Les sphères ennemies 2 : Justine Daaé évoque la pièce qui sera à l'affiche au Festival d'Avignon !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Justine,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

En juillet, vous serez à l’affiche, au Festival d’Avignon, de la pièce « Les sphères ennemies 2 ». A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être pour vous de participer, pour la première fois, à ce beau Festival ?

Oui, je l’ai déjà fait plusieurs fois en tant que spectatrice. Là, de revenir en artiste est une fierté bien sûr et c’est une joie mais qui n’est pas dénuée de stress ni de trac, par rapport au fait que c’est aussi la pièce de mon compagnon, l’auteur et comédien Jean-Baptiste Thomas-Sertillanges. C’est lui qui l’a écrite, c’est lui qui m’a fait confiance pour porter le personnage de Jane et je n’ai pas envie de le décevoir. J’ai vraiment envie d’être à la hauteur, pour lui, le public et les professionnels qui viendront.

Avec vos mots, comment pitcher ce spectacle ?

On est deux comédiennes sur scène, qui incarnons l’hémisphère gauche et l’hémisphère droit du cerveau. C’est une image pour dire qu’il y a des gens qui sont plus cerveau gauche, qui sont plus analytiques, qui sont très carrés et les gens qui sont plus cerveau droit, qui sont plus créatifs, plus rêveurs, plus artistes. On incarne donc ces deux facettes de la personnalité d’une seule et même femme, qui s’appelle Mary-Jane. On joue ainsi Mary et Jane, ces petites voix dissonantes que l’on peut avoir dans la tête, face à des choix que l’on doit faire dans la vie, où on n’est pas forcément sûrs de nous, où on oscille entre le bien et le mal, l’ange ou le démon, le cœur ou la raison, le féminisme ou le conservatisme, …Parfois, on est écartelés dans les choix et on incarne donc ces deux points de vue d’une et même femme, qui a des décisions à prendre dans sa vie, à des moments clés. Comme faire un enfant ou pas, faire une carrière corporate ou artistique, se marier ou pas. C’est à ce moment-là que l’on voit ce qui se passe dans le cerveau de Mary-Jane…

Elle va tomber amoureuse, à un moment où elle ne s’y attend pas et les deux hémisphères, les deux rôles vont craquer pour Jonathan, l’homme de la version 1 mais pas pour les mêmes raisons au départ parce que ce ne sont pas les mêmes choses qui leur plaisent chez lui. Une fois marié, se poseront des questions sur les choix à faire et c’est là que l’on va devoir trouver un terrain d’entente…

 

 

Vous y interprétez donc Jane…

Oui, je joue l’hémisphère gauche, l’hémisphère raisonnable, ambitieux, carriériste, indépendant, féministe. L’autre côté est celui de l’artiste rêveuse, sensible, plus femme-enfant, moins carriériste, rêvant plus d’être mère de famille tradi. L’hémisphère droit est joué par Marie-Clotilde Ramos-Ibanez.

Avez-vous eu, pour son interprétation, des sources plus personnelles d’inspiration ?

Le metteur en scène et auteur aime bien nous donner des modèles, ça a été des personnages de séries, de dessins-animés, notamment Jafar de « Aladdin » ou encore « Maléfique » pour le côté vilaine, méchante, afin d’aller chercher cette gestuelle très lente et cette manière de parler très lente aussi, très sûre d’elle, un peu maléfique. C’est ce que j’ai essayé de capter pour mon rôle car j’ai tendance à parler très vite, j’ai dû un peu ralentir mon rythme, être plus posée. Après, je ne vous cache pas que comme l’auteur de la pièce est aussi mon compagnon dans la vie, il s’est également inspiré de qui je suis dans la vie pour écrire le rôle, il y a donc aussi des traits de caractère qui me sont propres et que j’ai pu intégrer dans le personnage.

Même si ce n’est jamais évident à dire en amont, selon vous, qu’est-ce qui pourra plaire aux, on l’espère, nombreux spectateurs qui viendront voir le spectacle ?

En tant que spectatrice, j’avais vu la version 1, celle des hommes et ce qui m’avait plu, c’est l’humour de Jean-Baptiste, c’est très drôle. Il prend des sujets sérieux, qui nous parlent à tous, qui sont des aléas typiques de la vie et il y a quand même un angle humoristique. Ça marche sur moi, j’ai eu de bons fous rires mais on n’est pas là que pour rire, on peut aussi être touchés par l’histoire, par la philosophie qui émane de tout cela. C’est une comédie mais pas potache, elle est aussi intelligente et à réflexion.

 

 

Vous serez en alternance une soirée sur deux avec la version masculine d’ailleurs…

Exactement ! C’est l’histoire de Jonathan, qui est l’homme de Mary-Jane, c’est aussi l’histoire de ce couple, de leur rencontre, de ce qu’ils vont faire de leurs vies. D’un côté, on voit la vie à travers les yeux de Jonathan et de l’autre côté, on verra cette même vie à travers les yeux de Mary-Jane. On vit donc leurs vies à chacun d’eux, à travers les deux hémisphères qui vont parfois se disputer ou être d’accord. Si on a vu la version pour hommes et qu’on l’a aimée, il n’y a pas de raison que l’on ne vienne pas voir la version pour femmes et vice versa. C’est assez complémentaire !

Nous sommes à environ deux semaines de la première, on vous imagine en plein dans les répétitions finales ?

Oui, on est à deux semaines mais j’ai l’impression que le travail est un puit sans fond car plus on travaille, plus on peut améliorer. Au final, on n’arrive jamais à un moment où l’on se dit qu’il n’y a plus rien à faire. Plus on va jouer, plus on va préciser, plus ça va gagner en fluidité, en maturité, en comédie, en rythme. Donc, en soi, on aurait pu continuer à répéter des mois et des mois, ça aurait encore amélioré la pièce mais il y a un moment où il faut se jeter à l’eau. Effectivement, c’est la dernière ligne droite donc on affine tout ce que l’on peut dans la comédie, c’est quand même un rythme très carré, très précis, c’est presque comme quand on joue d’un instrument, où il faut répéter ses gammes. C’est le registre de la comédie qui veut ça, il faut que ce soit vraiment au cordeau. Après, on a aussi des scènes plus dans l’émotion où, là, c’est un autre type de travail, il faut vraiment aller chercher des émotions en nous, il faut se nourrir d’émotions que l’on a vécues pour nourrir le personnage. Je pense à des situations que je n’ai jamais vécues en tant que femme, il faut imaginer ce que ça peut faire quand on nous annonce une très mauvaise nouvelle. Je dois donc aussi me placer parfois dans la peau d’une femme à qui il arrive des choses difficiles, il n’y a pas que de la comédie, il y a aussi un travail plus profond de comédienne sur les émotions.

Il s’agit là de votre première expérience professionnelle sur une scène de théâtre, vous qui êtes habituée des scènes musicales. La vivre avec ce projet doit être sans doute très plaisant ?

C’est plaisant de faire de l’acting, j’en avais fait plus jeune, j’adore jouer, je suis contente d’avoir l’occasion de faire cela aussi. Je suis chanteuse, le chant me nourrit complètement mais j’adore essayer aussi la comédie parce que c’est une autre de mes passions. C’est comme un retour, c’est très plaisant ! Il y a des points communs avec le chant, savoir gérer le trac, avoir une bonne posture, projeter, ne pas perdre l’attention des gens…Je ne suis donc pas non plus complètement tétanisée, grâce à mon expérience en tant que chanteuse.

 

 

Du coup, que peut-on vous souhaiter pour cette pièce ?

J’espère que les gens vont être réceptifs à l’humour de Jean-Baptiste Thomas, qui, pour moi, est quelqu’un d’exceptionnellement drôle. J’espère que les gens vont rire autant que j’ai pu le faire en découvrant les textes.

En complément, un mot sur votre actualité musicale ?

J’ai le projet de ma vie, un projet solo de métal gothique industriel, qui s’appelle « Elyose ». Je suis en plein dans l’enregistrement de mon sixième album. Je me concentre sur le théâtre mais, juste après, je reprendrai ma casquette de chanteuse pour finir cet album, qui devrait sortir à la fin de l’année. Parallèlement, j’ai aussi un groupe de musique, un groupe de femmes, on est trois chanteuses, on vient de sortir notre premier clip, il y a une semaine. C’est aussi du métal, mais plus années 80. Je slalome entre tout ça…

Merci, Justine, pour toutes vos réponses !

 

"Les sphères ennemies 2" : les jours pairs à partir du 8 juillet à 21H15 sauf le 26 juillet
au Théâtre Notre Dame 
En alternance avec "Les sphères ennemies 1" les jours impairs

Publié dans Théâtre

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