Un Si Grand Soleil : Mélanie Maudran fait le bilan des trois premières années de la série quotidienne de France 2 !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Mélanie,

Quelle joie de vous retrouver pour ce nouvel échange !

La série « Un Si Grand Soleil » a fêté récemment ses 3 ans, avec la fidélité que l’on connait du public. Cela doit sans doute vous faire particulièrement plaisir ?

Ah, ben oui, cette assiduité, cette fidélité ne se démentent jamais. Tous les jours, tous les soirs, les scores ne sont pas loin des 4 millions, ou même plus. Voilà, c’est formidable d’avoir réussi à fidéliser cette ville fictive, avec tous ces personnages auxquels les gens se sont attachés. C’est une grande satisfaction évidemment pour nous tous, ça nous touche énormément. Il y a 3 ans, on ne s’était pas projetés sur un tel succès et que ça ne se démente pas est super. On est ravis !

Globalement, quels sont les principaux retours que vous font les fidèles téléspectateurs du programme ?

Il y a un attachement aux personnages, une familiarité. C’est-à-dire que l’on est chez eux tous les soirs. Certains se retrouveront dans tel personnage, d’autres dans tel autre personnage, d’autres à travers une intrigue mais, en tout cas, il y a ce côté familier qui s’instaure et les gens ont l’impression de nous connaitre. Donc c’est touchant !

A titre plus personnel, vous devez sans doute être ravie de retrouver toute l’équipe sur le lieu de tournage, pas uniquement les comédiens mais aussi les gens de l’ombre…

Vous faites bien de le dire, bien sûr, complètement ! Là, on a fini la troisième année mais, non, il n’y a pas de lassitude parce qu’il y a toujours ce bonheur de retrouver ces gens que l’on connait mais que le public ne connait pas. Parce qu’il faut savoir que ce sont les mêmes personnes qui sont, globalement, derrière la caméra depuis trois ans. Oui, il y a un espèce de truc très familier, d’avoir plaisir à se retrouver et ça contribue à l’énergie qui se dégage de cette série et, je pense, au fait que ça fonctionne. Enfin, je reste convaincue que tout est lié et que le fait qu’il y ait une bonne entente, un bon état d’esprit aide…le positif amène le positif.

 

 

Cela reste une grande famille artistique certes mais une grande famille…

Je trouve que ce terme est souvent trop utilisé mais, en l’occurrence, pas en ce qui concerne une quotidienne. La plupart des téléfilms se tournent en un mois puis on se quitte, une saga au pire c’est 4 à 5 mois mais, là, pour une série quotidienne sur 3,4 ou 10 ans, je pense que l’on peut vraiment parler d’un esprit de famille, de troupe en tout cas, d’équipe parce que l’on ne se quitte jamais et c’est chouette. C’est ça qui est douloureux régulièrement sur des tournages, c’est de lier des amitiés très fortes et des moments forts avec les gens pour, finalement, les quitter alors que l’on a l’impression que l’on vient à peine de commencer. C’est ce qui est appréciable sur une série comme celle-là, c’est que l’on peut faire évoluer un personnage dans le temps, on peut faire évoluer des amitiés en dehors, c’est hyper agréable.

C’est vrai aussi que le cadre de Montpellier est très agréable et sans doute aidant…

Oui, on est dans un contexte hyper favorableJ, on a le soleil, on a la mer, on a des équipes qui sont en permanence en recherche de nouveaux décors et, généralement, ils ciblent des trucs que peu de gens connaissent. Nous, à travers la série, on découvre ce qu’il y a de plus beau, directement on atterrit dans des lieux toujours assez chouettes.

Concernant le personnage de Claire, on l’a vu récemment à l’image accompagner les derniers jours d’une dame d’un certain âge. Cela a sans doute dû générer pas mal d’émotions en vous ?

Oui, parce que c’est un sujet universel, quoi qu’on en pense, on est à un moment donné concerné par cette perspective de fin de vie : quelle sera-t-elle ? quelle serait notre position personnellement si jamais il devait y avoir souffrance, s’il devait y avoir vraiment cette question d’euthanasie/pas euthanasie, d’accompagnement, d’acharnement thérapeutique…je trouve cela vraiment super que ce débat soit soulevé dans une quotidienne. Voilà, Claire a sa position, qui est très forte, toujours dans l’empathie de l’autre et dans le fait que chacun dispose de son corps. Je veux dire que, pour elle, c’est la base, c’est ce qu’elle défend, tu es maitre, tu fais ce que tu veux en fait, ce n’est pas à quelqu’un, même du corps médical, de te dire comment tu dois finir ta vie et comment tu dois mourir. Elle est très ancrée dans cette position et je trouve que c’est tout à son honneur d’avoir des croyances, d’avoir des combats. Heureusement qu’il y a des gens comme ça. Maintenant, est-ce qu’elle a raison, est-ce qu’elle a tort, ce n’est pas à moi de trancher, c’est un autre sujet mais c’est une femme de cœur, de parole et d’engagement. Moi, c’est ce qui me plait dans ce personnage.

C’est vrai que ça fait partie des valeurs de la série que de poser ces questions…

C’est bien que ça réveille un peu, en plus c’est un débat actuel qui est loin d’être résolu donc si à travers une quotidienne qui touche des gens de toutes catégories et de tous âges, on peut se poser des questions, c’est encore mieux, c’est chouette.

 

 

Un peu plus tôt à l’image, il y a eu toute cette arche avec Myriam autour de vos sorties clandestines. Adaptez-vous votre approche du jeu en fonction des thèmes et de leur « gravité » ?

L’implication est la même, après ça ne soulève ni les mêmes débats, ni les mêmes enjeux, ni la même charge émotionnelle. Forcément, quand je m’apprête à tourner une scène avec la comédienne qui joue Violette où elle m’annonce qu’elle veut aller voir une dernière fois le lieu qu’elle a le plus aimé dans sa vie parce qu’elle sait que c’est la fin, voilà, ça n’a pas les mêmes répercutions sur mon personnage que quand il va dans un aquarium pour se faire un peu vibrer. Ce sont deux énergies différentes et ce sont deux choses qui sont intéressantes à amener aussi. Nous ne sommes pas dans la même énergie mais dans la même implication de jeu.

Concernant la vie plus personnelle de Claire, quel regard portez-vous sur ce qu’elle a vécu ?

Là, ils vont vers un équilibre familial super, une stabilité que Claire a peu voire pas du tout connue dans sa vie. Justement, je trouve que ça participe à l’apaiser, elle en tant que femme je pense se sent bien dans cette famille recomposée. Cela soulève aussi pas mal de situations, c’est-à-dire que, à partir du moment où on est une famille recomposée, c’est infini, ça va être super à explorer parce que je pense que l’on n’est qu’au début de cela. Non, c’est super et puis il y a eu aussi l’arrivée de Quira, jouée par Coline, que je trouve géniale. Avec Theilo, ça fonctionne super bien, ce sont deux gamins très très agréables, avec, vraiment, une grande maturité. C’est très agréable, ce qui fait que quand on tourne tous les quatre ensemble, on est dans un espèce de truc facile, d’échanges, on se connait bien maintenant, ça roule.

Au fur et à mesure de ces trois années de tournage, votre méthodologie de préparation en amont s’est-elle peaufinée ?

Non, on est toujours, depuis le début, dans une combinaison de travailler vite et de travailler bien. Donc d’être efficaces mais de ne pas négliger d’aller en profondeur. Ce sera toujours le cas tant que je tournerais sur cette série. On est à la fois dans cette nécessité de tourner 6 à 8 scènes par jour, parfois avec beaucoup de texte qu’il faut bien, à un moment donné, ingurgiter et apprendre et, à la fois, dans l’importance de ne pas négliger les émotions que ça implique, d’avoir toujours le même investissement. Donc, non, c’était déjà le cas au début et, là, on est 3 ans après et j’ai toujours la même manière d’aborder mon travail.

Merci, Mélanie, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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