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television

Koh Lanta : Candice se remémore son aventure en Polynésie !

Publié le par Julian STOCKY

A.ISSOCK/ALP/TF1

 

 

Bonjour Candice,

Quel plaisir de vous retrouver pour ce nouvel entretien !

Vous participez à la saison anniversaire « Koh Lanta, la légende », actuellement diffusée sur TF1. La diffusion des différents épisodes a-t-elle ravivé en vous certains souvenirs et certaines émotions en lien avec ce que vous avez vécu en Polynésie ?

Oui ! Ce qui me vient à l’idée suite à votre question, c’est que j’avais digéré mon élimination, ça allait de nouveau très bien, j’avais été éliminée par mon équipe à l’épisode 5 mais dès la fin de l’épisode 4, quand j’avais vu le teaser, j’ai commencé à avoir une boule au ventre. Pendant une semaine, je n’étais vraiment pas bien, jusqu’à ce que cet épisode passe et, après, de nouveau, ça allait mieux. C’est vrai que de revivre mon élimination n’a pas été un moment de joie.

Pour en revenir à la genèse de votre aventure, quelles principales raisons vous avaient incité à repartir à l’abordage ?

De base, déjà, je suis une grande sportive, j’en ai fait toute ma vie, j’ai été sportive de haut niveau dans deux sports différents et j’ai toujours été fan de l’émission. Parce que c’était du sport mais il y avait aussi ce côté voyage, avec des paysages de dingue, ainsi que le côté survie que, pour le coup, je ne connaissais pas du tout. Ca a toujours été une émission qui m’a passionnée et je ne rêvais que d’une chose, c’était de la faire. Je me suis inscrite dès mes 18 ans, j’ai été prise dès ma première tentative, j’ai eu une grande chance par rapport à cela. Sur place, je m’étais éclatée. C’est sûr que l’on souffre, c’est compliqué. Dès que l’on retrouve tout notre confort, que la vie reprend son cours, on se rend compte vraiment que, là-bas, tout est décuplé. Je n’ai jamais eu d’enfant mais j’aime bien comparer cela à un accouchement. Pour le coup, c’est très difficile mais dès que c’est fini, on ne retient que le positif et bizarrement, on a tous envie d’y retourner alors que, quand même, on y va pour souffrir.

On imagine sans doute la fierté que cela a dû être de faire partie des 20 aventuriers emblématiques de ce jeu ?

Ah oui ! Pour le coup, comme je le disais, je suis une fan de l’émission et, la plupart des aventuriers, je les regardais avec mes yeux d’enfant en rêvant d’y être un jour. Donc partager une émission avec ces personnes était complètement dingue.

Forte de vos deux premières expériences, comment vous êtes-vous préparée pour ce nouveau challenge ?

Je suis toujours venue hyper préparée mais là encore plus. Physiquement, vraiment, mon papa m’a fait un entrainement très très fort, il y a même eu des moments où je vomissais après les entrainements. J’ai vraiment été bien préparée, dans tous les aspects des jeux de « Koh Lanta », aussi bien en logique qu’en épreuve statique, qu’en épreuve de force, qu’à l’orientation. Je m’étais vraiment très très bien préparée, encore plus que les deux premières fois.

Concernant l’aventure en elle-même, comment aviez-vous réagi, le premier jour, à la découverte des 19 autres visages ?

C’est vrai que quand Denis nous a dit que ça allait s’appeler « Koh Lanta, la légende » et que j’ai vu le casting, je me suis dit que oui, en effet, ça allait vraiment envoyer du lourd. Pour le coup, c’était vraiment beaucoup de fierté, c’était vraiment impressionnant de se retrouver là pour les vingt ans, c’était incroyable.

On l’a vu, le début d’aventure a été particulièrement intense, les garçons d’un côté, les filles de l’autre et aucun jeu de confort. Comment avez-vous appréhendé ces conditions différentes ?

Je m’attendais à ce que ce soit difficile parce que, déjà, j’avais eu une difficulté supplémentaire sur mon deuxième « Koh Lanta », où l’on n’avait pas de riz. J’avais vu, par rapport au premier, la différence où, même si on ne mangeait pas grand-chose, on avait quand même du riz. Je m’attendais à ce que ce soit difficile, je m’attendais à ce que l’on n’ait pas de riz mais je n’avais pas du tout envisagé qu’il n’y ait pas de confort. Je n’avais pas du tout non plus pensé que l’on serait sur des iles où il n’y a pas de ressources. D’habitude, on a toujours du manioc, du taro, des plantes qui poussent sur l’ile…là, pour le coup, on était sur des motus, il n’y avait donc rien de tout cela. On avait des palmiers donc des noix de coco mais, sinon, on n’avait rien du tout. Cela a été assez compliqué. Je suis tombée dans l’équipe qui a gagné le kit de pêche donc on avait des ressources de la mer. Mais avant ce kit, on n’avait vraiment rien à manger.

Par la suite, vous intégrez l’équipe jaune. Comment avez-vous vécu justement la mixité alors retrouvée ?

J’ai adoré ! Déjà, je m’entendais très bien avec mes nouveaux coéquipiers garçons mais aussi avec les filles. Pour moi, ça a été vraiment une nouvelle aventure, on avait eu la première vraiment qu’entre filles et là c’était un début d’une autre, je l’ai très bien vécu.

D’ailleurs, au quotidien, quelles activités aimiez-vous plus particulièrement faire ?

J’ai adoré pêcher. J’avais déjà pêché au harpon dans mon premier « Koh Lanta » où j’avais eu un poisson. Là, j’y suis retourné, je ne me disais pas experte, c’était parce que j’avais envie de pêcher, je ne savais pas que je savais le faire et, pour le coup, j’ai eu, dès la première tentative, sept poissons avec quasi 100% de taux de réussite. Après, j’y suis retournée plusieurs fois, avec Phil, avec Sam, avec Claude et, vraiment, j’ai adoré cela. J’ai adoré la survie en fait.

Diriez-vous que la survie a été encore plus compliquée cette saison que lors de vos premières participations ?

Oui, elle était plus compliquée mais, dans la globalité, les aventuriers étaient plus aguerris au niveau de la survie. Donc je l’ai peut-être moins ressentie. On avait parfois quasiment un poisson par personne, ce que je n’avais jamais vu. Donc c’est vrai que c’était plus difficile mais comme on était plus aguerris, j’étais vraiment en forme physiquement. Même si j’ai perdu beaucoup de poids, à aucun moment je n’ai eu une baisse de moral. Vu que l’on mangeait, je pense que ça remontait le moral.

Le conseil qui scellera votre élimination s’est déroulé dans des conditions singulières, juste après la défaite de votre équipe, avec Phil immunisé par les rouges. En plus, Clémence a sorti son collier. A quel moment avez-vous alors compris que vous pouviez être en danger ?

En fait, je suis un peu tombée des nu parce que je ne pensais pas l’être vraiment. Ce qui a tout chamboulé les plans que l’on avait faits entre filles initialement, c’est le fait que Phil soit immunisé. Vu le mot que l’on avait eu nous demandant de prendre nos sacs pour aller au jeu d’immunité, on s’était dits que l’on aurait peut-être un conseil surprise. Du coup, on s’était rassemblées avant de partir et on s’était dit que, en cas de conseil, on voterait contre Phil. Sauf qu’il a été immunisé donc, en fait, ça a tout changé, les filles sont passées du côté des garçons et je savais que Clémence serait en danger mais je ne savais pas du tout contre qui elle allait voter, étant donné que Phil était immunisé. C’est pour ça que je me suis dit que je ferai un vote contre elle, qui ne sortirait pas parce qu’elle avait son collier. Mais je n’avais pas du tout anticipé que Coumba voterait contre moi. Pour moi, la personne qui allait sortir était le vote contre qui Clémence allait se diriger. C’est aussi le fait que Coumba vrille et vote contre moi qui a causé mon départ. Mais, malgré tout, quand j’ai vu le premier vote contre moi, je me suis dit que ce serait Sam qui partirait. Je ne pensais pas du tout que c’était Coumba qui avait mis mon nom sur le papier et je m’étais dit que, comme on s’était dit juste avant le conseil que l’on resterait à quatre, les filles allaient se mettre de mon côté et que ce serait Sam qui partirait. Saut que, finalement, ce n’est pas du tout ce qui s’est passé et je suis sortie…

Avez-vous compris les votes contre vous au deuxième passage ?

Quand j’ai vu que Christelle et Coumba avaient voté contre moi, j’ai compris qu’elles s’étaient rangées du côté des garçons. Je ne pense pas que ce soit très futé de leur part…après, on le verra dans la suite de l’aventure mais les garçons sont, je pense, quand même soudés et je crois qu’ils le resteront après la réunification. Ça s’est déjà vu dans un autre « Koh Lanta all stars », où les garçons avaient fini l’aventure qu’entre eux. Peut-être que les filles prenaient cette alliance féminine de trop haut, elles ne faisaient qu’en parler et n’ont finalement pas réussi à la garder alors que les garçons le font plus discrètement et tiennent leur parole. On verra mais, à ce moment-là, quand je suis éliminée, je me suis dit que c’est stupide et qu’elles vont partir juste après.

D’ailleurs, quel regard portez-vous sur ce qui s’était passé un peu plus tôt, au retour de Claude de sa récompense, lorsqu’il vous met, avec Clémence, face à votre pseudo ambition de vouloir l’éliminer ?

En fait, avec le recul, quand Teheiura a rapporté à Claude cette alliance féminine dont Coumba était à l’origine, je pense que Claude s’est peut-être senti en danger et qu’il s’est dit qu’il allait mettre la zizanie chez les filles pour qu’elles se divisent. Je pense que ça peut être ça car Claude est un très bon stratège. La preuve, je ne m’en suis pas rendu compte de suite mais je pense que, finalement, il a réussi ce qu’il voulait, à savoir semer la zizanie et casser cette alliance de filles. C’est ce qui s’est passé suite à son invention concernant Clémentine.

Le conseil et ce qui s’en est suivi ensuite sont un véritable ascenseur émotionnel : après ce que vous croyez être un départ définitif, une opportunité inattendue s’offre à vous. Votre prise de décision, on l’a vue, a été rapide. Quelles sensations et quels sentiments prédominent alors ?

Pour le coup, le mot « ascenseur émotionnel » est vraiment bien choisi parce que j’étais vraiment hyper triste et dégoutée d’avoir été éliminée si tôt et, finalement, Denis revient pour me dire que j’ai droit à une seconde chance. Oui, je n’ai pas hésité une seule seconde. Les secondes chances, normalement, n’existent pas dans « Koh Lanta », là on me l’offrait donc c’était hors de question que je rentre chez moi directement.

Sur le camp des bannis, la vie quotidienne semble encore plus rudimentaire d’ailleurs…

Oui, pour le coup, c’est encore plus difficile. Ce qui est difficile, c’est d’une part le manque de nourriture et d’autre part le fait que les journées sont très très longues. On n’a pas d’épreuve, à part celle de l’arène contre, normalement, un jeu de confort, un jeu d’immunité et le conseil. Là, pour le coup, sur trois jours, il n’y a qu’une épreuve donc c’est vraiment hyper long. C’est pour ça que, quand je vois le parcours d’Hugo au jour d’aujourd’hui, je me dis que c’est incroyable comme il a du mental et comme il est doué. Il m’a vraiment bluffé.

Vous ne parvenez finalement malheureusement pas à vous qualifier lors du duel dans l’arène. Qu’est-ce qui vous a manqué selon vous ?

Il m’a manqué un peu de tempsJ. Quand Clémentine a réussi à mettre ses cinq petites boules, je pense que si elle mettait un peu plus de temps et que j’étais plus rapide, c’était la fois où j’y arrivais parce que j’étais hyper stable. Je pense que j’aurais dû, à un moment donné, m’arrêter et faire le tour pour voir si ma tour était bien droite. De mon point de vue, elle l’était mais, par la suite, quand j’ai discuté avec Denis, il m’a dit que, de son point de vue, elle ne l’était pas. Alors que je m’acharnais à continuer. Sinon, non, franchement, je n’ai pas fait d’erreur, je n’ai rien à regretter, j’ai été calme du début à la fin, je ne me suis pas énervée. L’épreuve était très très longue, je pense qu’elle a duré au moins une heure et demie, il faisait très chaud, voilà j’ai fait une belle épreuve mais je suis tombée sur deux adversaires qui étaient plus forts que moi ce jour-là.

Au final, avec le recul, quels resteront vos plus beaux souvenirs de cette édition anniversaire ?

De sûr la pêche, les sept poissons que j’évoquais. J’ai adoré aussi l’épreuve du paresseux où j’ai tenu deux heures et quarante-cinq minutes. Bon, je n’ai pas gagné mais je trouve que c’est assez dingue de tenir aussi longtemps. Quand j’y repense, je me dis que c’est comme si j’étais devant mon écran mardi prochain accrochée à un rondin de bois. Globalement, quand je repense à cette aventure, certes pour moi elle a été beaucoup beaucoup trop courte mais, en fait, je ne garde que des beaux souvenirs parce que je me suis entendue avec tout le monde, j’ai passé de très bons moments donc, globalement, je n’en retiens que du positif.

Merci, Candice, pour toutes vos réponses !

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Un Si Grand Soleil : Aurélie Bargème évoque son arrivée prochaine dans la série à succès de France 2 !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Aurélie,

Quel plaisir de vous retrouver pour ce nouvel entretien !

On pourra vous découvrir prochainement dans la série à succès de France 2 « Un Si Grand Soleil ». On imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être pour vous de rejoindre cette belle et grande famille artistique ?

Oui, ça a été même doublement un plaisir. D’abord parce que, forcément, avec le Covid, je n’avais pas tourné depuis longtemps. Même si les tournages TV continuaient, c’était quand même une période extrêmement mouvementée, où il y avait moins de castings. Donc ça a été le plaisir d’abord de retrouver les plateaux, de refaire mon métier avec des partenaires en chair et en os, et de sortir de chez moi, puisque c’est à Montpellier. Après avoir été si longtemps confinée, j’avoue que se balader au soleil était vraiment agréable. L’autre chose qui m’a fait plaisir, c’est que j’ai trouvé l’ambiance très sympa, je ne m’attendais pas à cela. Comme c’est une énorme machine, c’est presque une « usine », dans le bon sens du terme, je m’attendais à quelque chose d’un peu impersonnel, d’un peu froid, où finalement, les gens passent et puis s’en vont. En fait, j’ai trouvé qu’il y avait énormément de respect et de gentillesse, les gens sont très détendus, on sent qu’ils sont heureux d’être là, que l’ambiance est bonne, que tout le monde est content du « produit », c’est-à-dire de la fiction en elle-même et de la façon dont ça se passe.

Pourtant, on n’est pas du tout dans quelque chose de familial… A chaque fois que j’y allais, il y avait systématiquement des gens différents. C’est un mastodonte, il y a quatre équipes de tournage par jour et, en plus, les réalisateurs changent toutes les deux semaines. Comme mon tournage s’est étalé sur un mois, j’ai vu au moins cinq réalisateurs. Parfois, je voyais un réalisateur pour une séquence, voire pour une phrase. Forcément, le HMC est aussi différent. On a un peu peur de cela au début, quand on arrive, on pense que l’on va être complètement paumé mais, en fait, tous ont tellement intégré cette problématique qu’ils sont très accueillants avec les nouveaux, justement pour les mettre à l’aise. Donc c’était une bonne ambiance, à la fois professionnelle, carrée et sympathique.

Vous avez commencé à l’aborder, le cadre de tournage, à Montpellier, en période estivale, devait être sans doute très agréable.

Je confirme ! J’ai commencé par tous les extérieurs, avec même des scènes de plein air. C’est vrai aussi que les comédiens sont installés dans un hôtel où il y a une terrasse. Je suis arrivée au mois d’août, il faisait un temps magnifique. L’ambiance était festive mais aussi très travailleuse : on prenait l’apéro mais on révisait les scènes du lendemain en même temps ! Les récurrents ont un sacré rythme, ils enchainent. Eux ne sont pas du tout à la cool ! Et le tournage va vite, sans répétition avant, on débarque avec des réalisateurs que l’on ne connait pas et qui n’ont pas tous eu le temps de prendre leur téléphone en amont, on est complètement parachuté. Mais les comédiens avec qui je jouais étaient formidables, et toujours d’accord pour répéter la veille.

 

 

En amont du tournage, avez-vous regardé certains épisodes en diffusion pour vous imprégner notamment de l’atmosphère du programme ?

Je suis plutôt une bosseuse, un bon petit soldat, je ne supporte pas d’arriver sur un tournage sans avoir fait un gros travail avant. Evidemment, j’ai vu pas mal d’épisodes. Mon compagnon qui regarde la série m’a aussi aidée. Les scènes ne concernaient pas forcément mon intrigue mais cela m’a permis de voir notamment comment c’était filmé. J’avoue que cela ne m’a pas tellement servi puisqu’à chaque fois, j’ai eu des réalisateurs différents. Chacun a sa façon de filmer et de travailler. On découvre, le matin, soit un réalisateur qui travaille de façon assez classique, qui est dans une autre pièce et qui fait des plans plutôt statiques, champ contre champ, soit un réalisateur en steadycam, qui bouge tout le temps, où on joue la scène en boucle, pendant qu’il tourne à 360° autour de nous. On ne le sait pas avant, c’est ce qui est amusant aussi…

Comment présenteriez-vous votre personnage ? Quelles sont ses principales caractéristiques ? Dans quel contexte arrive-t-il ?

J’arrive à la fin d’une grosse intrigue, qui a très bien marché, celle d’Alix et des escort boys. Je suis Béatrice, une amie d’Alix, j’ai un salon de beauté. J’ai donc passé beaucoup de temps à regarder des tutos sur comment faire des modelages des mains,  comment faire la  pose professionnelle du vernis. Ce qui m’a beaucoup plu, c’est que c’est un personnage d’une femme de mon âge, mais surtout, pour une fois, ce n’est pas une femme soumise, malheureuse, frustrée, qui a du mal à gérer sa carrière et ses enfants. C’est une nana très bien dans ses pompes, mariée, bien fringuée, qui a des aventures de temps en temps. Parce qu’elle a envie de s’épanouir sexuellement. C’est hyper assumé et j’ai trouvé cela extrêmement moderne. C’est quelque chose dont on parle assez peu en fiction, le fait que des femmes de 40/50 ans peuvent être très libérées dans leur corps, qu’elles ne sont pas forcément fidèles à leur mari. C’est un personnage très chouette, avec des scènes assez drôles avec Alix, jouée par Nadia Fossier, une super partenaire de jeu et un personnage génial de comédie.

Après, la complexité vient du fait que l’on travaille notre personnage d’une certaine façon mais que, le matin, on peut tomber sur un réalisateur que l’on ne connait pas et qui a la vision inverse du personnage. Le lendemain, on tourne avec un autre réalisateur qui a encore potentiellement une autre vision. Donc la vraie difficulté, et je m’en suis aperçue en regardant le programme, est de donner un résultat cohérent, en tant que comédienne, avec autant de réalisateurs qui interviennent avec des visions différentes. A la fois, c’est un challenge : on n’est jamais dans nos certitudes, on est tout le temps remis en cause, c’est un bel exercice d’adaptabilité et de souplesse de son outil. Après, heureusement, je me dis c’est moi qui crée la cohérence du personnage, par ce que je dégage, par mon physique, mon énergie, ma voix.

 

 

Du coup, en amont, comment avez-vous appréhendé l’interprétation de ce nouveau rôle ?

Il y a, comme toujours, deux étapes. Celle de l’apprentissage au rasoir du texte parce que je suis une stakhanoviste du texte. Même si, là-bas, on a le droit de se le mettre en bouche, ce qui permet de donner davantage une impression de naturel. J’apprends très en amont mon texte, même s’il est susceptible de changer un peu. On dit qu’il faut apprendre quelque chose sept fois avant de l’intégrer. Plus je fais de séances espacées, régulières et nombreuses d’apprentissage du texte, plus ce dernier n’est absolument plus un problème, et donc plus je me sens libérée. Le deuxième travail est celui de la vie du personnage. J’ai appelé l’équipe de scénaristes pour leur demander comment ils imaginaient Béatrice, avec beaucoup de questions, et ils m’ont répondu extrêmement gentiment qu’elle était bourgeoise, coquette et influençable… bon, d’accord… je me suis dit que j’allais pouvoir faire ce que je voulais ! Je me suis fait une grande fiche signalétique, sur son enfance, son éducation, ses parents, son milieu social, son parcours, ses études, son salon de beauté, son couple. Je me suis demandée aussi pourquoi elle allait voir des escort boys : est-ce parce que ça va mal dans son mariage ou, au contraire, est-elle simplement triste parce que son mec n’est jamais là ? Je me suis posée beaucoup de questions aussi sur sa démarche et son style, j’ai d’ailleurs donné mon avis au niveau du stylisme.

Quand un réalisateur me donnait une direction avec laquelle je n’étais pas complètement d’accord, de deux choses l’une : soit j’arrivais à l’intégrer quand même tout en gardant la cohérence de mon personnage, et dans ce cas je le faisais ; soit, comme c’est arrivé un jour, je n’étais pas d’accord du tout, et ce jour-là j’ai défendu mon bout de gras : j’ai convaincu le réalisateur qui, au final, était très content. Encore une fois, pour moi c’est essentiel de sentir une cohérence, sinon ça me bloque.

Donc je fais toujours ce travail assez solidement, même pour les castings, je crois que ça me rassure, tout simplement. J’ai bonne conscience quand j’arrive, et comme on est toujours impressionné sur un nouveau tournage, me sécuriser par une grosse préparation me permet d’être plus zen, et donc plus disponible à ce qui peut se passer après.

Sur une quotidienne, le rythme de tournage est intense. Comment l’avez-vous intégré ?

Je n’étais pas vraiment concernée par cette question, puisque j’ai eu une très grosse journée et ensuite des journées assez light. En fait, quand un nouveau personnage est créé, personne ne sait s’il va revenir ou pas. Au début, il est introduit, ça se fait par petites touches. En plus, je suis habituée à tourner vite, c’est le cas généralement en télé. Cela ne m’a pas tellement choquée, surtout qu’ils vont vite mais qu’ils ne s’arrêtent que s’ils sont contents. En termes de rythme, je trouve que les extérieurs étaient plus agréables que le studio, où sont installés les décors récurrents. J’ai fait mes deux derniers jours en studio, et c’est là, je dois dire que j’ai été un peu frustrée car ça va beaucoup plus vite. On enchaine les plans, il n’y a pas de déplacement de décor donc on a peu de temps entre deux séquences. En plus, la mise en scène est beaucoup plus académique et statique. Alors qu’en extérieur, les équipes sont plus légères, ça bouge, c’est plus dynamique. J’avoue que la meilleure journée a été celle en extérieur où j’ai enchainé au salon de coiffure, c’était génial.

 

 

En complément, vous continuez vos autres activités artistiques, notamment l’écriture.

Evidemment, je continue à fond l’écriture. J’ai encore écrit une pièce, pendant le confinement, sur une histoire d’amour et de trahison, sur fond de guerre froide, qui se passe de part et d’autre du mur de Berlin. J’ai encore un autre projet de pièce en ce moment mais le théâtre étant ce qu’il est, cette période post covid est quand même extrêmement compliquée. On va dire que ce sont des projets pour du long terme, que je « congèle » et que je ressortirai à un moment plus opportun. Donc, oui, beaucoup d’écriture, et je suis aussi sur un projet d’écriture d’un épisode de 90 minutes pour la télévision, je suis en attente de la signature possible. C’est une très belle histoire, que j’ai travaillée avec une co-auteure que j’ai découverte il n’y a pas si longtemps, avec qui je m’entends extrêmement bien et qui a déjà beaucoup écrit en télé. On a commencé une collaboration qui est formidable et j’aimerais bien que ce soit le début d’une longue aventure d’écriture.

Merci, Aurélie, pour toutes vos réponses !

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Meurtres sur les iles du Frioul : interview croisée avec Francis Huster, Jérémy Banster et Sylvie Ayme !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Francis, bonjour Jérémy, bonjour Sylvie,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous trois !

Marseille est mise en avant dans ce téléfilm. Avec un focus sur le port, les iles…Pourquoi, d’ailleurs, avoir transposé le commissariat dans la tour ?

Sylvie : J’avais envie d’aborder Marseille par la mer, pour non plus se concentrer sur le côté urbain mais être vraiment sur le littoral. J’habitais sur la corniche et c’est très étonnant, ce film m’a permis de redécouvrir ma ville. J’ai trouvé ça super d’être dans cet élément très simple, presque binaire, du rocher et de l’eau. C’est vraiment ce qui se passe dans les personnages, de l’eau qui va se cogner contre un rocher et qui sans cesse revient. Et ce côté déchiqueté de l’émotion parce qu’ils n’arrivent pas à communiquer était très présent. Donc je trouvais que ça avait vraiment une belle corrélation, une vraie correspondance au sens baudelairien du terme, entre les sentiments des personnages, leurs vécus, ce qu’ils racontaient, ce qu’ils portaient et les éléments dans lesquels ils étaient. D’où la scène de la terrasse. Parfois, et Francis s’en amusait, on avait un côté un peu western. Parce que la nature était présente, alors que l’on est en pleine ville, c’est ce qui est incroyable à Marseille. La nature est très présente, la mer est là, c’est la grande force de Marseille.

Le personnage de Francis est dessiné, avec ce manteau. D’où cela vient-il ?

Sylvie : C’était vraiment une discussion et Francis y était pour beaucoup parce qu’il est arrivé avec une idée très précise de son personnage qui, au début, m’a un peu surprise. Je lui ai dit «  ah bon, le costume trois pièces se fait encore ? ». Il était vraiment très convaincu et du coup très convaincant. Ensuite, avec Jérémy, on est allé chercher cette matière, ça nous plaisait d’être dans de la matière, dans de la peau et de retrouver un peu un Marlon Brando. Franchement, on avait, grâce à Francis, vraiment travaillé sur des références comme Steve McQueen, Gregory Paic ou James Stewart. Je ne sais pas lequel tu préfères, Francis ?

 

 

Francis : Ce que je veux dire et c’est maintenant que je le dis parce que j’y pense, je crois qu’on mesure très très mal ce qu’est le métier d’acteur. Je m’explique…nous, les acteurs, on a deux sortes de metteurs en scène, le metteur en scène qui réécrit le scénario avec des images et le metteur en scène qui filme ce qui est écrit. Quand le metteur en scène filme ce qui est écrit, notre métier de comédien, sérieusement, c’est comme un sandwich, c’est-à-dire qu’il y a la réplique et, pendant la réplique, même si on met un silence, c’est la réplique et on donne toute l’émotion, comme si on était le jambon dans le sandwich pendant la réplique. Ces metteurs en scène-là qui filment donc le scénario ne nous laissent pas la possibilité d’être autre chose que le personnage, point barre. Et puis il y a une deuxième sorte de metteurs en scène, ceux qui ne filment pas le scénario, qui filment le film qu’ils imaginent à partir de ce scénario. Un mec qui met en scène Hamlet ne va pas être pareil qu’un autre, alors que c’est la même pièce. Donc, quand c’est un metteur en scène qui filme son film, nous, quand on commence à tourner le premier jour, on ne sait pas du tout le film qu’imagine le metteur en scène. Et ça veut dire qu’au lieu de mettre l’émotion sur le texte, elle est en dehors. Donc ça veut dire que c’est comme une résonnance, tu dis le texte et juste après que tu l’aies dit, l’émotion qui se dégage de ce que tu viens de faire, c’est ça que prend le metteur en scène. Soit l’émotion avant que tu parles, soit l’émotion une fois que tu as parlé. Alors, si tu as confiance dans le metteur en scène, tu réussis tous les rôles, pas seulement les rôles principaux, tous les rôles. Yacine, Avy, les filles…on a des acteurs qui parlent et, tout d’un coup, tu vois dans leurs visages une émotion, c’est magnifique. C’est pour ça que je pense que cette femme est un grand metteur en scène parce qu’elle a eu l’intelligence, en lisant ce scénario, de se dire « je ne vais pas filmer le scénario, je vais filmer la résonnance de chaque chose ». Ce qui est valable pour les acteurs, c’est valable pour les décors, c’est valable pour la lumière. Par exemple, la dernière scène du film, avec la terrasse, est un chef d’œuvre, on dirait un western, c’est absolument incroyable. Je crois que le film aura énormément de succès, il a été montré à des enfants et à des grands parents, quelle que soit la génération, chacun prend ce qu’il veut dans l’émotion. Par exemple, quelque chose de très précis, je suis avec Diane Robert, c’est la première scène entre nous deux, on a quatre cinq répliques, il se passe un truc entre nous, tu te dis qu’ils ont vécu ensemble, ils se sont aimés, ils s’aiment toujours. C’est son talent de metteur en scène.

C’est pour cela que je trouve que c’est un bonheur total, je me suis entendu merveilleusement avec Jérémy parce qu’il a immédiatement compris qui elle était comme metteur en scène. Il est extraordinaire dans le film. Je vais vous raconter une anecdote, elle est tellement rigide et lui est tellement « je suis le meilleur » qu’ils ont tourné une scène, et je n’ai jamais vu cela depuis je ne sais combien d’années, et bien on l’a refaite le lendemain. Extraordinaire !

C’est une réflexion que je me suis faite, je n’ai pas compris pourquoi des génies, tout d’un coup, faisait une merde dans un film, comment ils peuvent tout d’un coup tourner un film qui n’est pas bon. Tout simplement, au lieu de tourner à leur façon, ils ont tourné le scénario tel quel.

On a eu beaucoup de chance aussi de tourner au château d’If, même Gérard n’a pas pu y aller, ils n’ont pas pu accoster. Ce film est un miracle, on a vraiment eu chance sur chance, à tous les niveaux, le temps, …des trucs incroyables.

Jérémy, le fait d’être dans un unitaire d’une collection a-t-il des résonnances avec le fait d’être dans une quotidienne ?

Jérémy : C’est le même boulot…après, je considère qu’une publicité, un film, un long métrage, une quotidienne, oui on fait le même travail mais on a une manière et une technique différente de s’y attaquer, de s’y atteler. Mais c’est ce qui fait que, en tant que comédien, on peut jouer sur un plateau, on peut jouer en plein air. Après, il y a le fait d’envisager le travail et en tant que média, de transmettre d’une manière différente. Ça reste le même travail, tout part de l’intérieur, c’est une intériorité. Là, c’était déjà une grande histoire, avec un très beau message, des personnages très forts et un plaisir de se retrouver tous les matins tous ensemble, c’était un grand bonheur. Ce tournage était une parenthèse enchantée, pourtant on était en plein Covid, c’était compliqué à Marseille de tourner, on prenait le bateau tous les matins pour aller sur les iles mais, sincèrement, on avait un plaisir immense, au mois de février, à se retrouver, à aller tourner. C’était magique comme tournage.

 

 

Il y a quelque chose de gonflé, c’est d’avoir fait de Francis le frère et de Jérémy le neveu de Moussa…

Jérémy : Oui, mais ça marche très bien. Sur le papier, c’est improbable mais, finalement…Après, ils sont demi frères.

Francis : Ce que je veux dire, par rapport à ce que l’on disait tout à l’heure, et je le dis pour Jérémy et pour Sylvie aussi, c’est pareil pour elle en tant que metteur en scène, c’est que, quand John Wayne qui représentait pour le monde entier le western, le chérif…a voulu changer d’emploi, il a fait tout d’un coup un film sur le Vietnam, le public a refusé. Quand Gay Cooper a fait la même chose, le public a refusé. Pourquoi ? C’est là où je mets le doigt et pour lui et pour elle, c’est qu’en fait quand tu as eu un tel triomphe dans un personnage ou un tel triomphe dans ce style de film, tu es obligé, si tu veux vraiment changer, de faire ce qui te ressemble vraiment. Si John Wayne avait tourné des rôles du vrai John Wayne dans la vie, tout le monde l’aurait accepté. Et eux deux, il faut, à mon avis, qu’elle tourne des films qui sont dans son ventre, qui lui ressemblent et qu’on se dise «  ce sont les films de Sylvie Ayme ». Et lui, il faut qu’il tourne des rôles où il n’y ait aucun espace pour le téléspectateur, il doit se dire que c’est tel quel qu’est Jérémy Banster. Au lieu de venir voir un personnage dans le film qu’il a interprété pendant des années, on vient voir le vrai Jérémy Banster. C’est ce qu’a très bien compris Gabin, il a eu un trou énorme dans sa carrière, d’ailleurs parce que les gens l’ont trahis à la fin de la guerre alors que c’était un héros mais surtout parce qu’on ne voulait plus le voir interpréter un personnage, on voulait le vrai Gabin. C’est ce que Bourvil a compris aussi, le vrai Bourvil. Lui, comme elle, ont dix ans devant eux magnifiques s’ils ont ce courage-là. Lui de dire « ce n’est pas que c’est un rôle pour moi, c’est moi, je le fais » et elle de dire « je porte ce sujet, j’y vais ». Si jamais ils commettent l’erreur, elle de tourner des films qui n’ont rien à voir avec ce qu’est cette personne en tant qu’être humain et lui de faire des rôles juste parce qu’ils sont magnifiques, ce sera bien mais les gens veulent voir qui est ce gars-là, il n’a plus 20 ans, plus 30 ans, c’est un homme mûre et s’il fait ce pas-là, ce sera magnifique. Voilà ce que, moi, je me permets de dire…

Jérémy : Tu as tout fait à raison, c’est très juste et c’est pour ça qu’une carrière, tu le sais, se fait sur des choix et souvent sur des refus. Il faut savoir dire non car, au bout d’un moment, il faut être en accord, être ancré, être positionné par rapport à ce que tu souhaites vraiment, par rapport au projet que tu as envie de défendre. Et comme tu le dis si bien, par rapport à un projet où tu te vois incarner un personnage et que ce soit au cordeau, en totale sensibilité. Aujourd’hui, c’est ce dont j’ai envie, totalement. Il vaut mieux refuser des choses et vraiment attendre le bon projet, avec les bonnes personnes qui vont un avoir un beau regard sur toi, avec de très bons partenaires, pour faire des projets qui vous tiennent vraiment à cœur. Ce film en est déjà une étape.

Sylvie : Le sentiment que j’ai, c’est que, justement, la chaine me fait de plus en plus confiance, au point que je peux être de plus en plus prête des films que je fais, avoir de plus en plus de liberté pour y mettre dans les espaces possibles ma sensibilité, ma singularité. Je comprends très bien ce que dit Francis et je remercie la chaine de me permettre cela de plus en plus. Je me sens de plus en plus libre dans ces collections, dans ces séries, d’aller vers ce que je peux faire vraiment, de vraiment signer les films que j’ai fait.

Il y avait une belle équipe féminine et beaucoup d’acteurs locaux. L’alchimie s’est-elle bien passée ?

Jérémy : Entre deux mecs du Psg et les marseillais ? Très bien, on a gagné haut la main, 3 à 0J.

Merci à tous les trois pour vos réponses !

Publié dans Télévision

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Amazon, Henry, Messi : David Astorga dit tout !

Publié le par Julian STOCKY

FEP

 

Bonjour David,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Depuis le début de saison, on peut vous retrouver sur la chaine Le Pass Ligue 1 de Prime Video. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie de faire partie de cette belle aventure, dès son commencement ?

Tout nouveau, tout beau, forcément J. Oui, pour moi, c’est un retour au bord terrain que je n’avais pas forcément envisagé ces derniers mois et que j’ai accueilli avec beaucoup de plaisir lorsqu’il s’est présenté ! Je suis très content que l’on me fasse confiance pour ce rôle-là, que j’ai pratiqué principalement avec l’équipe de France et avec quelques clubs français en ligue des champions. Il y a une vraie joie de vraiment visiter les stades de Ligue 1, ce que je n’avais pas fait avant. Je visitais les stades quand l’équipe de France jouait à domicile mais c’était souvent au stade de France. Il y a eu Nantes, Marseille…mais la plupart ont été refaits depuis. Récemment, j’ai découvert le Groupama Stadium de l’intérieur, j’ai vu le stade Pierre Mauroy, des stades que je ne voyais qu’à la télé. Donc je suis content de faire partie de cette aventure. Il y a un vrai plaisir aussi de retrouver les gens qui travaillent sur Le Pass Ligue 1. Julien Brun et Michael Bayard sont des copains de l’époque Eurosport.

C’est un vrai plaisir et puis il y a aussi ce côté nouvel entrant avec de nouvelles méthodes. On demande plus d’implication aux clubs sur le dispositif, vous l’avez vu avec les interviews avant match, le studio à la mi-temps et celui à la fin. Nous sommes au cœur du match et on demande aux clubs de plus s’impliquer. Tout cela est assez frais, il y a une vraie joie de se retrouver le week-end !

En plus, le début de saison, journalistiquement parlant, on pense notamment aux matchs du dimanche soir, a été intense…

Il y a eu quelques péripéties. Forcément, on pense à Nice – Marseille, finalement l’interruption a duré plus longtemps que le match, c’est quand même assez extraordinaire. Mais je dirais que, professionnellement, cela a été une épreuve intéressante car nous avons aussi un devoir d’information. Il a fallu aller chercher ne serait-ce que des bribes d’informations qu’il fallait vérifier en très peu de temps. Au départ, les dirigeants ne viennent pas spontanément vous parler puis lorsqu’ils sont au micro, chacun essaie de faire passer son message et c’est là où il faut être très vigilant. On est en direct, si on prend l’information comme cela sans l’analyser, on peut faire passer de fausses informations, ce qui peut être évidement préjudiciable. Donc tout ce qu’on prend d’un côté, il faut le vérifier de l’autre…

J’ai aussi pu guider la réalisation, qui ne dispose pas de tous les éléments sur le terrain. Ainsi j’étais là pour transmettre ce que je voyais et proposer de faire un plan sur ceci ou sur cela. Je trouve que, avec Thibault Le Rol, malgré la gravité des événements, on a réussi à garder les téléspectateurs informés pendant de très longues minutes.

Dans un tout autre registre, beaucoup plus festif, il y a eu aussi les premières minutes de Lionel Messi en Ligue 1, cela a été l’évènement de la rentrée ! C’était un moment sympa, j’étais forcément content que cela se passe sur Prime Video ! Au-delà du fait que c’est l’un des meilleurs joueurs du monde qui débarque en France, ce qui m’a marqué, c’est l’accueil de Reims. C’était une vraie fête pour les rémois et, au-delà, j’imagine une vraie fête pour le foot français. Les gens ont fait le traditionnel chant « Messi, Messi » même si on n’était pas au Parc…Donc c’était assez fort, c’était un beau moment.

Comparativement aux 18 mois précédents, le public est de retour dans les stades, ce qui est une super nouvelle pour l’ambiance…

J’ai une réponse partagée là-dessus. Evidemment ça fait du bien de revoir du monde dans les stades, pour l’ambiance et pour le plaisir de tous ces gens qui aiment le foot, qui vivent pour le foot. Après, on a vécu pendant les premières journées des débordements dans plusieurs stades, c’est très regrettable. Pour ces pseudo supporters, la question que l’on peut se poser est : le foot leur a-t-il vraiment manqué ? Je ne comprends pas les gens qui agissent comme cela, ça me dépasse. On a été privés de foot pendant plus d’un an, n’ont-ils pas pris le temps de réfléchir à cette privation ? Au final, de grandes stars ont rejoint la Ligue 1, ça joue bien en ce début de saison mais l’image du football français à l’étranger se retrouve entachée par ces événements. Franchement, en tant qu’amoureux du foot, je trouve cela vraiment regrettable, si ce n’est plus.

Plus personnellement, concernant votre rôle en bord de terrain pendant une rencontre, comment appréhendez-vous tout ce qu’il est possible de voir et d’analyser ?

Ce qu’il faut savoir, c’est que, jusqu’à la J5, nous étions encore en période Covid, avec des zones Covid définies. Cela empêchait le journaliste terrain, sauf à de très rares occasions, d’être collé aux bancs. Alors que justement, si je suis là, c’est pour essayer d’attraper des petits échanges, de attitudes. Le fait qu’il y ait ces restrictions-là a été pénalisant. Après, je vois mon rôle comme étant les yeux de Julien ou de Smail, sur ce qu’ils ne peuvent pas forcément voir. Evidement ils voient beaucoup de choses depuis la tribune de presse (surement pour moi le meilleur endroit pour suivre un match) mais ils ne peuvent pas avoir un œil sur tout. Ils sont concentrés sur le ballon, sur le jeu et je vais peut-être voir d’autres choses. A titre d’exemple, on pourrait faire une séquence entière sur Sampaoli, c’est quelqu’un qui ne s’arrête pas du début à la fin, il fait les cent pas, il parle, il s’énerve, il crie, il conseille…C’est quelqu’un de très vivant, il y a plein de choses à raconter sur lui. Evidemment, on ne peut pas vampiriser le commentaire purement sportif avec des anecdotes mais c’est vraiment intéressant. Plus on peut en donner, plus ça donne aussi une coloration au match. Tous les entraineurs ne sont pas forcément expressifs mais je me souviens qu’à Nantes-Lyon, Antoine Kambouaré parlait beaucoup avec le quatrième arbitre, ils étaient même, à un moment donné, presque bras dessus, bras dessous. Ça discutait…Ce sont des images sympas que l’on filme et que l’on diffuse mais c’est bien si l’on peut mettre un peu de dialogues là-dessus, en expliquant ce que l’on a entendu.

Pour l’instant, on essaye d’avoir la meilleure position possible, ce qui est un peu compliqué avec les restrictions. Mon rôle est aussi de soutenir les commentateurs pendant les petits creux, d’apporter des précisions sur ce que l’on a vu. Ça se transforme souvent en des considérations techniques ou tactiques. Il y a quelque chose que j’aime bien faire, et que j’ai fait contre Reims, c’est de poser des questions au consultant. Il y a des choses que, forcément, lui ne peut pas voir et que je vois depuis la pelouse. En comparaison avec ce que je faisais à TF1, j’ai beaucoup plus de liberté.

En amont de l’antenne, dans les heures et jours qui précédent la rencontre, avez-vous une méthodologie particulière de préparation ?

Je lis un peu ce qui se fait à droite et à gauche, je regarde les derniers matchs. Quand on suit le foot, on connait les clubs. Cette saison, Clermont est monté et, du coup, comme j’ai déjà fait « Rookies »  pour Free avec eux, je discute avec l’attaché de presse assez régulièrement. Ils font de petits documentaires et de petites séries sur l’équipe, ce sont des choses que j’ai regardées avant mon premier match chez eux. A l’inverse, une préparation d’un match du PSG ne nécessite pas la même chose. Mais comme on est en début de saison, il y a beaucoup de nouveaux joueurs donc il faut avoir des billes, tout simplement.

Après, pour moi, en bord de terrain, je suis surtout guidé par les évènements. Il faut être dans le ton dans ce que l’on veut faire au niveau du dispositif, au niveau du show. On a des réunions de préparation avant les matchs, on échange beaucoup entre nous pour savoir sur quoi on va axer et, généralement, c’est aussi le ton que l’on essaie de donner dans les interviews d’avant match. Les thèmes sont choisis à l’avance mais, après, on ne sait jamais, il faut être capable de réagir et de rebondir sur ce qui se passe.

Ce que je ressens en tout cas depuis le début de saison, c’est que c’est assez instinctif. En tout cas, j’essaie de regarder les matchs, de voir qui est important, d’avoir quelques statistiques en tête. J’ai d’ailleurs vu, sur le Twitter de Prime Video Sport, qu’ils commençaient à en mettre. J’en ai sorties deux qui m’intéressaient, notamment les meilleurs dribleurs et la possession de balle. Mon travail est en fait non stop toute la semaine. On rassemble pleins d’informations que l’on utilise le jour du match !

 

FEP

 

Après ces premières semaines de diffusion, quels principaux retours pouvez-vous en avoir ?

J’échange régulièrement avec les clubs, d’autant que je les vois aussi pour « Rookies ». Généralement, le retour est positif dans le sens où, comme je le disais plus haut, c’est nouveau et c’est « frais ». Nous sommes là pour mettre en valeur le championnat et notre approche éditoriale, qui se veut être au plus près des acteurs du jeu, fait que nous sommes très demandeur auprès des clubs. C’est une nouvelle façon de travailler, et nous avons besoin de construire une relation de confiance avec eux car certains peuvent être encore réticents.

Du point de vue du public, j’entends beaucoup de commentaires positifs sur les consultants. Le dispositif étant nouveau, il suscite l’intérêt et cela a l’air de plaire, comme les différentes interviews qui peuvent être faites avec les joueurs ou dirigeants lors des debriefs d’après-match. C’est bien, je trouve car ce sont de petits éclairages sur le match, ça permet de voir d’autres acteurs aussi que les stars, des joueurs que l’on connait moins et qui, aux côtés de Thibault, ont l’occasion de s’exprimer plus longuement. Quand les jeunes joueurs tombent sur Thierry Henry, ils sont ravis aussi. Tout cela est bien, et nouveau !

Concernant le championnat en lui-même, ce début de saison est très intéressant, avec très peu de 0 à 0 notamment.

Effectivement, ça joue et ça joue partout. Ça va changer, je pense, dans les semaines qui viennent et, j’espère, à faible échelle car il y a des clubs qui sont déjà dans le rouge. Donc, forcément, ils vont adapter un peu leur façon de jouer. Je ne sais pas si c’est lié mais j’ai le sentiment que l’arrivée des entraineurs étrangers, que l’on est allé chercher généralement pour leur sensibilité au jeu et à aller de l’avant, commence à prendre dans les clubs. Je pense tout bêtement à Bordeaux, qui était mené 2 à 0 à Marseille à la mi-temps. Petkovic fait entrer Pembélé en piston droit, c’est lui qui marque le premier but et qui est impliqué sur le deuxième. Cet entraineur insuffle un vent nouveau dans cette équipe, qui ne recule pas. Les joueurs ont continué à jouer et, finalement, ont été récompensés en prenant un point, ce qui n’est pas rien au Vélodrome. Je mettrais cela sur le compte des entraineurs étrangers et ceux issus de Ligue 2 qui viennent avec leurs idées, qui font souffler un vent nouveau sur la Ligue 1, c’est ce qu’on a pu voir sur les premières journées.

En parallèle, vous continuez « Rookies » pour Free. Au-delà du plaisir que cela doit être, on peut penser à une vraie complémentarité pour vous avec le bord de terrain ?

C’est très sympa pour moi. « Rookies » est un programme que j’ai lancé il y a un an et j’ai retrouvé avec grand plaisir à Reims, par exemple, Hugo Ekitiké, qui joue attaquant, qui était remplaçant sur ce match. C’était marrant de se revoir.

Je passe ma semaine dans les clubs maintenant et j’ai hâte de voir jouer mes Rookies en Ligue 1. Donc c’est un vrai plaisir de le faire et c’est un vrai plaisir aussi de retrouver cette jeunesse-là. Ce n’est pas une jeunesse que je fréquente d’un point de vue cercle d’amis ou famille donc je suis toujours en découverte de leurs codes et de leur mentalité. C’est bien, je vois déjà, sur les premiers épisodes, que ça a changé par rapport à la saison dernière. Pour la plupart, ils connaissent le programme, ce qui change beaucoup de choses. Des clubs qui ne nous suivaient pas forcément l’année dernière nous suivent maintenant, ça veut dire aussi que le programme fonctionne, qu’il plait aux clubs donc ça fait plaisir.

Justement, comment se fait le choix des joueurs mis en avant ?

En début de saison, je regarde les effectifs et j’essaie de repérer de jeunes joueurs français qui n’ont jamais joué avec les pros en match officiel. Je vois quels profils peuvent correspondre. J’envoie des demandes aux clubs qui soit valident, soit en choisissent un autre, pour X raisons. On a eu le cas à Reims, on avait proposé un joueur mais celui-ci était alors en instance de départ. Le club, du coup, nous en a proposé un autre. Tous sont intéressants, tous ont des histoires différentes.

On n’a pas la même connaissance que les clubs sur les profils des joueurs, sur ceux qui sont capables de bien verbaliser ou pas. On fait donc cela en bonne intelligence, on propose et les clubs disposent.

Ce début de saison est hyper intense mais sans doute est-il hyper passionnant ?

Oui, c’est bien, on est tout le temps sur le qui-vive. C’est plaisant, on est tout le temps occupé, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Le fait de travailler sur la Ligue 1 pour Prime Vidéo m’aide aussi pour accélérer les contacts pour « Rookies ». A force, je connais bien tous les attachés de presse.

Lorsque, le lundi, je suis dans un club pour « Rookies », je discute déjà du prochain match avec eux sur Prime Vidéo. C’est super pour moi, franchement c’est bien.

Pour terminer, selon vous, à quoi peut-on s’attendre pour cette saison de Ligue 1 ?

Je pense que Monaco sera dans les quatre, même si l’équipe a pris un peu de retard. Je pense à Marseille pour le podium, c’est vraiment pas mal, ça s’arrête rarement, Payet est bien, on sent qu’il a envie de jouer, Sampaoli est sur le banc donc je pense que ça peut aller loin. Sans oublier Nice, qui serait une demi-surprise. Ils se sont renforcés avec Delort, ils ont l’entraineur champion de France. Pour les avoir vus deux fois, c’est vraiment pas mal, ça joue bien, on a l’impression que c’est déjà rôdé. Un podium avec Paris, Nice et Marseille ne me surprendrait pas, et Monaco juste derrière.

L’an dernier, le PSG n’a pas pris beaucoup de points contre les gros, il faudra faire attention. Est-on reparti sur un cycle de 3 à 4 ans où ils gagnent tout ? Je ne sais pas, même si, sur le papier, ça fait peur. A suivre…sur Prime Vidéo !

Merci, David, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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Juliette Tresanini évoque deux de ses projets en cours, un livre et un long-métrage !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Juliette,

C’est, comme à chaque fois, une joie de vous retrouver pour une nouvelle interview !

Vous êtes actuellement en train de travailler sur un projet de livre. Pour ce que vous pouvez déjà en dire, quels en seront le principe et le contenu ?

Ce sont les éditions Marabout qui sont venues me chercher, suite à mes vidéos Youtube « Les phrases qui ont changé ma vie ». Ils ont trouvé le concept hyper positif et ils ont voulu que je le décline en livre en invitant une cinquantaine d’invités à parler de leur phrase marquante. Ces invités auront comme point commun d’avoir marqué ma vie d’une façon ou d’une autre. C’est une façon intime de les découvrir et en même temps, ces phrases ont quelque chose d’universel.

On comprend donc que ces personnes n’ont pas forcément toutes un lien avec votre vie professionnelle, elles peuvent aussi concerner votre vie personnelle…

Exactement ! Ça peut être dans ma vie plus personnelle. Ce sont souvent des gens engagés, des personnalités fortes, vous le verrez. On passe dans tous les registres: artistes, écrivains,  personnes engagées dans divers domaines...

Justement, a-t-il été facile de faire la liste des 50 noms ? Peut-être avez-vous-même dû vous restreindre ?

J’ai fait une première sélection mais j’en ai écartés certains à contre cœur car ils étaient dans le même domaine. Il y a tellement de gens à qui j’ai envie de donner la parole. Je trouve que la vie des autres est inspirante pour sa propre vie. C’est en cela que ce bouquin va je l’espère faire écho chez le lecteur, qui sur la page de gauche pourra laisser des commentaires en rapport avec chaque phrase… C’est un journal interactif en quelque sorte.

 

 

Le panel de lecteurs est donc particulièrement large…

Oui, oui, complètement comme les gens qui me suivent , ca va des ados depuis Youtube à des personnes un peu plus âgées qui m’ont découverte à la télé.

Sous quel délai pensez-vous pouvoir proposer ce livre à la vente ?

Je vais essayer de terminer toutes mes interviews avant la fin de l’année 2021. Je me fixe cet objectif. Je privilégie le face à face, je trouve qu’il se passe plus de choses, on est de l’humain à l’humain, la confidence est plus agréable. Dans ma liste, il y a des gens qui habitent à l’autre bout du monde, je le ferai par Zoom pour garder le lien visuel.

Cet exercice est nouveau pour vous, du moins sous cette forme…

Exactement ! En fait, j’adore relever des défis et accueillir des choses auxquelles je ne m’attendais pas. Là, ça ne vient pas de moi et je me dis que la vie a souvent plus d’imagination. C’est une phrase marquante:) mais c’est vrai que, quand je lâche prise et que je dis oui à des défis, comme le premier livre que j’avais co-écrit avec Maud Bettina Marie, ça me plait. Avec le recul, c’est d’ailleurs, je crois, l’œuvre artistique dont je suis la plus fière. Comme quoi, il faut faire confiance à ce que les autres projettent sur nous et savoir sortir de sa zone de confort. De toute façon, ça ne se passe jamais comme prévu…

En tout cas, on ressent beaucoup d’excitation en vous pour ce projet…

De peur mais oui, d’excitation parce que c’est un livre que j’aurais aimé lire. Quand on fait les choses pour soi, il y a du cœur et de la véracité donc je pense que ça peut marcher. En tout cas, c’est un livre que j’aimerais avoir dans ma bibliothèque:) …donc pourquoi pas les autres !

En parallèle, à l’image cette fois-ci, vous êtes actuellement en cours de développement de votre long-métrage, avec différentes rencontres professionnelles faites récemment. Quel en sera le contenu ?

C’est avec Laurent Firode, mon acolyte sur ma chaîne Youtube, avec qui je faisais environ quatre courts-métrages par an qui rencontraient du succès sur Youtube et en festivals. « De l’autre côté de l’armoire » et « La cicatrice » ont particulièrement marqué les professionnels, qui sont venus nous voir à la fin des projections en nous disant que ça pourrait être intéressant d’en faire un long.

En gros, pour pitcher : si tu avais fait d’autres choix dans la vie, qu’est-ce que tu serais devenu ? C’est la possibilité de voir son double, qui a tourné à droite alors que l’on a décidé de tourner à gauche à un moment donné. Je pense que c’est le fantasme de beaucoup de gens. En tout cas, moi qui suis une grande nostalgique et une grande angoissée du « ah là là, mais si j’avais fait cela, qu’est-ce qui se serait passé ? », c’est juste la possibilité de voir une vie où l’on n’a pas de regret. Ça s’appelle « La chambre des regrets » et ce sont des gens qui peuvent, en rentrant dedans, voir leur vie parallèle sans regret. C’est plein de rebondissements….

 

 

En termes d’organisation, sur quelles étapes pensez-vous intervenir dans les différentes phases du projet ?

Là, je vais encore être multi casquettes. On est deux vraiment en co écriture et en co-réalisation.

Je suis en recherche de producteurs, je suis notamment allée récemment pour cela au Festival de la fiction TV de La Rochelle. Le synopsis détaillé est écrit, l’histoire peut évidemment changer avec le regard du futur producteur. On recherche la bonne personne, qui croit au projet, qui le trouve perfectible certes mais avec qui on va pouvoir travailler, développer, écrire le séquencier et le scénario, avant de le tourner.

On a confiance, avec Laurent on travaille de manière très efficace, très rapidement. Donc si on a quelqu’un qui accroche, on peut aller très vite, très loin, pour pas très cher en plus. C’est un film ambitieux dans l’histoire et ce qu’il raconte mais il n’est pas coûteux. L’idéal serait de signer à l’automne, avant de passer 3 mois en résidence d’écriture à peaufiner le scénario. Pour tourner à l’été 2022, ce qui serait formidable.

Pour finir, quelles sont vos autres actualités du moment ?

J’ai terminé « Le furet » pour TF1, avec Mathieu Madénian. J’adore aussi me fondre dans les projets des autres, en complément des miens et je serai bientôt à l’affiche de “Pour te retrouver” pour M6.

Merci, Juliette, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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Pass Ligue 1 sur Prime Vidéo d'Amazon : Interview avec Corine Petit, pour évoquer les débuts du programme !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Corine,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Depuis le début de saison, vous participez à l’aventure Pass Ligue 1 sur Prime Vidéo. On imagine sans doute la joie et le plaisir que ce doit être d’en faire partie, dès son commencement ?

Oui, pour moi ça a été un peu une surprise, ce n’était pas dans mon ambition principale de m’intégrer à la Ligue 1 garçons mais, voilà, c’est une opportunité qui est venue dans l’été et je suis très contente de participer à cette aventure.

On peut vous retrouver principalement aux commentaires des matchs ainsi que, ponctuellement, dans « Dimanche Soir Football »…

C’est ce que font un peu tous les consultants de Prime Vidéo, on est principalement aux commentaires de matchs, en direct et, après, il peut se passer des week-ends où l’on participe à l’émission du dimanche soir. Voire même, on est en bord de terrain avec le présentateur, sur de gros dispositifs, à la table en avant et en après match.

A l’antenne, comment décririez-vous votre petite touche personnelle dans les commentaires ? On imagine que vos nombreuses années sur le terrain vous permettent un regard aiguisé sur ce qui se passe sur la pelouse….

C’est difficile…je pense que c’est le ressenti que j’ai au niveau de mon football qui parle. J’analyse les actions comme je les pense, peut-être que mon commentaire ressemble à la façon dont je jouais. Il y a aussi beaucoup de travail en amont. La technique est ressentie personnellement sur le moment mais il y a aussi du travail par rapport aux équipes, sur l’apprentissage des principes de jeu, des coachs, des joueurs.

En amont du match, quelle est justement votre méthodologie de préparation ?

En général, quand je sais le match que je vais faire, je regarde la rencontre précédente de chaque équipe, dans la semaine d’avant. La veille, je vais un peu plus sur les réseaux pour essayer d’avoir des informations sur les dernières conférences de presse, sur l’actualité plus proche du match.

En étant présente au stade, vous pouvez vous-même voir des choses, avant la prise d’antenne, que vous n’auriez pas vues en plateau, voire même d’avoir de petits échanges en off.

Oui, ça peut arriver. Aujourd’hui, j’ai fait Troyes – Angers et c’est vrai que je connais assez bien le coach d’Angers, Gérald Baticle, pour l’avoir côtoyé à Lyon plusieurs années. Ça fait plaisir de revoir des personnes que l’on connait, d’en découvrir d’autres et d’aller discuter soit du match, soit du football en général.

Après quelques semaines d’antenne, quels premiers retours avez-vous déjà pu avoir sur cette nouvelle formule de diffusion ?

Les équipes d’Amazon sont contentes de ce qui est fait. Quant aux clubs, on n’a pas encore forcément parlé du dispositif. En général, je pense que les gens sont assez contents.

 

 

Sportivement parlant, quel regard portez-vous sur le début du championnat de Ligue 1 ?

Il y a des équipes très intéressantes, avec de nouveaux coachs qui apportent leur œil et leur envie. Il y a des équipes qui ont gardé énormément de joueurs par rapport à la saison dernière, d’autres qui ont beaucoup bougé. Il y a des promus qui sont très intéressants, principalement Clermont. Et des leaders qui sont, pour l’instant, le Psg et Lyon, Lyon qui continue à aller dans le bon sens en termes de jeu même si, au niveau comptable, il manque des points.

Exception faite des incidents connus, le retour du public dans les stades aide aussi à cette effervescence retrouvée…

Oui, c’est sûr que, en étant au stade, ça doit être agréable de retrouver du monde dans les tribunes. On se rend compte de ce que l’on n’a pas lorsqu’on le perd. Il y avait des gens qui allaient au stade par habitude, ils se sont vraiment rendus compte que c’étaient de bons moments. J’espère justement que tout ce qui se passe avec les envahissements de terrain notamment va vite se finir, pour que l’on se rende compte que l’on est surtout là pour voir un joli spectacle, avant toute chose.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette aventure du Pass Ligue 1 ?

J’espère que ce sera une belle et longue aventure. Pour l’instant, je vais faire cette saison-là et puis, après, on verra ce qui m’attendJ.

En parallèle, quels sont vos autres projets du moment ?

J’ai fait une formation dans la photo. Du coup, quand j’arrive à me laisser du temps, moi qui ai aussi une petite fille, j’essaie de faire des projets en ce sens.

Merci, Corine, pour toutes vos réponses !

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Un Si Grand Soleil : Emma Colberti se remémore les trois premières saisons à l'image, sur France 2 !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Emma,

Quel plaisir de vous retrouver pour ce nouvel entretien !

La série quotidienne de France 2 « Un Si Grand Soleil » a fêté il y a quelques jours sa 3è bougie d’anniversaire, avec une fidélité du public qui ne se dément pas. On imagine que cela doit vous faire particulièrement plaisir ?

Evidemment, on est contents, ça veut dire que les auteurs continuent à écrire des histoires qui sont truculentes et que nous continuons à les interpréter du mieux que l’on puisse faire. Donc, oui, c’est une grosse satisfaction et d’ailleurs je crois que les audiences de cet été ont été assez magistrales. Pourquoi ? Je ne sais pas, généralement, l’été, les gens sont plutôt dehors donc c’est chouette, ça veut dire qu’il y avait peut-être moins d’enfants au lit pour aller à l’école mais davantage devant leur poste de télé. Non, non, vraiment, c’est une grande satisfaction évidemment, ça nous fait très plaisir !

Quels sont les principaux retours que vous font les fidèles téléspectateurs du programme ?

Qu’ils adorent la série ! C’est ce qu’ils nous ont dit, là, pendant que l’on faisait les dédicaces : « on adore la série, on adore tout ce que vous vivez, on adore vos personnages ». Ils sont à fond dedans. Les enfants sont plus timides, c’est normal mais même des personnes entre 40 et 60 font partie du public de la série, nous suivent. Quand ils manquent un épisode, soit ils l’enregistrent, soit ils regardent le replay.

A titre plus personnel, le fait de retrouver régulièrement toute l’équipe, les comédiens comme les personnes de l’ombre, doit être à chaque fois une grande joie ?

Oui, oui, on s’adore, on s’apprécie énormément. Il y a beaucoup de nouveaux comédiens qui arrivent et, avec les anciens, on a grand plaisir à se retrouver. En plus, je connaissais Fabrice d’avant, on avait tournés ensemble. Non, on s’entend tous très bien, on s’aime beaucoup et on a une belle complicité entre nous, on aime être ensemble et on est tous au service de la série.

 

 

En plus de cela, le cadre de tournage, à Montpellier, aide sans doute beaucoup…

Oui, c’est vrai que le cadre est beau, qu’il est photogénique. Mais, après, on a quand même des réalisateurs qui font des efforts vraiment poussés que pour l’image soit un peu particulière et sorte un peu des chemins habituels. On le voit sur le plateau, on donne le temps à ce travail d’ailleurs. C’est vrai que ça ajoute beaucoup. Les décors sont choisis aussi en fonction, il y a un œil, un vrai regard, une vraie direction artistique.

Concernant le personnage d’Eve, elle a vécu beaucoup de choses, personnellement notamment. Quel regard portez-vous justement sur ses trois premières années ?

J’ai l’impression qu’Eve, sur ses trois premières années, a vécu beaucoup de choses très complexes. Elle a eu un parcours assez douloureux, très difficile, dans le rapport avec son fils, dans ceux avec les différents hommes de sa vie, notamment Virgile et Bruno Serra. Et les pertes successives qu’il y a eues, celle de Serra qui était un début d’amour assez important pour elle et Léa, la fille de Virgile. Donc il y a eu des difficultés amoureuses, deux pertes humaines et pas des moindres et son rapport compliqué avec son fils. Elle a aussi perdu son ex-mari, même s’il n’y avait plus d’amour et je pense que même elle le détestait. Donc il y a eu beaucoup de morts autour d’elle et son rapport avec son fils est venu en plus, plomber tout cela. Effectivement, bon, elle s’est autorisée quelques moments d’oxygène, avec sa petite histoire avec Justine, qui était un petit peu improbable, ainsi que celle avec Jonathan qui était aussi, je pense, une fantaisie, il n’y avait pas d’ancrage à avoir ni d’engagement particulier, juste un amusement pour elle et une façon de décompresser. Et elle le dit très justement à Mo ou à Sabine, je ne sais plus : « on s’amuse, je m’amuse, il n’y a rien de formel ». Je trouve que ce n’est même pratiquement pas assez, compte tenu de tout ce qu’elle a vécu. En fait, si je devais faire un bilan, toutes ses histoires vont lui permettre de lâcher des choses, elle s’est peut-être trop mise elle-même dans un carcan depuis de longues années. Tout ce qui lui est tombé sur la tête va peut-être lui faire tomber les barrières qu’elle s’est mises, faire éclater un peu tout cela en l’air, pour se rendre compte que, peut-être en approchant sa vraie nature, ça allait alléger aussi sa vie. A un moment donné, il y a quelque chose qui va s’alléger, qui va aller de mieux en mieux.

Je la trouve très forte, elle a une forte résilience, je pense qu’Eve est une grande résiliente.

Au lycée, elle a l’occasion de défendre de vrais sujets de société et cela doit être sans doute une fierté pour vous de l’évoquer dans une quotidienne à 20h 45 ?

Oui, c’est un peu grâce au service public aussi, qui nous permet de traiter des affaires de société. Je ne vais pas vous mentir, mon personnage, celui de Sabine et celui de Mo, sommes un peu moins dans les rapports avec les élèves, avec le lycée, dans les cours que l’on pouvait faire aussi. Cela me manque un petit peu, j’espère pouvoir revenir à des cours en présentiel, être avec les élèves, pour qu’il y ait quelque chose de plus professoral à ce niveau-là.

En dehors du lycée, on traite aussi plein d’autres sujets, de nombreux thèmes de société ont été abordés, c’est vraiment bien ! C’est un peu la mission du service public aussi, je pense.

 

 

Au fur et à mesure, avez-vous peaufiné votre approche du rythme et du jeu ?

Non, ça n’a pas bougé d’un iota. J’ai une méthode de travail qui est très liée à mon enseignement du théâtre parce que je viens de là. Par conséquent, j’ai une méthode de travail assez scolaire, j’écris mon texte, je ne demande pas forcément les photocopies, cela m’aide à l’enregistrer, moi qui ai aussi une mémoire visuelle. Donc c’est une première étape, où je le décortique, j’essaie de voir quels sont les enjeux de la scène, je fais un vrai travail de fond, au-delà du simple apprentissage du texte. Ce n’est pas intéressant de juste l’apprendre et le dire, j’essaie d’aller plus loin que cela. Donc c’est là que je rejoins un peu ce travail que l’on peut faire au théâtre, où il y a une forme de méthodologie : il y a un travail d’abord sur le texte puis on essaie de l’incarner. Evidemment, je ne vais pas jouer toute seule dans ma pièce, je peux m’imaginer des choses mais le réalisateur peut en changer. Je me l’imagine quand même en conscience, c’est-à-dire que je vais fermer les yeux, je vais essayer de m’imaginer la scène, moi ce qui m’intéresse c’est de pouvoir jouer ce qui n’est pas dit, ce qui n’est pas écrit, je vais chercher le sous-texte. Il y a une préparation qui n’a pas dérogé depuis le début, je n’ai pas envie d’en déroger, même j’ai envie de continuer à la fortifier, à l’améliorer. Je n’ai pas envie d’alléger les choses, sous prétexte que j’ai pris une forme « d’habitude ».

Pour terminer, avez-vous l’envie de développer d’autres projets, pourquoi pas au théâtre ?

C’est vrai que c’est compliqué, on donne un peu la gageur à USGS, aussi dans notre contrat. On n’a pas envie de les mettre en porte à faux. J’ai tendance à dire que je ne m’ennuie pas sur « Un Si Grand Soleil », j’adore mon personnage, j’adore être sur la série, je suis incarnée dans le personnage d’Eve, j’ai envie de continuer à l’incarner, ça me ferait bizarre de devoir le lâcher pour aller incarner un autre personnage. Je ne sais pas si j’en ai très envie pour l’instant, ou alors il faudrait que ce soit pour un travail de longue durée donc, effectivement, je vous rejoins sur l’idée du théâtre. C’est peut-être ce qui me manque un peu à l’heure actuelle. M’est venu à l’idée de commencer à travailler sur un projet pour moi mettre en scène au théâtre. C’était avant la crise sanitaire, j’ai un petit peu mis ce projet entre parenthèses avec l’arrêt du théâtre mais là, ça repart donc je vais me remettre un peu dessus. J’aimerais bien mettre en scène…

Merci, Emma, pour toutes vos réponses !

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Un Si Grand Soleil : Fabrice Deville fait le bilan de ses deux premières années à l'antenne !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Fabrice,

Quelle joie d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

On vous retrouve dans la série quotidienne de France 2 « Un Si Grand Soleil » et ce doit sans doute être une joie à chaque fois pour vous de rejoindre toute l’équipe sur le tournage ?

Oui, c’est toujours un plaisir, c’est toujours un plaisir d’aller travailler, c’est toujours un plaisir d’avoir cette chance d’exercer son métier. C’est parfois cela qu’on oublie et que certains pourraient avoir tendance à oublier. Soyons déjà heureux de tout cela, plutôt que de passer déjà à d’autres revendications et d’autres demandes. Je trouve que l’on est très bien servis sur la série, je suis très satisfait de cela, d’aller travailler. Après, mais c’est je dirais la deuxième étape, de rencontrer, de retrouver des gens avec lesquels je m’entends bien. Alors, on ne peut pas s’entendre bien avec tout le monde, ça c’est normal parce que c’est une énorme équipe mais je vous assure que, quand on arrive là-bas, il y a largement de quoi faire avec les gens que l’on aime bien. Comme je ne cherche plus à plaire, je vais vers les gens qui me le rendent bien donc ce qui fait que je n’ai que du plaisir aujourd’hui. Depuis le début d’ailleurs, je l’ai redit au producteur hier qui m’appelait pour avoir des nouvelles, sans rien demander d’ailleurs, je trouve cette démarche, cette attention superbe. Cela me touche beaucoup et me porte de Paris à Montpellier avec beaucoup de grâce et de plaisir. Je le dis exprès avec ces mots-là, bien pesés et bien portés.

Vous évoquiez Montpellier, c’est vrai que le cadre de tournage et la ville sont très agréables…

C’est TRES agréable, sauf quand il y a de gros évènements de pluie mais il y en a quand même que très rarement. C’est très agréable, il y a une population qui vit à un rythme différent de celui de Paris, ce qui fait que les gens sont plus détendus, c’est plus relax, nous poussant, moi parisien, à descendre et être plus calme niveau rythme. C’est important de s’adapter aussi à leur rythme à eux, plutôt que d’arriver à Montpellier avec son rythme parisien. Il y a cette phrase qui dit « quand tu montes dans le chariot de ton voisin, tu te dois de chanter sa chanson ». Donc, quand on va à Montpellier, on se doit de respecter les règles et les codes de la région. C’est un vrai plaisir que j’ai à rencontrer les montpelliérains là-bas.

 

 

Votre personnage, Florent, a déjà vécu beaucoup de choses, professionnellement et personnellement. Justement, quel regard portez-vous sur son évolution ?

Son évolution est très normale. Je dirais que mon personnage grandit normalement avec, oui, certainement, une importance dans la série. Mais je ne dirais pas plus que d’autres, en tout cas je n’ai pas cette impression-là. Il va vivre une intrigue avec son frère donc c’est sûr qu’il est au cœur de tout cela mais, moi, c’est comme dans la vie, je trouve qu’il y a une évolution normale d’un personnage. Il se trouve qui lui est parfois plus filmé que les autres mais ça s’arrête à cela, il a son aventure avec son frère, il est avocat donc on le voit en train de gérer les histoires des uns et des autres. C’est une évolution normale, oui. Maintenant, on n’a pas fait le tour de plein de choses et les scénaristes ont beaucoup d’imagination donc heureusement qu’il a une vie qui est chargée. Je ne sais pas vers quoi ils vont m’emmener mais, franchement, je trouve ça très très chouette.

Son frère arrive alors qui lui n’a rien demandé, ensuite Quira est mêlée à un truc et là aussi, il va la défendre. Sa femme est mêlée à une histoire de testament, il va la défendre. Ensuite, pour sa vie à lui, il va s’associer, il va grandir, avec Johanna. Donc évolution normale…il ne crée pas de vagues en fait, il est là, il est plutôt rassurant, ce n’est pas un personnage qui est trop marqué. Il est porté et, après, quand il y a des choses à jouer, il est un peu plus poussé mais c’est tout. Non, je suis très content !

Quels principaux retours vous font les fidèles téléspectateurs du programme ?

Ils en pensent du bien parce qu’il n’est pas casse pieds, il est sympa et il résout quelques problèmes. Avec l’aide des scénaristes et mon interprétation pour que les gens comprennent bien ce qui a été écrit, en articulant comme il faut et en rendant ça quotidien, les gens pourrait s’identifier au personnage, en se disant « tiens, j’ai cette problématique avec mon enfant, c’est amusant, ça a été réglé comme ça et si je tentais ça ». Donc c’est plutôt pas mal. Comme le disait un ami comédien réalisateur, « là où tu es vraiment intéressant Fabrice, c’est quand tu joues un homme qui a un passé ». Florent a encore un passé à chercher ou en tout cas à mettre en avant. Peut-être que ce passé fera écho chez les téléspectateurs et que cela leur permettra de résoudre certaines problématiques, en tout cas d’avoir des idées.

Une dame, un jour, m’a interpellé à la gare en me disant « bravo pour la façon d’avoir géré votre fils sur une histoire de vidéo balancée sur le net, j’ai trouvé cela très intelligent ». Cela permet de créer du lien. Pour les études de son fils, pareil, il a fini par être à 100% à ses côtés. Voilà… Donc c’est intelligent. On ne peut pas changer les autres, il n’y a que soi que l’on puisse changer. Donc Florent, c’est lui qui va changer pour permettre à son fils d’être à l’aise et d’aborder ses études avec beaucoup de sérénité, plutôt que de voir des parents vouloir pousser des enfants dans une voie qui n’est pas là leur. Ce n’est pas intelligent mais je comprends le réflexe des parents. Quand on le voit dans la série, il y a quinze scénaristes derrière, des dialoguistes, bon, à plusieurs on résout pas mal de problèmes. Disons qu’il y a un bon retour des téléspectateurs, pour cette raison-là d’essayer de résoudre ou, en tout cas, d’essayer de faire réfléchir sur des problématiques de la vie de tous les jours.

Dans votre méthodologie plus personnelle de travail, vous arrive-t-il de regarder la diffusion, pour vous rendre compte du rendu final à l’image ?

Oui, je reçois tous les extraits, ce qui fait que je regarde certaines scènes et je me dis « ah oui, c’est sympa ». Non pas pour se regarder en se disant « je suis bien ou je ne suis pas bien » mais c’est de se dire « tiens, est-ce que je ne m’endors pas dans mon personnage ? Est-ce que je suis bien toujours au taquet ? ». Je n’ai pas envie de m’endormir, j’ai juste envie de jouer à fond mais il y a certaines scènes où c’est juste « passe-moi le sel » donc je ne vais pas le gueuler. Je ne vais pas non plus pleurer en passant le sel. Je trouve parfois que certains acteurs, très souvent dans des téléfilms, quand ils ont des petits rôles de flics et qu’il y en a toujours un un peu stupide, vont en faire des caisses et des caisses. Ils n’ont pas beaucoup de temps à l’écran et on remarque qu’ils en font des caisses. Ce n’est pas ce que j’ai envie de faire. Donc je me regarde pour me demander si je suis toujours juste.

 

 

On le sait, votre expérience télévisuelle est significative. Au fur et à mesure de vos journées de tournage, avez-vous peaufiné et adapté votre méthodologie de préparation ?

Alors, oui et non. Moi, il me faut deux jours pour apprendre, le lundi pour le mercredi. Quand il y a de grosses grosses scènes d’avocat, c’est parfois un peu plus long. Je ne peux pas apprendre le matin pour le jour même mais, finalement, je me suis un peu laissé déborder, j’apprenais le soir pour le lendemain. Là, ça me faisait un peu peur parce que je cherchais mon texte, plus que de jouer la situation. Donc j’ai demandé au coach de vraiment m’aider. Personne n’a rien vu, c’est passé mais moi, je sais que je me suis un peu mis en danger. En tout cas, je n’ai pas été confortable.

J’ai le souvenir d’une scène avec Claire où elle me demande pourquoi j’ai dénoncé mon frère. Parce qu’il aurait pu ne pas aller en prison. Et là, je lui dis « mais non, écoute moi, ce n’est pas parce que l’on a un vice de forme que le procès est annulé, il est décalé, il n’allait pas éviter la prison simplement parce qu’il y a un vice de procédure, oui on annule la procédure mais on la reprend, tu comprends ? ». Après, je me suis tourné vers les techniciens et leur ai même demandé avec humour « mais vous comprenez, bordel, ce que je suis en train de vous expliquer ? ». Cela me tenait à cœur d’être précis. C’est ça que j’ai envie de continuer à défendre, je veux des scènes comme cela, quelles qu’elles soient. C’est pour cela que je me regarde, j’ai envie de travailler encore plus ces scènes-là et de ne pas m’endormir. Ça fait deux ans et deux mois…J’aime beaucoup mon métier d’avocat.

Hier, j’étais avec un avocat au téléphone, qui me demandait de témoigner dans une affaire, rien de bien méchant et j’ai commencé à lui parler un peu avec des mots d’avocat et il m’a dit « faites simple ». Lui avait très bien résumé ma pensée en deux/deux et moi que dalle. Il devrait faire équipe avec les scénaristesJ. C’était drôle et, comme quoi, chacun son métier.

Merci, Fabrice, pour toutes vos réponses !

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Un Si Grand Soleil : Mélanie Maudran fait le bilan des trois premières années de la série quotidienne de France 2 !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Mélanie,

Quelle joie de vous retrouver pour ce nouvel échange !

La série « Un Si Grand Soleil » a fêté récemment ses 3 ans, avec la fidélité que l’on connait du public. Cela doit sans doute vous faire particulièrement plaisir ?

Ah, ben oui, cette assiduité, cette fidélité ne se démentent jamais. Tous les jours, tous les soirs, les scores ne sont pas loin des 4 millions, ou même plus. Voilà, c’est formidable d’avoir réussi à fidéliser cette ville fictive, avec tous ces personnages auxquels les gens se sont attachés. C’est une grande satisfaction évidemment pour nous tous, ça nous touche énormément. Il y a 3 ans, on ne s’était pas projetés sur un tel succès et que ça ne se démente pas est super. On est ravis !

Globalement, quels sont les principaux retours que vous font les fidèles téléspectateurs du programme ?

Il y a un attachement aux personnages, une familiarité. C’est-à-dire que l’on est chez eux tous les soirs. Certains se retrouveront dans tel personnage, d’autres dans tel autre personnage, d’autres à travers une intrigue mais, en tout cas, il y a ce côté familier qui s’instaure et les gens ont l’impression de nous connaitre. Donc c’est touchant !

A titre plus personnel, vous devez sans doute être ravie de retrouver toute l’équipe sur le lieu de tournage, pas uniquement les comédiens mais aussi les gens de l’ombre…

Vous faites bien de le dire, bien sûr, complètement ! Là, on a fini la troisième année mais, non, il n’y a pas de lassitude parce qu’il y a toujours ce bonheur de retrouver ces gens que l’on connait mais que le public ne connait pas. Parce qu’il faut savoir que ce sont les mêmes personnes qui sont, globalement, derrière la caméra depuis trois ans. Oui, il y a un espèce de truc très familier, d’avoir plaisir à se retrouver et ça contribue à l’énergie qui se dégage de cette série et, je pense, au fait que ça fonctionne. Enfin, je reste convaincue que tout est lié et que le fait qu’il y ait une bonne entente, un bon état d’esprit aide…le positif amène le positif.

 

 

Cela reste une grande famille artistique certes mais une grande famille…

Je trouve que ce terme est souvent trop utilisé mais, en l’occurrence, pas en ce qui concerne une quotidienne. La plupart des téléfilms se tournent en un mois puis on se quitte, une saga au pire c’est 4 à 5 mois mais, là, pour une série quotidienne sur 3,4 ou 10 ans, je pense que l’on peut vraiment parler d’un esprit de famille, de troupe en tout cas, d’équipe parce que l’on ne se quitte jamais et c’est chouette. C’est ça qui est douloureux régulièrement sur des tournages, c’est de lier des amitiés très fortes et des moments forts avec les gens pour, finalement, les quitter alors que l’on a l’impression que l’on vient à peine de commencer. C’est ce qui est appréciable sur une série comme celle-là, c’est que l’on peut faire évoluer un personnage dans le temps, on peut faire évoluer des amitiés en dehors, c’est hyper agréable.

C’est vrai aussi que le cadre de Montpellier est très agréable et sans doute aidant…

Oui, on est dans un contexte hyper favorableJ, on a le soleil, on a la mer, on a des équipes qui sont en permanence en recherche de nouveaux décors et, généralement, ils ciblent des trucs que peu de gens connaissent. Nous, à travers la série, on découvre ce qu’il y a de plus beau, directement on atterrit dans des lieux toujours assez chouettes.

Concernant le personnage de Claire, on l’a vu récemment à l’image accompagner les derniers jours d’une dame d’un certain âge. Cela a sans doute dû générer pas mal d’émotions en vous ?

Oui, parce que c’est un sujet universel, quoi qu’on en pense, on est à un moment donné concerné par cette perspective de fin de vie : quelle sera-t-elle ? quelle serait notre position personnellement si jamais il devait y avoir souffrance, s’il devait y avoir vraiment cette question d’euthanasie/pas euthanasie, d’accompagnement, d’acharnement thérapeutique…je trouve cela vraiment super que ce débat soit soulevé dans une quotidienne. Voilà, Claire a sa position, qui est très forte, toujours dans l’empathie de l’autre et dans le fait que chacun dispose de son corps. Je veux dire que, pour elle, c’est la base, c’est ce qu’elle défend, tu es maitre, tu fais ce que tu veux en fait, ce n’est pas à quelqu’un, même du corps médical, de te dire comment tu dois finir ta vie et comment tu dois mourir. Elle est très ancrée dans cette position et je trouve que c’est tout à son honneur d’avoir des croyances, d’avoir des combats. Heureusement qu’il y a des gens comme ça. Maintenant, est-ce qu’elle a raison, est-ce qu’elle a tort, ce n’est pas à moi de trancher, c’est un autre sujet mais c’est une femme de cœur, de parole et d’engagement. Moi, c’est ce qui me plait dans ce personnage.

C’est vrai que ça fait partie des valeurs de la série que de poser ces questions…

C’est bien que ça réveille un peu, en plus c’est un débat actuel qui est loin d’être résolu donc si à travers une quotidienne qui touche des gens de toutes catégories et de tous âges, on peut se poser des questions, c’est encore mieux, c’est chouette.

 

 

Un peu plus tôt à l’image, il y a eu toute cette arche avec Myriam autour de vos sorties clandestines. Adaptez-vous votre approche du jeu en fonction des thèmes et de leur « gravité » ?

L’implication est la même, après ça ne soulève ni les mêmes débats, ni les mêmes enjeux, ni la même charge émotionnelle. Forcément, quand je m’apprête à tourner une scène avec la comédienne qui joue Violette où elle m’annonce qu’elle veut aller voir une dernière fois le lieu qu’elle a le plus aimé dans sa vie parce qu’elle sait que c’est la fin, voilà, ça n’a pas les mêmes répercutions sur mon personnage que quand il va dans un aquarium pour se faire un peu vibrer. Ce sont deux énergies différentes et ce sont deux choses qui sont intéressantes à amener aussi. Nous ne sommes pas dans la même énergie mais dans la même implication de jeu.

Concernant la vie plus personnelle de Claire, quel regard portez-vous sur ce qu’elle a vécu ?

Là, ils vont vers un équilibre familial super, une stabilité que Claire a peu voire pas du tout connue dans sa vie. Justement, je trouve que ça participe à l’apaiser, elle en tant que femme je pense se sent bien dans cette famille recomposée. Cela soulève aussi pas mal de situations, c’est-à-dire que, à partir du moment où on est une famille recomposée, c’est infini, ça va être super à explorer parce que je pense que l’on n’est qu’au début de cela. Non, c’est super et puis il y a eu aussi l’arrivée de Quira, jouée par Coline, que je trouve géniale. Avec Theilo, ça fonctionne super bien, ce sont deux gamins très très agréables, avec, vraiment, une grande maturité. C’est très agréable, ce qui fait que quand on tourne tous les quatre ensemble, on est dans un espèce de truc facile, d’échanges, on se connait bien maintenant, ça roule.

Au fur et à mesure de ces trois années de tournage, votre méthodologie de préparation en amont s’est-elle peaufinée ?

Non, on est toujours, depuis le début, dans une combinaison de travailler vite et de travailler bien. Donc d’être efficaces mais de ne pas négliger d’aller en profondeur. Ce sera toujours le cas tant que je tournerais sur cette série. On est à la fois dans cette nécessité de tourner 6 à 8 scènes par jour, parfois avec beaucoup de texte qu’il faut bien, à un moment donné, ingurgiter et apprendre et, à la fois, dans l’importance de ne pas négliger les émotions que ça implique, d’avoir toujours le même investissement. Donc, non, c’était déjà le cas au début et, là, on est 3 ans après et j’ai toujours la même manière d’aborder mon travail.

Merci, Mélanie, pour toutes vos réponses !

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Un Si Grand Soleil : Benjamin Bourgeois revient sur les trois premières années de la série !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Benjamin,

Quel plaisir de vous retrouver pour ce nouvel entretien !

La série « Un Si Grand Soleil » a récemment fêté son 3è anniversaire. Pour vous qui êtes présent depuis le début, on imagine sans doute la fierté que cela représente ?

Oui, c’est aussi un étonnement mais, vu le travail fourni par tous, auteurs, production, comédiens, ce n’est pas forcément une surprise non plus. La qualité du travail et ce qu’on y produit, oui, on est conscients que l’on fait quelque chose de bien. C’est l’engouement qui me surprend un petit peu. En festival, les gens viennent nous voir, sont bienveillants, sont plutôt très positifs. Ils ont le détail absolument incroyable, ils se souviennent de certains trucs que l’on a faits en tant que personnage que nous avons oubliés, nous qui ingurgitons énormément d’informations et devons passer à autre chose. Mais eux n’oublient rien, ils sont redoutables J et ils nous en veulent aussi pour des trucs que l’on a faits. Alors, c’est vrai, on a deux mois d’écart entre ce que l’on joue et la diffusion mais eux ont un passif d’un an et demi, c’est assez amusant, ça nous dépasse parfois. D’où la surprise et, à la fois, le côté très jouissif de tout cela. On sait que l’on apporte un peu de joie et de distraction dans le foyer, c’est important. Surtout en cette période…

A titre plus personnel, le fait de régulièrement retrouver toute l’équipe sur le tournage doit être un plaisir, tant les comédiens que les gens de l’ombre.

Oui, c’est un peu une seconde maison. C’est comme dans une grande entreprise. Je n’ai pas le même rythme de travail qu’une personne qui va au bureau de 8h à 18h chaque jour, nos jours de tournage sont dispatchés dans le mois et j’en ai quand même plutôt pas mal. Je retourne à Montpellier, je retrouve des gens que je connais, quand j’arrive au studio, c’est la famille, des gens avec qui je peux déconner, des gens avec qui on va parler plus pro et puis les affinités se créent, comme dans toute entreprise ou dans toute vie. Il y a une réelle vie sociale, que ce soit avec les collègues ou les gens, en effet, qui sont derrière la caméra. Donc c’est une vraie vie qui s’est développée au fur et à mesure des années, on commence à bien se connaitre, nos qualités, nos défauts, on commence à bien pouvoir déconner. J’ai la chance de pouvoir faire un métier où je m’amuse, je crois que ça se sent, oui, c’est très très jouissif de vivre ça comme cela. Ce n’est pas donné à tout le monde.

Ce qui est marrant, c’est que pour certains tournages d’unitaires notamment, c’est très intense. Il y a toujours, quoi qu’il arrive, une intensité. On connait le début, on sait soit disant où est la fin mais on connait tout le monde. Là, on est sur une quotidienne, sur l’année je connais mon nombre de jours de représentation et, ensuite, on se laisser aller. Il y aura peut-être plus de choses, moins de choses, il y a une inconnue. Donc ce côté quotidien, on le vit aussi dans le relationnel avec les gens. C’est marrant, on garde une certaine intensité mais elle est diluée dans ce côté « allez, je vais venir mercredi, jeudi, je repars vendredi et je reviens la semaine prochaine » et ça fait trois ans que ça dure. C’est assez fou, la relation est devenue très particulière mais je pense que c’est propre à la quotidienne.

 

 

En plus, le cadre de tournage est très agréable…

Montpellier est très très chouette, la ville est super, les gens sont très accueillants, le soleil, la mer…le cadre du studio qui se développe énormément. On va avoir l’année prochaine deux gros bâtiments en plus, il va y avoir des choses folles qui sont en train de se créer petit à petit à Vendargues. Le développement de la région Occitanie, de ce que fait France Télés Studios sous le contrôle de Thomas et de ses équipes…c’est un peu fou ce qui va se passer. Ça va être dingue…je suis témoin de cela, de l’émergence d’un grand pôle de cinéma, de télé…on est déjà dedans depuis un moment, je vois se développer la chose, ça va être assez fou, vous allez avoir de belles surprises, vraiment.

Pour en revenir à votre personnage, pendant ses trois ans, il a vécu beaucoup de choses, tant professionnellement que personnellement. Justement, quel regard portez-vous sur tout cela ?

C’est un personnage qui s’est un peu aguerri, qui s’est un petit peu extériorisé, sans être extraverti, il s’est assumé un petit peu. Il a commencé aussi à développer d’autres qualités professionnelles, je pense de par l’expérience des affaires et de celle qu’il a réussie à avoir de son partenaire, Manu Léoni, qui, lui, est un flic redoutable, avec ses défauts et ses qualités. Voilà, il a grandi et, là, je le transforme un petit peu, de par la relation qu’il a avec sa nouvelle copine, Julie. De par aussi ses expériences acquises et moi aussi, Benjamin, qui ai envie de changer un peu de tête et plein de choses. J’essaie d’apporter cela au personnage d’Alexandre, évidemment toujours en adéquation avec la production et les auteurs. J’ai l’impression que ce garçon est plus mature, il grandit, c’est assez plaisant.

 

 

Alors on peut imaginer qu’il aille peut-être dans des choses plus âpres, des épreuves de vie, pour l’instant j’aimerais que ce soient des épreuves de vie rigolotes, j’ai envie de faire de la comédie, j’ai envie d’être dans des choses légères parce que ça me plait plus. J’ai cette envie-là dans cette période. Après, s’il y a des choses dramatiques à faire, je laisse les auteurs me diriger.

Vous avez évoqué ce vrai binôme avec Manu. On sent une vraie complicité entre eux deux et donc entre vous.

C’est la même chose dans la vie, Moise a énormément de qualité, on n’est pas d’accord sur plein de choses, on est différents sur plein d’autres trucs mais c’est mon poto. C’est quelqu’un qui est diablement intelligent sur plein de trucs. Surtout, je n’ai pas peur de lui dire ce qui irait ou ce qui n’ira pas et c’est pareil pour lui. On est dans une sorte de transparence, évidemment on est des comédiens, comme dirait l’autre on est une sale race de comédiens, on a des égos, des amours propres, des sensibilités, c’est chiant un comédien, ne nous le cachons pas, c’est relou, c’est très très relou. Mais l’avantage avec lui est que l’on évite ce genre-là, les égos mal placés, on essaie de ne pas tirer la couverture à soi ou, si ça arrive, on se le dit. Si, inconsciemment, l’un essaie, sur une situation, de tirer la couverture, si on sent que la scène ne le mérite pas, qu’il faut l’équilibrer, on se le dit. Il n’y pas d’animosité aucune, c’est plutôt un gros partage. Comme on aime bien déconner, on ne dirait pas, sous ses airs de Spartacus, c’est un gros déconneur, il adore ça, il adore jouer sur le second degré ce trouffionJ, au final comme c’est un peu ma came aussi, on s’amuse beaucoup et on se dit tout. C’est plaisant. Encore une fois, en ayant nos différences, c’est ça qui est génial, vraiment.

C’est pareil un peu d’une certaine manière avec Yvon, que j’aime particulièrement, qui est un homme brillant, drôlissime, c’est un clown…un clown proche de la retraite mais un clown, un clown incroyable mais proche de la retraite…oui, il me fait marrer, on se marre bien. Encore une fois, c’est toujours le désir de faire en sorte que la situation soit la meilleure possible, de rendre un maximum service à cela, quitte à ce que ça passe par à un moment ne plus dire telle ou telle chose, se mettre en arrière, effacer les mots…je trouve que c’est important et c’est pour cela aussi que ça réussit sur les scènes de commissariat, sur l’évolution des personnages, sur la complicité que l’on peut voir : c’est lié vachement à cela, l’envie de faire et d’être au service de la série, de la situation.

Au commissariat, l’équipe grandit de plus en plus et cela vous permet d’être présent dans d’autres décors, sur d’autres registres.

Alors, il y a pas mal de situations qui découlent de cela. J’étais très content, j’en avais parlé avec le producteur qui était venu nous voir en nous disant qu’il voulait, avec les auteurs, étoffer un peu le commissariat, ajouter plusieurs personnalités. Ça reste une série majoritairement policière, si on doit faire un ratio sur tout ce qui s’est passé cette année, il y a quand même beaucoup de commissariat, il y a même des expériences humaines dans le commissariat. Le commissariat est un pôle important, où sont relatées beaucoup de choses. Le producteur nous prévenait qu’il voulait rajouter des personnalités, je pense qu’il faisait ça, un pour nous prévenir et, deux, pour prendre un peu la température de ça. J’étais très heureux, je pense que c’est nécessaire, ça va créer beaucoup plus d’interactivité, peut-être même à titre plus personnel, en tant que comédien, que ça va me laisser plus de liberté. Alors ce n’est pas trop le cas pour l’instant, ça viendra peut-être à un moment…ceci dit, je suis content de travailler. L’avantage est que ça crée des choses, si pour moi, à un moment, ça crée des fenêtres où je pourrais faire d’autres projets à côté, si ça génère par des ellipses des aventures passées, qu’Alexandre Levy ait vécu des choses et qu’il revienne avec une autre histoire à raconter, pourquoi pas. Mais quoi qu’il arrive, je pense que l’important est la richesse et la mixité de cela, des divers nouveaux flics qui viennent, avec vraiment des tempéraments différents, on le voit en ce moment. Il y en aura sans doute d’autres et tant mieux, il faut que ce soit comme cela. En plus, très bêtement, pour qu’il y ait des aventures, des histoires, il faut qu’il y ait une multiplication des protagonistes. Si on ne reste que sur nous, on va très vite s’épuiser. Donc, pour que l’on puisse perdurer, pour que l’on puisse raconter des choses, il faut qu’il y en ait plus. Je trouve cela plutôt positif.

 

 

Au fur et à mesure de ces trois années, votre approche du tournage et votre méthodologie de travail ont-elles évolué ?

Il y a un truc, c’est que ce que l’on fait sur la quotidienne est propre à la quotidienne. Je suis un petit récurrent sur une autre série, qui s’appelle « Police de caractères », avec notamment Clémentine Célarié et, grosso modo, j’arrive ici avec un personnage que j’ai proposé dans les castings, c’est un légiste plutôt fantasque, avec le verbe facile, un peu la déconne. Ce n’est pas un Alexandre Levy, c’est plus encore une fois un Benjamin Bourgeois qui s’amuse avec un personnage comme cela. C’est un déconneur, il prend les choses avec ironie et légèreté. C’est ma personnalité aussi, j’aime bien, je m’amuse. La méthodologie, c’est sûr que le fait d’avoir fait de la quotidienne, d’avoir ingurgité des tonnes et des tonnes de texte, à partir du moment où je suis dans un élément un peu comme un poisson dans l’eau, elle va rapidement se faire, je connais les choses très rapidement, je n’ai pas d’appréhension, je peux m’adapter très très vite. C’est sûr que ça m’a appris à travailler très vite, à pouvoir ingurgiter les choses très très rapidement. Maintenant, je n’ai jamais été trop loin de moi dans la composition d’un personnage pour voir si ça peut s’adapter à tout format ou toute autre chose. Là, je suis dans des choses que je peux plus ou moins maitriser et dans lesquelles je peux m’amuser. Quand il s’agira peut-être d’aborder quelque chose de plus âpre, sombre, un autre trait de personnalité que le mien, une autre composition, je ne sais pas si cette méthode ne sera pas contreproductive. Je suis curieux…Ça viendra et, là, je verrai sur une partition plus sombre si la quotidienne m’a apporté énormément de choses ou si ça peut être parfois contreproductif d’aller trop vite.

Merci, Benjamin, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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