Berlin Berlin : Anne Charrier évoque sa pièce de théâtre actuellement à l'affiche !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Anne,

Quelle joie de vous retrouver pour ce nouvel entretien !

Depuis janvier dernier, vous êtes à l’affiche, au théâtre Fontaine, de la pièce « Berlin Berlin ». Après la période compliquée que l’on a tous connue, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela a dû être de retrouver la scène et la proximité du public ?

Absolument ! C’est un projet que nous avions depuis deux ans, on l’a attendu, vraiment, on avait tous très envie de cette pièce. Il y avait aussi, effectivement, ces retrouvailles avec le public et le fait d’être sur scène…Le soir où on a retrouvé le visage des gens, lorsque les masques ont pu être enlevés, je vous assure, on avait une petite émotion…On a besoin de ça, l’humain, c’est ça aussi, c’est lire l’expression des gens, c’est lire quand ils sont heureux, quand ils ne le sont pas.

C’était très très important, après ces deux années. On a beaucoup de chance aussi que ce soit un succès, que le public soit revenu pour cette pièce. Ça reste très dur pour le théâtre en général et on est vraiment très heureux de se dire que les gens sont là. C’est vraiment la pièce en elle-même qui donne envie aux gens de venir, le nom aussi de Patrick Haudecoeur, son humour, son sens de la comédie. Mais c’est vrai que l’on est très heureux d’avoir fédéré un public très différent, c’est aussi bien pour les grands-parents que pour les petits enfants, le public est très familial, tout le monde peut venir voir « Berlin Berlin », c’est la grande qualité de la pièce.

Justement, en quelques mots, comment pitcher cette pièce ?

« Berlin Berlin », c’est l’histoire d’Emma et Ludwig, qui sont en couple, ils vivent en Allemagne de l’Est et souhaitent passer en Allemagne de l’Ouest. Emma trouve un passage par les caves qui leur permettra de passer sous le mur…mais ce passage est dans l’appartement d’un officier de la Stasi. Tout part de là, la comédie nait ici, les quiproquos aussi. L’agent de la Stasi va tomber amoureux d’elle, je ne peux pas vous en dire plus mais c’est très truculent !

 

 

Comment caractériseriez-vous votre personnage ?

C’est une femme très déterminée, assez désespérée aussi je crois, elle est prête à tout parce qu’elle n’en peut plus de cette vie-là. Elle est harassée par le système, elle n’y voit que de l’absurdité, elle n’a pas de conviction politique qui puisse lui faire accepter la situation. Donc elle est absolument déterminée et, en même temps, elle a peur, elle est terrifiée par ce dans quoi elle se lance, parce qu’elle sait aussi que si jamais ça échoue, c’est la mort ou la déportation.

Quels principaux retours vous font les spectateurs à la sortie du théâtre ?

Les gens qui n’aiment pas ne viennent pas nous dire qu’ils n’aiment pas, en revanche les gens qui aiment ont à cœur de nous le dire. Les spectateurs sortent en nous disant qu’ils ont « tellement ri qu’ils ont mal au ventre », qu’ils ont « ri tout le temps », qu’ils ont « hurlé de rire ». Je crois que c’est vrai, c’est ce que l’on entend dans la salle, c’est là la grande qualité du texte, c’est une farce politique, c’est un Vaudeville d’aventure, c’est complètement crétin au sens noble du terme, ce sont des personnages clownesques aussi.

Emma est une leader de l’action et elle est celle, je pense, à laquelle le public s’identifie le plus facilement. Elle est entourée d’une bande de chèvres incompétentes et très drolatiques.

Parmi les autres petites satisfactions, notons quatre nominations aux Molières. Cela doit sans doute faire plaisir à tout le monde ?

Bien sûr, on est très heureux de cela. Le succès, c’est la reconnaissance du public, les Molières, c’est la reconnaissance de nos pairs, c’est la reconnaissance de la profession, c’est la reconnaissance aussi d’un travail commun. Souvent, la comédie est dévalorisée, dans toutes les catégories, pas seulement au théâtre, aussi au cinéma parce qu’on a l’impression que c’est plus facile ou que ça traite de sujets moins forts. Mais la comédie est extrêmement difficile à faire, à réussir, ça demande une précision, un rythme, une concentration vraiment de tous les instants, on est beaucoup moins lâchés dans le jeu, c’est beaucoup moins confortable que même certains drames peuvent l’être. Là, quoi qu’il arrive, il y a des rendez-vous qui dépendent du rythme de la comédie et on le sait, si on les rate, il y a moins de rires.

 

 

Vous évoquiez tout le travail effectué. En amont, vous êtes-vous replongée dans le contexte historique de l’époque ?

Bien sûr, on a regardé, ne serait-ce que pour l’aspect graphique, des photos mais je ne peux pas vous dire qu’il y avait une identité très marquée de ces années. Parce que, finalement, même s’ils étaient coincés, ça s’était déjà un peu ouvert, les Allemands de l’Est arrivaient à avoir un jean par exemple. Ensuite, on s’est bien sûr plongés dans la vie de ces gens, j’ai rencontré une journaliste qui avait écrit sur l’Allemagne de l’Est et, surtout, notre auteur, Gérald Sibleyras a vécu cette période-là. Sa mère est allemande, elle est partie juste après la seconde guerre mondiale mais son frère est resté en Allemagne de l’Est. Donc les vacances familiales se passaient à Berlin-Est, ce qui fait que cette période est concrète pour lui. Les absurdités qu’il a mises en exergue dans la pièce sont réelles, elles naissent de quelque chose de véridique.

Vous serez, personnellement, sur scène jusqu’au 15 juin et la pièce, elle, continuera sur Paris. Que peut-on vous souhaiter pour vos dernières représentations ?

De l’énergie J… parce que c’est vrai que, là, au bout de cinq mois, on court un peu après. Toujours de la joie de retrouver mes camarades chaque soir et avoir la chance que le public soit là pour rire de nos bêtises.

Pour terminer, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?

Alors, il y a une sortie de film pour septembre, « L’astronaute » de Nicolas Giraud et je vais tourner pour la télé, prochainement, avec Isabelle Gélinas et Arthur Mazet, que je retrouve, avec qui j’ai fait « 36 15 Monique ». Enfin, on partira en tournée avec « Berlin Berlin » en janvier…

Merci, Anne, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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