Estelle Evora évoque sa pièce, actuellement à l'affiche au TMG !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Estelle,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

La pièce « Il s’est arrêté de pleuvoir », dont vous avez écrit le texte et fait la mise en scène, est actuellement à l’affiche au TMG tous les lundis soirs. On imagine sans doute le plaisir et la joie que cela doit être pour vous ?

Oui ! En fait, ce qui a été super, c’est que dans ce trou noir artistique, on en a profité pour travailler. Ce qui fait que dès la levée du premier confinement et les réouvertures, on a sauté sur l’occasion pour faire une sortie de résidence à Marseille. Donc on est plutôt passés entre les gouttes. Honnêtement, ça a été certes un moment incertain mais surtout un moment de création pour nous. Au final, ça nous a plutôt bien aidés. On a fait nos premières auditions avec des gens que l’on connaissait, des jeunes diplômés des cours Florent. Auditions que l’on a complétées ensuite sur Paris, notamment pour le rôle principal.

Pour rentrer dans le cœur du spectacle, avec vos mots, comment le pitcheriez-vous ?

Concrètement, c’est l’histoire de deux personnes qui se rencontrent dans le métro. On suit leurs vies sur vingt ans, par tranches. En plus de tout cela, on a leurs consciences qui mettent en évidence tous les moments dans la vie où l’on fait des choses que l’on ne pense pas du tout ou, au contraire, des choses muries pendant longtemps mais qui ne sont pas du tout retranscrites conformément. C’est vraiment l’histoire de ce que l’on dit ou non, de ce que l’on s’avoue ou non.

Si on en revient à l’origine du projet, comment vous en sont venues l’envie et l’idée ?

A la base, quand je suis arrivée sur Paris, j’ai couché sur le papier pas mal d’écrits, mais juste pour moi, des réflexions, des questions, un regard extérieur sur moi-même, sur des gens de ma famille, …Je me pose beaucoup de questions dans la vie, j’ai eu besoin de les extérioriser. Après six ans d’écriture, mon cahier était bien rempli et, avec une amie, on s’est aperçues que ces questionnements étaient très universels. Quelques mois plus tard, j’ai eu l’envie de faire quelque chose pour moi, de développer mon projet et je me suis lancée, sur la base des thèmes les plus généraux que je trouvais dans ces écrits. C’est ce qui a donné l’aspect tranches de vie de la pièce, je ne voulais rien lier sur une année, je voulais avoir toute une évolution car ce sont des questions que l’on se pose à n’importe quel âge.

Vous êtes à l’affiche jusqu’au 9 mai prochain. Quels principaux retours pouvez-vous avoir du public ?

On avait d’ailleurs commencé, sur Paris, à la Comédie Nation, avant le TMG. Les gens nous disent aimer, nous n’avons pas eu de retours très négatifs, personne ne s’est ennuyé. Les retours sont constructifs sur la compréhension du système de conscience, on a eu des questions pour être sûrs d’avoir bien compris. On a eu beaucoup de compliments, les gens aiment beaucoup, trouvent la pièce universelle et s’y retrouvent, faisant des comparatifs avec leur vie. C’est pour cela, je pense, que c’est facilement accessible, d’ailleurs plein de tranches d’âges sont venues nous voir. On a aussi eu beaucoup de félicitations pour l’équipeJ, aussi sur l’écriture et la direction d’acteurs, ce qui est très gratifiant.

Vous avez plusieurs casquettes sur ce projet, le texte et la mise en scène principalement. Comment avez-vous appréhendé les interactions entre les deux ?

En fait, en écrivant, j’avais des flashs d’idées. Certaines images se sont concrétisées sur scène, d’autres pas du tout. Cela s’est fait de manière très simple. J’adore travailler à plusieurs, c’est un ping-pong enrichissant et à chaque question, c’était une réflexion collective, surtout avec Quentin Filiatre pour la direction d’acteurs. En fonction des retours de chacun, j’ai essayé de trouver les meilleures solutions. Cela s’est construit au fur et à mesure. Je savais que j’avais envie d’un décor chaleureux, je suis partie sur un décor très chaud. J’avais envie de bois, de tissus, de petites lumières venant directement du plateau et non pas de la régie. Comme c’est moi qui prends toutes les décisions, c’est un peu plus facile.

Ce n’est pas parce que l’on écrit que l’on a toute la mise en scène en tête… En tout cas, les idées de base se sont concrétisées au fur et à mesure, on compose avec ce que les autres nous donnent, avec ce que ça rend. Le jaune est devenu la couleur des personnages féminins et le orange celle des personnages masculins. Comme le montre un peu l’affiche d’ailleurs.

Au-delà de la date du 9 mai, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette aventure ?

Que l’on puisse élargie notre public, dans le sens où on a envie de le faire tourner ailleurs en France. Etant donné que je m’occupe de beaucoup de choses moi-même, j’avoue qu’une petite production serait efficace. On a porté le projet avec toute l’équipe mais je pense que ça pourrait être pas mal que quelqu’un prenne le projet en main, pour le rendre encore plus intéressant. Et puis des dates ainsi que des gens heureux, tout simplement !

Merci, Estelle, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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