Pass Ligue 1 : Karim Bennani évoque la première saison du nouveau diffuseur principal de la Ligue 1 !

Publié le par Julian STOCKY

Crédit : © Serge Arnal / Prime Video Sport

 

Bonjour Karim,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Depuis le début de la saison, nous pouvons vous retrouver sur le Pass Ligue 1 de Prime Video. On imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être de participer à cette nouvelle aventure, dès son commencement ?

Oui, c’était important pour moi d’arriver, comme vous le dites, à la genèse de cette aventure. C’est toujours important parce qu’il y a une émulation qui se crée dès le début. J’ai eu aussi cette chance de connaitre la quasi intégralité de l’équipe éditoriale qui compose le Pass Ligue 1, ce qui permet également de favoriser une intégration rapide. Même si c’est un produit que je traite depuis de nombreuses années, les droits domestiques du foot français ont bougé, j’ai en quelque sorte bougé avec et c’est une grosse fierté, oui, de faire partie de cette aventure Prime Video, dès le début.

Au-delà d’une nouvelle aventure, c’est aussi un nouveau média, avec un contenu et une forme novateurs, en lien avec l’évolution de la consommation des médias…

Complètement ! J’ai une formule que j’aime beaucoup et que j’aime répéter quand je parle de Prime Video : j’explique que Prime Video, c’est, pour moi, le futur, notamment sur les droits sportifs et je suis déjà très heureux d’être présent dans le futur. C’est vrai que c’est une belle fierté de me retrouver dans cette aventure, ça m’a aussi permis de me renouveler, ça m’a permis de donner un coup de fouet à ma carrière, ça m’a permis d’être sur un moyen de consommation complètement différent, il faut vivre avec son temps. Je pense que c’est important de ne pas négliger la jeune génération, qui consomme maintenant énormément non pas en linéaire mais en streaming. C’était important pour moi d’arriver sur une aventure nouvelle où les codes ont changé, notamment dans la présentation, nous ne sommes plus sur une chaine de télé, nous sommes sur de la vidéo à la demande, très clairement. Cette consommation-là me plait également en tant que client, je consomme aussi beaucoup de sport sur Prime Video, j’étais déjà client avant, pour Roland-Garros et j’avais trouvé que le travail effectué était formidable. Je me rends compte, honnêtement, que le travail effectué sur la Ligue 1 et sur la Ligue 2 est aussi formidable, si ce n’est plus. Donc, oui, très content d’en faire partie, comme je le disais, d’être déjà présent dans le futur puisque je considère sincèrement qu’aujourd’hui, c’est clairement le futur.

Vous animez, chaque dimanche après-midi, le Multiplex, avec quatre rencontres en parallèle…

Exactement ! Le multiplex est un peu mon bébé, j’ai une histoire d’amour avec ce produit-là que j’ai commencé en radio il y a de très nombreuses années, plus de dix ans, ça ne nous rajeunit pasJ. C’est vrai que ce produit-là m’a un peu suivi tout au long de ma carrière, dans les différentes chaines que j’ai pu côtoyer et c’est le cas aujourd’hui. C’est une fierté, finalement, d’avoir réussi, avec l’équipe éditoriale de Prime Video, à moderniser le multiplex, pour un autre service, non pas pour une chaine de télé. Avoir modernisé le multi était important pour nous, c’est important aussi pour les gens qui nous regardent puisqu’il y a de plus en plus de jeunes qui sont concernés également maintenant par la Ligue 1. Je m’éclate, on a une chance inouïe, depuis le début de la saison, d’avoir des multiplexes hyper enjoués, avec de nombreux buts. Donc c’est un plaisir, tous les dimanches, de me retrouver à la tête de ce programme qui a de belles heures devant lui encore.

A noter également, et c’est l’une des forces du Pass Ligue 1, que vous êtes entouré, à chaque fois, d’un consultant de renom, expérimenté des pelouses de notre championnat.

Je vais vous raconter une anecdote, lors d’un des premiers multiplexs, je crois en deuxième ou troisième journée, le soir même il y avait Thierry Henry à l’antenne, il était donc en loge et a regardé le multiplex pendant deux heures quasiment, je sors du plateau, je le revois, on se connait bien et il me dit « s’être régalé ». Je lui demande pourquoi et il m’a expliqué que « en Angleterre, ils n’ont pas cette culture-là du Multiplex. Ça, c’est une vraie culture française d’avoir plusieurs matchs en même temps, de naviguer de stade en stade ». Rien que ces mots-là m’ont fait plaisir. Effectivement, ce jour-là, je devais être avec Benoit Cheyrou, j’enchaine les consultants, comme vous le dites, de renom mais surtout des consultants qui aiment la Ligue 1, qui aiment cet exercice, qui aiment le multiplex. Parce qu’ils étaient acteurs du multiplex il y a encore quelques années, ils étaient eux-mêmes dans le multiplex. Aujourd’hui, je pense que ça leur fait du bien et plaisir de se retrouver un peu finalement derrière et de commenter ces multis.

Oui, je me retrouve avec Benoit Cheyrou, Mathieu Bodmer, Jérôme Alonzo, Ludovic Giuly, Benjamin Nivet,…des consultants expérimentés, aguerris, qui connaissent parfaitement tous les joueurs de Ligue 1. J’avais besoin d’avoir ce genre de consultants, rompus à l’exercice et surtout qui connaissent parfaitement les clubs présents dans le multi. On ne parle pas de Psg – OM dans le mutliplex, on parle de matchs peut-être un peu moins fringants sur le papier mais tout aussi importants pour de nombreux supporters. Les consultants ont un œil avisé, eux qui connaissent parfaitement toutes ces équipes et tous ces joueurs.

En amont de l’antenne, quelle est votre méthodologie de préparation ? On l’imagine intense…

Je prépare quatre foisJ. Ceux qui préparent leur match du week-end préparent un match et deux équipes, je prépare quatre matchs et huit équipes. C’est assez agréable parce que, effectivement, il faut avoir un œil sur tout. Ma méthode de travail est assez simple. En début de semaine, le lundi, on débriefe le multiplex précédent et je me projette dans la foulée sur les matchs qui auront lieu le dimanche suivant. Ça ne sert à rien d’être beaucoup trop précis en début de semaine puisque les groupes évoluent chaque jour, parfois il y a des matchs de coupe d’Europe pour certaines équipes…je vous donne un exemple, je pensais que Monaco allait gagner en coupe d’Europe, j’ai préparé avant le match de Braga un pré-lancement pour le week-end et, finalement, il tombe à l’eau….Je dois me réadapter à chaque fois !

Donc, le lundi, je jette un œil sur le programme du week-end et, plus la semaine avance, plus la préparation s’intensifie. Notamment dès le jeudi, où j’ai déjà une sorte de squelette et d’arborescence du conducteur qui sera mis à l’antenne le dimanche après-midi. Ce jour-là, je lis évidemment des infos sur les huit équipes du championnat qui seront à l’honneur dans le multiplex, j’écris des lancements pour l’avant-match, pendant lequel on fait un tour complet des stades et des terrains pendant une vingtaine de minutes, où on essaie d’angler au maximum nos lancements et notre plateau. On élabore ensuite un conducteur le vendredi matin, on définit avec l’équipe éditoriale, minute par minute, tout ce qu’il y aura à l’antenne. On est en direct pendant près de deux heures et demie, c’est colossal, c’est un gros gros travail à effectuer à l’antenne et en amont. Le samedi, on reste attentifs aux matchs, aux clubs, aux groupes qui tombent, aux conférences de presse. Le dimanche, on fait une réunion deux heures avant le début de l’antenne, pour définir vraiment les angles, on se réunit avec les commentateurs, on fait une petite répétition et on y va, à 14h 40.

Quand vous aimez le foot, préparer un multiplex reste un plaisir immense puisque vous êtes au courant de tout, toute la semaine, sur toutes les équipes quasiment. Ça m’arrive de passer des coups de fil à des coachs, à des présidents de clubs, pour avoir une tendance, pour avoir un petit biscuit à mettre à l’antenne le dimanche. Il m’est régulier, le samedi, d’aller sur les terrains, c’était le cas le week-end dernier pour Montpellier – Nice, ça me nourrit aussi de voir les coachs. J’ai vu, par exemple, Christophe Galtier, qui a été dans mon multiplex et qui y sera à nouveau dans quelques semaines. Ca me nourrit pour pouvoir, ensuite, en parler à l’antenne avec mon consultant et animer des questions, des débats, qui eux nourrissent l’antenne.  

Pendant le live, on peut penser que, avec quatre matchs en même temps, vous avez les yeux partout, avec l’aide précieuse de l’équipe en régie pour vous accompagner ?

C’est un travail assez colossal, ils sont nombreux en régie, il faut une équipe éditoriale costaude pour ne rien laisser passer. J’ai l’habitude du multiplex puisque je le fais depuis de très nombreuses années donc je sais où regarder. On a maintenant des petits rituels, je vous donne un exemple, je sais que, à telle minute, sur les différentes pelouses, on aura des changements puisque les entraineurs les effectuent à peu près au même moment. Donc quand on sait qu’il y a un changement sur un stade, on bascule de suite sur un autre, pour donner la priorité au jeu.

On a une fenêtre à quatre matchs, pour les avoir côte-à-côte, nous sommes dans de bonnes conditions avec des télés immenses, on essaie d’avoir les yeux partout. On a des réflexes à présent, le cerveau et les yeux se sont habitués à regarder quatre rencontres en même temps. Je suis bien aidé effectivement par la régie qui m’alerte lorsqu’il y a une occasion franche qui m’aurait échappé. Généralement, avec le consultant, en plateau, on a nos quatre yeux rivés sur les quatre matchs, ça fait un œil par match finalement, ce n’est pas si malJ.

 

Crédit : © Serge Arnal / Prime Video Sport

 

Vous l’avez dit, en complément du multi, on peut également vous retrouver sur les stades, en animation de l’avant-match, de la mi-temps et de l’après-match. Ces deux casquettes, au stade d’un côté, en studio à Paris de l’autre, sont très riches et très complémentaires…

Vous avez employé le terme, c’est complémentaire ! Totalement complémentaire même. Je sais pertinemment, en me retrouvant sur les terrains en avant match, en côtoyant les joueurs de près, que rien ne remplace le terrain, tout journaliste vous dira cela. C’était une volonté féroce d’aller sur les matchs très régulièrement le week-end, notamment le samedi à 17h. Me retrouver avec les consultants, sur le terrain, est un autre exercice, complètement différent du multiplex mais qui me plait tout autant et qui me permet d’être au contact, d’avoir des informations, d’échanger, de me nourrir, en prévision d’un multiplex que je pourrai effectuer le lendemain ou la semaine suivante.

Oui, ces deux casquettes-là sont complémentaires, elles sont différentes mais pas tant différentes que cela puisque nous traitons effectivement de la Ligue 1. Retrouver les terrains, me retrouver au contact des acteurs du jeu est important dans ma construction professionnelle dans la saison et pour les saisons qui arrivent.

Le retour du public et l’effervescence dans les stades aident sans doute aussi à ce plaisir ?

J’entendais souvent les joueurs, les entraineurs dirent « c’est un vrai plaisir pour nous d’avoir le public derrière, que le public soit là, à nous pousser ». Je ne vous cache pas que pour nous aussi, journalistes, présentateurs au bord de la pelouse, c’est juste génial de pouvoir se retrouver dans une arène pleine à craquer, avec des supporters qui chantent et qui poussent leur équipe. J’ai assisté récemment à un match à Saint-Etienne, face à Montpellier, ils n’étaient que 20 000, il y avait encore cette fameuse jauge, les verts étaient menés jusqu’à la 82è minute et ils ont retourné le match uniquement grâce au public, très honnêtement. On a senti, avec Benoit Cheyrou, qui était à mes côtés, une ferveur populaire dans le stade qui, quelque part, nous a galvanisés pour l’après-match, on était tellement subjugués par cette ferveur-là que ça nous a permis d’être meilleurs à l’antenne. Je pense que le public dans les stades nous rend meilleurs aussi dans notre métier, c’est hyper important. C’est triste un stade vide, le football est fait pour être visible par tous, dans les stades et derrière l’écran. On est très heureux, quand nous sommes sur les terrains, d’être portés aussi par l’ambiance d’un stade.

D’ailleurs, quel regard portez-vous sur la saison actuelle de Ligue 1 ?

Honnêtement, c’est l’une des plus belles saisons de Ligue 1 depuis de nombreuses années. Oui, le titre est quasiment joué, certes mais, pour les places d’honneur, on ne peut pas aujourd’hui dire qui sera sur le podium. Les deux qui le sont actuellement, Nice et Marseille, peuvent s’en retrouver éjectés, au profit d’autres clubs. Il y a des équipes qui ont très mal débuté et qui reviennent, je pense à Lyon et Monaco, des clubs historiques de notre championnat. Malheureusement pour les bordelais, c’est un club en péril, qui se bat pour sa survie mais ça reste un feuilleton hyper intéressant, notamment dans le multiplex. On a des équipes surprenantes, je pense à Strasbourg ou Rennes qui nous enthousiasment le week-end. Cette saison, il n’y a pas réellement de ventre mou, il y a des équipes qui se battent pour se maintenir, des équipes qui se battent pour aller chercher des places européennes. On est enthousiasmés ! Quand je pense à Lens, qui est 10è de Ligue 1 mais qui a effectué un championnat à haut niveau, avec des joueurs incroyables…on a des histoires, on a des clubs qui performent, qui surperforment et puis des clubs qui sous-performent. Rien n’est acquis, rien n’est encore joué, excepté sans doute le titre et ça laisse un suspens incroyable pour la fin de la saison. Je suis hyper excité à l’idée de me dire que, dans quelques semaines, j’animerai les multiplexs des 37è et 38è journées, avec les dix matchs et que l’on n’aura peut-être pas encore la décision. Peut-être que tout se jouera dans les dernières minutes de la dernière journée …. C’est pour cela que je dis que cette saison est l’une des plus belles depuis de nombreuses années dans notre championnat.

En parallèle, parmi vos différentes casquettes, on vous retrouve régulièrement sur La Chaine L’Equipe, dans « L’Equipe de Greg ». C’est là sans doute un exercice complémentaire permettant un lien étroit avec l’actualité de la Ligue 1 et du ballon rond ?

Complètement ! C’est vrai que c’est aussi complémentaire. La semaine, je peux facilement être à la « pointe » de l’actu puisque je suis sollicité et que mon avis est demandé sur le plateau de « L’Equipe de Greg ». Très honnêtement, quand on m’a proposé ce rôle-là l’été dernier, j’étais, sur les dix premières minutes, assez septique, me demandant quelle était ma légitimité aujourd’hui à donner mon avis sur la Ligue 1. Finalement, les décideurs sur la Chaine l’Equipe m’ont rassuré en me disant que je baignais dans ce championnat-là et dans cette Ligue 1 depuis, mine de rien, 2006. Donc, oui, ça fait 15/16 ans que je baigne dans cette Ligue 1, que je suis les droits de la Ligue 1, que je suis finalement partie prenante de l’univers et de l’écosystème Ligue 1.

C’est un exercice différent, c’est un vrai tournant dans ma carrière de journaliste, d’animateur, de présentateur, de chroniqueur de me retrouver sur Prime Video, détenteur des droits, et sur la Chaine L’Equipe, chaine hyper regardée, en clair sur la TNT, très grand public, populaire. Je m’en rends compte au quotidien et c’est vrai que, quand je vais dans les stades, on me parle de mes deux casquettes. Ce n’est pas pour me déplaire, je prends du plaisir vraiment dans les deux exercices, je ne nourris dans les deux exercices, ce que je fais le week-end je m’en sers la semaine, et inversement.

En conclusion, pour boucler la boucle, après plusieurs mois d’antenne maintenant sur Prime Video, quels premiers retours avez-vous éventuellement déjà pu avoir ? D’ailleurs, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle et nouvelle aventure ?

Le retour est celui que me font les supporters autour des stades, les gens sont reconnaissants du traitement que Prime Video fait de la Ligue 1. On respecte ce championnat, énormément, on le met en valeur avec un dispositif qui est égal sur toutes les rencontres, ce qui est du jamais vu. On a le même dispositif sur tous les matchs ! Nous respectons les gens qui nous suivent, qui nous regardent, nous respectons les supporters présents au stade, en envoyant sur place un gros dispositif avec, très souvent, deux consultants, un commentateur, un présentateur, un journaliste bord terrain et, comme je vous le disais, c’est du jamais vu. Les supporters sont assez reconnaissants de ce traitement-là.

Ce que l’on peut souhaiter à Prime Video, c’est d’avoir une longue vie et un mariage heureux, long avec la Ligue 1.

Merci, Karim, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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