Festival d'Avignon 2022 : Noémie Bousquainaud évoque ses deux spectacles à l'affiche !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Noémie,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Vous participez actuellement au Festival 2022 d’Avignon, avec deux spectacles, on aura l’occasion d’y revenir ultérieurement. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être pour vous ?

Je suis ravie, c’est vraiment un plaisir incroyable pour moi, mais aussi pour tous les comédiens et le public. On le sent beaucoup ! C’est une édition très particulière, on ne l’avait pas eue pendant le Covid et à moitié seulement l’année dernière. C’est vraiment hyper agréable, hyper gai, les gens sont heureux de retourner au théâtre et de revoir un vrai festival, c’est génial !

 

 

En début d’après-midi, à 13h 15, vous êtes sur scène avec votre one-woman show « Coucou les moches ». Avec vos mots, comment le présenter ?

C’est mon premier one-woman show, ça parle de moi, évidemment, ça parle de ce vaste sujet de : qu’est-ce que la beauté et est-ce que c’est important ? Je suis partie de ce postulat de base, où on me dit souvent « Mais Noémie, toi tu es belle… ». Même quand je passais des castings, on me disait « t’es trop belle pour le rôle », je me demandais parfois si c’était une blague, en tout cas je trouvais que c’était n’importe quoi. Dans mon spectacle, je veux dire que, pour moi, ce n’est pas du tout important d’être beau, d’être moche, …En plus, dans ma vie, c’est quelque chose qui ne m’intéresse pas du tout. Par exemple, je parle avec humour du fait que mes amis se moquent de moi, qui suis vraiment très cœur d’artichaut. Du coup, à chaque fois que je tombe amoureuse, ils me disent « encore ? Ce n’est pas possible ! C’est encore l’homme de ta vie ? » En plus, ils me disent que je n’ai aucun critère, des mecs beaux, moches, gros, maigres, … Dans mon spectacle, il n’y a aucun critère physique, mon critère principal est en fait celui du cœur. J’ai des amies qui ont des critères très très définis et qui sortent tout le temps avec le même sosie, c’est tout le temps le même mec avec un prénom différent. Je trouve ça dingue, ça me fait trop rire…Ou, souvent, des gens qui ont plein de critères mais qui se retrouvent seuls car ce n’est pas possible de satisfaire tous les critères demandés. Je parle donc de cela dans mon spectacle mais aussi de plein d’autres sujets, comme la place de la femme aujourd’hui. Je parle également de sujets qui me font rire, comme l’ASMR, qui sont des vidéos relaxantes sur Youtube. Je parle de défauts aussi énormément, je rigole de moi, qui n’ai pas que des qualités.

Je pense que c’est un spectacle qui peut parler à tout le monde, chacun peut se reconnaitre. Il y a beaucoup d’humour mais aussi un vrai message je pense.

 

 

C’est aussi un spectacle interactif et participatif avec le public…

Tout à fait ! Même si c’est un spectacle très écrit et qu’il y a pas mal de passages un peu stand-up, il y a beaucoup de passages en interaction avec le public. J’adore cela, j’avais vraiment envie de le faire, je fais monter des gens sur scène, je vais en piquer dans la salle. Avec un titre pareil, c’est pour taquiner, c’est pour piquer et je ne m’en prive pasJ.

Quels sont les principaux retours que vous avez pu avoir du public ?

Je suis ravie parce que, pour le moment, j’ai eu de très bons retours. J’ai eu des gens du métier qui sont venus me voir, j’ai eu des personnes qui veulent me programmer. Je suis hyper contente, je démarre à partir de septembre une tournée avec ce spectacle. Les retours du public sont supers, déjà c’est hyper agréable, dans la salle, d’entendre les gens rire et, en plus de cela, j’ai des retours sur de petits débats, en lien avec les sujets d’actualité que j’évoque. C’est vrai que c’est un spectacle où je fais rire mais où je n’hésite pas à parler de choses qui peuvent déranger, de sujets qui piquent un peu. Ils s’avèrent que, à la fin, j’ai des débats là-dessus, les gens me disent « ah oui, quand même, vous avez parlé de cela, c’est hyper bien parce que, au début, on se dit oh non, ce n’est pas possible, elle a osé et, après, on se dit qu’elle a raison parce que ça nous marque et, du coup, on va s’en rappeler ». Je crois que ce sont mes retours préférés, je fais ce métier pour faire passer des messages, pour faire rire et divertir.

 

 

Un peu plus tard, à 19h 10, vous reprenez, avec Yannick, la pièce « En panne », que vous aviez déjà jouée ici en 2019. Cela doit être très plaisant de continuer cette belle aventure ?

Tout à fait ! C’est un spectacle que nous avons commencé en septembre 2018, que nous avons joué à Paris quasiment jusqu’au festival, qui nous a apporté une longue tournée. Dès le deuxième jour du festival 2019, nous étions complets, les retours étaient incroyables, ça avait été une aventure incroyable. Pendant le Covid, on a retravaillé la pièce, avec une nouvelle version que l’on adore. C’est la meilleure version du spectacle, on a un accueil incroyable, on était complet au troisième jour, on est vraiment ravis. On espère que ça va continuer tout le festival. Ce spectacle nous tient à cœur car c’est le premier, avec Yannick, que nous avons co-écrit. C’est une comédie de couple, comme il y en a pas mal mais on a abordé le sujet de la libido donc de la panne sexuelle. On voulait décomplexer cela…à partir d’un certain âge, ce n’est plus du tout tabou mais, pour les jeunes, ça peut l’être. On en a fait un truc très fun, très léger, très marrant. Mais, au-delà de cela, on a quand même écrit une histoire d’amour. C’est un couple qui doit se marier dans un mois et qui tombe en panne sexuelle, traversant alors de nombreuses péripéties par rapport à cela. On a aussi d’autres personnages qu’on joue, qui viennent apporter une petite folie et nous aider, plus ou moins bien, à résoudre cette panne. Ce qui nous fait très plaisir, c’est que les gens s’attachent énormément aux personnages. Nos meilleurs retours du festival vont en ce sens. Au-delà du rire, ils nous disent avoir été émus par ce couple qui s’aime tellement malgré cette panne. Au final, ce qui ressort du spectacle, c’est que l’on peut avoir des pannes ou des moments difficiles dans un couple, mais c’est l’amour qui résout tout. Alors que les gens rient du début à la fin, c’est génial et merveilleux qu’ils nous disent avoir été émus de cela. C’est le top !

 

 

Avec ces deux actualités, vos journées doivent être particulièrement intenses ?

Je suis crevée J mais tellement heureuse de refaire un festival. Ça m’avait tellement manqué. On a quand même passé un an et demi à nous dire que l’on était non essentiels alors qu’en fait, on voit très bien que l’essentiel de la vie est de rire, de partager. Je crois que, malgré la crise qu’il y a eue, on n’a pas oublié cela et ça se sent au festival.

 

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite du festival ?

Que des salles pleines et une belle programmation à la rentrée pour mes deux spectacles, ça serait la plus belle chose qui puisse nous arriver dans ce festival. On vient au festival pour cela, pour l’ambiance, pour le public et pour continuer l’aventure sur toutes les routes de France à la rentrée !

Merci, Noémie, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article