Elena Lemercier évoque sa nouvelle pièce de théâtre, actuellement à l'affiche !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Elena,

Quelle joie de vous retrouver pour ce nouvel entretien !

Vous êtes actuellement sur scène, au théâtre Le passage vers les étoiles, avec la pièce « Une variante russe ». Après la période que l’on a connue, ce doit sans doute être une vraie joie et un réel plaisir pour vous ?

Tout à fait ! Oui, oui, ça fait vraiment plaisir de retrouver la scène, surtout que je ne l’ai jamais vraiment connue en tant que comédienne, j’y ai souvent dansée. Donc ça me fait vraiment plaisir de découvrir cela, de l’apprécier et de pouvoir enfin m’exprimer après cette pause cause Covid. C’est une joie énorme de pouvoir s’exprimer, de pouvoir faire ressentir des choses au public et que ce dernier puisse aussi nous en faire ressentir. Quand tu joues et que tu entends sa réaction, c’est incroyable, c’est vraiment ce rendu-là que j’attendais, que j’ai et que j’apprécie.

Avec vos mots, comment pitcheriez-vous ce spectacle ?

Une arme de collection a été volée, « le diamant », le revolver le plus cher du monde. Un journaliste se retrouve bousculé dans ce monde de faux semblant où personne n’est ce qu’il prétend être. Entre mensonges, manipulations et amour naissant, ce thriller théâtral, est à la fois nouveau en son genre, original et totalement barré ! Pour en savoir plus, venez le découvrir directement !

 

 

Vous y interprétez deux personnages. Qui sont-ils ? Quelles sont leurs principales caractéristiques ?

Le personnage important s’appelle Mona et ne comprend rien à ce qui se passe. C’est pour cela que, au début, je ne m’étais volontairement pas intéressée à l’histoire de la pièce. On lui donne des informations mais elle ne comprend rien. C’est une actrice internationale et j’ai choisi de l’interpréter superficielle. On serait dans un registre de cinéma, le texte se suffirait à lui-même pour montrer qu’elle est superficielle, au théâtre je trouve cela beaucoup plus marrant de montrer qu’elle l’est et le public réagit bien. Je trouve cela plus drôle et, même moi, ça m’amuse plus. Elle est contemporaine, est présente sur les réseaux, elle est, comme dit, superficielle mais cherche à défendre sa pureté de cœur.

L’autre personnage est Mylène, son mari travaillait pour la mafia, il était dans le blanchiment d’argent. Sauf qu’elle a subi un traumatisme qui fait qu’elle ne s’exprime plus qu’avec un jouet pour enfant. Donc ce personnage ne me demande pas de m’exprimer avec la voix mais avec le corps, sachant en plus qu’elle est censée être amorphe. Après, j’ai choisi de montrer quand même quelques réactions….

Les personnages sont totalement opposés, physiquement. L’une se tient droite, poitrine en avant tête haute, regard pétillant, et bouche en cul de poule, sans oublier qu’elle se touche tout le temps les cheveux et sa robe. C’est un personnage qui se veut complexé et qui donc en rajoute une tonne pour camoufler son manque de confiance en elle. L’autre a le dos courbé, tété en avant, bouche presque tout le temps ouverte, les yeux qui se ferment, regard éteint, elle marche avec une faible amplitude de hanche, elle fait donc de petit pas, elle titube aussi puisqu’elle est shooté aux médicaments, drogues et alcools en tout genre !

Du coup, à titre personnel, comment passez-vous facilement d’un personnage à l’autre ?

Tout acteur a sa propre façon de se mettre dans un personnage, il y en a qui vont écouter de la musique, il y en a qui vont penser à un animal ou à un objet. Je sais que j’aime jouer avec mon corps et je vais chercher le côté extérieur pour aller trouver le côté intérieur. Quand j’ai mon intérieur, ça se reflète dans mon extérieur. La concentration joue beaucoup aussi, il en faut énormément, sans oublier le travail en amont.

Sur le rôle principal, vous êtes en alternance une semaine sur deux, ce qui n’est pas le cas pour l’autre rôle. Selon le nombre de personnages à jouer, appréhendez-vous différemment les représentations ?

Au final, comme je fais Mylène tout le temps, je n’ai jamais eu à faire Mona sans avoir à préparer Mylène avant. Sachant que les deux sont séparées d’une scène seulement, me laissant peu de temps pour me changer. Je n’ai pas le temps de me reconcentrer dans mon personnage, je suis à peine habillée, coiffée, maquillée que je suis poussée sur scène. Ce qui est marrant aussi, c’est que ce personnage d’actrice a notamment un monologue, je dois donc faire encore un autre personnage, celui dans la peau duquel rentre cette actrice. Mais c’est très sympa à défendre. J’aime ce défi et le fait de m’amuser à trouver ces personnages, même sans préparation sur l’instant, sur le moment. Comme je le disais, c’est une préparation que j’ai faite depuis très longtemps, je sais ce que mes personnages ont en tête, ce qu’ils veulent et comment me reconcentrer là-dessus. Je m’arroche à des pensées et, du coup, le corps suit.

 

 

Neuf représentations sont attendues au total. Jusqu’à présent, quels sont les principaux retours du public à l’issue de la pièce ?

Les gens passent un très bon moment, les scènes comiques plaisent beaucoup, le public est très réceptif. Après, je vais en parler quand même car je trouve ça intéressant, le principal retour est que c’est bien, que l’on ne s’ennuie pas mais que les gens ne comprennent pas ce qui se passe. On a choisi de prendre cette critique négative et d’en faire quelque chose. Même si on avait déjà commencé les représentations, on s’est dit que l’on allait presque tout changer, afin que le public comprenne. On est restés positifs, on a refait les trois quarts pour que ce soit beaucoup plus lisible. On a choisi de réécrire, de réaménager les scènes, de changer l’ordre aussi et on hâte de voir ce que les gens vont en penser.

Que peut-on vous souhaiter alors pour la suite de cette aventure ?

Des retours positifs sur ces modifications mais pas uniquement, pour justement continuer à affiner. Au final, c’est bien d’avoir des retours constructifs, ça booste, c’est stimulant.

Merci, Elena, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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