Koh Lanta : Jean-Philippe nous raconte sa belle aventure !

Publié le par Julian STOCKY

Crédit photo : © A.ISSOCK / ALP / TF1

 

Bonjour Jean-Philippe,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Vous participez actuellement à la saison de « Koh Lanta, le totem maudit », diffusée sur TF1. Justement, les images ont-elles, chaque mardi soir, ravivé en vous certains souvenirs et certaines émotions ?

Le mot exact que vous avez employé est « émotion », on passe par toutes les émotions, que ça soit de la tristesse, de la joie, de la peine, de l’engouement. C’est un mélange de tout. Ce sont des souvenirs qui étaient peut-être un peu plus vagues quelques mois après le retour en métropole et qui refont surface évidemment chaque mardi soir. Donc je suis très heureux de les découvrir et de les redécouvrir, effectivement.

Pour en revenir à la genèse de votre aventure, quelles principales raisons vous avaient incité à candidater ?

A la finale des « 4 terres », au moment du générique, Denis avait dit « l’année prochaine, pourquoi pas vous ? Venez tenter, venez vous défier… ». Je me suis dit que cette phrase m’appelle, me parle et pourquoi pas aller me défier à l’aube de mes 40 ans et du coup j’ai tenté l’aventure. C’est la première fois que je le faisais. Donc j’étais très content, très fier et très heureux d’être sélectionné parmi le paquet de lettres reçu par ALP.

D’ailleurs, en amont, vous étiez-vous préparé d’une manière spécifique ?

Non. Entre le moment où on envoie sa lettre et le moment où on nous appelle pour nous confirmer notre participation, ça met à peu près neuf mois, remplis de castings. Pendant neuf mois, je ne me suis pas dit que j’allais me préparer, que j’allais faire du sport à gogo parce que, au quotidien, je suis artisan peintre. En fait, j’estimais que ma condition physique était mise à l’épreuve via mon activité professionnelle. Quand on m’a appelé, on m’a confirmé que l’on partait d’ici trois à quatre semaines donc je n’en ai pas forcément fait plus. Après, c’est une condition un peu psychologique où, là, j’ai commencé à préparer mes enfants à mon départ et moi aussi. Puisque je pense que, comme beaucoup l’ont vu, j’étais un papa poule et que je vivais vraiment pour mes gosses, que j’ai la chance d’avoir au quotidien. Du coup, c’est eux qu’il a fallu préparer, en les prévenant bien que je ne serai plus là pendant un certain nombre de jours. Et un nombre de jours certain. C’était ça qui était, on va dire, le plus difficile. Mais, finalement, on reste en roue libre, on s’amuse avec tout ça, il n’y a aucun soucis.

L’aventure avait démarré sur les chapeaux de roue, avec l’annonce par Denis de l’existence du totem maudit. Quelle avait alors été votre réaction ?

Je ne savais pas qu’il y aurait un totem maudit mais je me doutais bien qu’au bout de vingt ans, l’émission allait changer. Surtout après la diffusion des légendes. Je me doutais qu’il y aurait certainement un peu plus de piment pour relancer l’émission et le cadre, qu’il y aurait quelque chose de nouveau. Effectivement, on a été servis puisque ce totem relance à chaque fois les débuts de chaque jeu et on ne sait pas à quelle sauce on va être mangés. Donc c’est plutôt sympathique effectivement, ça met un coup de piment.

Vous devenez également capitaine de l’une des trois premières tribus. Comment avez-vous appréhendé ce rôle ?

Ça va faire très présomptueux, j’étais très heureux, très fier, je ne m’y attendais pas bien sûr. Par contre, j’ai pris le rôle à cœur et très au sérieux, je me suis plu dans ce rôle de leader affirmé et affirmant ses convictions de vouloir emmener son équipe en découdre avec celle des autres. Du coup, non, non c’est quelque chose qui ne m’a absolument pas déplu et c’est surtout quelque chose qui m’a renforcé dans l’idée d’être le leader sur l’équipe et sur le camp. J’étais très heureux et surtout très fier aussi pour mes enfants, de devoir assumer ce rôle que j’assume de toute façon au quotidien en tant que chef d’entreprise.

On le sait, la vie sur le camp n’est pas forcément toujours évidente, entre faim, survie, vie en communauté…Comment l’avez-vous ressentie et vécue ?

C’est assez dingue, alors que l’on dit à tout le monde que c’est dur, oui c’est dur moralement et physiquement mais je l’ai senti comme une colonie de vacances. On s’entendait bien, j’avais des candidats qui étaient des candidats de qualitéssss, avec x « s » tellement il y en avait, humaines, sportives, sociales, amusantes, j’en passe et des meilleures. C’étaient des candidats de qualité à tous points de vue, avec lesquels on avait la chance d’évoluer au quotidien sans devoir donner des rôles précis à chacun. Puisque chacun voulait faire tout sur le camp et que tout le monde prenait, je dirais, des initiatives personnelles pour pouvoir mener à bien sa barque et mener à chaque fois l’équipe vers le haut. Les filles allaient chercher naturellement des brindilles, nous nous allions chercher naturellement des bois un peu plus lourds, nous allions chercher de l’eau tous ensemble mais de manière constructive, les filles partaient avec les gourdes vides et nous les ramenions pleines. Les tâches, en fait, étaient toujours diminuées mais ravisées à ce que l’on soit ensemble, unis, soudés pour aller vraiment main dans la main, toujours dans la même direction. Donc c’est vraiment une colonie de vacances que nous avions vécue.

Quelles y étaient vos activités préférées ?

Quand il fallait construire la cabane dès le premier jour, abattre des arbres, j’étais très content de pouvoir exprimer toute ma joie physique sur les troncs d’arbres que l’on devait défoncer à la machette avec François. On était tout heureux de montrer notre testostérone la plus virile possible pour pouvoir achever des arbres et pour pouvoir mettre des bois en place afin de se construire un abri. C’est vrai que cette construction a été presque un défi personnel et un défi aussi humain pour pouvoir savoir qui serait le plus valeureux, le plus fort, le plus tenace sur la découpe des arbres. Donc, oui, on était contents de faire cela tous ensemble.

Lorsque vous quittez vos camarades pour rejoindre l’infirmerie, dans quel état d’esprit êtes-vous ? Etes-vous quand même plutôt confiant sur un retour éventuel dans le jeu ?

Je suis plutôt confiant et j’ai plutôt confiance dans la production. Après, je m’excuse quand même auprès de mes coéquipiers parce que je comprends quand même que je pars pour quelques heures à l’infirmerie. En plus, on est en fin d’après-midi donc je sais que je ne reviendrai pas le soir. Je suis un peu déçu déjà de ne pas pouvoir me coller à eux pour pouvoir les réchauffer. Parce que, indirectement, on se servait les uns des autres, pour tout de toute façon. Que ce soit physique ou moral, on avait besoin les uns des autres pour pouvoir avancer. J’étais un élément, je pense, fort dans cette équipe puisque je fédérais également ce groupe, de toutes les manières qu’elles soient. De manière rigolote, mais aussi de manières physique et morale pour rebooster un peu les troupes quand il y avait peut-être un coup de mou. J’estimais toujours avoir la banane pour pouvoir être vraiment amusant, j’étais une source de motivation pour cette équipe, je le savais, j’étais toujours en train de dire « allez, on garde la banane, on s’excite, on rigole ». On faisait plein de trucs ensemble, on était vraiment soudés. Quand je suis parti du coup le soir, je me suis dit « merde, finalement, j’enlève ce gros maillon de la chaine. Comment vont-ils se débrouiller ? ». Du coup, ça m’embêtait pour eux.

J’avais envie de revenir le plus rapidement possible, j’avais vu que Jean-Charles qui, lui, avait eu une grosse grosse coupure, était revenu rapidement donc je m’étais dit que j’avais bon espoir. Je pensais que mes pieds avaient gonflés suite à une allergie à une petite plante ou suite à une piqure de moustique. Je pensais que l’on allait me donner des médicaments et que j’allais pouvoir revenir. Finalement, je suis resté, on m’a fait des analyses sanguines et au bout de deux jours, on m’a dit que les examens sanguins n’étaient pas très bons, que j’étais en train de faire une sacrée carence en vitamine B1, entrainant malheureusement une petite dégénérescence, si bien que mon sang était un peu en déficience. Ce qui imposait des examens complémentaires. Je me suis demandé ce qui se passait, j’étais presque énervé contre tout le monde, la production, moi-même je m’en voulais, je ne comprenais pas ce qui se passait. Finalement, on m’a renvoyé à Manilles pour des examens complémentaires. On m’a annoncé le diagnostic, je devais partir et quitter l’émission, j’étais triste, frustré. Parce que, en plus, je n’avais pas eu mon nom sur un bulletin, j’avais été un candidat qui avait compté en termes de parole, de physique, de moral, de cohésion, d’amour. On s’aimait véritablement, ce n’était pas de la comédie devant une caméra, on avait des liens très forts. Du coup, j’étais déçu d’avoir brisé tout cela et de mettre mon équipe presque en danger. Sans moi, j’avais compris que ce serait la merde. D’ailleurs, quand j’ai vu la sixième émission, la première sans moi, j’ai vu que quelques tensions étaient arrivées. Alors que ça ne s’était jamais passé. J’ai vu également que l’on perdait les deux épreuves, ce qui n’était jamais arrivé non plus. Je m’en voulais presque…

Plus globalement, quels resteront vos plus beaux souvenirs de cette aventure ?

La constitution de l’équipe qui a été faite non pas en individuel mais avec le choix de chacun, pour pouvoir justement avoir l’équipe la plus unie possible. A chaque candidat qui arrivait, je lui demandais quel était l’aventurier qu’il souhaiterait avoir dans son équipe. J’ai voulu François, à qui j’ai demandé qui il voulait, il voulait Ambre, et ainsi de suite…On a constitué l’équipe comme cela, de façon réunie pour donner satisfaction à chacun des coéquipiers qui rejoignait notre tribu verte. Je pense que c’est inédit dans « Koh Lanta », c’était surtout fait de façon individuelle. J’ai vu qu’Alexandra avait choisi elle-même tous ses coéquipiers, Céline pareil. Je n’ai pas voulu faire de cette façon-là. Pareil, je suis le premier candidat à avoir pris de suite des filles en majorité. Et à avoir pris un doyen dès le départ. Je voulais constituer une équipe différente de celle à laquelle on pouvait s’attendre de moi. Je voulais donner sa chance à chacun bien sûr pour pouvoir justement aller le plus loin possible en étant les plus unitaires possible. J’avais compris que « Koh Lanta » n’est pas qu’un jeu de force physique mais avant tout un jeu de force morale et que c’était aussi donner des chances d’avancer tous ensemble et d’avoir des caractères peut-être diamétralement opposés mais qui pouvaient aussi fédérer autour d’un seul et même but, celui des victoires en commun.

Comparativement à la vision que vous en aviez avant de partir à l’aventure, certaines choses ont-elles été plus ou moins difficiles à appréhender ?

Il est difficile de se rendre véritablement compte de la pluie que l’on peut voir derrière son écran de télévision. Quand on est assis dans son lit ou son canapé à grignoter, on se dit que c’est toujours difficile mais on n’a pas le recul pour pouvoir plaindre suffisamment les candidats. On se dit toujours que c’est un peu du fake, qu’il pleut 30 secondes et qu’il faut arrêter de se plaindre. On voit toujours à la télé qu’ils ont faim mais en fait, on pense que c’est rien. Mais non, c’est vraiment dur ! La faim et la pluie sont vraiment les deux facteurs clés qui font qu’on se tord de douleur. Notre ventre nous rappelle tout le temps à l’ordre en discutant avec lui-même, puisqu’on l’entend gargouiller tout le temps. Au bout d’un moment, on commence à se tordre de douleur, même si on sert les dents. Et la pluie a été vraiment incroyable cette année, elle a été omniprésente, on en a pris plein les mirettes à chaque fois. Evidemment, c’était difficile à supporter parce que, alors que l’on aurait voulu avoir un peu de confort grâce aux épreuves, on ne les gagnait pas, en plus on revenait la queue entre les jambes, souvent avec une malédiction, souvent avec la flotte. Je peux vous assurer que cette année, vraiment, j’ai dérouillé.

Pour conclure, si l’opportunité se présentait à nouveau, auriez-vous l’envie de refaire votre sac ?

Mon sac est déjà prêt, pour ne rien vous cacher. J’ai envie, je souhaite, j’aimerais que, au plus vite, Julien Magne m’appelle en me disant « écoutes Jean-Philippe, ok, tu as peut-être été un candidat à fort tête mais on pense que le potentiel aventure n’était pas encore atteint donc on a envie de te reprendre ». J’y retournerais les yeux fermés, c’est super dur mais putain que c’est bon ! Honnêtement, c’est un vrai bonheur de pouvoir se défier, se mesurer et se comparer comme cela face à soi-même et face aux autres que, oui, j’y retournerais les yeux fermés, tellement j’ai aimé cela.

Merci, Jean-Philippe, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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