Festival d'Avignon 2022 : Caroline Montier évoque ses deux actualités !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Caroline,

Quelle joie de vous retrouver pour cette nouvelle interview !

Vous participez actuellement au Festival 2022 d’Avignon, avec une double actualité. On imagine sans doute, à titre personnel, le plaisir et la joie que ce doit être pour vous ?

Oh oui ! Participer au Festival d’Avignon, c’est vrai que c’est très particulier, c’est une espèce de grand marché. C’est une effervescence, c’est une émulation, avec tous ces comédiens, musiciens, artistes, qui sont dans la rue à défendre leur projet, à accrocher des affiches partout. D’un point de vue professionnel, c’est le moment d’aller chercher les programmateurs pour avoir une chance de vendre son spectacle et, ensuite, de faire des tournées.

 

 

Vous proposez deux spectacles, en fin de journée. Comment les présenter ?

L’un, c’est vraiment mon projet personnel, « Juliette Gréco, la femme », c’est un peu dans la suite du spectacle précédent que j’avais fait sur Barbara, où j’avais un solo piano voix pour un tour de chant. J’ai eu envie de rendre hommage à une autre grande dame de la chanson française, qui est morte il y a deux ans. C’est une idée que j’avais eue alors qu’elle était encore en vie. Malheureusement, je n’ai pas eu le temps de la rencontrer entre le moment où j’ai eu envie de faire ce projet et puis sa réalisation. Cette fois-ci, je me suis entourée d’un contre bassiste et je refais un récital avec son répertoire, qui est absolument formidable et truffé de petites poésies de la seconde moitié du XXè siècle. Certaines que l’on connait beaucoup et d’autres, souvent méconnues, que j’ai été dénicher et qui méritent d’être réentendues.

 

 

L’autre, « Salvador et Monsieur Henri » est le projet d’une amie, Anne Cadilhac, qui m’a demandé de venir faire une alternance, sur son spectacle qu’elle avait déjà créé à Paris. Pour moi, c’est un plaisir de travailler avec Anne parce que c’est une amie. Le répertoire est très varié, c’est une performance parce que, vocalement, ça couvre de Salvador le crooner à Salvador le clown, ou inversement. C’est quelqu’un qui a fait une très longue carrière, très éclectique. Donc il y a de quoi se faire plaisir musicalement, à plein de niveaux différents.

 

 

Quels sont les principaux retours que vous avez pu avoir du public ?

Comme je cours d’un théâtre à l’autre, je n’ai pas les gens directement pour le spectacle sur Salvador. Ce sont des spectacles très très différents mais je pourrais parler davantage de Gréco, le retour est positif, les gens aiment cette poésie, ce récital intimiste, comme l’était précédemment celui sur Barbara. Certains me connaissaient déjà, viennent et ne sont pas déçus. Les autres découvrent ou redécouvrent des textes qui sont absolument formidables. C’est vraiment mon propos, de faire entendre des textes, plus qu’un hommage véritablement à une artiste. Je suis chanteuse et pianiste avant tout, j’ai envie de faire un tour de chant, quelque chose de musical. Mes compagnons sont absolument formidables et l’intérêt est vraiment de proposer une heure de musique, qui soit la plus belle possible, avec des arrangements les plus personnels possibles. C’est vraiment poétique, où l’intérêt est d’écouter des mots, des grands poètes et des grands auteurs de la chanson française.

 

 

Comparativement à l’effervescence du festival, on peut penser vos journées particulièrement intenses …

Particulièrement intenses, particulièrement longues et fatigantes aussi mais on sait ce que c’est, on s’y attend, on s’y prépare, c’est un marathon, on se lève le matin, on va tracter, on va afficher, on doit vraiment drainer le public qui va venir vous écouter le soir…parce qu’il y a 1600 spectacles et une concurrence dingue. En même temps, il faut être en forme entre 21h et 23h 30…Donc c’est quand même engageant. Mais, voilà, on se reposera au mois d’aout.

 

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite du festival ?

Que le bouche à oreille se fasse, que les spectacles vivent de par leur qualité. Ce qui est difficile ici, c’est que les gens vont souvent voir les pièces à succès. Le succès attire le succès, l’intimité attire l’intimité. C’est dès fois difficile de remplir les salles. Les gens se risquent moins, la plupart du temps, à aller voir des choses moins connues. Souvent, ils font leur choix à l’avance et c’est vraiment une particularité qui vient d’internet, se laissant moins séduire par l’artiste qui va vraiment leur faire l’article sur leur spectacle en tractage. C’est ça le charme d’Avignon, d’aller chercher les gens, de les convaincre de venir vous voir sur scène. Du coup, il n’y en a pas forcément pour tout le monde, c’est difficile pour ceux qui ont des spectacles en horaires tardifs. Mais on ne perd pas espoir, il y a un public pour le spectacle du soir et pour le spectacle musical, il faut aller le chercher, avec force et conviction.

Merci, Caroline, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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