Vraiment pas comme nous : Fanny Pocholle évoque son spectacle, actuellement en tournée !

Publié le par Julian STOCKY

Crédit : Jean tire votre portrait

 

Bonjour Fanny,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes actuellement en tournée avec votre spectacle « Vraiment pas comme nous ». Dans le contexte sanitaire actuel, ce doit être une grande joie de pouvoir retrouver le public régulièrement, à Paris et en province ?

Très clairement ! J’avais joué un petit peu après le premier confinement avant que cela ne s’arrête brusquement pendant huit mois où, vraiment, il n’y avait plus rien. J’étais, pour le coup, complètement déprimée, j’étais malheureuse. Au moment où on a pu retourner sur scène, ça a été une vraie libération. C’était vraiment un soulagement de pouvoir reprendre ce spectacle avec, en plus, une nouvelle version. C’est vraiment un bonheur de pouvoir retrouver en réel les gens, de pouvoir interagir avec eux. J’avais fait des vidéos mais ce n’est pas pareil. C’est chouette, oui, de revoir les gens !

Comment décririez-vous ce spectacle ?

Souvent, pour la blague, quand je joue sur des plateaux ou pour des comedy-clubs, je dis toujours « n’hésitez pas à venir voir mon spectacle, c’est un spectacle familial qui parle d’euthanasie, de racisme et de viol ». Pour le présenter, je dirai que c’est très clairement un spectacle d’humour noir, qui traite de thèmes de société, qui sont autour de nous. Je trouve intéressant de les traiter avec humour pour inciter, ensuite, les gens à se dire que, oui, ils pourraient faire bouger les choses. J’aime bien que les gens ressortent en se disant qu’ils ont appris quelque chose et qu’ils ont envie de changer le monde. Oui, mon spectacle est un peu militant, dit comme cela…mais je vous promets qu’il est drôle aussiJ. Je n’aime pas les spectacles où, en ressortant, on ne se souvient plus de quoi ça parle…et il y en a beaucoup.

 

Crédit : Jean tire votre portrait

 

Vous avez la double casquette d’auteure puis d’interprète. Pour en revenir à l’origine du spectacle, comment vous en sont venues l’envie et l’idée ?

L’envie de monter sur scène date d’il y a longtemps. A l’âge de huit ans, je faisais du théâtre amateur mais j’étais hyper timide. Je dis toujours que le théâtre m’a sauvée. Avant, j’étais le genre d’enfant qui ne parlait à personne, qui ne voulait surtout pas qu’on la remarque. Je pense que je pourrais être encore comme ça aujourd’hui sans le théâtre. Une prof de théâtre m’a vraiment aidée, un jour, elle nous a fait crier et ça m’a fait beaucoup de bien. J’ai découvert, plus tard, à l’âge de 12 ans, la Compagnie du Café-Théâtre à Nantes, qui n’accueille que des spectacles d’humour. Là, j’ai eu une révélation, j’ai vu Jérémy Ferrari notamment et plein d’autres artistes, j’ai compris que c’est ça que je voulais faire, à savoir permettre aux gens de se marrer pendant une heure, leur faire passer un super moment afin qu’ils oublient leurs problèmes. J’ai alors commencé à y prendre des cours, j’y suis restée pendant six ans et j’ai écrit mon premier spectacle à l’âge de 17 ans, grâce justement à ces cours-là. De là est venue l’idée de faire du one-woman show et je suis ensuite montée à Paris pour cela.

Je ne savais pas forcément trop comment m’y prendre mais j’ai réussi à trouver une date puis d’autres, je me suis rendue compte que ça pouvait vraiment se concrétiser. Ce premier spectacle parlait surtout des raisons qui m’avaient incitée à vouloir monter sur scène. Mais il y avait aussi déjà un sketch sur l’euthanasie, c’était déjà un thème important pour moi. Puis j’ai écrit un autre spectacle, la première version de ce spectacle-ci, que j’ai écrite très rapidement, en un mois, suite à un défi donné par mon metteur en scène, qui m’avait réservé une salle quelques semaines plus tard. C’est dans ce contexte-là qu’est née la version beta de « Vraiment pas comme nous ». Que j’ai jouée pendant un an et demi. A la sortie de premier confinement, j’ai rencontré mon nouveau metteur en scène, avec qui on a changé le spectacle, j’ai réécrit plein de choses. On a gardé le même nom parce qu’il y a les mêmes thèmes. Mais c’est un nouveau spectacle, plus qu’une nouvelle version. Les thèmes sont vraiment poussés, ils sont vraiment centraux.

Comment avez-vous justement appréhendé cette double casquette ? Est-elle évidente à porter ?

Pour moi, c’est assez évident de jouer ce que j’ai écrit. J’adore écrire, je pense qu’il y a vraiment de moi dans le spectacle parce que j’en ai écrit les textes. Il y a par contre vraiment un enjeu quand ce sont tes propres textes, on a un peu de fierté et on espère vraiment encore plus que les gens vont aimer. Le fait de faire rire représente un réel enjeu, le rire est quelque chose de sonore, on voit directement si ça marche ou pas.

 

Crédit : Jean tire votre portrait

 

Plus globalement, quels principaux retours ont déjà pu vous faire les spectateurs, notamment à la sortie ?

On me fait souvent le retour de la surprise de mon âge, j’ai 23 ans et c’est étonnant d’aborder ces thèmes. J’ai des bons clients de ce genre d’humour, on me dit souvent que c’est cool, que ça change de ce que l’on voit d’habitude, que l’on parle enfin d’autre chose. Les gens sont contents de voir les lignes bouger mais aussi de voir une fille sur scène, même s’il y en a plus que ce que l’on dit.

Vous évoquiez les évolutions faites sur le spectacle, on imagine que, en fonction des retours justement du public et de votre ressenti sur scène, vous continuez à affiner les textes ?

Il y a toujours des choses qui changent. Typiquement, depuis le démarrage de cette version du spectacle fin août dernier, j’ai changé des choses, notamment le début du spectacle il y a à peine un mois. Je me sers aussi des impros, que je garde parfois pour les fois suivantes. Le fait de jouer permet, de toute façon, une évolution. Cela permet de « rôder » comme on dit, de perfectionner le spectacle.

 

Crédit : Jean tire votre portrait

 

Après plusieurs dates à Paris, vous allez sillonner les routes pour aller rencontrer le public. On vous imagine très impatiente ?

Oui, carrément ! En plus, souvent le public parisien est le plus dur, il a mille autres propositions dans la soirée donc, s’il t’a choisi toi, il est particulièrement exigeant. Il y a un peu une idée de « ok, j’ai payé, j’ai fait 45 min de métro, maintenant, fais-moi rire. »  En région, on a moins cette sensation-là, le public est, je trouve, plus facilement au rendez-vous. Je ne dis pas qu’il n’a pas les mêmes exigences, ce n’est simplement pas pareil. Par exemple, je joue à la Roche sur Yon (en Vendée) le 27 janvier, dans un lieu qui vient tout juste d’ouvrir, les places se sont vendues en 24h à peine ! On peut donc dire que j’ai vraiment très hâte que cette tournée commence. Je serai à Nantes le 1er février, à Toulouse le 5 mars, Thorigny sur Marne les 11 et 12 mars, Clichy le 9 avril, Lyon le 28 avril, … Toutes les dates sont à retrouver sur mes réseaux sociaux et ci dessous.

 

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette aventure ?

Qu’il y ait de plus en plus de dates de tournée et que, un jour, je remplisse les Zénith J !

Merci, Fanny, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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