ce soit dans la photo, au cinéma ou au théâtre, c’est un travail d’équipe. Il n’y a pas de bon ou de mauvais acteur, c’est la communauté, qui permet de créer des films magnifiques ou de faire que des pièces de théâtre sont juste fantastiques …

5/ Au théâtre, quelles sont vos petites astuces, avant la représentation, pour limiter le stress éventuel ?

C’est très difficile de trouver et de mettre un mot précis sur une émotion. Je pense qu’elles sont multiples et qu’elles changent à la vitesse de la lumière.

Etre acteur c’est finalement « être une émotion », il y a des tonnes d’émotions qui arrivent dans tous les sens, qui sont d’ailleurs très difficiles à gérer parfois.

C’est un challenge permanent. En quelques mots : beaucoup d’excitation mais beaucoup de peur, mais une belle peur, celle qu’on aime … qui nous fait frémir … qui nous donne des ailes et qui nous fait battre le cœur … celle qui s’apelle « vivre ».

Je pense être, de base, une fille plutôt timide mais sur scène, ma timidité s’envole comme par enchantement …. grâce au public … grâce aux autres … J’ai appris à ne plus l’être ou à l’être de façon différente. La photo m’a beaucoup aidée dans ce sens. Le théâtre permet aussi de gagner en confiance en soi et le public nous le renvoie bien … Merci encore d’ailleurs.

Dans un premier temps avant de rentrer sur scène, j’ai un trac incroyable, et ce n’est pas près de changer. C’est une grande émotion, une envie de pleurer et une forte adrénaline. Mais la peur disparaît dès que je rentre sur scène, pour laisser place au plaisir … Pour limiter ce phénomène, nous avons tous nos petits trucs …comme « mettre une paire de boucles d’oreilles qui nous plaît ou appeler son compagnon, sinon sa maman, boire un grand verre d’eau, se calmer, se détendre, peut-être éventuellement réciter une phrase de son texte, comme un porte-bonheur ».Plein de petites choses en somme… Je suis, quelque part, assez superstitieuse, j’ai donc besoin d’un rituel, d’être dans un cadre, de me préparer tranquillement, d’être zen, de boire ma petite tasse de thé notamment. Oui j’adore le thé...

Et de crier intérieurement « tu es forte : résiste, prouve que tu existes ». J’adore France Gall et ses chansons au passage. C’est une autre de mes petites astuces …… Avant de rentrer, et pour que tout se passe bien.

D’ailleurs, on sait rapidement si c’est le cas, le théâtre ayant cette capacité de nous donner rapidement le ton. On ressent rapidement ce que le public pense de nous .. de la pièce … on ajuste en fonction … c’est comme un énorme « one to one ».

Au cinéma, c’est très différent … notre point de repère c’est le réalisateur et l’image. Dans ce sens, le théâtre est plus difficile, émotionnellement car c’est du direct. On n’a pas le droit à l’erreur d’une certaine façon.

Le public change en permanence, ce qui est une difficulté supplémentaire. Au cinéma, on peut se permettre de recommencer, de se concentrer de se recentrer.

D’ailleurs, ma dernière expérience sur les planches dans la pièce « A vos souhaits » de Pierre Chesnot et mise en scène par Luq Hamet aux côtés notamment de Bernard Menez, Virginie Stevenoot, Vincent Azé , Gwenola de Luze et beaucoup d’autres que j’adore énormément m’a beaucoup aidé. Il faut avouer que de Travailler avec des comédiens expérimentés permet d’avancer et de grandir plus vite. Je tiens à remercier le théâtre du Gymnase et particulièrement Mr Dominique Coubes et Mr Carlos Bedran qui ont toujours cru en moi.

6/ Plus globalement, quels sont vos envies et vos projets artistiques actuels ?

J’adore le théâtre et j’y ai peut-être d’autres pistes pour l’année prochaine. Dans le style « boulevard ». Ce n’est pas encore fait, mais c’est sur la bonne voie.

J’avoue que j’aimerais bien faire un peu de cinéma et que j’apprécie les films plutôt à caractère dramatique. Les longs-métrages nostalgiques, mélancoliques, dramatiques me plaisent. J’aime l’univers de « Lars von Trier, de Sofia Coppola, Xavier Dolan ou Abdellatif Kechiche…

J’aime un film particulièrement « Loin de la foule déchainée » de Thomas Vinterberg.

Je pense pouvoir avoir la possibilité d’interpréter ce genre de rôle. Je peux très bien jouer la jolie blonde mais je peux aussi avoir l’air d’une fille très fragile. Tout comme je peux être une fille banale qui sort dans la rue et qui passera inaperçue. C’est mon travail de comédienne de pouvoir être « caméléon » et différente.

Je suis actuellement en négociation avec un agent et j’espère, par la suite, pouvoir trouver un rôle qui me correspond au mieux. Il y a quelques pistes, pour des personnages dramatiques, qui me plaisent énormément et avec lesquels je pourrais montrer une autre facette de ma personnalité.

7/ En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Tout simplement le bonheur, la réussite, que la vie soit belle. De réaliser mes rêves les plus fous. D’être heureuse ! Et d’oser …. Vivre , rêver …. Et de croquer la vie à pleines dents…

Merci Amandine pour votre disponibilité et votre gentillesse !

Publié dans Théâtre, Télévision

Partager cet article
Repost0

Miglé Rimaityté nous présente son personnage sur TMC et évoque sa passion pour son métier !

Publié le par Julian STOCKY

Bonjour Miglé,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre blog.

1/ Vous êtes une artiste aux multiples casquettes. Comme en témoignent vos expériences au théâtre, en télévision, en publicité, au cinéma et en tant que modèle. Que retenez-vous principalement de votre parcours jusqu’à présent ?

Je retiens spontanément le théâtre, c’est ce qui me plait le plus. Ma formation en Conservatoire Nationale était d’ailleurs basée principalement sur cet art et sur la méthode Stanislavski. Il faut y être juste, vrai et vivre son personnage. Sinon ce n’est pas intéressant.

Il est nécessaire de se baser sur ce qui est écrit, et en partant de cela développer la psychologie du personnage. Le théâtre permet également d’explorer différents univers. Par exemple, j’ai déjà joué un rôle masculin. Ce fut une expérience intéressante et très enrichissante.

2/ Quelles complémentarités artistiques retrouvez-vous entre les différents exercices évoqués ?

Dans chacune des ses domaines il y a un rôle à créer, que ca soit le théâtre, le cinema, la TV ou même une publicité. Je pense que le travail sur la recherche du personnage et son caractère réunit tous ses domaines.

3/ Le rythme sur les plateaux de tournage est généralement soutenu. Aussi, quelle est votre méthodologie de travail en amont ?

Le Français n'est pas ma langue maternelle, il faut donc que je me prépare un peu plus que les autres. Une fois le texte bien maitrisé, je me sens plus libre pour jouer. Ceci dit il faut parfois faire vite, donc je m'adapte...

4/ Sur scène, comment vous sentez-vous juste avant le début de la représentation ? Quelles sensations l’emportent ?

L’excitation ! J’ai envie de retrouver le public. Il m'envoie beaucoup d’énergie, cela me nourrit. Les spectateurs sont ma force. Même si chaque fois est différente, car les réactions des gens varient systématiquement.

5/ Les fidèles téléspectateurs de TMC peuvent actuellement vous retrouver dans la série à succès de TMC « Les Mystères de l’Amour ». Comment présenteriez-vous votre personnage ?

C’est une coach russe qui travaille dans l’un des meilleurs centres de rééducation au monde, à Moscou. Elle est très efficace, précise et professionnelle.

Valentina est une femme intelligente qui est prête à tout pour réussir (arriver à son but c'est son métier d'ailleurs):)) Elle a peut-être une double-vie….Elle est en en fait un peu manipulatrice, mais...c'est comme dans la vraie vie, tout n'est pas tout blanc ou tout noir. Elle a ses bonnes raisons d’être comme cela.

J’essaie de mettre une diversité de couleurs dans mon personnage. Pour la rendre, malgré tout, aussi honnête que possible.

6/ De façon plus générale, quels sont vos autres projets et envies artistiques du moment ?

En ce moment je travaille sur une pièce de théâtre de Guy Foissy «Le cimetière des maris» ainsi que sur un projet photo et vidéo de Jacques Rouquette «Variations sur Carmen de Bizet».

J'ai aussi prévu de travailler sur une performance vidéo associée à Anatoli Karaev, 1er violon solo à l'Orchestre Nationale de Bretagne sous la direction de la chorégraphe américaine Katleen Reynolds.

Ce fut un plaisir, Miglé, d’effectuer cette interview avec vous !

Publié dans Télévision

Partager cet article
Repost0

Eléonore Sarrazin évoque pour nous son personnage dans "Plus Belle La Vie" !

Publié le par Julian STOCKY

Eléonore Sarrazin évoque pour nous son personnage dans "Plus Belle La Vie" !

Bonjour Eléonore,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre blog !

1/ Vous avez rejoint, il y a quelques mois, le casting de la série à succès de France 3 « Plus Belle la Vie », où vous y interprétez la nouvelle serveuse du célèbre bar du Mistral. Comment décririez-vous votre personnage ?

Sabrina est très spontanée, très drôle et très libre. Elle vivait dans sa voiture mais vient de rejoindre la nouvelle colocation.

Elle est dans une énergie qui est décalée totalement du reste de la place du Mistral. Notamment dans sa façon de s’exprimer et de s’habiller. C’est entre autres pour cela que les gens la remarquent. Justement, elle aime cela, elle voudrait être célèbre.

Du coup, dans le jeu, je commence par un grand sourire et une bonne inspiration, pour retirer toutes les marques de pression du tournage. Je ne veux garder que l’excitation et l’amusement.

2/ Votre personnage aime les selfies. D’ailleurs, il y a même une connexion qui s’est faite sur internet pour crédibiliser et accentuer le rôle. Notamment une page Facebook. Qu’est-ce que ce côté particulier et singulier apporte comme valeur ajoutée à Sabrina et à la série?

Sabrina s’adresse, je pense, à une génération qui n’était pas encore très représentée dans la série. Cette génération qui est tout le temps sur instagram, qui ne cesse de prendre des selfies, qui documente toute sa vie sur internet.

Généralement, ce sont nos amis qui nous suivent sur les réseaux sociaux. Du coup, avec cette page internet, Sabrina devient en quelque sorte l’amie des téléspectateurs. En plus, les fans peuvent y découvrir, avec quelques heures d’avance, ce que Sabrina aura fait dans la journée. Avant de le voir plus en détails dans l’épisode en access prime-time.

3/ Quelles ont été vos petites astuces pour vous intégrer facilement lors de votre arrivée ?

J’ai essayé - et j’essaie toujours - d’être gentille avec tout le monde. C’est assez simple, nous sommes très facilement pris en charge à la fois par les équipes techniques mais aussi par les anciens.

Pour être totalement honnête, j’appréhendais un peu de me retrouver face à des acteurs qui tiennent la série sur leurs épaules depuis plus de dix ans pour certains. Au contraire, j’ai remarqué avec joie que l’équipe prend vraiment chaque personnage pour ce qu’il est, même s’il ne reste que deux jours.

Depuis, il m’est arrivé d’avoir ce même rôle avec des guests, ce qui incite chacun à travailler le plus efficacement et le plus vite possible certes, mais toujours dans la bonne humeur. Tout le monde est dans le même état d’esprit, ce qui est très agréable.

4/ Le rythme sur le plateau de tournage est très soutenu. A ce titre, quelle est votre méthodologie de travail en amont pour ensuite être efficace face au réalisateur ?

Avant d’arriver le premier jour, je me suis documentée autant que possible sur mon personnage, au travers de toutes les informations qu’avait alors pu me donner la production. Pour m’en imprégner.

A présent, mon stress n’est plus le même. Je ne suis pas angoissée lorsque je rentre sur le plateau. Sur ce dernier, nous sommes aidés et accompagnés. Il m’arrive parfois d’être corrigée sur l’intensité de mon jeu.

En amont, j’apprends mon texte et j’essaie de coller chaque ligne à une pensée de Sabrina.

5/ Pour la suite, quels nouveaux horizons et axes aimeriez-vous que l’on montre de Sabrina?

Elle a enfin réglée son vrai problème, qui était de dormir dans sa voiture. L’esprit libre, elle va pouvoir, je l’espère, voguer vers de nouvelles voies. J’aimerais bien à présent qu’elle tombe amoureuse, situation qu’elle n’a pas encore connue dans la série.

6/ De façon plus générale, quels sont vos projets et envies artistiques actuels ?

Mon principal problème est de ne pas savoir choisir. Je danse depuis l’âge de 4 ans et j’ai des projets dans cet art.

Je souhaiterais aussi faire plus de théâtre. Des discussions commencent à voir le jour dans ce sens. Le cinéma m’attire également. J’aimerais bien chanter, si on me le demande.

Tout ceci en parallèle bien sûr de mon personnage dans « Plus Belle la Vie » que j’adore. Je me sens bien dans cette série !

7/ Pour conclure, que dire, si ce n’est pas déjà fait, pour inciter les lecteurs à vous suivre, du lundi au vendredi, à 20h 20 sur France 3 ?

C’est une série devant laquelle se retrouver tous les soirs. Les personnages et les intrigues sont nombreux, vous allez tous vous identifier dans l’un d’entre eux.

Aussi, vous pourrez vous distraire à l’heure de l’apéro, du diner ou après avoir couché les enfants, en fonction de votre organisation familiale.

Ce fut un plaisir, Eléonore, d’effectuer cet entretien avec vous !

Publié dans Télévision

Partager cet article
Repost0

Quentin Demon évoque son actualité et ses projets artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

Quentin Demon évoque son actualité et ses projets artistiques !

Bonjour Quentin,

C’est une joie pour nous d’effectuer cette interview avec vous !

1/ Les fidèles téléspectateurs de TMC peuvent actuellement vous retrouver dans la série à succès « Les Mystères de l’Amour », où vous y interprétez le rôle de Renaud. Comment décririez-vous ce jeune homme ?

Pour l’instant, nous n’avons pas encore vu beaucoup de choses sur Renaud car il n’est apparu que dans deux épisodes. Il reste assez discret et semble déjà très attaché à Gwen. On a pu constaté qu’ils sont très proches et qu’existe une relation de tendresse entre les deux.

Il est aussi sensible et spontané.

2/ Pour le moment, la plupart de vos scènes laissent apparaitre majoritairement de jeune comédiens. Ressentez-vous cela lors du tournage ?

Il est vrai que l’équipe, dans sa majorité, se connait depuis plusieurs années. Lorsque je suis arrivé sur le plateau de tournage, j’ai essayé de m’intégrer au mieux dans ce groupe soudé, de faire connaissance et de discuter.

J’ai rapidement trouvé des points communs avec les autres jeunes comédiens. Il y avait une ambiance très agréable.

Au début de journée, c’est un peu la gêne, bien naturelle, de la rencontre. Mais au fur et à mesure du tournage, on se décomplexe et on se rapproche, d’autant plus qu’on doit jouer des scènes d’amour. La proximité des personnages aide à nous rapprocher nous, en tant qu’ acteurs. Ce qui se ressent, à la fois sur le tournage, mais aussi à l’écran.

3/ Comment aimeriez-vous voir évoluer votre personnage ? Quels axes souhaiteriez-vous mettre davantage en avant ?

J’aimerais bien que l’on sorte de l’intrigue amoureuse, pour développer davantage d’interactions avec les autres personnes. Par exemple les parents de Gwen.

Ca me plairait de savoir mon personnage pas complètement honnête, qu’il cache des choses. Je suis attiré par des rôles mystérieux, renfermés, torturés.

4/ Le rythme, sur le plateau, est très soutenu. Aussi, quelle est votre méthodologie de travail en amont pour ensuite être efficace face au réalisateur ?

Je commence par un gros travail d’analyse de texte. Je viens d’une école où l’on travaille énormément sur les intentions, sur ce que cachent les mots, ce qui est écrit entre les lignes. Je vais chercher à définir les actions et les émotions sous chacune des phrases du scénario.

Après tout, qu’est ce qu’un personnage ? C’est selon moi un être humain, ou du moins un être doté de raison, qui va agir ou réagir en fonction de sa personnalité, dans des situations données. Et sa personnalité se définit en fonction de son passé, de son éducation, de sa culture, etc. Il est primordial de comprendre et d’analyser le comportement humain pour pouvoir être au plus proche de la sincérité. Pour cela, je cherche en moi des situations que j’ai moi-même vécues, ou alors imaginées, pour être au plus proche de ce que peut ressentir le personnage à ce moment-là. Il faut aussi s’attacher à définir précisément le passé du personnage, ça peut être les événements principaux de sa vie, aussi bien que le passé immédiat, pour être le plus juste et le plus sincère possible.

Sur le tournage, il faut se concentrer, se remémorer le travail fait en amont, pour se laisser emporter par les émotions et les sensations. Je ne cherche pas à jouer, je ne cherche pas forcement à atteindre telle ou telle émotion, mais plutôt à être vivant, à me concentrer sur l’instant présent et réagir comme un être humain réagirait dans cette situation.

Je considère que l’émotion est comme une ampoule, ce n’est pas en la touchant directement qu’on va l’allumer mais en appuyant sur l’interrupteur. Mon travail vise à trouver cet interrupteur.

5/ De façon plus générale, quels sont vos projets et envies artistiques ?

J’adorerais travailler au cinéma. Récemment, j’ai tourné dans le film « Eternité » en tant que doublure. Ce qui m’a permis de découvrir l’univers du grand écran, notamment l’organisation et le rythme sur le plateau. Cela m’a conforté dans mon envie d’y vivre d’autres expériences.

Je suis particulièrement attiré par des films d’auteurs à grands budgets réalisés par des artistes. Pas forcément destinés au grand public, ils sont généralement plus riches en symbolique, en sens, en portée émotionnelle et en valeurs artistiques.

6/ Revenons quelques années en arrière. Comment avez-vous eu l’envie de devenir comédien ?

J’ai commencé le théâtre à l’âge de 10 ans, après avoir joué, en famille, une petite saynète, où je me suis senti libre et heureux. Le conservatoire m’a permis ensuite d’être sur scène et de développer ma passion.

Je suis actuellement dans une école d’acteurs à Paris pour enrichir ma formation.

Merci Quentin pour votre disponibilité !

Publié dans Télévision

Partager cet article
Repost0

Benoit Solès évoque pour nous son parcours et son actualité !

Publié le par Julian STOCKY

Benoit Solès évoque pour nous son parcours et son actualité !

Bonjour Benoit,

Merci de nous accorder un peu de votre temps !

1/ Vous êtes un artiste aux multiples casquettes, comme le témoigne votre parcours notamment en télévision et au théâtre. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué jusqu’à présent?

Clairement, le théâtre. Je viens des planches, j’ai pris des cours dès l’adolescence et j’ai très vite eu le souhait d’en faire mon métier. Le plaisir de jouer sur scène me plait beaucoup.

Je suis arrivé en télévision, au travers notamment des séries AB, presque par hasard. J’ai beaucoup aimé faire cela mais le théâtre reste ma passion première. Cela se voit encore aujourd’hui, j’en fais plus que de la télévision.

2/ Existe-t-il des complémentarités entre ces domaines artistiques ?

Il m’arrive de lier les deux, notamment dans la sitcom « L’école des passions » à laquelle j’ai participé il y a quelques années. Cette série parlait de jeunes comédiens dans un cours de théâtre.

Mais ce sont quand même deux métiers assez différents. Les histoires que l’on y joue ne sont pas toujours les mêmes et la technique que l’on emploie pour être un comédien de théâtre ou un acteur de télévision est bien différente.

Les sens et l’essentiel restent les mêmes, à savoir jouer, retrouver une forme de vérité et créer un personnage. Mais il y a quand même de vraies différences.

Il peut arriver, par exemple dans une pièce très contemporaine, que l’on veuille retrouver un style de jeu qui va se rapprocher de celui de la caméra, à savoir plus naturaliste. Ou, au contraire, parfois certains films d’époque permettent de percevoir un côté un peu plus théâtral dans le décor et le jeu.

3/ Face au rythme intense des tournages, quelles sont vos astuces de préparation pour ensuite être efficace ?

Sur le tournage, il arrive que l’on apprenne un peu l’organisation au fur et à mesure. Ou qu’il y ait des changements de dernière minute. Il est très important de bien savoir son texte pour avoir du temps de cerveau disponible. Afin de se mettre à sa place, de gérer la caméra et le partenaire.

Il faut être prêt à s’adapter à une demande du metteur en scène ou bien encore à la façon de découper la scène. Mais, là encore, au fond, chacun a ses méthodes. Il y a des acteurs qui apprennent par cœur et très très bien leur texte, d’autres au contraire préfèrent se mettre en danger en ne les sachant pas trop. A titre personnel, mieux je le sais, mieux je joue.

4/ Au théâtre, quelles sensations prédominent en vous juste avant de rentrer sur scène ?

Un mélange de stress et d’excitation. Ce moment où l’on écoute le bruit de la salle est très particulier et je l’aime beaucoup. Je me souviens, à mes débuts, avoir joué avec une très grande comédienne qui s’appelait Madeleine Robinson. Elle me disait toujours d’écouter le bruit du public, car c’est la plus belle musique du monde.

Je pense souvent à cette phrase lorsque je suis derrière le rideau. Cette situation signifie que l’on s’apprête à jouer et surtout qu’il y a du public dans la salle. De belles rumeurs, avec une belle salle bien pleine est quelque chose de très agréable.

On est dans un état d’excitation, on est heureux, on a envie de jouer. Mais, en même temps, on a peur. Le trac, c’est vraiment cela. Il m’est arrivé de trembler et d’avoir le cœur qui bat la chamade. Mais, en même temps, c’est dans ces moments-là que je me suis senti le plus heureux de faire ce métier. Même dans ces moments de grande peur, je n’aurais donné ma place à personne.

Donc cet instant-là, avant la représentation, est un instant que j’aime et que j’adore. Il est bien sûr différent selon que l’on soit à la première, à la seconde ou la deux-centième. Le passage de la coulisse à la scène est toujours un moment particulier.

Selon la personnalité, selon le métier, selon la pièce, il y a des acteurs qui peuvent être capables de discuter le bout de gras et d’entrer spontanément en scène. D’autres vont avoir besoin de se concentrer, d’allumer des bougies et d’écouter de la musique.

Chacun vit l’instant à sa façon. Je dirais que, au fond, il y a une sorte de concentration mais qui peut se faire en une seconde. On peut passer une heure à se préparer mais arriver sur scène dans le mauvais état, trop fermé, trop concentré.

A titre personnel, j’essaie d’être disponible et ouvert à l’autre. De replonger, alors que je sais très bien ce que je vais jouer, dans un état presque d’inconnu, de surprise et d’écoute.

5/ D’un point de vue artistique, quels sont vos projets et envies actuels ?

La prochaine pièce devrait être un Goldoni, au théâtre Déjazet, à Paris en janvier prochain. Suivie, à l’automne 2017, par la tournée de « Cyrano de Bergerac » que j’avais jouée l’année dernière dans la capitale. Puis, en janvier 2018, je repars, pour la seconde fois, en tournée avec « Rupture à domicile ». Nous en serons alors à plus de 200 représentations. C’est une pièce qui fonctionne très bien.

En parallèle, j’espère retrouver, d’ici à la fin de l’année, les plateaux de tournage.

6/ Comment parvenez-vous à gérer aussi votre rôle d’élu politique, en parallèle de votre parcours artistique ?

Il faut se dégager du temps. Etre un élu comme je le suis, conseiller municipal dans le troisième arrondissement parisien, prend beaucoup de temps. Beaucoup de réunions ont lieu, beaucoup de présence sur le terrain est aussi attendue. C’est passionnant ! Je m’occupe également de la culture aux Républicains, ce qui est encore un autre travail, tout aussi plaisant.

J’avais le besoin, depuis plusieurs années, tout en continuant à faire mon métier, de faire autre chose. Cela aurait pu être un engagement associatif ou humanitaire, mais mon choix s’est porté sur la politique. Parce que je crois que, lorsque l’on fait cela au niveau local, on est dans quelque chose de non rémunéré, de l’ordre du service aux autres en essayant d’améliorer le fonctionnement au sein de l’arrondissement.

Cette activité me prend du temps, c’est un engagement très fort qui n’est pas toujours facile mais que je suis content de faire.

7/ Pour finir, que dire aux lecteurs pour les encourager à continuer de s’intéresser à l’art ?

C’est une très belle et difficile question. Je dirais qu’il est très important d’être curieux des autres, d’aller vers des expressions artistiques que l’on ne connait pas forcément. Pourquoi pas, c’est le conseil que je donnerais, se donner une sorte de défi. Par exemple d’aller voir de la danse si l’on n’aime pas cet art. Soit pour se conforter dans l’absence d’adhésion ou, au contraire, pour provoquer une surprise.

Dans ma carrière, mais aussi en tant que spectateur, j’ai souvent essayé de provoquer l’inconnu. Je me suis attaché à jouer des styles théâtraux les plus différents possibles les uns des autres, à aller dans des théâtres subventionnés et des théâtres privés, à jouer des rôles dramatiques mais aussi des rôles comiques.

Je pense que le spectateur, s’il le souhaite, devrait se pousser pour aller vers l’inconnu, l’étrange. Et puis après, peut-être devrait-il essayer d’avoir de l’exigence dans ses choix. C’est agréable de se détendre parfois avec quelque chose de simple, de facile, et puis parfois il peut être intéressant de faire un effort, d’aller vers quelque chose de plus exigeant, un livre un peu difficile, ou un film qui a un peu ennuyé mais dans lequel on va essayer de se remettre.

Au-delà de tout ça, je pense qu’il faut être libre dans le désir et la joie. Nous avons la chance d’être dans un pays où il y a beaucoup de culture disponible, où l’on peut tout voir et tout dire, du moins je l’espère, ce qui n’est pas le cas partout. Nous sommes en France, où l’on peut assister à n’importe quel style d’art, il faut donc en profiter, il faut aller au musée, au théâtre, au cinéma. Parce que c’est une chance que tout le monde n’a pas.

Ce fut un plaisir, Benoit, d’effectuer cet entretien avec vous !

Publié dans Théâtre, Télévision

Partager cet article
Repost0

Jessica Mompiou : parcours, actualité, projets - elle nous dit tout !

Publié le par Julian STOCKY

Jessica Mompiou : parcours, actualité, projets - elle nous dit tout !

Bonjour Jessica,

Quel plaisir de nous entretenir avec vous !

1/ Vos nombreuses expériences théâtrales mettent en avant votre passion pour cet art. Qu’est-ce qui vous y plait tant ?

Quand je suis sur scène, je me sens vraiment vivante. J’ai l’impression que rien ne peut m’y arriver et j’ai vraiment besoin de cela. Le rapport avec le public est aussi très enrichissant, car les acteurs sont en contact direct avec les spectateurs : nous ressentons vraiment ce qu’ils ressentent, au travers des bonnes ondes qu’ils peuvent nous envoyer.

Ces sensations sont vraiment uniques !

2/ Que retenez-vous des différents spectacles déjà joués ? Qu’est-ce qui vous a le plus marqué jusqu’à présent ?

Spontanément, je pense à la première fois où je suis montée sur scène. C’était vraiment mon tout premier spectacle, je venais d’arriver sur Nantes et je ne connaissais pas encore vraiment le théâtre. J’y avais pour autant le rôle principal.

Je me rappellerai toujours du moment où j’ai ouvert la porte pour rentrer sur scène. Devant une salle toute noire, les lumières m’ont ébloui et j’ai ressenti quelque chose d’unique et d’alors inconnu pour moi. Malgré le stress, j’avais une grande adrénaline, j’y suis allée avec joie.

3/ Quelles sensations prédominent en vous juste avant de monter sur scène ? Comment vous sentez-vous alors ?

J’ai toujours la boule au ventre, mais c’est un sentiment plutôt positif. Je suis stressée car le théâtre est sans filet, il n’est pas possible de recommencer.

Je ne suis pas angoissée, juste super excitée de commencer. Systématiquement, quelques minutes avant le début, j’aime être toute seule sur le plateau, pendant que mes acolytes sont dans les loges, pour faire des exercices de diction en marchant. Je m’échauffe un peu, au travers de petits exercices. Avant de retrouver la troupe pour le cri de guerre indispensable.

Au théâtre, il n’y a pas, selon moi, de petits rôles. Nous avons tous besoin les uns des autres pour pouvoir, à la fin, faire quelque chose de bien. Ainsi, ce fameux cri de guerre permet de rassembler toutes les bonnes énergies avant de commencer, pour aller ensuite chercher les gens.

4/ Quelles complémentarités retrouvez-vous d’un art à l’autre ? Des passerelles existent-elles ?

Je trouve que le théâtre aide beaucoup pour le cinéma. Pour moi, c’est comme si c’était la base. A l’image de la danse classique, qui permet ensuite la pratique de n'importe quelle autre danse.

Lors de mon dernier tournage, je me suis sentie plus à l’aise, grâce à mes expériences précédentes sur scène. Même si ce sont deux exercices bien différents. Il n’est jamais évident de refaire plusieurs fois consécutives la même scène jusqu’à ce que le réalisateur soit satisfait. Il faut aussi faire abstraction de toute l’équipe technique qui nous entoure. Je pense apprécier de plus en plus cet art.

Mais le théâtre reste ma passion première, avec une atmosphère unique.

5/ Plus globalement, quels sont vos envies et projets actuels ?

Des projets de théâtre et de cinéma sont en cours de discussion. J’ai également tourné en février dernier dans le long-métrage « Burn out », le nouveau film du réalisateur marocain Noureddine Lakhmari. Pour une sortie en 2017, complétée d’une projection au Festival du film de Marrakech en décembre de cette année.

C’est l’histoire assez inattendue de personnes issues de milieux sociaux assez différents. Ces gens-là vont être mis face à face, pour justement montrer la différence de classes qui peut exister dans la population. Le film est axé sur trois personnages principalement : un jeune cireur de chaussures de 13 ans qui doit gagner sa vie pour acheter une prothèse à sa mère, un homme très riche qui circule en Maserati dans les rues de Casablanca, et une jeune étudiante qui se prostitue la nuit.

Le réalisateur aime montrer du doigt ce que nous n’avons pas envie de voir, il met vraiment en avant ces différences fortes qui existent au Maroc. Où l’on retrouve côte à côte, au feu rouge, une charrette tractée par un âne et une voiture de collection.

J’y interprète le rôle de Sophia, gérante d’une galerie d’art, à qui il manque un tableau d’un grand peintre marocain pour finaliser son exposition. Mon personnage va faire tout ce qui est en son pouvoir pour trouver cette toile.

6/ En conclusion, comment inciter nos lecteurs à continuer de s’intéresser à l’art ?

Il est important de s’intéresser à l’art pour l’ouverture d’esprit. Surtout en ce moment, où l’ambiance de la société est un peu noire. C’est une échappatoire à cette actualité peu joyeuse. Avec aussi un enrichissement personnel.

Continuez donc à aller au théâtre, à voir des films mais aussi à assister à des expositions.

Merci Jessica d’avoir répondu à nos questions !

Publié dans Théâtre, Télévision

Partager cet article
Repost0

Pierre Deny : parcours, coulisses, actualités, projets - il nous raconte tout !

Publié le par Julian STOCKY

Pierre Deny : parcours, coulisses, actualités, projets - il nous raconte tout !

Bonjour Pierre,

Quel plaisir d’effectuer cet entretien en votre compagnie !

1/ Vous êtes un artiste aux multiples casquettes et multiples talents. Votre longue et belle carrière vous a mené en télévision, au cinéma mais aussi sur les planches. Que retenez-vous principalement de votre parcours jusqu’à présent ?

Vaste question ! Je retiens d’abord que j’arrive à travailler et à vivre de mon métier depuis 1978. C’est ma plus grande fierté. Pendant ces presque 40 ans, en effet, il y a eu un peu de tout : de l’image, du théâtre, mais aussi de la radio, de la synchro, de la publicité. Puisque notre métier est fait de plein de petits métiers.

Mais ce que je retiendrais surtout, ce sont les pièces de théâtre que j’ai jouées. J’ai dû participer à 33 ou 34 œuvres et chacune d’entre elles m’a pris plusieurs mois. Beaucoup de mon temps, de mon implication et de mon investissement y ont été consacrés. Je m’en souviens et cela me laisse des traces plus profondes que des tournages. Même si j’ai eu des rôles principaux pendant plusieurs semaines sur les plateaux, l’investissement d’un acteur au théâtre est, la plupart du temps, supérieur.

Pour autant, malgré cette expérience, l’inquiétude et le stress subsistent au moment de démarrer une nouvelle aventure. C’est un peu normal et en même temps salutaire. Je serais inquiet si je ne ressentais aucun stress. En fait, c’est aussi ce qui nous fait avancer, à condition que ce stress nous porte plutôt que nous détruise. Je suis à chaque fois raisonnablement inquiet, préoccupé, confiant puis de plus en plus confiant, optimiste puis de plus en plus optimiste, positif puis de plus en plus positif. Et, finalement, cela se passe toujours très bien.

Mais parfois, en répétition, on traverse des périodes de doute, de déprime, de stress, d’inquiétude sur comment le public va recevoir la pièce, sur comment on va s’en sortir, sur comment on va trouver sa place et sur son parcours dans tel ou tel personnage. Parfois, comme il s’agit d’humains, il y a des problèmes d’entente et de camaraderie. Dès fois, on est très bien avec un comédien sur scène, mais il ne pourrait par exemple jamais devenir un ami dans la vie. Il faut faire avec pour essayer de monter ce petit puzzle, de manière à ce que la pièce prenne vie et qu’elle rende les spectateurs heureux.

2/ Retrouvez-vous des complémentarités entre les différents exercices artistiques précédemment évoqués ?

Oui et non. On m’a proposé une variété de rôles beaucoup plus étendue au théâtre qu’à la télévision. Parce que sans doute qu’au théâtre, on a le temps de modeler un personnage un peu plus loin de ce que l’on représente au départ. Et de travailler des rôles peut-être plus en profondeur.

A la télévision et au cinéma, on est un peu dans le royaume de l’instantané. Par manque de temps, d’argent ou parfois d’imagination, les réalisateurs et les producteurs vous attribuent des rôles qui correspondent d’une manière immédiate à ce que vous dégagez dans la vie.

Donc, comme je peux supposer que je dégage une image relativement saine et positive, d’un quinquagénaire en bonne santé, on m’a fait jouer, au cinéma et à la télévision, une foule de médecins, d’avocats, de notaires, de professeurs, de juges d’instruction, de gendarmes, de policiers, de préfets de police, … Tous ces gens représentant une certaine autorité, avec quand même un côté sympathique et jovial. Que je dois sans doute représenter au départ.

Je ne m’insurge pas contre cela, c’est très bien mais, au théâtre, on peut demander aux acteurs de jouer des choses plus loin d’eux, d’aller chercher des émotions et des sensations qui leur sont plus étrangères, d’aller trifouiller dans des parties plus intimes. Les cinq à huit semaines de répétition permettent tout cela.

A la télévision, quand on est un acteur de ma catégorie, qui doit encore faire des castings, des essais, rencontrer des metteurs en scène, on va souvent au plus rapide.

3/ Les rythmes sur les plateaux de tournage sont généralement très soutenus. Aussi, quelle est votre méthodologie de travail en amont, pour ensuite être efficace face au réalisateur ?

J’ai une petite qualité, si j’ose dire, à savoir que j’ai une excellente mémoire depuis toujours. Donc l’apprentissage des textes, de théâtre ou de tournage, ne m’a jamais posé problème. J’ai une mémoire assez rapide et assez immédiate.

Après, en ce qui concerne la densité du rôle et la manière de l’aborder, je m’y prépare en observant les gens, je m’y prépare dans le métro, je m’y prépare en regardant mes semblables à une terrasse de café, je m’y prépare en piquant une petite manie, un tic à quelqu’un, une démarche à quelqu’un d’autre. Et en me nourrissant tous les jours du scénario et du rôle.

Evidemment que ce travail est passionnant, mais il l’est d’autant plus que le rôle demande un investissement et requiert d’aller chercher des choses assez lointaines.

4/ Au théâtre, comment vous sentez-vous juste avant de rentrer sur scène ? Quels sentiments prédominent en vous à ce moment-là ?

Pour le coup, avec un peu d’expérience grâce à mes quarante années de pratique, une excitation et un stress mais très très maitrisés bien sûr. Mais surtout un bonheur absolu. Etre derrière un rideau quand un théâtre est plein - même s’il ne l’est pas d’ailleurs, entendre l’annonce de bienvenu au public, sentir que trois minutes après tout commence, c’est une sensation inégalable et formidable.

Une espèce d’engloutissement intérieur, une énergie qui va et qui vient, de l’inquiétude, du stress mais en même temps du bonheur absolu, de l’exaltation. Mais, quoi qu’il arrive, se dire que, dans quelques secondes, le rideau va s’ouvrir et que le public est à moi.

5/ De façon plus générale, quels sont vos projets et envies artistiques du moment ?

Je vais commencer une tournée fin septembre, jusqu’à mi-février, avec Sylvie Vartan et Isabelle Mergault. Pour la pièce « Ne me regardez pas comme ça », que nous avons jouée au théâtre des Variétés la saison écoulée.

Dans l’immédiat, je vais tourner quelques jours dans une minisérie pour TF1 qui s’appelle « La mante ». Avec Carole Bouquet et Fred Testot. Pour l’année prochaine, même si cela est encore un peu en suspens pour le moment, nous avons une pièce sous le coude, avec son auteur, Marc Quentin, « Présence d’esprit ». Une œuvre à trois personnages, avec Catherine Marchal, Elizabeth Bourgine et moi-même, que nous avons toutes les chances de monter sur Paris.

En ce qui concerne mes rêves d'acteur, comme beaucoup de mes camarades, je pense, l'âge aidant, aux beaux rôles du répertoire, de Molière, Shakespeare ou Edmond Rostand..!

Il me plairait également d’interpréter, en télévision, des personnages un peu plus compliqués. Sur la centaine de tournages faite depuis 40 ans, j’ai dû jouer seulement 2 à 3 contre-emplois. Je rêverais d’en faire plus, de représenter des gens plus troubles.

Merci Pierre pour votre gentillesse et votre disponibilité !

Publié dans Télévision, Théâtre

Partager cet article
Repost0

Laetitia Fourcade nous dévoile son actualité et ses projets !

Publié le par Julian STOCKY

Laetitia Fourcade nous dévoile son actualité et ses projets !

Bonjour Laetitia,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre blog.

1/ Vous avez achevé, il y a quelques mois, le tournage, pour France 3, d'un nouvel épisode de la série à succès "Magellan". Aux côtés notamment de Line Renaud. Sans tout dévoiler de l'intrigue, quelle en sera la thématique ?

L’intrigue tourne autours du meurtre d’un prêtre. Ce dernier étant lié à une famille très bourgeoise, à la tête de laquelle l’on retrouve le personnage de la mère interprétée par Line Renaud et dont je joue la fille.

De nombreux rebondissements sont au programme, dans la recherche du criminel. L’épisode devrait être diffusé à la rentrée.

2/ Comment décririez-vous votre personnage ? Quelles en sont ses principales caractéristiques ?

C’est un personnage que j’ai travaillé en fonction de l’écriture. J’ai en fait l’habitude de travailler mes rôles en amont avec une coach, Anastasia Zagorskaya. Que j’adore et qui est à mes côtés depuis plus de deux ans.

Ce qui m’a aidé, je crois, à rendre mon personnage intéressant, crédible, empathique et avec une sensibilité. Je voulais lui amener une légitimité, une sensibilité et une sincérité. J’ai développé son côté bipolaire, avec une grande fragilité qui l’amène à se conduire de la sorte.

C’est, pour moi, un personnage très riche qui m’a demandé pas mal de travail et que j’ai adoré développer et interpréter. Il est important d’aimer son personnage. Qu’il soit gentil, du bon coté ou pas. Il faut lui donner un univers qui touchera ou interpellera le spectateur.

3/ Intégrer, en tant que guest, une série où l’organisation est rodée n’est sans doute pas un exercice facile. Quelles sont, selon vous, les principales clés pour y parvenir ?

Tout se joue au casting. Il est alors important d’arriver avec une vraie proposition. Même si, pour un directeur de casting, existe une évidence de rôle et de personnalité, quand il voit le comédien.

Typiquement, pour un casting d’une historienne, je me suis suffisamment documentée sur ce que peuvent être ses principales caractéristiques et compétences, ce qui m’a permis d’arriver chargée.

Une fois sur le plateau, il faut rester suffisamment concentrée et à l’écoute du réalisateur, des techniciens et des partenaires de jeu. Pour un acteur, il ne faut jamais oublier que la cible, c’est l’autre. C’est ce qu‘il dira qui me fera réagir.

4/ Nous en avons déjà un peu parlé, quelle est votre méthodologie de travail en amont des plateaux, pour ensuite être efficace face au réalisateur ?

J’ai vraiment besoin d’être reposée et en forme physiquement. Il me faut aussi avoir préparé mon personnage pour savoir qui je suis. Mon instinct ne me suffit pas, comme certains acteurs, j‘ai vraiment besoin de l’avoir préparé.

5/ En parallèle, vous serez prochainement à l’affiche, au cinéma, du long-métrage « En ground and pound ». En lien avec le monde de boxe, ce film indépendant a été possible grâce notamment à la participation contributive des internautes. Racontez-nous cette belle aventure humaine.

Ce film indépendant n’a pas de distributeur, il a été tourné avec les moyens des réalisateurs Sabrina Nouchi et Milo Chiarini. Grâce également aux crowdfunding, certains internautes ont participé au financement, ce qui nous a beaucoup aidé pour la réalisation de ce projet.

C’est l’histoire d’un combattant de MMA qui a un peu laissé sa passion et sa vie entre parenthèses. Quitté par sa femme dix ans auparavant, il a élevé seul sa fille et habite avec son père. Il travaille la nuit, s’entraine le jour .

Son ex-femme, que j’interprète, une ancienne danseuse partie pour un grand chorégraphe, revient dans sa vie et ce retour va le faire réagir.

J’aime ce film sans aucun jugement. Aucun des personnages n’y est jugé et chacun, petit à petit, retrouve sa place.

6/ Quels sont les principaux axes artistiques qui vont plaire aux spectateurs ? Qu’est-ce qui fera le succès de ce film ?

Le destin un peu tragique et philosophique de chacun va sans doute toucher les spectateurs. L’univers de chaque personnage amène quelque chose au film, ce qui les rend attachants et incite à les suivre pour savoir jusqu’où ils vont.

Une projection privée aura lieu sans doute en fin d’année. A laquelle seront conviés des distributeurs et des producteurs.

7/ Pour conclure, que dire aux lecteurs du blog pour les inciter à continuer de s’intéresser à l’art ?

Nous sommes dans un monde où plein de choses sont à découvrir. L’art est un accès à la liberté, à l’imagination et à la créativité.

Malgré tous ces événements tragiques qui nous entourent, il faut continuer à s’ouvrir sur ce monde et ne pas avoir peur de le découvrir, en voyageant, en sortant.

L’art est pour moi, une possibilité de s’évader et de rêver à nouveau.

Ce fut un plaisir, Laetitia, d’effectuer cette interview en votre compagnie !

Publié dans Télévision

Partager cet article
Repost0

Lucile Marquis : actualités, projets, envies artistiques - elle nous dit tout !

Publié le par Julian STOCKY

Lucile Marquis : actualités, projets, envies artistiques - elle nous dit tout !

Bonjour Lucile,

Merci de nous accorder un peu de votre temps pour répondre à quelques questions pour le blog.

1/ Vous serez de retour, à la rentrée, sur les planches avec la pièce « Le portrait de Dorian Gray ». Quel en est le contenu ? Quelle histoire y est racontée ?

La douloureuse thématique du temps qui passe y est traitée, et cela fait mal ! C’est une adaptation très réussie de l’œuvre d’Oscar Wild. Fidèle au roman, avec quelques modifications apportées par le metteur en scène.

C’est une pièce douloureuse, mais chouette justement parce qu’elle fait réfléchir. Parce que chacun veut courir, de toute façon, après le temps et conserver sa jeunesse.

2/ Comment décririez-vous vos personnages ? Quelles en sont leurs principales caractéristiques ?

Dans le roman de Wilde ne figurent pas tous les personnages que j’interprète. Certains ont été créés par le metteur en scène.

On le sait, Wilde n’aimait pas beaucoup les femmes, elles ne sont pas forcément mises en valeur dans le roman, elles ne le sont pas non plus sur scène car la pièce est hautement misogyne. Cependant, j’en interprète finalement trois, on peut même dire quatre, dont deux inventées.

Dans le prologue jensuis une meneuse de revue qui introduit la pièce. Ensuite, je joue le personnage de Sybil Wane, la seule amoureuse de Dorian. Qui existe vraiment dans le roman et qui se suicidera d’avoir été délaissée par son amour.

Puis une prostituée, qui me donne l’occasion de chanter. Elle aussi est inventée par le metteur en scène pour faire un lien et apporter ce qu’il faut de sexy et de luxure, et enfin, le personnage de la duchesse . Toutes ces femmes, de tous rangs et dans tous les domaines, sont bafouées.

Tous ces personnages servent le héros et connaissent une fin plutôt identique. Soit ils meurent, soit ils souffrent terriblement. Ils sont très sensibles. J’essaie ainsi de représenter toutes les amoureuses de Dorian.

3/ Selon vous, qu’est-ce qui plait tant aux spectateurs ? Qu’est-ce qui les incitent à venir voir la pièce ?

Je pense que les gens viennent parce que c’est un classique et parce que Wild plait. La mise en scène sobre laisse entendre le texte de Wilde. Les tableaux défilent, on se laisse prendre, je crois, par la simplicité des décors, de la scénographie et de ce qui est raconté. Le thème est intemporel et universel Mes partenaires sont géniaux et j’ai eu le plaisir de jouer avec les deux distributions.

4/ Revenons sur les derniers instants avant de rentrer sur scène. Quels sentiments prédominent alors en vous ?

Ce moment est le pire pour moi. Je le redoute à chaque fois. Je suis sur un piédestal, de l’autre côté du rideau et j’entends la salle se remplir. Les petits rituels se mettent en place, le régisseur plateau communique avec la régie pour envoyer de la fumée pour le début du specacle, je demande tous les soirs qu’il y en ait un maximum pour être cachée ! Je me laisse ensuite une minute pour faire tous mes tocs ! Puis le piano se lance, la lumière s’éteint, le rideau s’ouvre, je sais alors que je vais passer de l’invisible à la vue de toute la salle. Ce qui augmente fortement les battements de mon cœur.

Quand je lève la tête et que je vois les gens, il y a toujours une latence d’une seconde où je peux mourir ! Mais, dès que je suis lancée, je suis très heureuse, le sourire revient naturellement et ce n’est alors que de la joie, du challenge et du plaisir.

5/ De façon plus générale, quels sont vos projets et envies artistiques du moment ?

Je travaille avec la compagnie « Les Nomadesques », à l’Alhambra, depuis l’année dernière, dans des spectacles pour enfants. Ils nous prennent beaucoup d’énergie mais sont géniaux.

J’accompagne Pierre-Etienne Royer sur une pièce que l’on a testée à Avignon l’année dernière, « Une très belle histoire (en presque une heure douze !) ». Nous allons la reprendre à partir de novembre à Asnières. J’y travaille sur l’écriture, la mise en scène et le jeu.

J’ai appris récemment que je suis choisie pour le premier rôle féminin d’un long métrage indépendant. C’est super, je suis très heureux de participer à cette aventure .C’est un film d’anticipation, domaine que je ne connais pas. Le challenge me fait peur mais m’attire.

Sans oublier deux pilotes de séries qui sont en bonne voie de développement et qui devraient être tournés dans l’année.

6/ Vous êtes une artiste aux multiples casquettes. Notamment au théâtre, en télévision, au cinéma mais aussi les publicités. Quelles complémentarités retrouvez-vous entre ces différents exercices ?

Je n’ai jamais refusé un travail ! Chaque expérience est intéressante et enrichissante. J’apprends à chaque fois, même dans les pires galères. Tout est génial dans ce que l’on fait, même quand le contexte est moins bien.

La différence entre la scène et l’image est énorme. Je m’en suis d’ailleurs aperçu récemment. Je faisais beaucoup d’images, j’avais donc l’habitude de jouer uniquement avec ma tête, mon visage et mes émotions. Lorsque j’ai démarré « Le portrait de Dorian Gray » au Lucernaire, dans une salle assez petite, on me demandait de chanter mais en murmurant cela passait, on me demandait de jouer mais ma voix passait aussi.

Quand je suis arrivée à la Comédie des Champs-Elysées, cette salle immense, je me suis rendu compte que cela ne passait pas ! Donc, techniquement, il a fallu que j’apprenne à avoir un corps, pour que ma voix ne s’arrête pas au troisième rang lorsque je chante et que je joue.

Donc, au niveau artistique pur, ces deux domaines sont bien différents. Certes, on y raconte à chaque fois des histoires, mais les façons, les techniques, le parcours, la préparation, l’enjeu, la pression ne sont pas les mêmes. Ces domaines sont donc complémentaires mais distincts. Les techniques théâtrales s’apprennent et j’estime être encore en rodage.

Avez-vous une préférence pour un domaine en particulier ?

J’aurais tendance à dire que la diversité m’intéresse, mais si j’avais un choix à faire, je retiendrais les planches. Parce que les ressentis sont tellement plus forts, plus intenses et meilleurs. Le rapport avec le public est juste génial.

7/ Pour conclure, que dire aux lecteurs pour les inciter à continuer de s’intéresser à l’art, quelle qu’en soit la forme retenue ?

Que l’art est indispensable, qu’il est enrichissant, qu’il permet l’évasion, qu’il fait vivre, qu’il est beau, qu’il est source d’apprentissage, qu’il est contre l’ignorance. Vive l’art !

Ce fut un plaisir, Lucile, d’effectuer cet entretien en votre compagnie !

Publié dans Théâtre, Télévision

Partager cet article
Repost0

Franck Breuil, décorateur sur les plateaux de tournage, nous raconte sa passion pour son beau métier !

Publié le par Julian STOCKY

Franck Breuil, décorateur sur les plateaux de tournage, nous raconte sa passion pour son beau métier !

Bonjour Franck,

Merci de nous accorder un peu de votre temps !

1/ Vous êtes actuellement chef décorateur sur la série à succès de TMC « Les Mystères de l’Amour ». Pour commencer, de façon simple, comment décririez-vous votre travail ? En quoi consiste-t-il ?

J’accompagne en fait les personnages dans leur vie quotidienne, c’est-à-dire que je les connais personnellement et individuellement jusqu’au fond de chez eux. Même au fond de leurs secrets. Mon travail consiste alors à mettre en avant chaque personnage en fonction de ce qu’il est.

Jean-Luc Azoulay, la direction artistique, parfois la chaîne, me donnent le descriptif du rôle. A moi ensuite de lui apporter des éléments, des couleurs, des matières qui vont pouvoir confirmer ce qu’est le personnage. Voire donner des indications. Parfois il peut être subtil de voir un cadre qui représente telle ou telle chose, que l’on ne voit pas spontanément mais qui fait partie d’un ensemble.

Je cherche à faire une boite au comédien pour qu’il soit beau dedans. Je travaille donc pour les artistes et pour l’image.

2/ Comment se passe l’élaboration d’un nouveau décor en intérieur ? Quelles en sont les principales étapes ?

Je commence par lire le texte, j’en parle ensuite en réunion, notamment avec Jean-Luc Azoulay. Puis vient la réflexion qui se fait plutôt avec la direction artistique, voire avec le diffuseur TMC directement. Je sollicite donc toutes les personnes qui sont censées donner leur avis sur l’image finale.

Je propose, les gens disposent, nous modifions tant que nous voulons car la décoration est quelque chose d’infini.

Une équipe de professionnels procède ensuite à la fabrication, en travaillant le bois et en assemblant pour constituer les volumes. Suivie par des peintres. Il peut aussi y avoir notamment des sculpteurs, et même tous les métiers du bâtiment.

Les objets y sont faits, toutefois, différemment de la vraie vie. Je n’ai pas besoin qu’un tuyau fonctionne, mais simplement qu’il ressemble à un tuyau. Un interrupteur et les traces de doigts sur le mur m’intéressent, les fils derrière ne me concernent plus. Je travaille uniquement sur ce qui se voit. Avant le tournage, les ensembliers viennent mettre les rideaux et les accessoiristes les biblos.

La durée totale de réalisation est très variable. Typiquement, trois mois se sont écoulés entre l’idée du producteur et la première apparition à l’écran du garage, qui a été recomposé par rapport à celui d’origine. A l’inverse, nous avons tourné ce matin une scène dans le bureau de Roger Girard, le papa d’Hélène. La demande a été formulée il y a une semaine seulement. Ce décor était pourtant dans le texte, mais des modifications ont eu lieu dans le plan de tournage.

Quelles en sont vos principales sources d’inspiration ?

Moi, qui je suis, ce que je pense. Je fais ce que j’ai à faire en fonction de ma façon d’imaginer les choses, évidemment contrôlé et recadré par tout un tas de personnes. Pour éviter d’être certainement hors contexte. C’est donc vraiment le travail de toute l’équipe d’images qui permet d’aboutir au résultat final.

Même l’équipe de tournage intervient dans le décor final, en allumant ou non les lumières, ou en mettant des filtres plus ou moins chauds ou froids. Sans oublier l’étalonnage, qui intervient également dans les couleurs.

Je ne suis donc qu’un élément qui, pour simplifier, met les murs et le papier peint. Pour laisser ensuite la place aux autres qui vont y faire plein de choses.

3/ Une fois un décor en place, quel est votre rôle lors d’un tournage ? Quelles améliorations peuvent ensuite être proposées au fur et à mesure des tournages ?

Sauf en cas d’insatisfaction de la part de l’équipe de production, je n’interviens généralement plus sur un décor. Une fois ce dernier livré la veille du tournage, il ne m’appartient plus et je ne reviens donc pas dessus.

Je passe déjà à un autre décor à venir. Je vis dans « Les Mystères de l’Amour ». Je me lève le matin, je me couche le soir avec la série. Il m’arrive même d’en rêver la nuit. Ce programme m’accompagne au quotidien, avec trois unités de temps : la lecture du texte, la date de diffusion et la date de tournage.

4/ Les décors de la série ne sont pas utilisés au quotidien. Ainsi, comment parvenez-vous à les bichonner ?

Je n’ai pas de méthode particulière. A Bezons, de nombreux décors existent encore, sans pour autant être utilisés. Une chambre d’hôpital, les bureaux de la Tchu Corporation notamment. Nous avons même commencé à en démonter des petits bouts pour faire le garage.

Si je dois, à un moment, remonter un décor ayant déjà existé, j’utilise ma bible de plus de 100 décors dans laquelle j’ai tout noté.

Les décors existent donc le temps du tournage puis soit ils disparaissent, soit ils rejouent. Il arrive même que certains disparaissent avant, ensuite, d’être remontés ailleurs.

5/ Une fois qu’un décor n’est plus utilisé, que devient-il ? Conservez-vous tout ou partie des éléments ?

Tous les éléments d’un décor susceptible de rejouer sont précieusement conservés. Ceux d’un décor qui ne fera plus office rejoignent un grand stock. Mais je sais où les retrouver.

Si l’on veut recréer par exemple la chambre de Chloé d’il y a deux ans, je dispose de tous les documents et nous avons conservé l’ensemble des éléments.

6/ Quant aux décors en extérieur, quelles principales différences, notamment en termes d’organisation, y voyez-vous ?

Je situerais au moins deux décors intérieurs différents : celui qui est naturel et celui qui ne l’est pas. A Bezons, nous n’avons que des décors intérieurs non naturels. Le commissariat peut encore ressembler à un commissariat de quartier parisien, mais tout ce qui est présent dans le hangar est au format studio, c’est du décor façon sitcom.

Autrement dit, c’est une scène, faite pour tourner, contrairement au commissariat. A l’extérieur, c’est comme dans un décor intérieur naturel, à part que les volumes ne sont pas les mêmes et qu’il n’y a pas de cadre. Mais, pour moi, cela ne doit rien changer.

Le rapport aux échelles n’est simplement pas le même en extérieur, il est donc nécessaire, en arrivant, d’appréhender la situation. Le moment des repérages est très important, avec le réalisateur, la régie et, si besoin, l’équipe de production. Pour aborder sur le site ce que l’on voit et ce que l’on veut en faire.

Ce fut un plaisir, Franck, d'échanger avec vous !

Publié dans Télévision

Partager cet article
Repost0