Laura Charpentier évoque sa belle actualité artistique au Festival d'Avignon !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Laura,

Quelle joie de vous retrouver pour cette nouvelle interview !

Au mois de juillet, vous participerez à votre troisième Festival d’Avignon, avec une double casquette, de comédienne et de metteuse en scène. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela doit être de retrouver ce Festival culte du théâtre ?

Surtout en cette période actuelle, post Covid, démasqués, ça fait du bien, même si ça reste une période compliquée. Oui, je suis ravie d’y retourner ! C’est une période de travail intense et ça j’adore. Ce n’est  pas uniquement un plaisir en tant que comédienne mais aussi en tant que spectatrice, souvent, à partir de la deuxième semaine, j’essaie d’aller voir un spectacle par jour. Ce qui permet, même si on le fait déjà tout au long de l’année, de se nourrir d’autres spectacles, de nouvelles créations et découvrir de nouvelles troupes. Oui, je suis vraiment contente d’y retourner, ça va être chouette… Et puis les cigales… et les copains…  C’est vrai, pendant le festival, il y a presque autant de comédiens que de festivaliers donc on croise des copains à tous les coins de rue, c’est trop bien !  Les fins de journées sont chouettes J…un peu festives...mais pas trop.

 

 

Vous serez sur scène avec la pièce « Fake News » que vous interprétez déjà depuis 2019. En quelques mots, comment la pitcher et que dire sur votre personnage ?

« Fake News » est l’histoire d’Edmond, un personnage un peu à la François Pignon, qui se retrouve au chômage, et qui a besoin de manger et de nourrir ses enfants. Alors il se met à cambrioler des villas  des beaux quartiers parisiens. Lors de son deuxième cambriolage, il se retrouve nez à nez avec un propriétaire, Jean-Pierre, qui n’est autre que le présentateur du journal de 20 heures. Cette rencontre improbable va entraîner une discussion entre les deux papas tout en essayant de ne pas réveiller Carmela, la fille de Jean Pierre, qui passe son bac le lendemain.  En réalité, elle est sortie avec des potes pour décompresser du Bac, qui la saoule. C’est sans compter une fake news qui va venir chambouler la vie de ces trois personnages. J’interprète ce personnage, Carmela, qui va rencontrer Edmond, le cambrioleur pas commun.

 

 

C’est une comédie familiale. On s’amuse beaucoup, je chante aussi, avec Pascal, qui joue de la guitare. On jouera au théâtre l’Albatros, dans la salle de l’Alibi, à 21h 15, tous les jours, sauf le lundi. C’est un lieu que nous connaissons bien, nous y étions déjà en 2019, c’était complet tous les soirs. Touchons du bois pour que ce soit aussi le cas cette année.

 

Voici le lien vers la bande annonce : 

https://www.youtube.com/watch?v=wCoKkDReFL0&t=1s&ab_channel=CompagnieVistemboirs

Quels principaux retours vous ont fait les spectateurs depuis le début ?

Souvent, ils nous disent que ça fait du bien, qu’ils ont passé un bon moment, que c’est une comédie intelligente, que ça change… Je joue une fille qui a un rôle un peu différent de celui que l’on donne d’habitude aux filles dans ce genre de comédie.

 

 

J’ai, dans ma tête, un souvenir un peu émouvant : l’an dernier, post Covid, on a fait une date dans un théâtre de Verdure, à Saint André, c’était un retour au théâtre pour beaucoup de gens et, en sortie de scène, une dame âgée est venue nous pleurer dans les bras, pour nous dire « merci, ça fait tellement de bien ». 

En complément, vous effectuez la mise en scène de « A.I.R », un seul en scène…

« Artifices Intelligence et Rires » est un spectacle écrit et interprété par Guillaume Loublier. « Sommes-nous plus proches de nos machines que de nous-même ? ». AIR questionne avec humour l’évolution de l’humanité sous l’effet des technologies.

 

 

Dans un futur de plus en plus « connecté » et « technologisé »,  Jacques vieux philosophe, entreprend une démonstration sur les émotions humaines. Il est accompagné de son robot Simone. Pour appuyer ses propos, il va faire intervenir trois personnages débordant d’humanité et très déjantés. Mais Pierre, son rival de toujours, va perturber la démonstration venant prôner l’homme de demain : l’homme augmenté par la technologie.

 

 

AIR, c’est une rêverie drôle et poétique qui ne prend pas parti mais dont l’objectif est d’inviter à la réflexion, plus que de donner des réponses. La pièce se jouera en Avignon tous les jours, sauf le mardi, à 16h 35, à l’Espace Alya.

La bande annonce est visible sur le lien suivant : 

https://www.youtube.com/watch?v=eGtfF-7Q-HU&ab_channel=GuillaumeLoublier

Pour la mise en scène, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration ?

La chance que j’aie, c’est que Guillaume est mon partenaire de vie, je l’ai suivi tout au long de la création de ce projet.  C’est un comédien incroyable, qui, en plus, est très grand et qui a une présence scénique très forte. Pour la scénographie j’ai fait appel à Lucie Cathala.

 

 

Pour moi, l’idée était quand même de ne pas noyer Guillaume dans une mise en scène trop chargée, donc c’est assez épuré. Il y a trois éléments de décors : une cabine, une table et son robot avec qui il interagit beaucoup, Simone, dont je fais la voix. Au début, j’avais l’inspiration un peu d’un laboratoire de savant fou, style steampunk et plus on a évolué, plus on a épuré. Aussi, on était partis sur des costumes par personnage mais on a enlevé l’idée, on a juste des accessoires pour les identifier. C’est Guillaume lui-même, avec son jeu, qui fait vivre les personnages, on passe de l’un à un autre, sans se poser trop de questions.

Et il  y a la lumière… Avec Martin Gandrillon et Thibaut Hok, nos deux régisseurs, on a fait une création lumières de malade, c’est la lumière qui fait quasiment tout ce qui est de l’ordre de la mise en scène. J’adore les jeux de lumière, les couleurs, le bleu sur scène, on joue beaucoup avec les chauds/froids, les ambiances…Voilà pour la scénographie et mise en scène.

 

 

Pour la direction d’acteur, j’ai surtout aidé Guillaume à choisir les directions que devaient prendre ses personnages. C’est un comédien à la personnalité artistique forte, et mon objectif était de la mettre en valeur. Je voulais conserver son originalité tout en lui apportant ma « patte ».

Sans doute que ces deux cordes artistiques sont, pour vous, riches et complémentaires ?

Oui, c’est génial ! J’écris aussi un peu, j’aime beaucoup. Tout cela me permet de voir les histoires dans leur ensemble, ça permet d’avoir une autre approche du travail et du spectacle. Quand on est comédien, on est sur soi, sur ses partenaires, sur ses scènes. Là, ça permet d’avoir une vision globale de tout, c’est chouette, c’est hyper intéressant. C’est ma première mise en scène, j’ai beaucoup aimé, je trouve que ça permet de travailler différemment, ça permet d’observer les autres travailler. Je fais aussi beaucoup de stages, l’idée est la même. Je vais dire une lapalissade de comédien mais c’est bien réel : quand on est sur le plateau en tant que comédien et que l’on nous donne des indications, on est perdu, on galère et, quand on voit les autres, ça nous permet de comprendre les choses.
En faisant de la mise en scène, ça oblige à verbaliser, à formuler les choses que tu voudrais transmettre, c’est donc un échange qui est hyper riche.

 

 

En conclusion, quels sont vos autres projets et actualités artistiques en ce moment ?

En images, je suis en diffusion bientôt avec la série « Prière d’enquêter », pour France 3. Je viens de participer à un 48h environnement, avec l’équipe géniale de Slipday (. Nous avons collaboré en écriture et en jeu. Voici le lien : 

https://www.youtube.com/watch?v=FDeGUWwa1dM&t=1s&ab_channel=LesfilmsdeSlipday

 

 

A la rentrée, normalement, j’attaque les répétitions pour un seule en scène sur Jean Harlow, on est en discussion avec quelques théâtres. Il y a une autre création pour laquelle on a fait une sortie de résidence cette année, « Ella monologuent », on a trouvé preneur et on jouera certainement en 2023 vers mai-juin. Sans oublier la tournée « Fake News » qui ne s’arrête jamais.

Merci, Laura, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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