Pass Ligue 1 : Nicolas Delage évoque la première saison du nouveau programme de Prime Video !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Nicolas,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Depuis le début de saison, vous participez à l’aventure du Pass Ligue 1 sur Prime Video. On imagine sans doute la joie et le plaisir que ce doit être d’en faire partie, dès son commencement ?

Oui, c’est exactement ça. C’est faire partie d’une aventure, ce n’est pas se raccrocher aux wagons quand quelque chose est déjà bien installé, c’est commencer dès le début et ça c’est plutôt excitant. On est tous sur la ligne de départ, ensemble, c’est une sorte d’aventure collective, médiatique et c’est assez rare. C’est un peu comme lancer un magazine…J’ai des amis qui, justement, en lancent un en ce moment dans le milieu du rugby, je ressens la même aventure. A la différence près que, là, ce n’est pas une chaine, on ne se voit pas au quotidien mais ce qui rattrape, ce qui rend encore plus excitante la chose, c’est que l’on est sur un nouveau service. Prime Video est comme un service de streaming, c’est à la demande, ce n’est pas une chaine classique donc ça rend la chose encore plus excitante car on ne sait pas où on va. Là, je parle des membres de la rédaction, on connait notre pré carré, c’est-à-dire travailler sur les matchs, que ce soit en commentaires ou en présentation, on le sait mais, en revanche, tout ce qu’il y a autour, notamment comment parler de notre « chaine »…ce genre de petits détails rabat les cartes, c’est nouveau, il y a cette double nouveauté que je trouve très excitante, c’est le départ d’une aventure médiatique et c’est quelque chose qui est rare, qui va peut-être être la norme dans les années qui viennent mais, pour l’instant, c’est la première fois qu’on lance quelque chose qui est un service à la demande pour les droits d’une discipline importante de France.

Au-delà de la nouveauté, parmi les forces du programme, il y a un dispositif complet, au bord de terrain, avant le match, à la mi-temps mais aussi après la rencontre…

On se rend compte que c’est une vrai force…ce sont les clubs qui nous disent cela, ce sont les supporters parce que, au lieu de prendre l’antenne cinq minutes avant, de faire une mini introduction et de rendre l’antenne rapidement après, c’est un peu comme si on avait un dispositif de gros match sur chaque partie de Ligue 1. Chaque match est complètement décentralisé, on ne duplexe pas avec un studio à Paris, on prend l’antenne sur place, c’est comme si la chaine était délocalisée sur chaque match. On prend l’antenne vingt minutes avant, ce qui laisse le temps de parler du match, de le présenter et également d’avoir régulièrement des interviews en direct sur notre petit pupitre, sur notre plateau sur la pelouse. Surtout, on reste en direct vingt minutes après.

Précédemment, les réactions des joueurs et des entraineurs étaient rassemblées sur la chaine Premium, là, sur chaque flux, sur chaque programme de Ligue 1, si on arrive vingt minutes avant et que l’on repart vingt minutes après, on n’a pas besoin de chercher forcément ailleurs des réactions des coachs et des joueurs. C’est ce qui est intéressant, ce n’est pas juste un robinet pour passer le match, il y a tout l’encadrement, qui est trois étoiles. Ce qui n’était pas le cas avant pour tous les matchs de Ligue 1.

En amont du match, quelle est votre méthodologie de préparation ?

On échange beaucoup au niveau éditorial, on crée un groupe Whatsapp en début de semaine, avec le responsable éditorial, avec le journaliste bord de terrain, avec le présentateur, avec également le commentateur et on échange. Il y a aussi Pierre-Yves Lair, le rédacteur en chef des live, qui est dans la boucle. On échange via ce groupe pour les fameux conducteurs, c’est-à-dire ce qui va se passer précisément, quasiment à la seconde près, sur les vingt minutes de présentation du match. On échange sur les idées, idées qui évoluent évidemment tout au long de la semaine. C’était le cas ces dernières semaines notamment avec tout ce qui se passait au niveau mercato, dès qu’il y avait une info qui tombait, on essayait de voir si on pouvait la mettre dans le conducteur. On échange sur le choix de l’interviewé de chaque équipe pour l’avant-match, on échange éventuellement pour la mi-temps, pour l’après match. On reçoit des éléments également de lancement pour le sujet de présentation du match phare du dimanche soir. On reçoit via ce groupe aussi des éléments sur le grand entretien.

Voilà, c’est ça notre préparation, chacun chez soi. Je suis à Bordeaux, pas à Paris, je n’ai pas l’occasion de passer à la chaine mais je suis loin d’être le seul…On échange beaucoup avec les moyens numériques, je ne dis pas que ce service et cette « chaine » auraient été possibles il y a dix ans mais, maintenant, avec tout le développement des moyens de communication numériques, avec la facilité que l’on a à se voir en Visio ou à échanger via Whatsapp, ça devient facile de préparer comme cela, à distance.

En étant présent au stade, vous pouvez vous-même voir des choses, avant la prise d’antenne, que vous n’auriez pas vues en plateau, voire même avoir de petits échanges en off.

Oui, bien sûr ! C’est évident que le fait d’être sur place, c’est le cas pour tous les sports et tous les évènements, apporte énormément d’informations, pas forcément utilisables ni utilisées sur le moment. Ca renforce le lien également avec les personnes du club, pas forcément que les joueurs, tout l’encadrement du club que l’on croise, ils s’habituent à nous voir et, forcément, ça engendre des relations beaucoup plus simples et sympathiques, moins froides que si on était à Paris, de loin, et que l’on envoyait sur place juste deux personnes. Là, on est quand même un dispositif avec le présentateur, le journaliste bord terrain, le commentateur, le consultant qui, en plus, vient au bord terrain animer l’avant match et revient en après match, il discute en direct à l’antenne, avec le coach, avec les joueurs que l’on choisit, qui ont la gentillesse de venir nous voir, même après une défaite. Le fait d’être sur place est important non pas trop pour les infos mais surtout pour le relationnel.

 

 

Pour vos deux autres interventions, à la mi-temps et en fin de match, le fait de vivre la rencontre à quelques mètres de la pelouse vous permet sans doute une vision différente d’un journaliste en plateau ?

C’est vrai que l’on voit forcément plus de choses quand on est sur place, au ras du terrain, au ras de la pelouse. C’est une évidence et, encore une fois, c’est le cas pour tous les sports, ce n’est pas lié à la Ligue 1 ou au football. C’est peut-être encore plus important dans cette période délicate, avec des mesures Covid qui ne cessent d’évoluer parce que, si on restait loin des personnes, ce serait difficile d’avoir de bonnes relations avec les clubs. Là, le fait d’être présent, même en période de Covid, montre que l’on fait partie du dispositif Ligue 1, ça nous permet de travailler au plus près des joueurs et ça devient indispensable. Je ne vois pas comment, maintenant, avec le recul, on pourrait faire aussi bien en étant loin.

Après ces premiers mois d’antenne, quels premiers retours avez-vous déjà pu avoir ?

Ce n’est que du positif, au niveau qualitatif, c’est-à-dire qualité de l’image et vingt minutes complètes de présentation, uniquement à partir d’ici. On n’est pas, encore une fois, dans un contexte de présentation depuis Paris, avec un duplex qui se fait de loin. Non, on est là et dès qu’il y a des évènements qui se passent au stade, on les laisse vivre, c’est une chance, c’est le fait d’être sur place qui nous permet cela. Par exemple un tifo qui se dévoile, par exemple un hommage, ou quelque chose aussi qui n’est pas prévu, un joueur qui s’approche du public, ça peut être un échauffement particulier. On essaie de mettre le focus dessus et, en étant sur place, c’est plus simple pour le voir. Maintenant, les retours ne sont que positifs, pour cette raison-là, parce que l’on est sur place.

La qualité d’image est importante, ça marche bien, c’est tout bête, ça parait évident mais non, ça ne l’est pas forcément, dès que l’on se connecte, quel que soit l’écran, ça fonctionne bien, selon les retours que l’on me fait. Ensuite, au-delà de la qualité de l’image, le fait d’être nombreux sur place donne au match une qualité et une dimension un peu supérieures.

Les consultants sont aussi une force, je pense notamment à Giuly, Hilton, Micoud, …Quand ils croisent d’anciens joueurs, il y a évidemment une connivence, une connaissance, une sympathie qui émanent. C’est l’intérêt majeur d’avoir dans notre équipe des consultants qui sont de jeunes retraités. Le mix est bien fait. Il y a une constante, c’est que tous sont bons, dans la mesure où tous ont la volonté d’expliquer des choses en parlant foot, sans trop se disperser. Et puis c’est bonne ambiance, ils sont bon esprit.

Sportivement parlant, quel regard portez-vous sur la saison actuelle de Ligue 1 ?

La saison est partie sur les chapeaux de roues au niveau spectacle, le premier 0 à 0 est arrivé très tard. Déjà, ça c’est exceptionnel. On peut se demander si c’est une sorte de mode de fond, dans le championnat de Ligue 1, d’être plus offensif. On peut se demander si c’est parce que l’excitation liée à la venue de Lionel Messi a gagné tout le monde, donnant envie à tous de plus jouer et de marquer, en étant plus heureux en Ligue 1. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut regarder la qualité des matchs et, vraiment, je trouve que l’on a franchi un palier encore depuis la saison dernière. C’est plutôt équilibré sur le nombre de buts marqués mais il n’empêche que, au niveau qualité, ça fait longtemps que l’on n’avait pas quelque chose comme ça, au moins dans le top 5 / top 6, des équipes qui jouaient aussi bien à tous les niveaux. Et encore, on peut pousser à l’extérieur du top 5, avec Lens qui a fait un super début de saison et qui marque un petit peu le pas. Je trouve que, au-delà du nombre de buts qui était vraiment exceptionnel en début de saison, ce qu’il faut remarquer, c’est la qualité globale du jeu, la qualité collective également avec des coachs très efficaces, comme Stephan, comme Haise, qui font vraiment un travail remarquable et qui arrivent à faire jouer très bien leur équipe.

La situation de Bordeaux est compliquée mais ça s’explique, de mon point de vue, assez simplement. C’est l’instabilité qui est à l’origine de tout cela. Depuis le départ de M6, il y a eu deux changements de propriétaires, il y a eu beaucoup de changements de coachs également. Il y a eu, en début de saison, vers la fin du mercato, au mois d’aout, environ deux arrivées par semaine, de joueurs qui n’avaient pas fait la préparation estivale donc qui venaient se greffer sur un collectif qui, lui-même, était fragile. Avec un coach qui n’avait pas eu l’équipe pendant longtemps et qui faisait un petit peu au doigt mouillé. De match en match, les compositions étaient différentes. Alors, je n’ai rien à dire sur les qualités de coaching de Petkovic, en revanche il n’a pas été servi par les évènements. De façon générale, depuis trois ans, cette instabilité se paie. Espérons, pour les bordelais, qu’elle ne va pas se payer jusqu’à descendre en Ligue 2 mais c’est le seul mot que j’ai en tête pour expliquer cela. Car, individuellement, il y a de bons joueurs. Alors, oui, il y a peut-être eu des joueurs qui n’étaient pas en forme ou qui faisaient des mauvais matchs. Mais, collectivement, cette instabilité fait que c’est devenu dramatique au niveau collectif…Espérons pour eux qu’ils arrivent à travailler ce collectif avec le nouveau coach, David Guion, qui vient d’arriver. C’est un sacré challenge parce que l’on est quand même fin février….

Exception faite des incidents connus, le retour du public dans les stades aide aussi sans doute à cette effervescence…

Oui, oui, complètement. Tout le monde attendait ce retour mais dans ce tout le monde, il n’y a pas que les supporters, il y a aussi les joueurs. Parce que ça galvanise, tout le monde le dit. Les joueurs professionnels préfèrent évidemment jouer devant un public, ça peut les porter, ça les motive, que ce soit à domicile ou à l’extérieur. Certains joueurs sont même encore plus performants quand le public est contre eux. Un garçon comme Neymar, ça ne le dérange pas trop d’être sifflé pour continuer de jouer et de tenter. Donc, oui, le retour du public donne peut-être une envie encore plus offensive et spectaculaire à la majorité des joueurs de Ligue 1.

Que peut-on du coup vous souhaiter pour la suite de cette aventure du Pass Ligue 1 ?

C’est de continuer, c’est de faire le même travail, c’est de continuer de montrer également ce qui se passe vraiment sur le terrain, de 20 minutes avant le coup d’envoi jusqu’à 20 minutes après. Parce que cette promesse de rajouter quasiment une mi-temps au match permet de donner la priorité à ce qui se passe en direct. Donc on est encore plus immersif dans l’approche, pour la personne connectée. Cette approche immersive est très importante, ça passe par de petites images, ça passe par des moments d’échauffement captés, ça passe par des sons également. En tout cas, ça passe par la proximité. Donc, ce qu’il faut nous souhaiter, c’est uniquement que ça continue comme cela. Après, place au spectacle…Ce sont les footballeurs, les clubs de Ligue 1 qui font le spectacle…

En parallèle, parmi vos autres « casquettes », quels sont vos projets et actualités en ce moment ?

Mon actualité est plutôt diverse depuis plusieurs années maintenant, j’ai la casquette de présentateur pour Prime Video, j’ai la casquette de commentateur pour Sud Radio, notamment pour le rugby. Le commentaire est quelque chose que j’ai fait pendant 15 ans à Eurosport avec pas mal de collègues qui sont actuellement à Prime Video, comme Frédéric Verdier, Christophe Pleynet, Christophe Bureau. Je suis vraiment un commentateur pur et dur à la base, même si l’école Eurosport fait que l’on est capable de couvrir également le poste de présentateur à force de traiter les évènements en direct. J’ai d’autres casquettes, je suis réalisateur également, je produis une série sur le rugby amateur pour France 3, j’ai réalisé mon premier 52 minutes en politique il y a un an, je manie aussi la caméra et le montage. Voilà, c’est en cela que j’ai plusieurs casquettes, je ne suis pas « simple » commentateur ou présentateur.

Merci, Nicolas, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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