Un Si Grand Soleil : Tonya Kinzinger évoque Janet, son personnage dans la série à succès de France 2 et en profite pour nous présenter sa pièce de théâtre actuellement à l'affiche !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Tonya,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Nous pouvons vous retrouver régulièrement dans la série quotidienne à succès de France 2 « Un Si Grand Soleil ». On imagine le plaisir et la joie que ce doit être de faire partie de cette belle famille artistique ?

Oui, bien sûr, c’est un plaisir ! Surtout que j’avais connu auparavant plein de ces personnes qui font partie de cette famille-là, je les retrouve de « Sous le soleil ».

Le tout dans un cadre de tournage particulièrement agréable, tant la région que les studios de Vendargues….

C’est vrai, je n’avais jamais vraiment travaillé en studio. D’ailleurs, quand j’ai commencé sur la série, mon hôpital n’était pas un studio, il a été construit en décembre 2020. Je découvre les plaisirs de travailler dans ce confort d’un studio d’intérieur, vraiment il est très très beau.

C’est confortable et je ne connaissais pas cela dans tout ce que j’ai fait avant, que ce soient les films ou les séries, qui ont toujours été en extérieur.

 

 

Vous y interprétez le rôle du docteur Janet Lewis, chef de service à l’hôpital. Avec le recul, comment la décririez-vous ?

Janet est une femme extrêmement professionnelle, qui est vraiment passionnée par son travail. Elle était, au départ, surtout intéressée par le côté médical, ce n’est pas quelqu’un qui facilement peut se livrer aux autres au niveau de son empathie, elle en a bien entendu mais elle fait ce métier avant tout pour aider les autres, elle n’a pas cette naturelle empathie.

On l’a découverte un peu dure, sur son côté professionnel et on a vu ses failles à l’arrivée de sa fille. Avec la prise en otage et le retour de sa fille sur le fait que ça n’a pas été une bonne mère, on comprend qu’elle n’a pas fait ce qu’il fallait en tant que maman, elle a choisi sa carrière plutôt que de se battre pour sa fille parce qu’elle pensait qu’elle allait perdre. Quand sa fille arrive, on voit les profondeurs émotionnelles de Janet et avec la rencontre en même temps du commissaire Becker, on découvre cette part de fragilité qu’elle laisse très peu percevoir.

Maintenant, dans son travail, on se rend compte qu’elle se bat comme une lionne pour son service, que ce soient pour les aides soignantes ou pour les infirmières, contre la direction qui lui impose certaines choses financières. Elle est vraiment là pour se battre pour son équipe, même si eux ne se rendent pas compte à quel point elle se bat car elle n’est pas quelqu’un qui va se vanter. C’est quelqu’un qui a beaucoup d’humanité, qui n’est pas forcément visible au premier abord, elle qui ne s’ouvre pas à tout le monde.

La fidélité des téléspectateurs ne se dément pas depuis toutes ces années. Justement, quels principaux retours peuvent-ils vous faire sur la série et sur votre personnage ?

C’est marrant, justement au tout début, les gens qui me connaissaient et qui ne m’avaient pas vu depuis 10 ans à l’écran, en dehors de « Danse avec les stars », étaient restés sur le personnage de Jessica, quelqu’un d’extrêmement ouverte, la bonne amie de tout le monde. Quand je suis arrivée dans la série avec Janet, les gens me trouvaient très très dure, très fermée, ce n’était pas du tout le même personnage. Alors qu’ils étaient habitués à me voir depuis 20 ans à l’écran dans un autre rôle, il fallait qu’ils s’y habituent. Le producteur, Thomas, m’avait expliqué qu’ils allaient me faire venir petit à petit, dans ma profession, sans me voir dans ma vie personnelle de suite. Ils voulaient m’installer petit à petit pour que, justement, les gens s’habituent à me voir différemment. C’était une stratégie en fait, qui a bien fonctionné. Au bout de 6 mois, ils ont ouvert le personnage au travers d’une partie personnelle via sa fille et Becker. Là, voilà, ça s’ouvre de plus en plus. Et encore, il y a énormément de choses à découvrir sur ce personnage, elle n’a pas encore une amie, on ne la voit jamais se confier à qui que ce soit, sauf à son mari. On voit des moments très tendres et très doux entre eux deux mais c’est tout. Pour l’instant, cette femme est encore pleine de mystères.

 

 

Le rythme de tournage d’une quotidienne, on le sait, est soutenu. A ce titre, quelle est votre méthodologie de travail ?

J’ai toujours la même méthode de travail, j’ai besoin d’avoir mes textes en avance, de les travailler bien avant pour pouvoir m’en libérer avant d’arriver sur le plateau. J’ai ce challenge en plus de la langue, ce n’est pas ma langue maternelle. Un défi de plus est lié aux termes médicaux de chaque service, il y a des mots que je ne connaissais même pas, je fais des recherches sur internet, par moment je suis obligée d’appeler des amis médecins pour savoir même comment prononcer certains mots. Donc c’est super parce que ça ouvre mon vocabulaire, même si ce sont peut-être des choses que je ne vais jamais utiliser dans la vie courante. Mais j’aime beaucoup apprendre, je suis friande de cela. Voilà, j’aime bien me débarrasser des textes, même s’il y a des modifications après, ce n’est pas grave, il faut que je puisse arriver sur le plateau et être ouverte à tout suggestion du réalisateur et travailler main dans la main avec lui.

Avez-vous ou avez-vous eu des sources particulières d’inspiration pour l’interprétation de votre personnage ?

Je puise dans plusieurs choses de ma vie personnelle, j’ai passé du temps dans le milieu hospitalier, j’ai vu comment les gens travaillaient. J’ai des gens proches qui travaillent également dans ce milieu donc je me renseigne beaucoup par rapport à la réalité des choses, dont j’essaie de m’approcher le plus possible. Je suis même allée à l’hôpital pour suivre les chefs de service, afin de voir comment ils travaillent. Quand on a des scènes où on doit manipuler des machines, où on doit faire des actions pour que ce soit le plus réaliste possible, par exemple quand j’utilise un défibrillateur, je travaille pendant près d’une heure avec un médecin pour que le protocole soit légitime. Je pense que c’est peut-être cela qui aide cette série à dénoter de certaines autres, on a les moyens pour être les plus réalistes possibles dans ce que l’on est en train de faire.

 

 

En complément, vous êtes actuellement sur scène, à l’Alhambra, dans la pièce « Promesses de campagne ». Cette autre aventure artistique doit être certes différente mais sans doute complémentaire de la série ?

C’est génial parce que, oui, c’est complètement différent. Le plateau est un confort même si, toutes les deux semaines, il y a des rotations d’équipes et de réalisateurs. C’est quand même un confort, on y va comme chez nous, on connait la plupart des gens, on est en studio, on connait notre entourage et on travaille main dans la main avec le réalisateur. Quand on est sur scène, c’est différent tous les soirs. Tous les soirs, le public change donc toute l’énergie change. Tous les soirs, j’ai le trac avant de monter sur scène. Il y a cette excitation justement de l’inconnu, de ne pas savoir comment ça va se passer. Sur scène, on se met à nu, on se met en danger, on est là les uns pour les autres, pour s’entraider, il y a une énergie totalement différente et c’est très complémentaire. Pouvoir toucher aux deux est une bonne chose, le théâtre nous sort de notre zone de confort et ça nous propulse devant le public, en live, avec une réaction immédiate. On ressent cette énergie de suite et on voit si ça marche ou pas, c’est vraiment intéressant comme travail, j’aime beaucoup. Je ne peux vraiment pas faire de comparaison entre les deux, c’est vraiment différent, ça ne se compare pas en fait mais c’est complémentaire !

Un mot sur le pitch et sur votre personnage ?

Je suis la femme du premier ministre, c’est bien entendu une comédie. On part le week-end dans notre maison de campagne, on est censés se reposer pendant deux jours sans recevoir personne. Mais, en fait, il y a un député qui arrive avec une proposition indécente et des papiers compromettants contre mon mari. Donc tout part en vrille et c’est là où on se demande si des hommes politiques, avec leur pouvoir, avec leur stature, peuvent vraiment rester honnêtes. A un moment donné, est-ce que chacun n’en sait pas un peu trop sur la vie de l’autre ? Surtout quand on tente avec la puissance et le pouvoir de marchander certaines choses ? Voilà, c’est une comédie où beaucoup d’actualités sont injectées dans le spectacle chaque semaine. C’est vraiment pour se détendre et se décontracter, afin de passer un bon moment. On va partir en tournée mais on n’a pas encore les dates, ce sera pour la fin de l’année ou le début de l’année prochaine.

Merci, Tonya, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision, Théâtre

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