Ici tout commence : Jean-Védas Mata Nzadi évoque Brice, son personnage dans la série quotidienne de TF1 !

Publié le par Julian STOCKY

Crédits photo : Emmanuelle Swan

 

Bonjour Védas,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Nous pouvons vous retrouver actuellement dans la série quotidienne de TF1 « Ici tout commence ». A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela a été pour vous de participer à cette belle aventure ?

Cela faisait un an et demi que je me formais pour être acteur et c’est arrivé à un moment clé en fait, où j’avais énormément de difficultés. Je me posais encore des questions sur ce métier et sur mon avenir. Je n’avais jamais exercé en professionnel. A l’école, on était entre amis, on était soudés mais l’après-école pouvait être différent et ne pas me plaire. Dès que je suis arrivé au casting, tout s’est bien passé. Mais lorsque mon agent m’a appelé pour me dire que j’étais pris, je n’étais pas spécialement content, j’étais surtout focus sur ma situation personnelle. Cela m’a incité à faire les choses bien face à cette belle opportunité, à y aller à fond, à travailler de suite le scénario et mon personnage, pour ne pas avoir de regret. Il ne fallait pas se louper, ça aurait pu être la fin de quelque chose qui n’avait pas encore commencé. On va dire que c’est plutôt maintenant que je profite.

Avec vos mots, comment caractérisez-vous Brice ?

Quelqu’un de caractériel. En fait, il y a deux Brice, c’est vraiment un personnage assez complexe et c’est pour cela que j’ai aimé le jouer. C’est un mec qui est cool avec tout le monde, même au début avec Jude mais le fait que ce dernier l’ait trahi et que ça ait mis sa famille en mille morceaux l’a fait vriller. Il est caractériel, il aime bien s’habiller, il est charismatique, il a énormément de vices, je le vois comme un serpent, c’est d’ailleurs comme cela que je l’ai travaillé. C’est le gars à qui on ne doit pas forcément faire confiance parce qu’il peut manipuler quand il veut. Quand il sent qu’il n’a pas la situation en main, ça l’énerve.

En amont du tournage, avez-vous regardé les épisodes en cours de diffusion pour vous imprégner de l’ambiance ? Ou avez-vous préféré garder une certaine distance ?

Je ne sais pas si ça a été de manière volontaire ou involontaire mais je n’ai pas essayé de regarder les épisodes. Comme Brice vient de Lille, en vrai il n’est attaché à aucun des personnages de l’institut Armand donc je n’ai pas essayé de me caler vis-à-vis d’eux. Je pense que ça aurait pu enlever la surprise sur le caractère d’untel. Si j’avais regardé avant, j’aurais été moins surpris par celui de Greg par exemple. C’est comme si je ne les connaissais pas, comme si j’arrivais vraiment de mon école, j’ai essayé de faire connaissance.

A l’inverse, maintenant que les images sont diffusées chaque soir, regardez-vous le rendu final ?

Enormément ! Au début, j’avais un peu peur de le faire, honnêtement. En fait, il y a une différence entre la perception de notre jeu et ce que les gens ont de nous. Je me remets souvent en question, j’ai toujours été élevé comme cela, à travailler sur le fond plutôt que sur la forme. Je savais qu’il y avait des scènes où je ne me trouvais pas top. Pour certaines, j’avais raison, j’ai vu des points nerveux sur mon visage, j’ai vu mes sourcils bouger, j’ai vu mes lèvres sortir pour rien, j’ai vu une main ou une jambe bouger pour rien, signe de stress. J’apprends encore le métier…A l’inverse, j’ai aussi aimé pas mal de scènes. En tout cas, je me demandais toujours si j’aurais dû dire la phrase de telle ou telle façon, et plein d’autres choses. C’est intéressant de se regarder mais c’est un peu dur.

On le sait, le rythme de tournage sur une quotidienne est soutenu mais vous avez eu la chance d’être bien entouré…

On est énormément aidés, notamment par le coach, Pascal Barraud. Il a été d’une réelle aide, il a été une sorte de pont entre moi et mon personnage. Quand j’essayais des choses, il me disait ce qui était bien et ce qui ne l’était pas. Cela me mettait en confiance pour les tournages du lendemain. On a aussi des répétiteurs, ce sont des acteurs qui viennent aider à répéter chaque scène et qui sont aux oreillettes quand on tourne. Sans eux, on n’aurait pas le même rendu. Sans oublier les réalisateurs, notamment Eric Le Roux qui m’a chamboulé la tête. Il est fantastique parce qu’il m’a vraiment aidé dans la création de mon personnage, il m’a mis en confiance.

 

Crédits photo : Emmanuelle Swan

 

Ce mois de tournage a donc été un accélérateur d’apprentissage et de confiance pour vous ?

Exactement ! L’institut Armand est une école de cuisine où on apprend à faire à manger mais c’est aussi une école où on apprend à jouer, à être dans cette immédiateté constante. Ma manière de me concentrer sur le plateau était différente de celle pendant ma formation, où on était davantage sur les planches. C’était intense mais super intéressant ! Les émotions sont un muscle, comme me le disait Lola Zidi, une de mes coachs. C’est donc un travail permanent. Ce qui est bien avec une quotidienne, c’est qu’on tourne du lundi au vendredi donc, forcément, au bout d’un moment, c’est comme si on allait à la salle tous les joursJ. On ne devient pas acteur en deux mois mais une quotidienne y aide.

A propos de cuisine, avez-vous été accompagné pour les bons gestes à effectuer derrière les fourneaux ?

Quand même un peuJ. On a une formation, on est accompagnés. Après, mon père cuisine pas mal donc il y avait des petits gestes que je reproduisais de la même manière. Mais on a aussi un coach de cuisine sur place pour nous accompagner, qui donne les instruments et qui nous dit à quoi ils servent.

De façon plus globale, le lieu de tournage est magnifique…

Il est idyllique, c’est vachement beau. La Camargue est magnifique. En arrivant à l’institut, il faisait beau, j’y ai même découvert une piscine, j’étais en mode « Waouh !!! ». J’étais choqué, pour vous dire la vérité. C’est tourné dans un village, ça a un charme particulier, tout le monde se connait, les fans de la série se réunissent en fin de journée pour voir quelques acteurs. Je trouve ça convivial, beau, c’est comme une famille en fait. Tous les quinze jours, au moment du changement des équipes, tous se retrouvent pour aller boire un verre ensemble au bar du coin. C’est comme une troupe.

Pour en revenir à l’intrigue, le thème fort du harcèlement entre jeunes est évoqué…

Indépendamment de la nature du personnage, en tant qu’acteur, j’ai travaillé ce rôle-là comme un anthropologue. J’ai vraiment essayé de savoir ce qu’est une personne narcissique, une personne perverse, qui cherche toujours à manipuler. J’ai cherché sur Google ses traits de caractère, ses attitudes, les causes de son comportement. Généralement, ce sont des personnes qui ont connu un trouble dans leur famille ou qui ont vécu quelque chose d’assez difficile et qui, pour se protéger peut-être, vont justement s’attaquer à plus faible. De là, comme Jude avait détruit ma famille, j’ai défendu mon personnage via ce prétexte. Même si ce que fait Brice n’est pas forcément juste, je ne devais pas me le dire, je devais le défendre, sinon je n’aurais plus été crédible. C’était vraiment le moteur du personnage. Après, l’aide de Pascal encore une fois m’a donné des outils techniques : l’articulation, la respiration, le regard,…Cela a été jouissif en tant qu’acteur mais je me rappelle, à la fin du tournage, que je pouvais parfois en avoir un peu marre d’insulter Jude. On ne voit pas, dans la série, comment Brice avait réagi lorsque, précédemment, Jude avait fait du mal à sa famille, on ne voit que sa manipulation donc son côté sombre. Mon personnage n’apparait donc pas comme quelqu’un de bien. C’était particulier mais on l’a fait jusqu’au bout et je ne regrette absolument pas. Si c’était à refaire, je le referais mille fois parce que je suis parti expérimenter des choses que je n’avais pas l’habitude d’expérimenter.

Quand je regarde certaines scènes, je me dis que ce n’est pas moi. Quand je suis dans le vestiaire et que je frappe le casier, le regard que j’ai n’est pas le mien, comme me l’a dit ma sœur. C’était intéressant !

Merci Védas pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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