Koh Lanta : Jean-Charles se remémore sa longue et belle aventure, jusqu'aux mythiques poteaux !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Jean-Charles,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous avez participé à la saison de « Koh Lanta, le totem maudit », diffusée chaque mardi soir sur TF1. A titre personnel, la diffusion des images a-t-elle ravivé en vous certains souvenirs et certaines émotions vécues sur place quelques mois en arrière ?

Oui, c’est super sympa de revoir les images. Pour tout vous dire, je ne faisais pas cela du tout pour passer à la télé mais plus pour vivre une aventure à l’autre bout du monde avec d’autres personnes. Donc j’étais un peu inquiet mais, en fait, ça n’a pas été désagréable. Parce que j’ai eu de bons retours et parce que les personnes qui m’ont contacté ont toujours été sympas. Après, le fait de revivre l’aventure est assez génial parce qu’on la revit d’une manière assez différente. J’étais dans une équipe où je ne voyais pas ce que les autres équipes faisaient. Donc, là, on découvre, on découvre aussi un peu les personnalités. A des moments, on perçoit les gens d’une certaine manière et, quand on les voit en interview, face à la caméra, on voit certains traits de caractère. C’est marrant même, il y a des moments où j’ai bien rigolé. Après, de revivre mon aventure à moi, dès fois je me demande si les images ne modifient pas le souvenir quelque part. Plus ça dure, plus le souvenir s’estompe. De revivre la chose, on la revit à travers l’image et il y a des moments où je me disais que ce n’est pas exactement cela que j’ai vécu ou dont je me souviens. Donc l’image imprime aussi un souvenir, c’est assez bizarre à vivre.

Pour en revenir à la genèse de votre aventure, quelles principales raisons vous avaient incité à candidater ?

Je ne connaissais pas trop « Koh Lanta », après c’est un terme générique, limite ça pourrait être dans le dictionnaire. Donc il y a plein de monde qui en parle dès que tu as une façon de vivre un peu bizarre ou dès que tu fais quelque chose de sportif en nature. C’est une de mes nièces qui a instigué le truc, après j’ai rempli le dossier. J’avoue, je ne pensais pas du tout être pris. D’ailleurs, j’ai rempli le dossier et, après, pendant deux à trois mois, il n’y a pas eu de nouvelles, j’avais oublié même que j’avais candidaté. Quand on m’a appelé et que l’on m’a dit « c’est machin, de Koh Lanta », je me suis dit « de Koh Lanta ? », j’ai eu l’espace de deux secondes le temps de reconnecter que, en effet, trois mois avant, j’avais rempli le dossier. Pour moi, c’était un peu la découverte permanente, que ce soit au niveau des sélections ou, après, de l’aventure. Je ne pensais pas du tout que j’allais être pris, il faut dire la vérité. Je pensais que ça n’irait pas bien loin. Après, je prenais plus cela du côté expérience, découverte, amusement. Au fur et à mesure, je voyais que je passais des sélections et c’est là que je me suis dit que j’allais peut-être participer et qu’il fallait que je regarde vraiment ce que c’est, pour voir si ça allait me plaire et si, vraiment, j’avais envie de le faire. Du coup, j’ai regardé la dernière saison et, une fois que, dans ma tête, c’était clair, j’ai foncé.

Vous étiez-vous d’ailleurs préparé d’une façon spécifique ?

Non. Je savais que c’était sportif mais, bon, je m’étais dit « vas-y comme tu es et tu verras bien ». Pour la petite blague, avant de partir, je me suis un peu gavé, j’ai mangé pas mal de barbecues et de raclettes, un peu tout mélangé. Comme je suis un peu dans la montagne, le soir quand il fait froid on mange raclette et quand il fait chaud dans la journée, on mange barbecue. Je me suis bien éclaté, j’ai fait quelques soirées avec des amis parce que je savais que, pendant quelques temps, je n’allais plus pouvoir en faire. Donc, voilà, ça a été ma seule préparationJ.

L’aventure avait démarré sur les chapeaux de roue avec l’annonce par Denis, dès les premières minutes, de l’existence du totem maudit. Comment aviez-vous alors réagi à cette information ?

Pour moi, ça s’est passé en deux temps. Au début, quand j’entends qu’il y a un totem maudit, je me dis « ok, bon, ça met un petit challenge en plus : si tu ne gagnes pas, il ne faut pas être dans les derniers, pour ne pas être impacté ». Mais, voilà, j’attendais de voir ce que ça allait donner, moi qui étais un peu dans la découverte, je ne connaissais pas tous les tenants et aboutissants des règles du jeu, c’était simplement un élément en plus. Après, dans un deuxième temps, suite à la réunification, quand j’ai commencé à ne faire que perdre, j’avoue que le totem maudit, je l’ai bien maudit à mon tour. Je me suis aperçu qu’il n’y avait aucun repos psychique, que l’on était tout le temps sur le qui-vive. Pour chaque épreuve, une fois sur deux, il y avait le totem. Si on ne gagnait pas, soit c’était l’immunité et c’était quelque part dramatique, on pouvait sortir de l’aventure si les autres votaient contre nous, soit c’était le confort et si on finissait dernier, on était impacté et parfois durement, on pouvait sortir, on pouvait avoir un vote en plus…Il y avait des choses assez dures et impactantes donc on ne voulait surtout pas finir dernier. Comme je n’étais pas très bon sur les épreuves, c’était un stress supplémentaire, c’est quelque chose que j’avais toujours en tête, je me disais « je vais me le ramasser, c’est quasiment sûr ».

L’avant-dernier épisode diffusé a montré votre brillante victoire dans la mythique épreuve de l’orientation. On imagine sans doute votre fierté et votre joie d’avoir été le premier à trouver un poignard ?

Oui, là c’est pareil, ce qui est assez bizarre, on voit que je ne réussis pas sur les épreuves tout au long de l’aventure individuelle et, pourtant, j’y crois à chaque fois, je voyais bien que les autres étaient des athlètes de haut niveau et qu’ils étaient hyper forts. Mais comme les épreuves sont vachement variées, à chaque fois, je me disais que je pouvais gagner, qu’il n’y avait pas de raison. Si c’est un puzzle, je suis plutôt logique comme personne, je peux m’en sortir. Si c’est un truc de minutie, j’arrive à être minutieux de temps en temps donc je pourrais m’en sortir. Mais, à chaque fois, je perdais…Donc, en fait, quand j’arrive à l’épreuve d’orientation, de nouveau je me dis que je passe mes journées en forêt, je vais aux champignons donc je suis habitué à chercher en forêt, mon œil est habitué à se repérer. Comme c’est un peu mon milieu naturel, je me disais que j’avais des chances de bien réussir. Mais, à la fois, je me disais que, à chaque fois je pense cela et, à chaque fois je finis dernier. Donc j’y suis allé pas plus confiant que pour les autres épreuves et, en fait, au-delà de la joie, de la fierté, c’était surtout un énorme soulagement. Je me disais « ENFIN une épreuve où je ne suis pas ridicule et ENFIN ça contrebalance toutes les contreperformances que j’avais pu faire avant ». Même si je n’étais pas spécialement là pour les épreuves sportives, ça m’a fait un bien fou, c’était vraiment un soulagement total, je me disais « ça y est, mon Koh Lanta est complet, si je sors, je sors ».

Le lendemain, c’est Géraldine qui remporte les poteaux et vous êtes le seul à ne pas avoir été choisi par vos camarades pour les accompagner sur la finale à 3. Quelles sensations avaient alors prédominé en vous ?

Ce n’est jamais agréable de ne pas être choisi, ça fait penser un peu à la cours de récréation quand les petits camarades choisissent pour des équipes, que tu es le dernier ou que personne ne veut de toi. Ça donne un peu cette impression-là. Mais, après, j’aime bien l’aspect justice, mérite et lucidité. Et si j’étais lucide, quand je regardais les autres aventuriers, ils méritaient tous d’y être. Donc, en fait, si je pense à moi-même, je suis déçu mais si je pense à l’aspect méritoire, aventure globale, …François, il n’y a pas photo, le gars a survolé dans tous les domaines. On voit surtout les épreuves, Bastien et François les ont survolées mais il n’y a pas que cela, il y a aussi le camp, la survie, la stratégie, le social…et là-dessus, François était particulièrement fort aussi, il survolait de ce côté-là. Bastien avait une telle personnalité à part que lui aussi attirait les regards. On se marrait avec lui, il a un côté pince sans rire. Enfin, Gégé est la bonté incarnée et, mine de rien, sur les épreuves, elle n’était jamais dernière, elle s’accrochait tout le temps, elle était toujours assez régulière, toujours présente. Donc c’était une vraie concurrente. Quand je les regarde tous les trois, voilà, finalement, il n’y avait aucune déception. Je voulais aller au bout, pour moi aller au bout, c’était faire toutes les épreuves, c’est ce que j’ai fait. Après, le reste, c’est de l’argent, ça ne m’intéresse pas…non, je plaisanteJ.

Plus globalement, quels resteront vos plus beaux souvenirs de cette aventure ?

Les plus beaux souvenirs sont de vivre dans le dénuement, de vivre dans une micro société que l’on constitue ensemble, avec d’autres personnes. Ce sont les liens sociaux, les rapports que l’on développe avec les autres, c’est pour moi au-dessus de tout le reste. Après, c’est la beauté des lieux. C’est vraiment une globalité, il y a plein de choses, il y a la découverte de l’envers du décor, découvrir comment « Koh Lanta » est fait, c’est génial. Il y a plein plein de choses et plein de petites anecdotes, des moments qui m’ont faire rire. Nicolas, par exemple, on retient qu’il a joué double jeu sur l’aventure mais ce gars-là m’a fait rire, j’en avais mal au bide, ce qui est rare. J’adore rire mais c’est rare, dans la vie, de le faire à gorge déployée. Nicolas m’a fait rire plus d’une fois, c’était incroyable. Après, des péripéties, il y en a eues plein, j’en ai plein en tête, des choses qui m’ont marqué mais ce sont des choses un peu à part, des petites anecdotes.

A l’inverse, qu’est-ce qui aura été plus compliqué à vivre ou à supporter ?

Pour moi, il y a deux choses. En un, c’est l’humidité, je m’attendais à souffrir de la faim mais ce n’est pas du tout cela, on s’y prépare mentalement donc je pense que l’on s’y attend et que l’on est moins impacté. Mais d’être mouillé 24 heures sur 24 pendant les 10 premiers jours, c’était horrible à vivre. Après, bien sûr, on s’affaiblit, on voit un peu comment notre corps réagit et ce n’est pas forcément agréable. On n’est plus capable de rien faire, quand on se lève, on voit tout tourner donc tout cela est difficile à supporter. Après, moi, surtout c’est l’ennui. Au bout d’une vingtaine de jours, on connait le mécanisme, on sait comment ça se passe, on n’a plus de force, on n’est plus capable de faire grand-chose et, finalement, au global, on n’a plus de discussion, l’humain perd de l’humour, nos besoins essentiels sont soumis donc on perd de l’humour, de la discussion, de la lucidité et de l’intellect. Et on devient hyper pauvres, même intellectuellement. C’est ce que j’ai ressenti sur cette aventure, on a parlé que de nourriture et on est restés allongés des journées. Donc, ça, après, c’est très très long, c’est dur à vivre, c’est quelque chose…

Sur le camp, au quotidien, quelles principales tâches aimiez-vous plus particulièrement faire ?

Au quotidien, j’ai pratiquement fait tout le temps le feu, j’adorais faire cela. Je pense que le feu est quelque chose qui attire instinctivement l’homo-sapiens, j’étais là-dessus, j’aimais bien. Après, j’aimais bien aussi, même si je ne suis pas un bon nageur ni un bon pêcheur, aller dans l’eau. Dès qu’il y a du monde qui allait pêcher, j’étais souvent la petite main, j’accompagnais, je soutenais, j’adorais aussi cet aspect-là. Après, il y avait d’autres choses, la recherche de nourriture, ramasser des bulots, aller chercher du manioc,…Aller chercher du bois, c’était plus rébarbatif mais c’était indispensable. Comme c’était quelque chose que l’on ne fait pas au quotidien, mine de rien, c’est toujours plaisant même si ce n’est pas hyper valorisant à faire.

Parmi les moments marquants, notons aussi cette fameuse épreuve éliminatoire à trois avec Olga et Fouzi, où vous réussissez finalement à sauver votre place. Avant ensuite de vous retrouver face à un choix crucial devant un coffre…

Cette épreuve, en fait, c’est assez bizarre. J’en ai voulu à Ambre de me choisir et, même après coup, quand elle me parlait, je ne trouvais pas ses justifications valables. Mais, avec du recul, ça change mon aventure, maintenant qu’elle est terminée. Si je n’avais pas eu cela, je l’aurais peut-être traversée comme je le faisais un peu tel un fantôme, en étant là, avec mes qualités, bienveillant, gentil mais sans forcément de moment marquant. Mine de rien, ça m’a fait sortir de ma zone de confort et c’était un peu quitte ou double. J’étais à deux doigts de sortir, on était tous les deux avec Fouzi, on n’y arrivait pas, on se regardait, on priait pour qu’il y en ait l’un des deux qui finisse, même si on préférait que ça soit soi, forcément. On n’en pouvait plus, on ne tenait plus sur la poutre, c’était très compliqué donc on priait pour que ça se termine. En fait, c’était un peu la guillotine, j’aurais pu y passer mais le fait de m’en sortir m’a amené quelque chose, ça m’a permis de me rendre compte que j’étais en danger pour le coup et de jouer un peu plus stratégique. Aussi, ça m’a donné une petite confiance en moi pour la suite et ça m’a réussi sur les dernières épreuves.

Enfin, la finale diffusée mardi dernier a été l’occasion de tous vous retrouver, au complet, à 24. Cela a dû vous faire plaisir de tous vous revoir ?

Ah, quand on se revoit, il y a toujours une excitation. Se revoir à 24, ce n’est quasiment jamais arrivé…Il y avait l’avant-première et ce coup-là. J’adore ! On a un groupe, je ne sais pas si c’est à chaque fois pareil, où, de vivre des choses compliquées, nous a tous rapprochés. Même avec des personnalités vers lesquelles on n’irait pas naturellement, on a quand même un lien qui est assez particulier parce que l’on a vécu une aventure extrême. Donc, en fait, on s’entend tous plutôt bien, on est tous hyper contents de se retrouver. Alors, il y a plus d’affinités avec certains qu’avec d’autres mais c’est vraiment génial, il y avait une énorme excitation, on a rigolé, on était tous ensemble, franchement c’était à la fois joyeux et triste. Parce qu’il y a une sorte de nostalgie. Même si on organise quelque chose pour se retrouver, on ne sera jamais les 24 ensemble, faut pas se leurrer. Il y aura toujours du monde qui va manquer, il faut être lucide, on sait très bien que l’on ne va pas se revoir à beaucoup, ou peut-être pas souvent ou peut-être jamais même. Donc il y avait un côté hyper sympa et un autre un peu triste, nostalgique, de voir que c’est la fin, que l’on tourne la page.

Merci, Jean-Charles, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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