TF1 / Les combattantes : Sofia Essaidi évoque la nouvelle mini-série de TF1 !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Sofia,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes présente au Festival 2022 de la Fiction TV de La Rochelle pour présenter « Les combattantes », en diffusion prochaine sur TF1. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être de participer à ce bel évènement pour défendre ce chouette programme ?

Oui, oui, c’est une chance pour tous les acteurs d’être dans un projet si ambitieux. On est toujours contents, on est toujours fiers. Oui, partout, quand on regarde ce projet-là, de tous les côtés on est fiers, on est fiers de toutes les personnes qui ont travaillé sur ce film, de tous les corps de métiers qui ont donné le maximum d’eux-mêmes pour faire la meilleure série possible et la plus authentique. Parce que c’est difficile, dans des surproductions comme cela, de garder vraiment l’authenticité du réalisateur qui avait une vraie vision et qui l’a imposée. Je trouve ça génial.

Lors de la projection au Festival, la salle était comble et le retour du public était très positif. Cela a dû vous faire chaud au cœur ?

On était contents ! C’est toujours stressant. Cela fait des mois qu’on connait le projet. Ce moment où, d’un coup, on le donne au public, il y a toujours des émotions assez fortes derrière et c’est vrai que l’on était contents de discuter après avec certaines personnes qui nous ont donné leur avis. C’est intéressant d’écouter même les choses qui peuvent être dès fois moins positives, c’est toujours très intéressant. J’adore avoir des retours…

A titre plus personnel, qu’est-ce qui vous avait incité à rejoindre ce projet ?

La première chose, c’est vraiment que ce soit une série d’époque. Cela fait des années que j’en rêvais, je n’avais pas encore eu l’occasion d’essayer ce genre d’aventure et j’avais très très envie de le faire. Ensuite, le sujet. J’étais très fière qu’une chaine de télé ait envie de faire une série qui parle des femmes pendant la première guerre mondiale. C’est un pan de l’histoire dont on ne parle pas assez je trouve parce que j’ai eu du mal à trouver des œuvres cinématographiques qui parlaient de cela. J’avais besoin d’en regarder avant, j’aime bien m’inspirer et il y en avait très peu. J’ai dû aller voir des documentaires, je trouve cela dommage qu’il n’y ait pas assez de fictions qui parle de cela. Donc j’étais très contente, très heureuse de me dire que ce projet allait permettre qu’on discute, en tout cas de lancer des discussions sur ce sujet-là. Et évidemment le rôle de Caroline, qui est un rôle très riche, très intense, un rôle de composition qui a été, du coup, très intéressant en tant qu’actrice pour moi, d’être cette femme qui retient tout parce qu’elle ne peut pas, n’a pas le droit de dire ce qu’elle pense, d’être qui elle est. C’était très dur, très intense mais très intéressant.

Les premiers épisodes montrent tout de même que, petit à petit, elle sort de sa carapace, à l’usine notamment…

C’est ce que j’ai aimé, vraiment, et c’est ce que j’ai apporté de personnel, c’est vraiment cette libération, c’est ce qui m’a intéressée. C’était écrit mais j’ai eu vraiment envie que mon interprétation aille dans ce sens-là. C’est-à-dire vraiment cette libération intérieure qui fait que, à un moment donné, elle arrive à être elle-même, elle arrive à imposer ses idées, ses choix, ce qu’elle n’arrivait pas à faire au début. C’est dans ce sens-là que j’ai trouvé ce rôle très riche, très intéressant à aller explorer.

Artistiquement parlant, cela vous permet d’aller piocher dans différentes palettes et différents registres de jeu, ce qui doit être particulièrement plaisant….

Oui, super plaisant et super difficile aussi, dans le sens où ce qui m’intéresse, c’est le naturel, c’est d’essayer de trouver le plus de naturel possible quand je tourne et donc c’est de réfréner tout ce qui est naturel, qui vient de moi et qui est beaucoup trop loin du personnage. J’ai plutôt tendance à ne pas retenir mes émotions, à lâcher et sur ce point-là, on est totalement opposées. Après, on se ressemble beaucoup, je lui ai donné beaucoup de moi, comme à tous mes personnages. Mais il y a des moments pendant lesquels on est dans un rôle de composition, quand, vraiment, on doit aller chercher en soi quelque chose qui est complètement à l’opposé de qui on est tous les jours. C’est là que j’adore ce métier, c’est quand j’ai ça sur ce film-là. J’ai cela sur ce film, je l’ai aussi dans mon prochain film qui sort, le prochain film d’Olivier Marchal « Overdose ». Pareil, le travail que j’ai fait en amont est un travail qui a été très dur parce que, d’un coup, on doit baisser les curseurs de soi, de certaines de nos émotions et en lever d’autres. Là, par exemple, sur le film d’Olivier Marchal, c’était le pessimisme. Je suis très optimiste dans la vie, je suis plutôt très solaire et, là, d’un coup, j’incarne un capitaine de police qui est bousillé par la vie et qui avance, qui continue mais qui a un poids sur les épaules, qui voit le verre à moitié vide alors que, moi, je le vois toujours à moitié plein. C’est un travail que j’adore faire, d’aller fouiller ce que j’ai en moi de noir. On a tous de la noirceur, on a tous de l’optimisme mais on a ça à des curseurs et à des degrés différents. C’est ce jeu de curseurs que l’on monte, descend, c’est ça que j’adore dans ce métier, c’est quand même génial.

 

 

Pour la mini-série de TF1, au-delà de magnifiques costumes, le décor est très riche, très minutieux, sans doute que cela a dû vous aider à pleinement vous plonger dans l’atmosphère de l’époque ?

Totalement ! Quand on sort de notre loge et que l’on arrive dans une reconstitution comme vous dites très minutieuse – le travail qui a été fait est gigantesque -, c’est vraiment une chance. On sort et, d’un coup, il y a 40 soldats avec des chevaux. C’est très impressionnant et ça aide beaucoup, évidemment, à se plonger. Je pense que c’est cela que je voulais explorer aussi dans les projets d’époque, être d’un coup projetée en quelques secondes dans une époque différente.

On voit aussi beaucoup d’intensité dans les émotions des personnages ainsi qu’une musique de fond très prenante qui, d’entrée de jeu, marque et cadre de suite la difficulté du moment pour les femmes aussi. D’autant plus que, à cette époque, il y a beaucoup de choses…

…qu’elles ne connaissaient pas, bien sûr. C’est ce qui est extraordinaire et, en plus, c’est ce que raconte mon personnage. D’un coup, les hommes s’en vont et les femmes doivent prendre leur place. Prendre la place quand on ne sait pas, par exemple construire des camions – ce qui se passe avec mon rôle -, comment faire ? Il a fallu apprendre, apprendre en accéléré et j’imagine qu’elles se sont démenées, quel que soit le poste qu’elles ont eu à gérer mais elles ont dû travailler comme des folles pendant toutes ces années et, après, retourner à leur condition de femmes quand les hommes sont revenus de la guerre. Je pense que ça a dû être absolument terrible.

En plus d’avoir ce rôle d’émancipation, votre personnage est aussi une maman d’une jeune fille qui est triste du départ du papa. Il y a donc cette inquiétude pour la mère et la fille de savoir si le papa allait revenir, quand, dans quelles conditions…

Bien sûr ! Oui, je trouve que cette série raconte vraiment bien l’horreur de la guerre, les horreurs on va dire de la guerre, quelles qu’elles soient. Comme vous dites, la condition de femme mais aussi la condition familiale, d’un coup les pères, les frères, les maris qui s’en vont. Je trouve que cette série raconte vraiment cela et ce qui est formidable aussi, c’est que cette série raconte les hommes également. On parle beaucoup de nous quatre, les combattantes, mais ça raconte les hommes, ça raconte les soldats, ça raconte ceux qui ne sont pas allés à la guerre, ça raconte l’horreur de ceux qui y sont allés et qui reviennent, tous ces blessés….on voit beaucoup cela dans la série et je trouve ça formidable parce que l’idée est de raconter les femmes, c’est aussi de raconter l’horreur de la guerre et je trouve que c’est très très bien raconté dans cette série. Comme vous dites, c’est vraiment une série à grand spectacle, on en prend plein les yeux je trouve, ça ne s’arrête jamais, c’est très riche en termes d’émotions, de péripéties, il y a quand même 4 destins, les 4 sont très très bien développés et c’est ce qui fait que ça raconte énormément de choses. Je peux vous dire que j’ai tout vu, ça ne s’arrête jamais, jusqu’au bout, jusqu’à la fin du 8, c’est non-stop, c’est très prenant comme série ! On espère que ce sera un beau succès, on croise les doigts !

Merci, Sofia, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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