Face à face : Claire Borotra nous présente la nouvelle série judiciaire de France 3 !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Claire,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

A partir du 15 mars prochain, nous pourrons vous retrouver dans la nouvelle série judiciaire de France 3 « Face à face ». A titre personnel, on imagine la joie et le plaisir que ce soit être de participer à cette nouvelle belle aventure ?

Oui, oui, oui ! C’est un mélange de sentiments très différents, il y a de la joie, de l’excitation, de l’enthousiasme parce que je suis contente de ce que l’on a fait et que c’est pour six semaines, donc c’est un vrai rendez-vous récurrent avec le public. On découvrira si les gens apprécieront ou pas. Après, il y a toujours un peu d’appréhension aussi parce qu’on est peu de choses à la télévision. Donc j’espère que les gens viendront…Mais, oui, beaucoup de joie et d’enthousiasme.

 

 

Avec vos mots, comment pitcheriez-vous cette nouvelle série de 12 épisodes ?

Je dirais qu’il y a une dimension comédie familiale qui permet d’alterner et même de faire corps entre les enquêtes et les situations personnelles des personnages. Je me suis beaucoup amusée dans cette relation de sœurs puisque c’est l’histoire de deux sœurs qui ne se connaissent pas, et pour cause c’est leur père qui a eu une double vie. L’une connait en fait l’existence de l’autre mais la sœur ainée n’a pas du tout imaginé que son père pouvait faire ce genre de choses, elle qui le met sur un piédestal. Il était juge, elle est devenue juge elle-même donc ça va être un vrai séisme dans sa vie. Non seulement avec sa disparition parce que c’est à cette occasion-là qu’elle apprend la nouvelle mais aussi avec l’arrivée intempestive de sa sœur. Parce que l’on ne peut pas dire que le personnage que joue Constance soit d’un calme absolu, c’est une sorte de tempête qui débarque dans la vie de cette femme que j’interprète qui est légèrement psychorigide, qui est dans un cadre moral et affectif avec un certain nombre de principes. Donc ça va être le cocktail explosif de ces deux personnalités qui vont être obligées de travailler ensemble et aussi de cohabiter, qui vont se disputer le fantôme ou la statue du père.

 

 

Vous y interprétez la juge d’instruction Justine Rameau. Qui est-elle ? Elle a parcours professionnel mais aussi personnel qui est très fort….

Oui, oui, c’est ce qui m’a beaucoup beaucoup plu quand j’ai lu le projet, c’était vraiment le parcours passionnant de cette femme qui, au départ, est pleine de certitudes, de croyances, de cadres et puis qui va traverser des épreuves et des obligations de remise en question de toutes ses croyances. Avec violence parce que l’on pourrait dire que son monde s’effondre, épisode après épisode mais de cet effondrement va naitre la reconstruction de quelqu’un mais quelqu’un de plus libre, quelqu’un qui aura du coup revisité le schéma familial de son enfance. C’est presque un parcours pour passer à l’âge adulte. Elle va devoir revisiter tous les domaines de sa vie et se confronter à la vérité, à la réalité. Elle était peut-être dans une forme de déni aussi, comme beaucoup de gens ou dans une forme d’aveuglement, de volonté de ne pas voir un certain nombre de choses. Elle va être obligée, par la force des évènements, de se retrouver confrontée à la vérité. Ce qui nait de cela, c’est une humanité.

 

 

Je me suis énormément amusée à développer beaucoup de défauts du personnage au début parce que je trouve que c’est sympa d’avoir des personnages assez caractérisés, qui n’ont pas que des qualités. Donc elle est un peu cassante, elle est psychorigide, elle est casse-pieds. Je me suis amusée à le créer, à le garder et à faire naitre de l’humanité au fur et à mesure des épisodes et au fur et à mesure des épreuves qu’elle rencontre, qu’elle surmonte.

Au moment de l’interpréter, avez-vous eu une méthodologie particulière de préparation ? Ou du moins certaines sources d’inspiration ?

J’ai été en contact avec une juge avec qui j’ai parlé plusieurs fois au téléphone, on était en période de confinement, c’était compliqué de se voir. La dimension juridique m’intéresse, je l’ai travaillée pour voir comment ça se passait mais c’est la dimension psychologique qui m’intéresse plus sur les personnages. Parce que c’est ce qui caractérise en fait. Ce que l’on peut apporter en tant qu’acteur, c’est moins sur la manière de mener des auditions selon moi que sur, pour le coup, les caractéristiques psychologiques des personnages, la cohérence. En même temps, on peut créer des accidents, on peut travailler sur les toutes petites choses, les petits gestes, qui racontent, à mon avis, beaucoup plus que les grands mots, quand on sait observer.

 

 

En tant que comédienne, ce doit sans doute être chouette d’avoir une palette artistique aussi large à jouer, entre le cadre professionnel d’un côté et les relations plus personnelles de l’autre ?

Oui ! Après, il est rare, dans les fictions, qu’il n’y ait que du privé ou que du professionnel, c’est assez courant que l’on puisse jongler sur les deux domaines et les deux parties. Là, en l’occurrence, je trouvais les interactions riches, aussi bien avec ma demi-sœur, qu’avec mon mari ou qu’avec ma fille. Ça a été salué presque unanimement par la presse, je trouve que les seconds rôles sont de très grande qualité aussi. C’est important, il faut le souligner, ils sont vraiment tous de supers acteurs. Ca enrichit énormément la série, donc les interactions, donc nos personnages, c’est un cercle vertueux dans ces cas-là je trouve.

 

 

En plus d’explorer la collaboration entre justice et police, cette série aborde des thèmes forts de société…

Effectivement ! Je me souviens notamment du kidnapping d’enfant, on ne va pas tous les donner, il y en a plein. Je trouve qu’ils sont à hauteur d’homme, c’est ce qui m’a plu aussi. Il y en a tellement partout, tous les soirs, sur toutes les chaines que, là, j’ai trouvé que c’est intéressant, on n’est pas que sur du meurtre sanglant, il y a aussi une dimension plus humaine, plus proche du réel, des gens. Avec, souvent, une complexité un peu plus grande en termes de résolution, les choses ne sont pas simples, elles ne sont pas noires ou blanches, c’est plus compliqué que cela, comme dans la vie et les coupables ne sont pas toujours condamnés. La loi, c’est la loi mais elle a ses failles aussi. Je crois que la série travaille plus sur les failles que peut avoir la loi que sur une forme d’idéalisation.

Du coup, c’est aussi en cela que cette série pourra plaire au public, elle parlera au plus grand nombre au travers de la diversité du contenu…

J’espère…Et puis je pense que l’humour est important, on a essayé d’en mettre, d’en ajouter. Il y a quand même une forme de légèreté, on ne se laisse pas entrainer dans un gouffre de noirceur. Les cas que l’on traite ne sont parfois pas marrants mais on s’est beaucoup amusés, on a pris beaucoup de plaisir à le faire. Les thématiques sont nombreuses, j’imagine que tout le monde pourra y trouver son compte et, en même temps, il y a quelque chose de rafraichissant dans la troupe que l’on était et, je crois, dans le projet fini. En tout cas, ce sont les échos que j’en ai.

 

 

A noter également que le programme a reçu, au dernier Festival de Luchon, le prix 2022 de l’excellence pyrénéenne de la série de 52 minutes. Cela a dû vous faire chaud au cœur ?

Oui, surtout que je ne suis pas du genre à recevoir des prix. J’étais très surprise, je ne m’y attendais pas du tout, d’ailleurs je n’étais pas dans la salle pour tout vous dire. Je pensais tellement que l’on n’aurait rien que je m’étais éclipsée. Mes camarades sont venus me chercher en courant. Mais cela m’a fait un immense plaisir. On avait senti, pendant le festival, que le public que l’on croisait était très enthousiaste. Ça a fait très très plaisir et puis c’est un projet qui m’est particulièrement précieux et cher pour plein de raisons donc ce moment était une petite bulle de joie.

Cela s’explique aussi par un très chouette casting, tant sur les récurrents que pour les guests…

Ah oui, ça s’est sûr ! Isabelle Vitari, Jackie Berroyer, Lionel Abelanski, Charlotte Desgeorges, … on a eu la chance d’avoir de très bons acteurs, qui amènent une vraie identité et une vraie personnalité à chaque fois. Isabelle et Charlotte sont extraordinaires, elles m’ont bluffée, elles sont magnifiques. Tous apportent énormément. Chapeau bas à tous ces acteurs et actrices qui viennent quelques fois deux à trois jours, c’est très compliqué d’arriver sur un plateau qui tourne depuis un moment. Ils ont très peu de temps pour se mettre dans l’ambiance, il faut donner très vite tout ce que l’on a à donner. A chaque fois, c’est un challenge quand même important et impressionnant, je trouve, de pouvoir donner cette qualité en si peu de temps.

Après 12 premiers épisodes bientôt à l’image, si le succès d’audiences se confirme, ce pourra être l’occasion de retrouver toute l’équipe pour une suite…

C’est ce que l’on souhaite, de tout notre cœur ! On est près, on est dans les starting-blocks, on verra…Je souhaite vraiment que les gens viennent mais c’est leur choix le plus absolu.

 

 

En parallèle, quels sont vos autres projets et actualités en ce moment ?

J’ai fini de tourner avec Claire Keim un téléfilm où notre mère a disparu et où nous sommes deux sœurs qui ne peuvent pas se saquer… je suis abonnée aux sœurs en ce moment, c’est assez étonnant. Il ne devrait sûrement pas tarder à passer sur France 3 aussi, téléfilm que l’on a tourné dans notre cher pays basque, on était toutes les deux aux anges absolus. Pour vous dire à quel point je suis vraiment abonnée aux sœurs, j’ai tourné avec Marc Lavoine et Barbara Schulz, je fais là une sœur au couvent…C’est mon thème astrologique de l’année à prioriJ. J’ai faut aussi un épisode de « La faute à Rousseau », qui était chouette également. Donc il y a pas mal de choses qui vont arriver dans les semaines à venir si tout va bien.

 

 

Pour terminer, en bouclant la boucle, que peut-on souhaiter à toute l’équipe de « Face à face », à quelques jours de la première diffusion ?

Qu’il y ait du monde pour venir voir, que les gens qui regardent prennent du plaisir comme nous en avons pris à le fabriquer pour eux. Parce que l’on pense à eux quand on tourne, on pense aux gens qui vont regarder chez eux, quelques fois tous seuls, c’est aussi pour tenir compagnie aux gens que l’on fait ça, pour chuchoter et raconter des histoires à leurs oreilles…je trouve que c’est la force de la télévision !

Merci, Claire, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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