Festival d'Avignon 2022 : Interview croisée avec les trois comédiennes du spectacle "Les Vilaines" !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Margaux, bonjour Lucille, bonjour Natalia,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous trois !

Vous participez actuellement au Festival 2022 d’Avignon, avec le spectacle « Les Vilaines », joué chaque soir à 21h 15 au théâtre Le petit chien (relâche les lundis). A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela doit être pour vous ?

Lucille : C’est un peu le passage obligatoire des artistes. On m’a beaucoup dit qu’il fallait faire un Avignon pour avoir vécu quelque chose où tous les artistes passent. Donc on est super contentes d’être là, oui.

Natalia : Le Festival d’Avignon, c’est chouette. Cette année, il y a 1 600 spectacles par jour, on est nombreux. Je l’avais déjà fait en 2013 et 2014 avec un spectacle pour enfants donc je connaissais un peu. Là, c’est la première fois que « Les Vilaines » sont sur Avignon, c’est une nouvelle aventure.

Margaux : Depuis la création du spectacle, je tanne Elsa (notre autrice et metteuse en scène) pour que l’on fasse Avignon donc on a fini par arriver jusqu’iciJ. Mais on a pris le temps de faire grandir le spectacle avant de le présenter à Avignon. Là, on pense que l’on est prêtes, que c’était le moment de le faire…on est contentes d’être là.

 

 

Avec vos mots, comment présenteriez-vous ce spectacle ?

Lucille : C’est l’histoire, le quotidien de trois jeunes filles qui sont dans un spectacle de cabaret. On voit la scène et les coulisses, les loges, on passe de la différence entre les exigences sur scène et la réalité du quotidien de ces trois jeunes filles toutes très différentes. Ce sont vraiment des loges de filles, les nôtres sont un peu comme ça aussi, même avant que l’on joue « Les Vilaines », ça rigole, ça se dispute, ça parle de choses hyper profondes d’un coup puis, soudainement, de thèmes hyper légers. Dès fois, les dialogues sont faits dans les vraies loges du spectacleJ.

Natalia : Le spectateur voit vraiment ce qui se passe devant et derrière le rideau, il n’y a pas juste les coulisses dans notre spectacle, il y a aussi des moments où, vraiment, on fait le show, on a des dossards, des plumes, on chante, on danse, un peu comme au Lido. Lucille l’a déjà dit, effectivement nos personnages parlent de beaucoup de thèmes différents, on parle d’amour, de solitude, du temps, de la difficulté à être sur scène tous les soirs, on se chamaille, on se jalouse.

Lucille : En fait, il y a beaucoup d’amour entre ces trois filles et beaucoup aussi de rivalité. Ça dépend des personnages, il y en a un peu plus opportunistes que d’autres mais voilà, c’est la relation de ces trois filles qui est mise en avant.

Margaux : On l’a compris, c’est un spectacle qui est à la fois joué, chanté, dansé, c’est un spectacle musical. Sous une espèce d’apparente légèreté, où c’est hyper visuel et divertissant, il y a plein de thèmes qui sont abordés et qui sont hyper profonds, du rapport à l’image de soi, à la féminité, du rapport aux hommes, du rapport au métier d’artiste…C’est cette oscillation entre humour et poésie que je trouve super dans le spectacle, qui le rend hyper riche, hyper complet.

 

 

Vous évoquiez la différence entre chacun des personnages. Justement, un mot peut-être chacune sur votre personnage et sur ses principales caractéristiques ?

Lucille : Mon personnage est celui de Lou, je dirais, pour le coup, qu’elle est opportuniste, elle est émotionnellement très instable et je me positionne un petit peu comme la petite nouvelle du show, je suis la plus jeune des trois donc celle qui a encore des étoiles dans les yeux et qui n’hésite pas à marcher sur les deux autres pour arriver à ses fins.

Natalia : Je joue Lily, je dirais qu’elle est gentille, elle ne veut pas se fâcher, elle est contente d’être là, c’est une romantique, elle a beaucoup d’espoir, elle voit le bon côté des choses mais c’est vrai qu’il y a un moment dans le spectacle où elle va un peu montrer les crocs. Elle a quand même sa place, elle ne veut pas qu’on lui la pique, oui on retrouve de cela dans ce personnage.

Lucille : C’est peut-être la plus traditionnelle, des trois, du monde du spectacle. Quand on la voit dans la rue, c’est celle dont on se dit le plus « c’est une BlueBell girl ».

Margaux : Je suis la tôlière du spectacle, je suis celle qui est là et qui n’a pas d’âge, on ne sait plus depuis combien de temps elle est là. Est-ce qu’elle a 20 ans, 30 ans, 40 ans, on n’en sait rien. Mais, en tout cas, elle a la veille âme un peu fatiguée et blasée de ce monde d’apparence. C’est une féministe, elle, pour le coup, endurcie donc qui vit un peu un conflit interne d’être un objet de désir affiché, assumé mais, en même temps, avec des convictions de femme et politiques. Elle bassine les deux autres avec ça tout au long du spectacle, elle est le caractère un peu fort, tranchant, cassant. C’est Léa, quoi.

Lucille : C’est la petite maman du trio…

 

 

Quels principaux retours pouvez-vous avoir du public à l’issue du spectacle ?

Natalia : Une fois, je m’en souviens, il y a une dame qui est sortie en disant « ah, c’était génial, c’était jubilatoire ».

Lucille : En fait, on se change neuf fois sur scène et comme on fait découvrir les loges, on se change, du coup, devant le public. On nous parle ainsi beaucoup des costumes qui sont très variés, très beaux, très grandiloquents.

Natalia : On nous dit aussi que c’est très pétillant. Hier, on m’a dit que c’est comme un bonbon acidulé…C’est recherché !

Lucille : On nous dit aussi que nos voix se marient bien entre elles, que le travail des harmos et des chants est bien, qu’il est très agréable à écouter.

Margaux : Oui, on a de bons retours sur les chansons, les gens trouvent qu’elles sont bien, entrainantes.

Lucille : Les gens trouvent cela drôle, la plupart du temps ils nous remercient d’avoir passé un très bon moment.

Natalia : C’est vrai qu’ils rigolent beaucoup pendant le spectacle.

Lucille : C’est un moment plaisant, de détente, agréable pour le public.

Margaux : On m’a aussi parlé d’émotion, je pense que la couleur générale du spectacle est plutôt vive, plutôt enlevée mais qu’il y a des pointes d’émotion, de tendresse, de fragilité, ça peut aussi toucher le public.

Lucille : On nous a également dit que nos personnages collaient bien avec notre voix et notre physique à chacune, que l’on a été bien castées, que c’était logique.

Natalia : Et que l’on est très différentes, ce qui fait vraiment trois personnages différents sur scène.

Margaux : Le personnage et l’actrice se nourrisse l’un l’autre, Elsa fait beaucoup cela et je trouve que c’est hyper intelligent de s’inspirer aussi des acteurs que tu choisis et de leur énergie pour nourrir le rôle. Depuis que je suis sur ce spectacle, il a beaucoup évolué et à chaque fois dans le sens des comédiennes qui l’incarnaient.

 

 

Face à l’effervescence du Festival, où il faut faire sa place parmi les 1 600 spectacles que vous évoquiez, on image vos journées très riches et intenses ?

Lucille : Très intenses ! Il y a beaucoup de gens…

Margaux : On est dans le tambour d’une machine à laver pendant un mois…On ne se pose pas de question…

Natalia : On joue, on mange, on fait dodo,…On a des horaires rythmées et cadrées mais c’est pour notre bien !

Margaux : Il y a un petit côté athlète de haut niveau, un petit côté marathon, il faut assurer sur la durée. C’est un spectacle qui est physique, éprouvant pour le corps et pour la voix, on est dans des corsets, sur des talons, on chante, on joue. C’est un huis-clos d’une heure et 25 minutes et, en plus de cela, effectivement, il faut tracter, il faut faire connaitre le spectacle donc c’est intense, c’est vrai.

 

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite du Festival ?

Lucille : De continuer les salles complètes, des bonnes vibes de la part du public et des gens dehors, un tout petit peu moins de chaleur dehors, l’énergie et la santé.

Natalia : Que les gens parlent de nous, qu’il y ait un bon bouche à oreille, peut-être un peu de presse…

Margaux : Pourquoi pas une programmation parisienne à la rentrée…Ça serait une bonne chose à nous souhaiter.

Merci à toutes les trois pour vos réponses !

Publié dans Théâtre

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