Koh Lanta : Matteo nous raconte son aventure aux Philippines !

Publié le par Julian STOCKY

Crédit photo : © A.ISSOCK / ALP / TF1

 

Bonjour Matteo,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Vous avez participé à la saison « Koh Lanta, le totem maudit » diffusée actuellement sur TF1 chaque mardi soir. Justement, le fait de visionner les images ravive-t-il en vous certaines émotions et certains souvenirs ?

Complètement ! Forcément, ça rappelle plein de souvenirs, on revoit les lieux, on revoit des choses que l’on avait oubliées. Oui, ça ravive pas mal d’émotions, notamment au moment de l’élimination. Voir que l’aventure se termine…la déception revient, j’ai ressenti une deuxième fois la fin de mon aventure parce que ça l’était aussi aux yeux de tous. Donc, oui, c’est sûr que l’on revit pas mal de choses, même s’il y a plein de choses que l’on ne peut pas voir, trois jours d’aventure étant résumés en deux heures d’émission.

Pour en revenir à la genèse de votre aventure, quelles principales raisons vous avaient donné l’envie de candidater ?

Déjà, « Koh Lanta » est un rêve pour moi ! C’est une motivation d’être passionné par ce jeu, par ce mécanisme, par tout ce que ça représente. J’attendais beaucoup de « Koh Lanta », j’attendais effectivement que ça m’apporte énormément, notamment aussi par rapport à l’endroit où j’en étais de ma formation et de ma carrière de danseur. J’en attendais beaucoup par rapport à une prise de confiance en moi et à un lâcher-prise. Parce que, quand on est dans « Koh Lanta », on est obligé de lâcher prise, par rapport à la difficulté. Il ne faut pas lutter, on ne peut pas. Donc, quelque part, on est obligé de lâcher prise aussi psychologiquement par rapport à la pression que l’on peut avoir en permanence, par rapport aux caméras,…On est obligé de lâcher et c’était hyper important pour moi. Je fais une discipline qui est énormément sur le contrôle et j’adore ça, mon caractère est comme cela aussi. C’est vrai que c’était un véritable challenge par rapport à cela.

Après, c’était aussi pour visibiliser un peu et représenter la danse classique à la télévision, pour essayer de la démocratiser. J’avais une réelle pression pour bien faire par rapport à cela, notamment au niveau sportif, sur les épreuves.

D’ailleurs, comment vous étiez-vous préparé pour cette aventure ?

Je suis sportif de haut niveau donc je fais vachement de sport toute la journée. Mais, effectivement, comme la danse travaille beaucoup les jambes, j’ai fait, en plus, beaucoup de muscu du haut du corps, beaucoup de cardio. Je me suis aussi beaucoup renseigné par rapport à la survie, c’est difficile de le faire parce que l’on ne sait pas où on va mais tresser des paniers, faire du feu, j’ai regardé pas mal de vidéos là-dessus pour ne pas être complètement paumé et avoir l’impression de maitriser un peu. Dans les conditions exactes, je savais très bien que ce ne serait jamais pareil et que l’on allait tous s’appuyer les uns sur les autres mais de savoir, d’avoir vu déjà, on se sent un peu plus crédible et légitime.

Sur place, l’aventure a démarré sur les chapeaux de roue, Denis annonçant dès la première minute l’existence de ce nouveau totem. Quelle avait été alors votre réaction ?

A ce moment-là, c’est énormément d’émotion. C’est déjà la première fois que l’on voit Denis donc on se rend compte vraiment du début de « Koh Lanta », on se rend compte aussi que l’on va devoir sauter dans l’eau, nager jusqu’à la plage. On ne le voit peut-être pas bien avec les images mais c’était très loin, ça représentait beaucoup. Et puis une excitation énorme de participer à la première épreuve de son « Koh Lanta ». Ce sont tellement de choses différentes…Et puis de voir tous les autres autour de soi, de se demander ce que l’on va valoir par rapport à eux. Je veux tellement bien faire tout le temps que j’avais un stress énorme, forcément, de bien faire. J’avais peur un petit peu des autres.

Le totem maudit était une pression supplémentaire. Je me suis dit que l’on était quand même nombreux, que ce serait difficile d’être dernier, du moins que ce serait hors de question de l’être. Finalement, ce puzzle était vraiment très difficile, j’ai bien cru que j’allais être dernier, ça ne s’est pas vu mais c’était très long, j’ai mis beaucoup de temps à le réussir. Donc il y avait un mélange de plein de choses, notamment de peur. C’est difficile de tout répertorier mais c’était un truc de fou en tout cas…

Peu de temps après est venu le moment de la composition des trois tribus. Comment l’avez-vous vécu ?

Pareil, plein d’émotions différentes ! D’abord, j’étais très surpris de ne pas être choisi, c’était très blessant parce que c’était très long, je suis resté longtemps de plus en plus seul sur cette ligne, avec tout le monde qui s’en allait au fur et à mesure. Donc c’est un peu humiliant. Pour moi qui suis sportif de haut niveau, comme je le disais tout à l’heure, j’avais un petit peur des autres parce qu’ils dégageaient vachement de confiance, ils avaient des gabarits un peu plantés, physiquement ils étaient imposants. J’avais peur de ne pas être à la hauteur et, effectivement, c’est ce que j’ai dû dégager, un manque de confiance énorme par rapport aux autres. Cette sélection d’équipe, pour moi, a été un peu la confirmation que, sur les apparences, je ne faisais pas peur aux autres, que l’on n’avait pas forcément envie de faire l’aventure avec moi. Ça représente beaucoup de choses de ne pas être sélectionné. Il y a plein d’autres raisons, il faut relativiser mais, forcément, le sentiment que l’on reçoit est celui-ci, que l’on n’a pas envie de toi ou que tu ne donnes pas envie. Du coup, c’est violant, surtout quand on a dit que l’on est sportif de haut niveau, quand on est souriant, avenant…On se dit « waouh, on préfère les autres à moi ».

Donc on arrive dans une équipe et on a l’impression que les autres se préfèrent. Forcément, je me suis senti en danger d’élimination. Parce que, quelque part, quand on fait le choix de ne pas me prendre, quand il y a le choix à faire d’éliminer quelqu’un, forcément dans sa tête, on se dit que ça va être soi. C’est très violent…Moi qui pensais, avec mon caractère et mon côté sportif, que ça ne poserait pas trop de problème de franchir les toutes premières étapes du jeu…Effectivement, me sentant en danger, au-delà de la surprise, c’était une pression énorme dès le début, à laquelle je ne m’attendais pas. Je voyais mon aventure qui pouvait se terminer très tôt, ce que je n’acceptais pas du tout, après toute la préparation que j’avais faite. Je n’aimais pas comment se passait mon aventure, je n’aimais pas les évènements. J’aurais pu accepter, je sais que, dans « Koh Lanta », les changements, les rebondissements arrivent…mais de me sentir comme ça dès le début, je me suis dit que, pour remonter la pente, ça allait être tellement dur et tellement long. Déjà que cette aventure est difficile, quand on a un bâton dans les roues dès le départ, waouh c’est très difficile psychologiquement à surmonter. Surtout quand on n’a personne de familier sur qui on peut s’appuyer, avec qui on peut parler de tout ça.

Sur le camp, on le sait, les premiers jours sont toujours particuliers, entre découverte des camarades, installation, acclimatation…Comment les avez-vous appréhendés ?

Effectivement, il y a beaucoup de choses à faire sur le camp. Pour moi, ça a été la surprise, c’est vrai qu’il ne faisait que pleuvoir, je trouve que l’ile était très hostile, c’était très humide, la jungle était très dense donc ce n’était pas très lumineux. Ce n’était pas du tout l’image paradisiaque que j’avais de « Koh Lanta ». Après, j’ai fait ce qu’il y avait à faire, il fallait que l’on construise la cabane, que l’on trouve l’eau… Peut-être que, dans les premiers jours, notamment avec ces sentiments-là, avec cette peur qui était présente, j’ai peut-être manqué de communication mais parce que l’on avait beaucoup de choses à faire. Et puis la faim arrive très vite, la fatigue surtout, le manque de sommeil, ce sont énormément de choses d’un coup. C’est super dur de faire sa place quand on n’est pas en confiance et quand on se sent menacé dès les premières minutes, malgré une bonne ambiance, malgré des gens sympas. C’est dur parce que, malgré tout, on se sent quand même en danger, on voit bien que les autres s’entendent bien entre eux.

Parmi les moments marquants, il y a notamment l’épreuve des plans inclinés, où votre prestation a été remarquée…

Oui ! Je me sentais en danger dans cette équipe donc je savais que j’étais obligé d’en faire trois fois plus sur les épreuves. Donc, quand j’arrivais en épreuve, j’avais une pression énorme, une détermination énorme aussi. De la même manière que j’entendais Pauline qui, à cause de son bracelet maudit, n’avait pas le choix que de se mettre en avant, d’essayer d’avoir des positions stratégiques. Mais, en même temps, on a peur, à tout moment on se dit que, si on ne parvient à réussir, c’est fini. Donc c’est une pression que les autres n’ont pas, quand on se sent comme ça en danger.

Mais, sur cette épreuve, pour être parfaitement honnête, quand on l’a terminée, je pouvais tenir encore très longtemps et j’étais très surpris que l’on réussisse presque aussi vite. C’était une fierté énorme, de la surprise aussi. Elle m’a fait du bien, j’en avais besoin, à ce moment-là, d’avoir mon moment de gloire quand même. Mais ça a été de courte durée car, après, quand on a dû faire un choix pour sortir quelqu’un de notre équipe, ça nous a vachement plombés. Donc la joie a été de courte durée malheureusement.

Plus généralement, quels resteront vos autres plus beaux souvenirs de cette aventure ?

Effectivement, il y a cette épreuve mais aussi celle des élastiques sur laquelle j’ai été très à l’aise, à tel point que je me suis surpris moi-même. Je savais que je serai très motivé sur les épreuves mais de là à crier comme je l’ai fait, à encourager les autres, là, pour le coup, je ne me suis pas vraiment reconnu, j’étais au-delà de moi-même. Donc, oui, j’ai beaucoup aimé cette épreuve et je crois que c’est le moment où je me suis senti le mieux dans l’aventure. Je me sentais tellement en danger que d’avoir performé sur cette épreuve, parce que les autres l’ont vu et me l’ont dit aussi, m’a enlevé en tout cas, pour le premier conseil, de la pression, j’ai été moins en danger, ce qui a fait que je n’ai pas eu de vote contre moi. Finalement, tous mes meilleurs souvenirs sont les moments où je ne me suis plus senti en danger. C’est dire à quel point c’est vraiment cette sensation de se sentir menacé qui a gâché mon aventure. Les seuls moments où j’étais vraiment bien, c’est quand je n’avais plus cette pression, c’est-à-dire le premier jour et le premier conseil.

J’ai un super souvenir du premier conseil, je l’ai adoré, on était vraiment projeté dans « Koh Lanta », quand on voit le décor qui est absolument incroyable. J’ai profité à 100% de ce premier conseil parce que je savais que je n’étais pas en danger. Ce n’était que du bonheur.

A l’inverse, dans la survie, qu’est-ce qui aura été le plus compliqué ?

La faim était difficile mais, finalement, avec le recul, ce qui était difficile, c’était plutôt la fatigue, qu’engendrait la fin finalement. Je me rappelle des quatrième, cinquième et sixième jours, j’étais un zombi, complètement. Chaque geste me demandait un effort de fou, je pense que ce sont les jours les plus durs, c’est là où le corps commence à s’acclimater un petit peu au niveau régime. C’est très frustrant pour moi qui suis plein d’énergie, où mon métier est de danser donc de bouger, de ne pas pouvoir le faire. Chaque geste me demandait un effort surhumain, c’est très frustrant.

Le plus dur a aussi été, je dirais, la pluie. En fait, c’est très désagréable d’être tout le temps mouillé. Les nuits notamment, on était dans des vêtements trempés. Au bout d’un moment, les vêtements mouillés sentent le moisi. On nous demande souvent si on est sales, on ne put pas tant que ça parce que, quand on ne mange pas, notre transpiration ne sent pas. Mais ce qui puait, c’étaient les vêtements. Donc on était dans des vêtements sales et trempés tout le temps tout le temps tout le temps. Les pieds étaient dans des chaussettes et des chaussures trempées, les mains et les pieds étaient tout blancs. C’était très pénible ! Je le vois encore aujourd’hui, dès qu’il fait beau, je suis de bonne humeur, je ne me rends pas compte mais je pense que la météo a beaucoup joué sur le mental.

Au moment de rejoindre le conseil de votre élimination, dans quel état d’esprit étiez-vous ?

On a perdu l’épreuve d’immunité, ensuite on est allés au conseil le soir-même donc on a eu quelques heures dans l’après-midi pour le préparer. Ça a été le moment le plus dur pour moi, j’étais dévasté parce que j’avais compris que mon aventure allait se terminer ou que si ce n’était pas la mienne, ce serait celle de Stéphanie. Elle m’avait cerné très rapidement et c’était une des personnes à qui je pouvais véritablement parler de ce que je ressentais et qui me comprenait. C’est d’une importance énorme en fait, surtout pour moi qui ai besoin de verbaliser pas mal les choses. C’était primordial, quand on se sent en danger, d’avoir quelqu’un qui peut te faire rire, qui comprend ce que tu dis, ça a un impact énorme sur le mental.

Je voyais que ça allait être très dur mais, honnêtement, si j’avais su que, dès le lendemain, les équipes allaient être refaites, je n’aurais pas eu le même état d’esprit. Parce que je savais très bien que, en changeant les équipes, j’aurais été sauvé. Je n’aurais pas été en danger, je pense, dans une équipe de dix. J’aurais trouvé des gens avec qui je sais aujourd’hui que je me serais super bien entendu parce que je les connais maintenant. Peut-être que, avec cette information, j’aurais été moins dévasté. Mais, là, l’idée d’être éliminé ou de continuer dans une équipe où je suis en danger, où en plus il n’y a pas la seule personne à qui je peux en parler, c’était pour moi catastrophique. Je ne pouvais pas supporter cela et me rendre compte que le rêve que j’idéalisais depuis tellement longtemps se passait super mal. Il était désagréable, j’étais tout le temps en danger, j’avais peur d’être éliminé. Je ne me reconnaissais pas non plus, dans la vie j’ai toujours le sourire, je fais rire, là j’étais déprimé. Donc ça représentait énormément de choses, je me disais qu’il n’y a personne qui allait me reconnaitre, que ça ne se passe pas bien alors que j’avais saoulé toute ma famille pour partir. Ça ne me faisait pas du bien, ça ne me donnait pas confiance en moi…en fait, tous les objectifs pour lesquels j’étais venus, toute la joie, toute l’effervescence que j’avais eues autour de « Koh Lanta », je ne retrouvais rien dans ce qui se passait. C’est pour cela que, cet après-midi-là, j’ai craqué, j’ai dit que je n’en pouvais plus, que je ne prenais plus aucun plaisir. Pour le coup, j’étais très triste de réaliser que je vivais super mal mon aventure. En plus, j’avais l’impression de paraitre faible mentalement alors que, de par mon sport, j’avais déjà vécu des choses difficiles. Mais j’ai serré les dents, j’ai gardé le sourire jusqu’au bout et, après, j’ai pleuré pendant trois jours…

En conclusion, votre sac est-il déjà prêt si la production vous proposait une nouvelle participation ?

Je dis souvent que c’est plus qu’une envie pour moi, c’est un besoin. J’ai besoin de me réconcilier aussi avec le fantasme que j’avais autour de « Koh Lanta ». J’étais venu chercher la difficulté physique, la résistance mentale à des conditions difficiles. Mais mon plus grand défaut est d’être trop attaché à ce que l’on pourrait penser de moi, à l’image que je renvoie. J’ai la sensation, avec ce qui s’est passé, que l’on peut faire le raccourci que j’ai juste été faible mentalement et que je n’ai pas supporté les conditions difficiles. Or, ce n’est pas le cas du tout, je suis prêt à supporter n’importe quoi mais il me faut un minimum de valorisation et de confiance. Le facteur chance est énorme et je sais très bien que, dans une autre aventure, avec deux à trois détails différents, je pourrais me révéler. Surtout, j’en avais les capacités physiques, ça j’en ai pris conscience. J’ai aussi eu le soutien du public, qui m’a fait énormément de bien. Il m’a donné confiance en moi, cela m’a rassuré, m’a galvanisé, contrairement aux autres candidats, et j’ai envie de montrer que, dans « Koh Lanta », c’est possible de faire du beau jeu. Je n’ai même pas joué, alors que je suis un grand joueur, que j’adore la stratégie. Donc, oui, j’ai plus qu’un goût d’inachevé, j’ai la sensation de ne pas avoir vécu mon « Koh Lanta ». Avec l’amour du public, je sais maintenant qu’il y a des gens derrière moi qui ont confiance en moi et ça change la donne…Donc, oui, je veux revivre cette aventure, déjà pour la vivre et parce que je suis certain que, avec un peu plus de chance, je peux faire des trucs de fou. Oui, je re-signe direct !

Merci, Matteo, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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