Anne Jacquemin évoque sa belle actualité, en télévision et au théâtre!

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Anne,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Mardi 5 juillet prochain, nous pourrons vous retrouver en prime-time sur France 2 dans « Amis d’enfance », la première fiction théâtrale en France. Avant de s’intéresser plus en détails à son contenu, on imagine sans doute, à titre personnel, le plaisir et la joie que ce doit être de faire partie de cette belle aventure ?

Oh oui, vraiment ! D’autant que je connaissais Sam Karman. Avec Isabelle Gélinas, on était au conservatoire, pas tout à fait dans la même promo mais à la même époque. On est tous des acteurs de la même génération, excepté peut-être François Vincentelli, qui aurait une petite dizaine d’années de moins que nous. Mais, sinon, Nicolas, Isabelle et moi sommes tous des comédiens de la même génération, c’est agréable, on a les mêmes références, on a le même état d’esprit, on en est plus ou moins au même point dans notre existence. C’est plaisant ! On parle de la même chose, on a le même état d’esprit, on a connu les mêmes choses, on a un peu le même passé d’acteurs, on a vécu notre parcours de comédiens en même temps.

En tant que comédienne, habituée des planches et de l’image, qu’est-ce que ça change sur le tournage ?

Ça se rapproche beaucoup du théâtre, c’est même à mi-chemin entre la caméra et le théâtre, il y avait beaucoup de texte à apprendre, avec des scènes qui s’enchainaient, tournées dans un minimum de temps. Donc c’était un travail très très dense… au cinéma ou à la télé, c’est aussi la caméra qui fait le travail, or, là, c’étaient vraiment les acteurs. Tout était conditionné par le jeu des acteurs et la caméra accompagnait mais j’avais vraiment l’impression de densité de travail de l’acteur. Alors qu’à la caméra, il y a beaucoup de mouvements de caméra, il y a moins de texte en général, c’est moins bavard. Là, c’était vraiment une pièce de théâtre et la situation avançait avec nous. On sentait qu’il n’y avait pas de respiration, pas d’attente du tout, c’était un travail très dense. On a répété un peu en amont mais c’est plus périlleux je dirais.   

 

 

Vous avez, du coup, sans doute hâte de découvrir les retours des téléspectateurs ?

Ah oui, tout à fait ! Il y a déjà eu une projection privée, tous les gens de l’équipe étaient là, il y a eu des retours très bienveillants mais c’était un petit peu un entre soi. Là, ça va être le grand saut…

Pour en revenir à son contenu, avec vos mots, comment pitcher ce programme ?

Ce sont deux couples, qui vivent des choses totalement différentes dans leur vie, les uns vivent à Paris, les autres en province. Ils n’ont pas le même style de vie puisqu’un couple a décidé d’ouvrir une maison d’hôtes, donc d’être dans la réception et dans l’aventure humaine. Dans l’autre couple, l’homme est acteur et la femme suit son mari. L’acteur est plus sur l’égo, plus sur une vie plus égocentrée. Là où l’autre couple est plus amené à s’occuper des autres. Cela veut dire que l’état d’esprit n’est pas du tout le même, ils n’ont pas du tout la même vision de la vie mais il y a quand même ce dénominateur commun, ce sont ces deux amis enfants, qui ont suivi des voies différentes et qui sont restés fidèles en amitié. Mais leurs vies ont bifurqué totalement. Ils s’éloignent peu à peu et il y a un clash cette année, le couple qui reçoit, qui fait chambre d’hôtes a décidé d’arrêter leur activité, ils sont épuisés, fatigués et les autres arrivent, comme les autres années, avec cette envie de jouir de la vie, des vacances, du soleil, ils ne sont pas du tout dans le même mood. Le couple qui reçoit est un couple usé et il y a des tensions qui vont se créer.

Je pense que le personnage que je joue est en demi-teinte, c’est une femme qui est assez discrète, qui subit la situation, qui ne se manifeste pas violemment, qui arrondit les angles, qui est beaucoup dans le care, dans le soin, c’est quelqu’un qui déteste les déflagrations, alors elle fait tout pour que les choses s’arrangent, avec son mari notamment. Qui, lui, est apparemment beaucoup plus dominant mais, à la fin, elle décide de partir….C’était intéressant pour moi de jouer ce personnage, dans la mesure où il n’y avait pas de coup d’éclat, elle est un petit peu en retrait mais elle va exister très fort à la fin, quand elle décide de reprendre en main le gouvernail de sa vie et de ne plus subir.

 

 

Les thèmes abordés sur ce programme pourront en tout cas sans doute parler au plus grand nombre et permettre à pas mal de monde de se reconnaitre…

Tout à fait ! C’est l’usure du temps, ce sont les malentendus, les non-dits qui font que ce couple va imploser. C’est une espèce de catharsis, c’est cette rencontre avec ce couple qu’ils voient chaque année en les accueillant en vacances, il va y avoir un malaise qui va s’immiscer en quelques jours, il va y avoir une grosse explosion. A la fin, on ne sait pas si le couple se sépare mais, vraisemblablement, cela va être le cas, avec la cessation de leur activité de maison d’hôtes.

En complément, un mot si vous le voulez bien sur votre actualité théâtrale, vous êtes actuellement sur scène à la Comédie des Champs-Elysées dans « Inavouable »…

Oui, avec Jean-Luc Moreau, Arthur Fenwick et Alice Raucoules. C’est une pièce qui se joue depuis deux mois maintenant, jusqu’au 17 juillet. Le pitch n’a rien à voir avec celui de France 2 mais c’est aussi une histoire de couples, de conjugalité, il y a aussi des petits grains de sable qui font que des situations vont s’envenimer. Finalement, la vie est un éternel recommencement, ce sont des choses que l’on voit souvent en télévision ou au théâtre. Eric Assous a beaucoup traité la conjugalité avec les petites trahisons, les non-dits, il y a quelque chose de similaire. On apprend que le couple que je forme avec Jean-Luc Moreau est un couple qui est grand parent, ils doivent recevoir leur petit garçon et on apprend, tout au début de la pièce, que la belle-fille trompe leur fils. Donc, à partir de là, d’autres coups de théâtre vont arriver, vont faire qu’il va y avoir un grand chaos au sein de leur couple et de celui de leur enfant. Les choses vont se démêler, se reconstruire tout au long de la pièce, pour arriver à une issue heureuse. Donc ça se termine plutôt mieux que le couple que je forme sur « Amis d’enfance » où, là, on pense qu’il y a un point de non-retour quand même.

Merci, Anne, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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